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GRANDE INTERVIEW AVEC : Mamour Cissé du Psd/Jant-bi «Je serai candidat à la mairie de Dakar»

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Secrétaire général du Parti Social Démocrate (Psd/Jant Bi), Mamour Cissé se veut un modèle dans le paysage politique sénégalais. Tissant petit à petit sa toile dans le jardin des hommes politiques de marque, en plus d'être homme d'affaires, ce Dakarois bon teint aspire à participer au développement de son pays. Une raison pour déclarer dans cette interview, qu'il sera candidat à la mairie de Dakar, entre autres révélations. Aussi, revient-il sur le bilan de sa campagne électorale, son compagnonnage avec Wade et le Pds, la prochaine touche qu'il compte apporter au sein de l'hémicycle, sans oublier de jeter des cailloux dans le jardin d'une partie de l'opposition. Voyage dans un labyrinthe.



GRANDE INTERVIEW AVEC : Mamour Cissé du Psd/Jant-bi «Je serai candidat à la mairie de Dakar»
Vous avez battu campagne à travers le pays pendant trois semaines. Élu député, aujourd'hui, quel bilan faites-vous de ce long périple et de cette nouvelle expérience ?

Mamour Cissé : « Une campagne très éprouvante parce qu'il a fallu faire des kilomètres et des kilomètres, et les localités étaient parfois distantes de moins de 100 kilomètres , dans des conditions très difficiles par rapport à l'absence de logistique, des moyens de locomotion adaptés à la circonstance, ensuite la chaleur etc. C'est le premier aspect, l'autre aspect, c'est un sentiment de réconfort, dans la mesure où ça nous a permis d'être en communion, en phase avec la population, ne serait-ce que le temps d'un séjour ; parce que huit, douze ou vingt-quatre heures de temps, on a vécu avec les populations, on était aussi collé aux préoccupations qui les interpellaient dans leur vécu quotidien, par rapport à leurs perspectives et à leurs ambitions. La troisième leçon, c'est que j'étais agréablement surpris de voir que nous avions un très beau pays, et que le ministère du Tourisme aura à mettre l'accent sur la destination Sénégal. Nous avons des coins extraordinaires. C'est ainsi que j'ai découvert une île qui se trouve aux environs de Marssasoum, quand on traverse le bac de Massasoum pour aller à Sedhiou, il y a un paysage féerique. J'aimerai que tous les Sénégalais puissent la découvrir, en l'occurrence vous (ndlr : les journalistes) ; c'est dire qu'on a un beau pays, et les régions comme Ziguinchor et Sedhiou peuvent naturellement être les greniers du Sénégal, pour autant qu'il y ait une volonté politique pour accompagner tout cela. Les populations ont beaucoup d'ambition, si les pouvoirs publics pouvaient les aider, le Sénégal y gagnerait beaucoup. Maintenant le résultat est là, par rapport aux attentes, nous avons été très déçus. Mais en bon croyant, nous devons faire avec.

Déçu en quoi exactement ?

Déçu par rapport à notre score, par rapport au travail abattu avant les élections. On pensait ne pas sortir du tiercé gagnant, au moins des quatre premiers. De ce point de vue, je reste sur la fin, il y a des responsabilités internes par rapport à ces contre-performances ; il y a aussi une confusion, les gens n'ont pas compris notre soutien au président Me Wade à la présidentielle ; et notre cavalier seul pour les législatives. Pour d'autres, nous n'étions que des porte-serviettes, et ils se sont dit, avant de voter pour des pâles copies, il faut le faire pour la copie originale. C'est ce qui a porté confusion et préjudice à notre formation. Dans la pratique, aussi bien à Dakar qu'à l'intérieur du pays, nos bulletins étaient renversés. Il y a eu aussi des confusions par rapport à l'étoile, sur un autre parti que je ne citerai pas pour des raisons de convenance et d'élégance républicaine. Voilà, tout cela combiné sur Dakar, Pikine, Kaffrine… Nous sommes restés très amers. Ce qui veut dire que par rapport aux attentes, la déception a été très grande.

