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HAUSSE DU PRIX DE LA FARINE, PRIX DU PAIN La baguette en cinq dimensions

Devant l’incapacité de l’Etat à faire entendre raison aux meuniers sur le prix de la farine, les boulangers font monter la levure et avertissent sur un éventuel arrêt des boulangers. Las de jouer sur un poids de la baguette visant à éviter d’appliquer un prix impopulaire, la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS) qui a tenu un point de presse ce lundi 21 janvier, réclame des conditions d’exploitation idoines pour revenir à une qualité de production.



HAUSSE DU PRIX DE LA FARINE, PRIX DU PAIN La baguette en cinq dimensions
« Si l’Etat ne fait rien, les boulangeries vont fermer cette semaine. Nous sommes dans une phase d’impossibilité de travailler car la situation est intenable ». Alioune Thiam, le Vice-président de la FNBS(Fédération nationale des boulangers du Sénégal) qui s’adressait ainsi à la presse, ce lundi 21 janvier, vise ainsi la « dégradation avancée des conditions d’exploitation de la boulangerie. » L’augmentation depuis le 7 janvier dernier du prix du sac de la farine par les meuniers et l’impuissance apparente de l’Etat à faire entendre raison à ces derniers, ont fini par gonfler la pate des boulangers. Rappelons que le 10 janvier dernier, le Directeur du Commerce intérieur, Adama Saïdou Diallo, lui-même, déclarait que « les meuniers ont visiblement voulu mettre l’Etat devant le fait accompli ».

D’autant plus que le ministre du Commerce, de l’industrie et du secteur informel, lui-même, avait également donné des assurances aux boulangers lorsqu’il les a reçus, le mardi 8 janvier dernier. Aussi, après avoir menacé d’augmenter le prix du pain, porter plainte contre les meuniers, sans que les autorités n’aient pu encore régler le problème, la FNBS franchit désormais le débat sur le prix du pain et parle d’un retour à la qualité de production. Au passage, ses membres indiquent, concernant la hausse du prix de la farine, que celle-ci est en réalité de 1500 FCfa sur le sac au lieu de 600 FCfa. Aussi, exigent-ils « une baisse du prix du sac de farine à 18 500 FCfa ». Pour M. Thiam, c’est dans l’ordre du possible pour les meuniers puisque ces derniers ont bien pu le faire alors même que les prix avaient été homologués à .

Autre fait dénoncé par la FNBS, des pratiques « déloyales » relatives à l’entente directe entre les meuniers qui, selon Alioune Thiam, vendent tous au même prix, ce qui, à ses yeux, « fausse allègrement les règles de la concurrence et donc du marché. » Et de mettre le doigt sur une « nébuleuse » au niveau des meuniers qui, indique-t-il, « ont toujours refusé systématiquement de publier leur structure des prix. »

Toutes choses qui font que les boulangers décident aujourd’hui de sortir de la logique des pouvoirs publics de jouer sur le levier du poids de la baguette qui n’a s pas cessé de maigrir depuis 1986. De 300 g en 1994, le poids de la baguette est passé à 280 g puis à 240 g en 2000, avant de chuter aujourd’hui à 210 g pour un prix de 175 FCfa. « Avec un tel poids, il est évident que nous ne pouvons pas faire de la qualité », se désole le Vice-président de la FNBS.

Pour un pain de qualité

Le débat porte désormais pour les boulangers, outre la baisse du prix du sac de farine, sur la structure-même du secteur qui fait face à un prix du diesel-oil frappé d’une TVA de 18% et dont le cumul depuis 2009 afficherait une hausse de 64%.

Aussi, réclament-ils la suppression de cette TVA pour pouvoir acheter en hors taxes, « comme c’est le cas chez les pêcheurs », indique M. Thiam. Loin de s’en arrêter-là, la FNBS met également sur la planche l’application de la loi 77-638 portant interdiction de l’installation des fours traditionnels dans les villes, de même que l’application du décret 2004- 102 portant organisation de la distribution du pain.

Pour rappel, en 1977, afin de protéger l’investissement des boulangeries industrielles, doper l’implantation de nouvelles boulangeries au niveau des régions mais aussi lutter contre la désertification, le gouvernement du Sénégal avait introduit la loi 77-38 qui interdit l’implantation de fours à Banco dans une agglomération de plus de 10.000 habitants. Par ailleurs, l’exposé des motifs du décret 2004- 102 portant organisation de la distribution du pain, faisait état d’un secteur de la Boulangerie « confronté depuis 1994 à des dysfonctionnements liés à des surcoûts que les professionnels ont du mal à répercuter sur la structure des prix, en raison sur la place stratégique que le pain occupe dans la consommation des ménages ».

Ce décret définit ainsi la composition, les caractéristiques intrinsèques, ainsi que les règles particulières d’aménagements et d’hygiène à observer, de la production à la distribution du pain. Sur la planche revendicative de la FNBS, on trouve surtout les surcoûts liés à l’électricité dont « le prix est passé du simple au double dans les boulangeries avec le système de tarification de troisième tranche qu’on applique entre 19heures et 23 heures », souligne Alioune Thiam. Autant de charges qui pèsent sur l’activité des 1200 unités de boulangerie que compte le secteur et qui générerait quelque 30.000 emplois directs.

A défaut de jouer sur les leviers prix de manière équitable entre meuniers et boulangers, l’Etat se retrouve ainsi au pied du mur avec la possibilité de jouer cette fois sur les « leviers légaux » et durables, pour ne pas voir les boulangeries fermer et priver ainsi les consommateurs de cette denrée sensible.


Sud Quotidien Malick NDAW

Mardi 22 Janvier 2013



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