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GREVES A L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP : Menace sur le fonctionnement de l’institution

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L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar traverse une crise, eu égard à la récurrence des menaces de grèves. Tous les segments qui la composent (étudiants, enseignants et personnels administratifs, techniques et de services (Pats) exposent leurs revendications. Une situation qui freine le fonctionnement de l’institution et qui risque, si l’on y prend garde, de compromettre l’année académique.

Grèves en cours ou menaces de grève, affrontements entre étudiants et forces de l’ordre connus sous le nom de « fronts » et qui sont « d°Øune banalité grotesque » avec comme victimes souvent « de simples citoyens », comme le déplore le médiateur de l’université, Babacar Diop Buuba. S’y ajoutent des débordements (des agressions verbales et risques graves encourus par les personnels enseignants, administratifs et de services de la Faculté des Lettres et Sciences humaines). Voilà le rythme actuel de fonctionnement de l’Ucad. Etudiants, enseignants, Pats, tous ont des revendications à satisfaire. Déjà, 3 facultés sur les 5 sont en grève. Il s’agit de la faculté des Sciences juridiques et politiques (Fsjp), la faculté des Lettres et Sciences humaines (Flsh) et la faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg). A la faculté des Sciences et techniques (Fst), les étudiants de 4e année de l’Institut des Sciences de la terre (Ist) s’apprêtent à rentrer dans la danse. Alors que les enseignants attendent de rentrer dans leurs fonds (rappel de l’indemnité d’enseignement), les Pats de la Faculté de Médecine, Pharmacie et Odonto-stomatologie menacent.

Les enseignants réclament le relèvement du point indiciaire, de l’indemnité d’enseignement et de logement. « Certes, le gouvernement a commencé à exécuter, mais il reste encore », souligne l’ombudsman ou médiateur, Babacar Diop dit Buuba. Selon le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes), Ndiassé Diop, il y a quelques semaines, les enseignants ont réclamé le rappel de l’indemnité d’enseignement, le rappel des 2.4 sur le salaire indiciaire accordé par le Premier ministre et de l’indemnité de logement. Mais, s’empresse-t-il de préciser, « en janvier, l’indemnité de logement a été indexée ainsi que les 2.4 sur le salaire indiciaire. Il manque l’indexation de l’indemnité d’enseignement. Le recteur et ses services ont promis de régler cela avant la fin de ce mois ». Quant aux personnels administratifs, techniques et de services (Pats) de la Faculté de Médecine, ils réclament « la prime de motivation », confie Buuba Diop.

Revendications des étudiants

La crise est plus accentuée du côté des étudiants. Les griefs sont légion. Du côté de la faculté des Sciences juridiques et politiques, on s’insurge contre la pléthore. « Nous faisons 12.000 à 13.000 étudiants », soulignait le porte-parole de l°Øamicale de ladite faculté, Daouda Pape Sène. M. Sène de demander également le recrutement d’assistants pour les Td, « cela est fondamental pour la formation d’un juriste », l’équipement des amphis en sonorisation, la construction de 2 restaurants et de pavillons dans le campus social ainsi que d’un espace vert dans la faculté.

L’amicale exige surtout l’annulation des inscriptions pédagogiques, l’élimination des 2500 FCfa demandés pour les duplicata, la suppression de la carte de lecteur pour l’accès à la salle de lecture, la facilitation de la documentation aux handicapés, l’admission en Master pour tous les étudiants maîtrisards°¶ A la Flsh, l’amicale s’insurge contre la pléthore d’étudiants (près de 23.000) qui pose, entre autres, les problèmes d’encadrement, d’échec (très élevé) ; l’absence d’infrastructures ; la tension entre étudiants ; la question du logement (la faculté ne dispose que de 1090 lits, soit 4,7 %). L’amicale pense également que les filières sont « caduques », autrement dit « la plupart des matières enseignées sont en total déphasage avec les réalités du 21e siècle. Ce qui pose un problème d’insertion professionnelle, de taux d’abandon important, etc. », lit-on dans le document signé du président de l’amicale, Mame Birame Wathie. Ce dernier de proposer l’éclatement de la faculté en 4 : 2 facultés des Langues (1er cycle puis 2nd et 3e cycles) et des Sciences sociales (1er cycle puis 2nd et 3e cycles). Quant à la Faseg, les étudiants réclament une contre expertise des locaux de la nouvelle faculté après l’effondrement du faux plafond de l’un des amphis, la suspension de l’inscription pédagogique pour cette année, la révision du calendrier des examens, etc. En somme, les plates-formes portent sur des remarques d’ordre pédagogique, social et expriment même une vision et des aspirations des étudiants.

FACULTES DES LETTRES, DROIT ET SCIENCES ECONOMIQUES : Les étudiants en profitent pour réviser

Débutée il y a près de deux semaines ou plus, la grève à l’Université de Dakar permet à certains étudiants des facultés des Lettres, de Droit et des Sciences économiques et de gestion de se mettre à jour.