Est-ce qu'au préalable, vous aviez huilé votre machine de guerre avant de vous jeter à l'eau ?

Aujourd'hui, tout le monde a conscience qu'une élection est avant tout une affaire de moyens. En tant que jeune parti, nous n'avons pas tous les moyens requis pour faire la campane souhaitée. Ne serait-ce que pour prendre en charge les 1200 mandataires qu'on avait projetés, coûtait cher ; et le jour de l'élection, pouvoir mettre à la disposition des militants des voitures pour pouvoir les transporter. Cela s'est posé. Je pense qu'une expérience servira à quelque chose. De là pour les élections à venir, on mettra les préalables qu'il faut.

Peut-on savoir à combien s'élevait le budget de votre campagne ?

(Rires) L'argent n'a pas besoin de bruit, mais je pense qu'on faisait partie des plus faibles budgets. On a essayé de satisfaire l'essentiel, en tenant compte que nous étions représentés dans les 35 départements. Il y a des départements dans lesquels les problèmes de sous se sont posés avec acuité, parce que pour un jeune parti, qui n'est pas dans le pouvoir, il est difficile de faire le tour du Sénégal. Par exemple, Médina Yéro Foula est distant de 600 kilomètres . Je pense, en toute humilité, qu'on gagnerait à réactiver une loi, qui doit interpeller tous les démocrates sur la nécessité aujourd'hui pour l'Etat du Sénégal de financer les partis politiques.

D'aucuns avancent, pour les législatives, une « aide » de 50 millions aux partis souteneurs de Me Wade lors de la présidentielle. Qu'en est-il exactement ?

Nous, on n'a pas reçu une somme de 50 millions. Justement, il faudra éviter les oiseaux de mauvais augure ; c'est normal, et de bonne guerre, les gens tentent toujours d'expliquer, même l'injustifiable. Je pense que c'est du dilatoire, à moins qu'il y ait des gens qui en ont reçu. Ce n'est pas notre cas !

Et qui vous a réellement financé ?

Nous sommes nés depuis sept ans, et avons participé à toutes les élections depuis 2001, excepté bien sûre celle de la présidentielle de 2007. Je suis-moi même conseiller municipal. La seule élection à laquelle nous n'avons pas participé est celle de la présidentielle de 2007, pour des raisons de convenance, on a préféré soutenir Me Abdoulaye Wade ; parce que pour nous, doublement, il est en train de poser des actes forts. Souvenez-vous lors des élections de 2001, nous parlions de la nécessité de doter la capitale du Sénégal d'infrastructures adéquates. Nous avions eu une maltôte positive en accusant Me Wade d'être un président de la république d'un pays, où il n'y avait pas de transport en commun, même si l'on savait que ce n'était pas lui qui avait mis le pays à genoux ( la Sotrac ) il nous a permis aujourd'hui d'avoir Dakar-Dem-Dikk, le plan Sésame a été un combat du Psd/Jant-bi ; au finish, il est là, il est là la nécessité de prendre en charge les femmes en couche, et d'élargir cela au niveau de toutes les régions du Sénégal, jusqu'à la césarienne ; une victoire de notre parti… Le soutien à Me Wade est un soutien objectif. Au-delà de ce soutien, nous avons toujours cru à l'alternance générationnelle ; et qui mieux que Me Wade est capable de le faire ? La preuve, la moyenne d'âge des hommes de son gouvernement est très réduite, tournant autour de 35 à 40 ans. le Sénégal a besoin de rupture, de nouveaux dirigeants. C'est de ce point de vue que j'apprécie l'élection au niveau de l'Assemblée nationale de forces vives, généreuses, et je souhaite de manière effective que la morale puisse guider la totalité des actes que nous allons poser. Nous n'avons pas regretté ce choix.

Vous avez parlé de porte-serviettes de Wade à la présidentielle, et trois mois après, vous lui faites face. N'est-ce pas là un paradoxe, ayant créé une confusion auprès de vos militants ?

