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HAUSSE DES PRIX A LA CONSOMMATION : Les denrées importées en cause

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« Avec son poids dans le panier de l’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), la fonction produits alimentaires et boissons alcoolisées a contribué globalement pour près du quart (24,8 %) à la croissance des prix ». Cet extrait de la note d’analyse du Ministère des finances pour le 2e trimestre 2007 montre toute l’ampleur du problème si les tendances de la consommation fortement basée sur les produits importés n’est pas inversée. En effet, quand on connaît la proportion des importations de riz et autres céréales sur le volume global des denrées alimentaires consommées par les Sénégalais, on mesure le poids réel des habitudes et comportements sur la balance commerciale et sur le développement en général. L’émergence ne pourra certainement pas se faire sans un changement des mentalités en profondeur, non pour dire seulement « consommer sénégalais », mais aussi, produire localement en substitution aux importations.

Lorsqu’il annonçait une production 300 000 tonnes dans les 2 ans, l’ancien Directeur de l’agriculture Mamadou Aly Diallo ne pensait surtout pas que la situation de dépendance du Sénégal allait prendre des proportions inédites, aggravées par le renchérissement des cours du pétrole et d’autres facteurs tant exogènes qu’internes. Ni que la combinaison avec la flambée des prix des autres denrées de première nécessité puisse amener le président à prendre le taureau par les cornes en décidant une ponction sur les salaires de hauts fonctionnaires assortie de 19 mesures drastiques pour juguler la crise. De fait, la problématique du riz est restée constamment au centre des préoccupations au cours des dernières décennies. Bien vrai, l’un des meilleurs connaisseurs de la filière, en l’occurrence l’importateur Bocar Samba Dièye confiait à un confrère, que depuis la libéralisation (en 1996) les prix ont tourné autour de 200 F CFA. Mais ce n’est pas sans mal que l’Agence de régulation des marchés (ARM) maintient une position de sécurité dont la précarité est aggravée par la non- maîtrise des moyens de transports et l’offre sur les marchés étrangers, surtout asiatiques. De sorte qu’il y a comme une angoisse latente, voire une psychose de la rupture de stocks ou simplement d’un subit renchérissement de cette denrée dont l’alimentation des Sénégalais dépend à près des 2 /3. Au point que les titres de « Une » sont foison dans la presse de 10 dernières années faisant état de baisse de 15 à 25 F (octobre 2001)*, du kilo à 180 F (le directeur du Commerce intérieur Amadou Niang en septembre 2001)*, de chute de 30 % (guéguerre entre opérateurs en août 2003)*3, d’une réception de 69 000 tonnes de riz par « le régulateur naturel » Bocar Samba Dièye en septembre 2002 *, stabilisant de facto la marché ou, plus récemment, d’une baisse de 10 % de la Tva (juillet 2007)* dont on attend encore les répercussions sur le prix au détail. Pendant ce temps, des spéculateurs de tout crin sont sur la brèche. Toutes choses qui confortent les observateurs de la scène politico-économique sénégalaise dans l’idée que la maîtrise de la filière riz est devenue une question de souveraineté, compte tenu de son importance tant stratégique que sociale.

Une facture de 100 milliards en devises

De fait, ce qu’il est courant d’appeler « la tyrannie du riz » est largement justifiée par la part importante de cette denrée dans la consommation des ménages, obligeant l’Etat à prendre toutes sortes de mesures pour assurer un volume d’importations estimé à 600 000 tonnes par an. On est loin des tendances baissières signalées à la fin des années 90, avec le passage de 548 000 tonnes en 1997 à 532 000 tonnes en 1998, après le record de 627 688 tonnes en 1996, l’année de la libéralisation. Certaines prévisions fixent même la demande intérieure autour de 850 000 tonnes*, soit près de 100 milliards de F CFA en devises. A juste titre peut-être, si l’on tient compte de l’accélération subite de 1999 avec 722 000 tonnes importées*. On notera même une régression due surtout à l’arrivée de nouveaux opérateurs qui ont gonflé les stocks, atteignant 1 million de tonnes en 2000, selon l’ARM. D’ailleurs, pour rester dans des limites sécurisantes, le Sénégal recherche constamment à garantir 2 à 3 mois d’approvisionnement (voir par ailleurs l’article sur l’ARM).

Autosuffisance ou souveraineté alimentaire

Les conséquences sur la balance commerciale et sur les équilibres à moyen et long termes ont depuis longtemps amené les autorités à baliser les pistes de la souveraineté alimentaire, avec de lourds investissements consentis pour lever les multiples contraintes tant en amont qu’en aval. C’est ainsi que l’Etat va faire mieux que les 80 000 hectares de périmètres aménagés, dont seulement 25 000 sont emblavés (voir l’article de Samba Oumar Fall). Pour lever les goulots qui freinent l’atteinte de la souveraineté en riz, un programme spécial d’urgence a été défini et confié à deux commissions. La première chargée de la production et des questions foncières est coachée par le CNCR et la SAED. Quant à la seconde, elle s’occupe de la transformation et de la mise en marché, sous la houlette de l’ARM. Budgétisée à hauteur de 13 milliards, le programme d’urgence vise l’atteinte de l’autosuffisance entre 2012 et 2015, avec respectivement 500 000 et 800 000 tonnes * dans le viseur. La mise en place du matériel agricole ayant débuté, selon l’ARM, on assiste à la levée de l’une des contraintes identifiées dès les premières réunions des deux commissions en avril et mai. Les travaux du conseil interministériel sur le programme devraient permettre d’harmoniser les positions.

* Sources :

Walfadjri du 13 octobre 2001 Le Populaire du 22 septembre 2001 Sud Quotidien du 30 août 2003 Le Soleil du 17 juillet 2007 Cap Alternance, août-septembre 2001. Agrovision, mai 2007. Le Populaire du 22 septembre 2002 Sud Quotidien du 19 mai 2007. Rapport de l’ARM

Le Soleil

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Jeudi 15 Novembre 2007

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