Dans les jardins de la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Dakar, Fatou et Elisabeth occupent l’un des bancs éparpillés au milieu des arbres. Etudiantes en année de licence en Lettres modernes, elles ne semblent avoir rien changé de leurs habitudes, malgré la persistance de la grève. « Nous mettons à profit cette grève pour réviser nos cours, sinon on risque de perdre beaucoup de temps », indique Elisabeth, tout en mordant sur son sandwich. Si les deux étudiantes adhèrent à cette grève, elles en redoutent pourtant les conséquences qu’elle peut avoir sur les programmes en fin d’année. D’où leur obstination à continuer à faire leurs propres recherches. Non loin de là, Issa et Antou font le pied de grue dans le hall, guettant leur professeur et encadreur. En année de maîtrise d’anglais, les deux étudiants approuvent pleinement cette grève observée dans leur faculté. « Il y a trop de choses à dire ici. D’abord, les programmes enseignés ne sont pas adaptés aux besoins des entreprises, les effectifs sont pléthoriques, sans compter la vétusté des lieux dans lesquelles nous faisons nos cours », avoue Issa. En plus de ces récriminations, les étudiants de ladite faculté rencontrent des problèmes liés à l’encadrement en année de maîtrise. « Il n’y a pas assez de professeurs pour les étudiants », explique Issa.

Tout comme ces étudiants en Lettres, ceux de la Faculté de Sciences juridiques continuent leur mouvement entamé depuis le 29 janvier dernier. Là, l’ambiance contraste bien avec les nombreux attroupements et le vacarme qu’on avait l’habitude d’entendre une fois dans le hall. Comme à la Flsh, les étudiants présents mettent à profit cette grève. C’est le cas de Ndèye Fatou et Khady. Faisant fi des points de revendication mis sur la table par leurs camarades, elles pensent aux partielles déjà programmées et reportées par fait de grève.

« A l’Etat de se presser lentement »

Reprenant la première année de droit, les deux demoiselles ne souhaitent que la reprise des cours et recommencer les Td. « Sans les cours de Td, on ne pourra pas s’en sortir », souligne Ndèye Fatou. « On ne parvient pas à suivre avec les cours magistraux, alors que les Td nous permettent d’échanger avec le professeur », ajoute-t-elle. Un vœu partagé par Astou et Mariétou, étudiantes en première année de Sciences économiques et de Gestion. Enfermées dans l’une des salles de cours, elles font des exercices sous la supervision d’un de leurs camarades. « Moi, je peux anticiper les cours en tant que redoublant, mais ce sont surtout les nouveaux qui risquent de payer les pots cassés », affirme Nourou. Certes, la grève perdure, mais aucun des étudiants ne souhaite que l’année soit hypothéquée. « La grève, tout comme la marche, sont des droits de chaque citoyen. Maintenant, il faut que les autorités règlent une bonne fois pour toute ces nombreux problèmes », martèle Issa de la faculté des Lettres. Dans l’immédiat, M. Diouf, enseignant à l’université de Dakar, pense qu’il faut rééquilibrer les effectifs dans les universités, en affectant à l’université de Saint-Louis plus d’étudiants. « A l’université de Dakar, les effectifs sont trop importants par rapport à la capacité d’accueil et j’ai comme l’impression que rien n’a bougé depuis une quarantaine d’années », indique M. Diouf. Evoquant ses souvenirs de première année à l’université de Dakar, cet enseignant se désole aujourd’hui de la pléthore d’étudiants qu’il voit lors des cours. « En 1966-67, on était trente cinq étudiants en première année et on nous appelait la Chine populaire, aujourd’hui l’enseignant voit 3000 étudiants en face de lui en première année, ce qui n’est pas acceptable », confie-t-il.

Outre cet épineux problème de l’effectif, l’enseignant de l’Ucad considère que la construction en hauteur ferait résoudre beaucoup de problèmes dans le campus. Pour lui, certes, l’année n’est pas menacée, mais il y a urgence à régler les problèmes et conseille à l’Etat de se « presser lentement ».

INSEPS

Les professeurs de l’Inseps ont suspendu leur grève de la faim après avoir reçu le décret signé régularisant leur situation.

Négociations tous azimuts

Dans un tel contexte de crise, on assiste à une multiplication des négociations tant au niveau décanal, rectoral que chez l’ombudsman ou médiateur de l’Ucad.

Négociations tous azimuts. Tel peut être résumé la démarche entreprise par les autorités académiques. Les doyens, le recteur et le médiateur sont sur tous les fronts, multipliant les rencontres à la recherche d’une issue heureuse. Les doyens ont tenté d’apporter des réponses précises par rapport à tous les points soumis, non sans préciser que la mission de l’université est « la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (enseignement), avec comme credo l’excellence ». A cet effet, elle reste « indifférente aux pressions religieuses, politiques », même si l’université doit « prendre en compte les besoins de la société en ressources productives et opérationnelles ». Ce qui, notent les doyens, est à la base de la nouvelle réforme Lmd bâtie sur le principe d’une symétrie « filière recherche-filière professionnelle ».

Communiquer et anticiper

L’Ombudsman Babacar Diop Buuba, s’active à améliorer la communication entre les différents acteurs à travers la convocation d’une réunion mensuelle, laquelle regroupe les amicales, les enseignants et autres acteurs, selon les thématiques. « Ce sont des réunions ouvertes », indique M. Diop. Le médiateur pense qu’il faut également un « accompagnement social, psychopédagogique » au sein de l’université. « Il faut des assistants sociaux », dit-il, tout en invitant les différents acteurs au sens de la responsabilité. « Il faut veiller et œuvrer à ce que les autorités gouvernementales, rectorales et décanales respectent leurs engagements vis-à-vis des partenaires sociaux », soutient Babacar Diop, convaincu qu’il est impératif « d’anticiper » sur les conflits aussi bien au niveau du campus social que pédagogique. Egalement, prêter attention aussi bien au déroulement des inscriptions que des codifications en déployant une intense campagne d°Øinformation et en veillant scrupuleusement au respect des normes d°Øéquité et de transparence. Il vient, d’ailleurs, de produire un projet de règlement intérieur ou texte cadre sur les Amicales.

Source: le Soleil

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Samedi 23 Février 2008

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