Pas de rupture, dans la mesure où ce soutien nous ne l'avons pas regretté. C'est un choix qui a été fait, pas besoin de revenir sur le sens et l'objectivité de ce soutien. La logique avait commandé qu'on aille ensemble aux élections, d'autant plus que j'ai travaillé dans le programme du candidat Wade. Donc, c'est pour dire qu'aujourd'hui, on se reconnaît dans le programme qui a élu le candidat Wade. Pour être conséquent, entre le souhait et la réalité, il y a un fossé, parce que les gens avaient déjà confectionné leurs listes respectives.

Mais l'élégance voudrait que vous discutiez ensemble avant d'aller aux législatives ?

Mais est-ce que lui nous l'a demandé ? Pour dire que comparaison n'est pas raison. Et je pense qu'à un moment, il arrive qu'un parti puisse prendre ses responsabilités face à une situation. Et je ne vous apprends rien. Tous les hommes politiques ne raisonnent qu'en fonction des intérêts qui se présentent à eux. Les intérêts par rapport à son parti, mais bien sûr sous-tendus par la morale. Et nous pensons, en toute bonne foi, qu'il nous faut une politique de rupture. Et lorsque l'on parle d'émergence d'une nouvelle classe politique, c'est pour mettre l'accent sur l'éthique et la morale.

Est-ce que le fait de parler d'intérêts ne rejoint pas l'idée qu'on les Sénégalais de l'homme politique : bizarre, controversé, et qui vogue au gré du vent ?

Je pense que les intérêts partisans et la morale ne sont pas antinomiques ; c'est de bonne guerre, car une armée qui va en guerre gère d'abord les intérêts de son pays, Raison pour laquelle, responsable au premier chef du parti, je suis obligé d'avoir ces réflexes partisans. Mais ces réflexes n'ont d'intérêt que par rapport à la morale. Cependant, on doit avoir des intérêts nobles ; par exemple, il y a des gens de mon parti qui se sont tellement battus que j'aimerai les voir figurer au sommet. C'est la morale qui nous a aidé. Aujourd'hui, le combat qui vaille, pour les Sénégalais, c'est le sens des responsabilités. Mais aussi le renouveau du parlement ; parce qu'il a un divorce entre les populations et ceux qui les représentent. Si notre élection, ou notre entrée à l'Assemblée nationale peut contribuer à ce rapprochement ou à cette réconciliation, ce sera une très bonne chose ; présentement, il faut privilégier les intérêts des Sénégalais, au détriment des intérêts corporatifs.

Dans votre campagne, vous parliez de rupture, de nouvelle démarche, mais quelle est réellement la nouvelle touche que le Pds/Jant-bi compte apporter au sein de l'hémicycle ?

Nous avions dit que nous allions représenter les Sénégalais, rien que les Sénégalais. Voter les lois justes, notre pratique sera axée sur l'intérêt des populations. Je pense que c'est un serment, un engagement que nous avions eu à prendre pour tout le parti. Aujourd'hui, nous n'avons qu'un seul siège, en l'occurrence moi. Par conséquent, j'essayerai de me conformer à cet engagement-là. La rupture aussi, c'est par rapport au député, car dès l'instant qu'il est élu, il ne doit plus avoir les réflexes locaux. En tout cas, moi, je ne serai pas le député de Dakar, et souhaite que les autres députés ne soient pas des députés de Thiès, Pikine ou autre, mais simplement des députés du Sénégal. Cela veut dire, sortir de nos gombos, et aller à l'assaut du Sénégal, pour rencontrer les Sénégalais. En tout cas, le Psd/Jant-bi s'inscrira dans cette dynamique, en faisant des tournées économiques à travers les départements, les régions et toutes les collectivités locales et communautés rurales durant cette législature. Aller vers eux, discuter avec eux, et essayer de comprendre, comment ils vivent et quelles sont leurs difficultés. Faire des propositions de lois, des suggestions au niveau du gouvernement, mais aussi auprès des organisations paysannes ; en somme, être un trait d'union au sens noble du terme, entre le pouvoir exécutif et les populations, puisque onze millions de Sénégalais ne peuvent pas dialoguer directement avec l'exécutif. Mais il y a nécessité de passer par des intermédiaires, pour concilier les parties, proposer des ruptures. Il y a aussi la nécessité de lutter contre le chômage, de résoudre la question énergique, de soulager le panier de la ménagère, donner un pouvoir d'achat aux Sénégalais ; et tout cela ne pourra se faire que lorsque la crise sera vaincue. L'entreprise doit être au cœur de l'activité économique du pays.

