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Germaine ACOGNY opte pour l'ouverture : La nouvelle philosophie de l’Ecole des Sables

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Germaine ACOGNY opte pour l'ouverture : La nouvelle philosophie de l’Ecole des Sables
Trente ans après Mudra Afrique, la chorégraphe Germaine Acogny poursuit l’idée originale du président Senghor. Initiée pour former les danseurs africains, l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw s’ouvre désormais à tous les continents.

Il y a une trentaine d’années, sous l’impulsion du président-poète Léopold Sédar Senghor, elle dirigea la première école de danse en Afrique avec le chorégraphe français Maurice Béjart. L’expérience fut éphémère. Avec l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw, c’est cette vision du poète qui a pris forme et se développe. Au milieu d’une vaste savane, à 50 kilomètres de Dakar, en bordure de mer, le rêve est devenu réalité. ‘Tous les jours, l’Ecole des Sables rend hommage au défunt président, Léopold Sédar Senghor. Il a créé Mudra Afrique. Il disait qu’il fallait une danse qui soit goûtée par tous.
Chez lui, c’était le donner et le recevoir, l’échange’, soupire la maîtresse des lieux, Germaine Acogny.

Bien qu’étant en avance sur son époque, l’idée novatrice d’ouvrir une école de danse en Afrique a marqué les esprits, atteste-t-elle. ‘Mudra Afrique était une belle expérience, mais c’est quelque chose qui était venue trop tôt’, reconnaît la chorégraphe sénégalaise avant de préciser : ‘Les gens n’ont pas oublié. Mudra Afrique a rempli sa mission dans le monde entier.’ Acogny aime, d’ailleurs, rappeler la sagesse populaire qui a bercé sa foi au projet ancien d’école de danse : ‘Comme on dit, une idée ne meurt jamais.’ En réalité, cette idée l’a toujours hantée. Elle est restée vivace dans son esprit tout au long de sa prestigieuse carrière de danseuse. ‘Quand je sillonnais le monde pour montrer la qualité, l’énergie, et la force des danses africaines, Mudra Afrique ne m’a jamais quittée. Nous sommes venus à Toubab Dialaw la faire renaître’, relate la chorégraphe sur un air de success story.

L’Ecole des Sables, Centre international des danses traditionnelles et contemporaines sur le papier, se veut donc un lieu de formation des danseurs africains. Cette vocation répond à une conviction forte chez Germaine Acogny: ‘Pour être danseur professionnel, il faut avoir fait la formation, comme les médecins, les plombiers, les maçons etc.’ Grâce à l’aide de l’Union européenne, le Centre a pu voir le jour dans le village des pêcheurs, Toubab Dialaw, après un appui favorable du Sénégal, du Mali et du Bénin. ‘Mais nous avons commencé par nos propres moyens’, tient à préciser sa directrice artistique qui reprend sans hésiter l’adage : ‘Aide-toi, et le ciel d’aidera !’

Pour lui permettre de mener à bien sa mission, l’association Jant-bi qui assure la gestion du Centre, a misé sur un équipement approprié, orienté vers les besoins pratiques des danseurs traditionnels et contemporains.

Pour les artistes appartenant à la première catégorie est réservée la salle ‘Henriette Bathily’. C’est un espace de 280 m2 taillé entre les buissons et équipé d’un tapis à l’européenne. Quelques mètres plus loin, une deuxième salle de dimensions plus grandes (400m2), Kër Aloopho, accueille les adeptes de la danse traditionnelle. Ici, le sol est laissé à l’état de sable fin.

Etant l’unique structure de formation professionnelle des danseurs sur le continent, l’Ecole des Sables s’est souciée, dans un premier temps, de former une masse critique de danseurs africains. Depuis juin 2004, date de son ouverture officielle, elle reçoit continuellement des stagiaires. ‘Et, on est ouvert à tous les danseurs africains qui postulent pour se former’, invite Acogny.

Cette année, pour la première fois, le Centre a élargi son rayon de recrutement. Il a accueilli 26 artistes européens, américains, asiatiques. Ils sont venus renforcer un contingent de 16 danseurs africains pour une formation de deux mois. Le groupe a reçu les parchemins samedi dernier.

Pour les années à venir, cette démarche d’ouverture sera le credo de l’Ecole des sables. ‘Maintenant, on est ouvert à tout le monde. C’est pour ne pas rester enfermé et éviter le nombrilisme’, justifie celle que les danseurs appellent affectueusement ‘Maman’. Toujours prête à dénicher le moindre signe du destin, Acogny s’exclame : ‘Ce qui est extraordinaire c’est que, pour une première expérience d’ouverture, les cinq continents se sont retrouvés là !’.

La sélection pour un stage à l’Ecole des Sables rappelle à bien des égards le parcours d’entrée dans les business school : avec Cv, lettre de motivation, questionnaires à remplir. Sans oublier l’incontournable Dvd qui donne une idée de la valeur du candidat sur scène. ‘Nous recevons beaucoup de demandes’, indique Germaine Acogny, sûre de la qualité de son offre. ‘Les Occidentaux viennent à l’Ecole des Sables chercher ce qu’ils n’ont pas chez eux. Ils apprennent les danses d’ici’, assure-t-elle.

Les danseurs africains qui ont participé au dernier stage sont habitués des lieux. Ils poursuivent un cursus diplômant débuté en 2005. Ils doivent comptabiliser trois stages pour obtenir le sésame. ‘Car, nous sommes reconnus par le ministère de la Formation professionnelle, et nous avons le droit de délivrer un diplôme’, se félicite la directrice artistique de l’Ecole des Sables. Mais, pour elle, le viatique des sortants est beaucoup plus consistant qu’une simple attestation de stage : ‘Cette école, au-delà de la formation, est une école de la vie. Elle permet aux danseurs de se retrouver avec eux-mêmes et de transformer leur travail. En sortant d’ici, chacun emporte avec lui l’esprit de l’Ecole des Sables. Cela va les aider à grandir dans leurs vies professionnelle et personnelle.’

Malgré son rayonnement, le Centre ne bénéficie d’aucun soutien au plan local. ‘Le privé sénégalais ne nous soutient pas. Mais j’espère que le ministère de la Culture va le faire’, avance Acogny. Elle ne peut que se réjouir de l’intérêt grandissant que suscitent les arts vivants au Sénégal.

Signe des temps : L’université de Dakar prévoit, au cours de ce mois d’octobre, de tenir des sessions sur la danse à l’Ecole des Sables !

Abdou Rahmane MBENGUE
Source: Walfadjri

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Vendredi 5 Octobre 2007

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