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GOANA: 'La révolution du riz' laisse sceptiques les paysans''

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Reuters - Le Sénégal veut faire de la vallée de Richard-Toll, dans le nord du pays, un grenier à riz pour l’Afrique, mais les paysans qui peinent à cultiver le sol à la houe sont très sceptiques.
Confronté à l’inflation des cours mondiaux du riz, que le Sénégal importe en quantité, le président Abdoulaye Wade a dévoilé en avril un plan visant à multiplier par cinq la production rizicole nationale en un an.

"La terre ici est très bonne, mais nous manquons de ressources", dit Abdoulaye Bâ, qui entamera la récolte de ses plants de riz dans une quinzaine de jours.

Richard-Toll, sur la rive sud du fleuve Sénégal, est un des fronts de la "Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance" (GOANA) que Wade a lancée à la mi-avril devant un parterre de ministres, de gouverneurs et de préfets venus de tout le pays.

L’annonce a laissé Abdoulaye Ba plutôt de marbre.

"J’ai entendu parler de la GOANA à la radio et à la télévision, mais cela fait longtemps que nous sommes engagés dans cette offensive", dit-il. "Le gouvernement, ajoute-t-il, n’encourage pas les paysans, il devrait les aider. Moi, je suis abattu."

A Richard-Toll, ainsi nommé du nom d’un botaniste français qui y créa une exploitation agricole au début du XIXe siècle et du terme wolof signifiant "jardin", les travaux d’irrigation menés depuis les années 1970 ont mis en valeur une bande de terre fertile qui court le long de la frontière mauritanienne et mord sur les étendues désertiques du Sahel.

La combinaison idéale du soleil, de l’irrigation, de la qualité des moyens agronomes et le soutien des services de l’Etat y permet à certains paysans de récolter 9 tonnes de riz par hectare, parfois davantage, soit un des rendements les plus élevés de la planète.

Pourtant, la plupart des terres irrigables sont en jachère, ou sous-exploitées. Quant aux familles de paysans qui s’en occupent à la main, elles confient leurs difficultés à obtenir les crédits nécessaires pour acheter les semences, les pesticides, les désherbants ou les engrais nécessaires à leur exploitation. Très loin donc d’envisager de mettre des terres supplémentaires en culture.

Les structures du crédit réduisent également les pouvoirs de négociations des paysans, qui achètent à crédit les semences et les engrais à des fournisseurs à condition de revendre leur production à ces mêmes intermédiaires.

"LA CORRUPTION EST REINE"

Boubie Vincent Bado, agronome formé au Canada, y voit un obstacle majeur à l’accroissement de la production agricole.

A l’antenne du Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) qu’il dirige à Ndiaye, non loin de Richard-Toll, un poster résume le cycle du riz du Sahel-108, une variété de riz qui nécessite 108 jours entre les semis et la récolte. S’ils obtenaient des soutiens financiers convenables, via la GOANA par exemple, les paysans de la région pourraient monter à deux récoltes annuelles au lieu d’une, explique-t-il.

Mais certaines initiatives précédentes de l’Etat n’ont eu qu’un faible d’impact.

Le plan de "Retour vers l’agriculture" (REVA) lancé il y a deux ans par Wade pour endiguer le phénomène d’émigration de jeunes Sénégalais vers l’Europe a échoué.

Le Sénégal est l’un des pays africains recevant le plus d’aide au développement, mais ses paysans se plaignent de ne recevoir qu’une trop faible partie de ces transferts financiers.

"Tout ce que le gouvernement donne est politisé. La corruption est reine", accuse Alioun Diop, employé d’une compagnie sucrière et qui exploite un hectare et demi de riz.

Les tracteurs et les pompes à eau qui avaient été promis ne se sont jamais matérialisés, affirme-t-il. "Tout a été donné aux conseillers de la mairie, ou bien ces conseillers ont tout donné à leurs proches. Moi, je n’ai rien eu, ma mère pas davantage."

Difficile de confirmer ou de démentir ces accusations.

Abdoullaye Wade fustige pour sa part le gaspillage de l’aide au développement et voit dans l’aide alimentaire une "immense escroquerie".

"En termes de surfaces cultivables, il est possible pour le Sénégal de parvenir à l’autosuffisance alimentaire, du moins à population égale", affirme Aliou Diagne, qui travaille au siège de l’ADRAO, à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

"Le problème est de savoir quand, et s’ils obtiendront les financements nécessaires pour procéder aux améliorations requises. L’horizon 2015 est peut-être trop ambitieux", ajoute-t-il.

Source: Nettali

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Jeudi 5 Juin 2008

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