N'est-ce pas de la théorie, d'autant plus que nous avons toujours eu des députés qui passent tout leur temps à dormir à l'Assemblée nationale ?

Ok, c'est pourquoi j'ai parlé de la nécessité de réconcilier les Sénégalais avec le Parlement.

Qu'allez vous faire maintenant ; rejoindre le groupe libéral, constituer un groupe parlementaire avec l'opposition parlementaire, ou simplement aller en solo avec la casquette de non-inscrit ?

Nous sommes en train d'abord de savourer cette élection, de mesurer ensuite les responsabilités qui nous interpellent. Mais étant modeste, on ne peut plus réinventer la roue. Cela veut dire que nous allons à l'Assemblée nationale sans état d'âme, mais en constatant la limité objective qui est la réalité. La réalité veut que tout le monde constate que la coalition Sopi a l'écrasante majorité, avec 131 députés sur 150. Ce matin, le président du groupe libéral me disait que rien qu'en gérant 69 députés, il avait toutes les difficultés, aujourd'hui, il en gère 131. Ce qui veut dire que ces problèmes sont multipliés par trois ou quatre. De ce fait, les populations ne doivent pas attendre touT des députés. On ne peut tout faire, nos voix seront attendues, et l'exécutif doit voir en nous, une force de propositions pour les Sénégalais, et non des partisans ; mais les députés que nous sommes ne pourront influer sur la balance, mais l'essentiel est de proposer de bonnes choses. Par contre, pour ce qui est des groupes parlementaires, nous en avons parlé, mais je ne vois pas la pertinence face à la majorité de la coalition Sopi. C'est la réalité ! L'important, c'est que notre voix soit entendue par la population et par l'exécutif, par rapport à nos propositions, par rapport aux intérêts de la population. Mais influer de manière radicale sur la bonne marche de l'exécutif, la modestie nous commande de ne pas y penser. Nous serons une force de propositions, et essayerons d'apporter notre voix partout où nous avons un domaine de compétence. Par exemple, des propositions pour l'emploi des jeunes, de la protection sélective au niveau des entreprises, car il n'y a pas un pays développé au monde où le protectionnisme n'a pas été appliqué. Quelle est la pertinence pour le Sénégal, d'accepter la totalité des règles qui régissent l'Omc?

L'économiste que vous êtes, a-t-il des propositions pour booster nos entreprises ?

L'Afrique ne représente que moins de 1 % du commerce mondial. Par exemple, tant que l'on ne pose pas la compétitivité du riz, de l'autosuffisance… Quelle est la pertinence de rester dans la zone Cfa, nos produits ne sont pas compétitifs, et il y a la détérioration des termes de l'échange, la perte de vitesse constatée face à l'Euro. Notre riz et notre coton ne sont pas compétitifs, nos besoins primaires ne sont pas pris en charge, notre budget n'est pas extensible à l'horizon. Il y a des limites, des masses fiscales incommensurables. C'est à ce niveau qu'il nous faut trouver des réponses. Wade parle de Sénégal émergent. L'opposition avance des chiffres sans aucune explication. Il faut tenir un langage de vérité à la population. Ce déficit de plus de 200 milliards dont parle l'opposition a servi au financement de la facture pétrolière du Sénégal, estimée à près que 152 milliards. Je dis qu'une opposition doit être républicaine, et non servir du dilatoire. Nous sommes dans un pays composé à 70 % d'analphabètes, c'est pourquoi, parler de chiffres sans en donner les raisons peut porter préjudices, surtout qu'il y a un développement des médiats au Sénégal. Mais dénoncer là où le bât blesse. Par exemple, je ne serai jamais pour la privatisation de la Sonatel , de la Sde , de la Sonacos , de la Sénélec. Mais ce n'est pas pour enfoncer le gouvernement que je dirai que cela a permis de financer le train de vie de l'Etat.

