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Gynécologie : Une spécialité médicale qui peine à entrer dans les mœurs sénégalaises

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Gynécologie : Une spécialité médicale qui peine à entrer dans les mœurs sénégalaises
Complexe de se déshabiller devant un gynécologue ou peur qu’une pathologie gynécologique soit décelée ? En tout cas, elles ne sont pas nombreuses les Sénégalaises à solliciter les services des gynécologues. Mais, certaines tentent de se justifier en estimant qu’elles ne sont pas assez informées et souhaitent une campagne de sensibilisation pour que les femmes, surtout les analphabètes, puissent s’informer sur les conséquences de probables problèmes gynécologiques.

En cette matinée, les femmes sont venues nombreuses au centre de santé Youssou Mbargane Diop de Rufisque pour bénéficier des consultations gratuites en gynécologie, offertes par l’Association des femmes médecins du Sénégal.

Assises sur les bancs, elles attendent leur tour pour se présenter devant les spécialistes. Une à une, elles entrent dans la salle de consultations d’où certaines sortent après quelques minutes. D’autres, par contre, mettent beaucoup de temps à cause certainement de complications décelées lors de l’examen. Mais, tout se déroule dans la plus grande confidentialité.

Parmi les femmes présentes, quelques filles dont la plus jeune est âgée de 17 ans. Elles sont venues se faire examiner. Une mobilisation révélatrice de la prise de conscience des problèmes gynécologiques. Donc, ces consultations gratuites viennent à point nommé, surtout que la plupart des femmes présentes n’ont pas un accès facile aux spécialistes en gynécologie pour des raisons financières et culturelles. Notamment l’ignorance.

Au Sénégal, selon certaines religions et coutumes, une femme ne doit pas se déshabiller devant un étranger, explique une dame. La pauvre a refusé de se faire consulter parce que tout simplement, elle n’a pas l’autorisation de son mari. « Je ne peux pas le faire, sinon, j’aurais des problèmes avec mon mari », explique la quadragénaire.

Ndèye Diop Ndiaye, une femme de teint clair, âgée de 40 ans, a consulté, à plusieurs reprises, un gynécologue. Pour cette raison, ayant conscience des dangers que peuvent avoir d’éventuels problèmes gynécologiques, elle exhorte les autres femmes de faire de même au moins une fois par an. « Il ne faut pas qu’elles aient le complexe de se déshabiller devant un gynécologique. Car, c’est une question de santé », indique-t-elle.

A côté d’elle, une autre dame. Son nom : Sala Lô. Elle n’a jamais pris l’initiative d’aller se faire consulter auprès d’un spécialiste parce qu’elle était peu informée. Elle poursuit en disant : « Je ne savais pas aussi que la femme pour des problèmes de règles et de saignements, devait tout au long de sa vie se faire consulter tous les trois mois. Je me félicite de cette journée de consultation parce qu’elle m’a permis de sortir de l’ignorance », confie-t-elle.

Je n’ai jamais vu mes règles

Dans ce groupe de femmes où on ne cause presque pas, une jeune fille de 17 ans se distingue. Elle s’appelle Salimata Ndiaye. Timide, il est difficile de lui soutirer un mot. Mais, avec l’aide d’une autre femme, assise à côté d’elle, la fille ouvre la bouche et sort ses premières paroles. « Je suis venue me faire consulter parce que je n’ai jamais vu mes règles et ma mère est très inquiète, vu mon âge. Elle m’a demandé de venir me faire examiner et de connaître les causes du retard de mes règles parce que ce n’est pas normal qu’une fille de mon âge n’arrive pas à voir ses règles », déclare Salimata.

Agée de 27 ans, célibataire sans enfant, c’est la deuxième fois que Nogaye Seck se fait consulter par un gynécologue. Elle avoue comme Ndèye Diop Ndiaye qu’elle n’a pas le complexe de se déshabiller devant un médecin pour se faire soigner. « Lors de ma première consultation, le gynécologue avait décelé chez moi quelques complications au niveau de mon bas ventre. Il m’a prescrit une ordonnance et je me suis traitée. Grâce à Dieu, ça va. J’espère que cette fois-ci on ne trouvera pas de maladies de ce genre sur moi », prie la jeune fille.

Les consultations se sont déroulées dans la confidentialité et il était difficile qu’une femme confirme les problèmes gynécologiques décelés. La seule qui nous a parlés, sans gêne, après consultation, se nomme Ndèye Aïssatou Ngom. Sourire aux lèvres et visiblement satisfaite des résultats des examens gynécologiques qu’elle vient de subir, la dame d’une taille élancée a confirmé que les résultats sont bons. « Je me porte bien, aucune complication n’a été décelée. C’est une bonne nouvelle », se félicite-t-elle. Elle ajoute qu’elle fait des consultations tous les six mois et depuis le bas âge.

