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GUINAW RAILS : Les inondations dépeuplent le quartier

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Le populeux quartier de Guinaw rails, situé au sud de Pikine, compte de moins en moins de maisons habitables. La remontée de la nappe phréatique, les intenses pluies de ces trois dernières années, ont dégradé le cadre de vie. Certains habitants mettent leurs parcelles en vente à vil prix. Guinaw rails se vide petit à petit de ses habitants.



GUINAW RAILS : Les inondations dépeuplent le quartier
Les vendeuses ont installé les étales de légumes jusqu’aux rails au marché Thiaroye. Nous sommes le jeudi 7 janvier 2009. Il est à 11 heures. Deux garçons surveillent leurs tas d’oranges entre les 4 rails. Nous sommes à Guinaw rails, un quartier très populeux où pauvreté et promiscuité se côtoient quotidiennement. Une ruelle sinueuse s’étire à partir de d’une échoppe de vente de viande qui fait face à la station de pompage.

Le décor change au fur et à mesure qu’on avance. Les murs des maisons sont plus humides. Sur la droite, trois pièces de la maison de Moussa Diallo se sont effondrées. L’eau l’a contraint à habiter une pièce avec toute sa famille. Moussa Diallo est un blanchisseur. Il ne doit pas trop se plaindre de son sort. Ses voisins d’en face sont partis depuis deux ans.

« Ce sont mes anciens voisins. Ils ont abandonné leurs maisons depuis 2006. Quant à moi, l’eau a pris possession d’une bonne partie de ma concession », déclare Moussa Diallo natif de Guinaw rails. La ruelle est couverte d’une couche de sable fin. C’est une dame généreuse du nom Sokhna Codou Mame Diarra qui a financé l’opération.

Près du siège de l’Asc Manko, Fallou Sylla, de teint clair, est perché sur un mur. Derrière lui, les raphias forment un rideau vert, à l’intérieur des habitations en ruines. « Le nombre de maisons définitivement abandonnées augmente d’année en année », confie Fallou Sylla. Il indique les ruines des demeures et s’exclame : « regardez, ces trois maisons sont abandonnées depuis plus deux ans ». Une couche d’eau verdâtre couvre une bonne partie des ruelles qui passent devant cette maison peinte en couleur rouge et blanche, celle de l’Asc Manko.

Les habitats sont construits sans obéir à un tracé. Les ruelles serpentent entre les murs de clôture. Les maisons à étage ne sont pas nombreuses. A la mosquée sise à l’école Baraque, deux notables du quartier devisent. L’accentuation des inondations n’est pas leur sujet du moment, mais elle constitue leur préoccupation quotidienne.

« En réalité, il n’y a pas une volonté politique des autorités de nous tirer des eaux. Une canalisation de 15 millions de francs Cfa aurait réglé tout le problème de Guinaw rails. Mais, l’option des autorités, c’est de nous faire déplacer », rouspète le vieux dont les dreadlocks qui tombent sur ses épaules.

Des familles prêtes à quitter !

Une dame, Ken Bougoul, est attirée par nos échanges. Cette dame vit en permanence dans les eaux. Elle fait partie des déplacés d’août 2005. Elle ne veut plus continuer à vivre dans ces conditions. « Nous sommes prêts à partir, si on nous octroie d’autres parcelles. Dans ce quartier, plusieurs personnes vivent avec l’humidité durant toute l’année. Jusqu’à présent, il y a de l’eau dans ma maison », nous confie Ken Bougoul Sène.

A partir de la boulangerie Khadim Rassoul, on peut apercevoir une vaste étendue d’eau verdâtre. Une bonne partie de la ruelle est impraticable. Tout visiteur ne peut rater le tisserand Emmanuel Gomis. Il tient son atelier à l’angle d’un bâtiment évacué. Le tapis herbacé couvre le reste de la cour. « Nous ne pouvons pas compter le nombre de maisons qui sont abandonnées », déclare-t-il.

Des parcelles mises en vente

Assis sur un mur affaissé près d’Emmanuel Gomis, Mactar Niang loue les efforts de leurs anciens voisins qui ont fini par jeter l’éponge dans leur lutte contre les eaux. « Les propriétaires de ces maisons n’en peuvent plus. Des années durant, ils ont beaucoup dépensé pour remblayer et évacuer les eaux. Ils ont fini par partir. On ne peut plus compter les maisons irrécupérables. D’autres vendent leurs parcelles à vils prix, mais personne n’en veut », révèle Mactar Niang.

Il faut marcher habilement pour ne pas glisser sur cette piste boueuse qui sépare l’atelier du tisserand à la maison de Paul Mendy. Debout à l’angle de ruelle, Paul Mendy, le regard sur les demeures conquises par les eaux, dresse la liste de ses anciens voisins.

« Vous voyez, il y a 5 maisons qui sont irrécupérables. Elles appartiennent à mère Faye, à Thérèse, à Clara et à d’autres habitants. Ils sont tous partis », s’exprime Paul Mendy, qui habite la villa numéro 378. En face, Adama Ndiaye, Mame Awa Kane, Mme Diouf vivent les conséquences du dépeuplement de leur quartier. « Ici, à partir de 19 heures, nous ne pouvons pas envoyer nos filles à la boutique. Nous faisons recours aux garçons. Nous sommes ici en attendant de trouver un terrain ailleurs », souligne Mame Awa Kane.

C’est Pape Ndiaye qui détaille l’accentuation des inondations. Il est sorti de l’anonymat en 2005. Il gère une dizaine de motopompes. Selon ce dernier, le nombre de maisons irrécupérables a franchi la barre des 100.

« Auparavant, certains propriétaires venaient regarder l’état de leurs parcelles. Maintenant, beaucoup d’entre eux ne reviennent plus. Certains ont décidé de les vendre.

Les maisons, qui coûtaient 8.000.000 Fcfa, sont revendues aujourd’hui à 2.500.000 FCfa ou 2.000.000 FCfa », fait savoir Pape Ndiaye. Seulement, pour l’instant, les maisons ne trouvent pas preneurs.

Idrissa SANE
Source Le Soleil

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Lundi 11 Janvier 2010





1.Posté par maty le 11/01/2010 14:52
Ndeyssane! Et si on les avait octroyés les milliards dépensés dans la statue d ela renaissance?

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