À vous entendre, on a l'impression d'avoir affaire à un avocat défenseur. Est-ce à dire qu'une fois à l'Assemblée, vous serez du côté du parti au pouvoir ?

(Il s'énerve) Vous êtes des journalistes, je pense que là où l'on vous attend c'est de pouvoir être équidistant entre les partisans et les non partisans. Vous venez de m'entendre dire que je ne serai jamais pour les privatisations, qu'il n'y a pas un pays au monde qui s'est développé sans protectionnisme. Je viens de dire qu'il y a des débats à poser, et que si on tarde à les poser, cela va nous rattraper à moyen terme. Il y a des causes, comme la flambée des prix du pétrole. Vous ne pensez pas que ce sont des propositions pertinentes ?

Vous êtes un homme d'affaires, normal que vous soyez absorbé par l'économie. Mais ne pensez-vous pas que l'Etat doit s'ajuster. Autrement dit, est-ce que le Sénégal a besoin d'un gouvernement de 40 ministres, d'un Sénat, du Craes, de l'Assemblée etc. ?

Vous ne m'avez pas permis de développer tout cela. Mais effectivement, un Etat doit, dans la mesure du possible, s'ajuster par rapport à de fausses dépenses, mais un Etat modeste ne veut pas dire un Etat misérable. Le Sénégal est un pays indépendant, la souveraineté de l'Etat doit être magnifiée ; c'est la raison pour laquelle, il y a des dépenses que je ne jugerai pas de trop.

Que faites-vous des 42 ministres ?

Les intuitions, en soi, n'ont pas de problèmes, c'est l'interprétation. Je pense que toute institution qui permet de renforcer la démocratie sénégalaise est la bienvenue. Je n'ai pas d'état d'âme pour dire qu'un Etat doit être envié, parce qu'un Etat est abstrait, et l'on ne doit pas banaliser ses symboles. Me Wade avait déclaré qu'il va mettre en place le Sénat, et les gens ont voté pour lui. Pourquoi être plus royaliste que le roi ? Les Sénégalais l'ont choisi dès le premier tour.

Il avait pourtant prévu de supprimer le Sénat ?

Non (Il hésite), Non, ça c'était il y a sept ans. On nous avait parlé de 25 ministres, mais ils sont passés à plus de 30. Cela suppose sans doute que si l'on est passé de 25 à 37 ou 40 ministres, on parviendra à résoudre les problèmes de Barca ou de Barsakh, du chômage, de l'énergie et la prise en charge de la population au niveau des hôpitaux…

Quand même, l'actuel Premier ministre du Sénégal a une réputation d'être un homme austère, rigoureux par rapport aux finances publiques, il faut lui accorder le bénéfice du doute, jusqu'à la preuve du contraire .

Aura-t-il le temps de manœuvrer ?

Ah non ! Ce gouvernement, on lui donne un minimum trois mois d'état de grâce. C'est la première fois que je vois un Premier ministre décliner sa feuille de route lors de la passation de service. Mon ambition est de voir comment faire venir l'investissement indirect extérieur. Je souhaite faire venir les entreprises à l'intérieur du pays, à Kolda, à Ranérou afin de participer au désenclavement. Est-ce que vous vous rendez compte du taux de déperdition du gombo, qui coûte plus cher que l'arachide sur le marché mondial. On a intérêt à le produire.

