Pour l’élargissement d’une voie de la Corniche ouest et la construction du très décrié tunnel de Soumédioune, par l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique, près de 70 milliards de nos francs auraient été dépensés. Mais, quelques jours après son ouverture à la circulation, des ouvriers seront dépêchés dans le tunnel. L’ouvrage prenait eau de partout. Depuis, la situation perdure. Les spéculations iront bon train, ramenant au goût du jour nos cultures païennes, qui habitent même le président Abdoulaye Wade : les lébous de la Gueule Tapée diront au président du Sénat, Pape Diop, à l’époque également maire de Dakar, qu’on y avait, nuitamment, sacrifié un boeuf noir. Une chèvre y a été enterrée, vivante, de même qu’un boa. Abdoulaye Wade pourrait ajouter : un albinos, aussi. Mais en réalité, l’invasion du tunnel par les eaux étale au grand jour la mauvaise qualité de l’ouvrage. Il est certain qu’on n’y a pas injecté les milliards déclarés. Si c’était le cas, les ouvriers n’y seraient pas, en permanence, pour rafistoler ici et là. D’ailleurs, de sources bien au fait du chantier de la Corniche, plus de 50% de ristourne ont été négociés avec les entreprises.
Dans un pays de droit, Karim Wade, le président de l’Agence qui a fait construire l’ouvrage serait menotté et entendu par la justice. Le tunnel a été livré à la circulation, il y a environ un an et demi. Or, les tunnels construits par les fascistes qu’étaient Hitler et Mussolini sont toujours fonctionnels. Depuis, leurs livraisons, les trains y passent au quotidien, autant que les véhicules. L’architecte du président de la République, Pierre Goudiaby Atepa et d’autres spécialistes avaient tiré la sonnette d’alarme sur la mauvaise qualité de l’ensemble des travaux de la Corniche. Il est vrai que par la suite, Atepa évitera le sujet : la Corniche ouest est un danger. La bretelle qui va de son cabinet à la Mosquée de la Divinité est aussi une arnaque. La Corniche ouest connue des Sénégalais, d’antan composée de trois voies, sera fermée à la circulation durant un long temps. Mais au finish, on y ajoutera qu’une voie supplémentaire. C’était pour en faire 2x2 voies.
C’est dire que le fils du président de la République s’est trop enrichi à travers les chantiers qui lui étaient confiés. Pour se tirer d’affaire, il avait utilisé des miettes pour se faire une clientèle politique. Mais, ce sera en vain. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui Transparency international et d’autres organisations soucieuses de la bonne gouvernance et contre la paupérisation en Afrique, en particulier, travaillent sur l’élaboration d’un tribunal, qui jugera les génocides économiques. Si la Cour pénale internationale (Cpi) juge les dirigeants aux mains tachées de sang pour crimes contre l’humanité, ce tribunal jugera ceux qui ont commis des génocides économiques, en profitant de leurs positions pour piller les maigres ressources des pays les plus pauvres du monde. Ressources qu’ils dilapident, en se pavanant en jet privé et en dépensant sans compter dans des paradis fiscaux, à l’image de Karim Wade.
L’organisation non gouvernementale fera oeuvre utile. Car, les automobilistes évitent de plus en plus le tunnel de Soubédioune. Il suffit d’une crevaison d’un véhicule pour que survienne un embouteillage monstre. La moitié des cocotiers qu’il avait fait plantés, pour un coût de 7 milliards, sont morts. On les ramasse dans la discrétion. Des milliards du contribuable sénégalais sont partis en fumée, du fait d’une famille, arrivée pauvre au pouvoir, qui prétexte l’ouverture de chantiers pour s’enrichir de manière immorale : celle des Wade, qui en plus cherchent à étouffer les entrepreneurs sénégalais au profit d’étrangers ; plus dociles, car ne cherchant qu’à s’enrichir pour retourner se la couler douce chez eux. Hélas, ce n’est pas demain la fin. Si dans les régimes de dictatures sombres on tue et détourne, Wade prône, pour sa part, un despotisme éclairé qui pille les ressources et évite le maximum possible de tuer. Cependant, l’impunité qu’il a érigée en règle au Sénégal, à son profit, s’effondrera un jour.
La Redaction