Elle fait ainsi partie des rares femmes qui se font consulter souvent par un gynécologue. Elle est aussi l’une des rares femmes interrogées à donner de façon claire la définition de la gynécologie. Mais, elle souhaite qu’on organise des campagnes de sensibilisation sur la gynécologie parce que les Sénégalaises ne sont pas conscientes des conséquences des pathologies liées à la gynécologie parce que tout simplement elles ne savent pas, informe notre interlocutrice qui plaide pour une campagne de sensibilisation.

Laparole à...Dr Maguette Mbaye, gynécologue-obstétricien : « La consultation des adolescents et des jeunes filles est plus rare que chez les femmes d’âge mûr »

Certaines habitudes vestimentaires, la chaleur, le manque d’hygiène expliquent la fréquence des infections vaginales. Telle est la remarque du gynécologue Maguette Mbaye qui révèle aussi que la culture de la consultation gynécologique n’est pas encore entrée dans les mœurs des Sénégalaises, surtout chez les jeunes filles.

Quelles sont les problèmes gynécologiques décelés chez les femmes que vous venez de consulter ?

Il y a plusieurs cas, notamment les fibromes utérins, les cancers du col utérus. Nous avons observé aussi des cas d’infections vulvo-vaginites (infections vaginales et vulvaire), du col. Nous avons aussi suspecté des complications inflammatoires et nous sommes en train de faire des explorations dans ce sens pour confirmer ces différents diagnostics et les prendre en charge.

Est-ce que ces cas décelés s’expliquent par le fait que les femmes viennent rarement en consultations ?

C’est l’un des aspects. La plupart des infections génitales relèvent d’une infection bactérienne virale ou d’infections parasitaires, en rapport plus souvent avec le contact avec les microbes, mais également faute d’une bonne hygiène. Le défaut de suivi, comme vous le dites, d’une consultation gynécologique régulière, tous ces aspects en plus des habitudes vestimentaires, de la chaleur, du manque d’hygiène, font que ces infections sont très fréquentes et observées chez les femmes. Elles peuvent être responsables parfois de complications qui peuvent aller jusqu’à des douleurs invalidantes. Ces infections peuvent aussi causer l’infertilité et des infections chroniques qu’il faut prendre en charge. Ces infections, si elles atteignent certains organes de l’appareil génital peuvent être responsables d’une infection chronique au niveau de tout l’organisme et conduire à des obstructions tubaires responsables d’infertilité secondaire et primaire. Pour faire face à ces infections, il y a plusieurs types de traitement. Il y a le traitement local et général sans compter le suivi qui fait partie de ces modes de traitement. Mais, surtout le traitement anti-infectieux à savoir les antibiotiques, les antiviraux et les antiparasitaires. Pour le traitement local, il nécessite une toilette régulière, espacée, avec des pommades gynécologiques, là aussi, il faut des attitudes vestimentaires et des conseils hygiéniques et un suivi correct pour la femme. Certaines habitudes vestimentaires ont des conséquences en particulier certains sous-vêtements qui ne sont pas en coton et qui n’aspirent pas parfaitement ces secrétions vaginales. Il y a aussi le type d’habillement trop serré qui ne laisse pas passer comme il se doit, une bonne aération. Ce qui contribue lorsque l’atmosphère infectieuse se présente à développer et accentuer ces infections.

Pourquoi les jeunes filles ne vont pas souvent vers les gynécologues que vous êtes pour des consultations ?

Je ne saurais le dire. Peut-être qu’elles n’ont rien. Mais, je pense qu’il peut s’agir tout simplement de nos habitudes qui font que, dans notre contexte socio-culturel, quand les gens ne souffrent pas, ils ne vont pas voir un médecin. Est ce que cela est lié à un défaut d’information ? Ou bien est-ce qu’elles ont tout simplement honte de consulter un gynécologue ? En tout cas, dans le contexte sénégalais, la consultation gynécologique, chez les adolescentes et les jeunes filles est plus rare que chez les femmes d’âge mûr ou en âge de procréer. Alors, j’ose dire que même si la consultation n’est pas à 100% la meilleure prévention, elle est une bonne prévention contre les pathologies gynécologiques. Mais, dans ce genre de contexte, les sages-femmes et les infirmiers ont un grand rôle à jouer.

Source: Le SOleil

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Mardi 1 Juillet 2008


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