Beaucoup de commerçants sont mécontents de vous, parce que vous avez démoli votre centre commercial sans les avertir. D'autres disent que vous refusez de sortir de l'informel, et que vous continuez à les exploiter sans les aider. Qu'en est-il ?

(Rires …) J'ai toujours été un homme moderne, et propulseur des centres commerciaux au Sénégal. En 1994, quand j'achetais EL Malick, c'était avec 400.000 F Cfa. Aujourd'hui nous l'avons rasé avec l'onction de la protection civile. Je m'inscris dans la modernité.

Les commerçants ont râlé. Ce mécontentement n'est-il pas à l'origine de votre perte de Sandaga lors des législatives ?

C'est de bonne guerre. Ce sont des gens qui avaient à gérer leurs intérêts. Ils ne payaient que 15.000 f de loyer, mais dans des conditions déplorables. Ce qui les intéressait, c'était d'avoir des chiffres d'affaires. Nous avons respecté la totalité des procédures, et sommes inscrits dans la modernité, surtout pour créer des emplois.

Au lendemain des législatives, vous aviez tapé sur la table pour menacer de sanction vos militants, un « thialit » ?

Effectivement, on a été très déçu du résultat obtenu. J'ai été trop affecté par les résultats. Effectivement, nous avions tenu une rencontre le mardi dernier, de quinze heures à trois heures du matin, pour situer les responsabilités. C'est pourquoi, nous avions dissous toutes nos structures de Dakar, Pikine et Guédiawaye. Tout cela, pour mieux structurer le parti.

Est-ce à dire que le Pds/Jant-bi va vers les renouvellements de ses instances ?

C'est sûr, nous nous acheminons vers cela. Seulement, en y allant doucement. Car les prochaines élections locales sont prévues pour le mois de mai de 2008. N'empêche, il y aura des sanctions.

Quel genre de sanctions ?

Tout ce que le parti a prévu sera appliqué, parce qu'il a eu des gens qui n'ont rien fait. Nous allons nous organiser, et nous préparer en conséquence pour les prochaines élections. D'autre part, nous avons compris que pour des élections au Sénégal, il faut de l'argent.

D'aucuns disent que, si le Psd/Jant bi n'a pas pu s'imposer, c'est parce que c'est un parti familial. Qu'en dites-vous ?

Non, non, ils n'ont rien compris. C'est vrai qu'il y avait des membres de ma famille sur la liste lors des législatives. Le premier est à la cinquième place. Normal, d'autant plus comme moi, ils sont des membres fondateurs du parti. L'essentiel pour nous, c'est d'être compétent et d'avoir une base solide, mais pas besoin d'inventer des choses qui n'existent pas. Mais au Sénégal, les gens parlent et aiment parler pour parler.

Quelles sont réellement les perspectives de votre parti ? Etre dans l'opposition significative, avec la mouvance présidentielle, ou simplement un centriste ?

Je ne crois pas au terme de l'opposition significative. Aujourd'hui, il y a une opposition vraie et réelle, celle qui est au niveau de l'Assemblée nationale. L'autre, c'est la vieille garde, elle doit s'en aller, car le Sénégal a besoin d'hommes comme Macky Sall, Talla Sylla, Modou Diagne Fada, Cheikh Bamba Dièye ; qui ont du mérite. Je souhaite une opposition qui ne soit pas bête et nihiliste, une opposition responsable et capable de proposer de bonnes choses pour le développement du Sénégal.

Et la génération du concret ?

C'est quoi la génération du concret ? Cette expression me pose problème. Je crois à du réel, et pas à des termes que l'on utilise par-ci et par-là. Nous avons besoin d'un Sénégal émergent, du vrai, du palpable.

Seriez-vous candidat à la mairie de Dakar pour les prochaines élections locales ?

La question revient toujours. Effectivement, je serai candidat à la mairie de Dakar, mais pour le moment, nous sommes en phase de restructuration de notre parti.

Ousmane LY et Abdoulaye Mbow
Source: L'office

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Samedi 23 Juin 2007

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