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HABITUDES ALIMENTAIRES : « Ndambé » et « Sombi » à la rescousse à Guinaw Rail

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Nous sommes à Guinaw Rail, en plein cœur de Pikine. Ici, les gens semblent tous se connaître et s’adressent mutuellement des salamalecs, à chaque fois qu’ils se croisent. L’étroitesse des rues force également la coexistence entre ces banlieusards. Fait marquant dans ce quartier, le petit commerce reste très développé. Teint noir, une corpulence qui l’a rendue pudique, Oumy Ciss compte sur sa petite table pour nourrir sa famille, composée uniquement de jeunes filles. Elle assure le petit déjeuner et le repas de midi grâce à ses maigres revenus. Le dîner n’est pas toujours au programme. « Si on assure avec peine le petit déjeuner et le repas, on n’estime pas obligatoire le dîner », assure-t-elle. Et les fins de mois s’annoncent toujours stressantes avec les factures d’eau et d’électricité à honorer, sans compter le loyer. Et dans pareille situation, la dame est obligée de « dévaluer » l’alimentation de la famille. Le vécu quotidien d’Oumy Ciss est partagé par la plupart des femmes de Guinaw Rail. Devant la porte de sa maison, Awa allaite un de ses jumeaux tout en lorgnant un éventuel acheteur des quelques bananes qu’elle vend sur un petit bol. Etant pourtant d’une famille Sérère, Awa a du mal à préparer le couscous tant adoré. Elle pointe du doigt l’huile et les légumes devenus brusquement très chers pour elle.

« Sombi » et « ndambé » viennent à la rescousse

Au marché du quartier où elle vient d’acheter de la viande, Sokhna Niane est l’un des rares clients ce matin pour Mamadou Bâ, le boucher du marché Waranka. A la maison, Sokhna Niane partage le plat de midi en deux afin de réserver quelque chose à ses enfants pour le soir. Chez elle, le petit déjeuner à base de pain et de café a cédé la place au « sombi » préparé avec de la patte d’arachide. « C’est devenu difficile pour moi d’acheter le pain », admet-elle tout en mettant cela sur le compte du Bon Dieu. Le boucher lui-même rentre à la maison avec à peine avec mille francs Cfa dans la poche. « On a du mal à écouler le peu de viande qu’on a amené », assure-t-il. Assise non loin de Mamadou, Fatou Badji étale ses légumes sans voir aucun client discuter une denrée. « Tout est cher au marché de Thiaroye où on achète nos produits », explique-t-elle. Obligée avec le bénéfice d’acheter de quoi manger pour sa famille, Fatou ne réussit pas toujours à avoir la somme d’argent nécessaire. Parmi ses sept enfants, un seul est actif. Elle reconnaît que la consommation de la famille a fortement changé par ces temps qui courent. A cause de la hausse du prix du pain, elle s’est rabattue sur le « sombi » le matin et sur le riz blanc ou même du « mbakhal » pour dîner. Cette même situation a obligé de nombreux clients à se rabattre sur des produits moins chers. « Certaines dames qui achètent le niébé pour en faire du « ndambé » me demandent souvent de le mettre dans un sachet noir, loin des regards interrogateurs », raconte le boutiquier Pape Diop. Le spaghetti est aussi, selon lui bien apprécié des dames qui viennent au marché. Les temps sont difficiles à Guinaw Rail, ce quartier de la banlieue caractérisé par une densité extrême de sa population. Les enfants qui continuent de jouer au ballon sont eux dans un monde féerique qui contraste avec celui du stress vécu par leurs parents.


MAGUETTE

Source: Le SOleil

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Jeudi 15 Novembre 2007

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