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GESTION DU FOOTBALL AU SÉNÉGAL: Les mesures urgentes qui s'imposent

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La participation du Sénégal à la 26ème édition de la Can au Ghana renvoie à une incapacité totale de tous les secteurs intervenant dans la gestion du football dans notre pays. Elle appelle à une remise en cause fondamentale et la nécessité pour tout pays soucieux de son avenir de prendre conscience de l’obligation de sa bonne organisation à tous les niveaux et nous pousse à une introspection pour la relance définitive du football.



Les pouvoirs publics ne peuvent être indifférents à l’organisation du football national. Car ils sont chargés de créer les conditions nécessaires d’une formation complète de la jeunesse. Ils sont aussi garants de la santé et de l’équilibre de cette jeunesse, comme le stipule la charte du sport. Aussi, s’intéressent-ils au premier plan à ces résultats. Par conséquent, le déclin de football sénégalais pousse à se pencher d’abord sur l’option politique de l’État pour cette discipline devenue un phénomène culturel, reflet de la société traduisant sa manière de vivre.
Celle-ci a toujours consisté à privilégier le phénomène de campagne. C’est-à-dire engager l’équipe nationale dans des compétitions internationales sans au préalable prendre le temps de préparer méthodiquement les joueurs. Alors que si on veut prétendre au sacre, il faut se préparer sur des années et non en quelques semaines de travail intensif avec des joueurs en quête de leurs fondamentaux ou qui traînent le poids de leurs âges. L’équipe nationale ne doit pas être une école de football ni un centre de formation mais une étape ou on doit arriver complètement aguerri avec une bonne maîtrise de jeu. Malheureusement, ce n’est pas le cas au Sénégal. Ce sont des joueurs qui ne maîtrisent même pas les rudiments du football (contrôle–passe –déplacement –appui) ou des joueurs pas du tout imbus des valeurs intrinsèques du Sénégal (le Diom –la Kersa etc. ) qui prétendent conquérir l’Afrique.
Le problème fondamental du football sénégalais réside dans le fait unanimement constaté qu’il n’y a pas un niveau technique suffisant parmi les joueurs évoluant dans notre équipe. Au plan technique, il y a beaucoup de lacunes tant au niveau de la maîtrise du ballon, de sa conduite que de sa transmission. Au niveau tactique, les solutions viennent la plupart du temps des individualités. En effet, il manque cruellement au Sénégal, des joueurs ayant des qualités pour éliminer individuellement un adversaire. Donc de fortes individualités, des créateurs et de véritables leaders dans le jeu capables d’apporter des solutions quand l’équipe doute et libérer le peuple en un temps record. On demande presque l’impossible à nos joueurs, qui même en jouant sur leur valeur réelle, auraient beaucoup de mal à gagner. Car les faiblesse sont telles qu’ils ne peuvent pas faire de miracles.

L'amateurisme, la plaie du football sénégalais

L’élimination prématurée des "Lions" au Ghana n’est qu’un signe de plus. Celui de l’incohérence dans le processus d’apprentissage du football au Sénégal. Seulement, on ne pensait pas descendre si bas au point de ne pas arriver au 2e tour. Jamais de mémoire de férus du ballon rond, même dans les moments les plus difficiles, comme en 1986 en Égypte ou en 1994 à Tunis, le Sénégal n’a participé à une Can pour se faire éliminer au premier tour de la sorte (Une défaite et deux nuls).
La déception du peuple se justifie dans la mesure où la plupart des structures dans lesquelles évoluent les jeunes Sénégalais souffrent d’un manque d’organisation criard. Notre politique sportive devant s’articuler sur une politique de masse, compte tenu de nos spécificités tâtonne. Donc il sera presque impossible de détecter les jeunes talents à travers le pays et les conduire au sommet par l'absence d’une démarche cohérente. Les énormes sommes d’argent injectées dans les différentes aventures de l’équipe nationale (350 millions en 1986, 250 en 1990, 500 à 600 en 1992 et 1,5 milliard en 2008 sans oublier la prise en charge du 12 e Gaïndé) n'ont servi à rien.
Le changement perpétuel des instances dirigeantes du football (Cnp, Cng, Fédération) n’appliquent aucun plan programme de développement technique qui va changer la donne. Les solutions préconisées lors des nombreuses rencontres (états généraux –réformes) initiés pour sortir notre football de sa situation peu enviable n’ont pas eu les effets souhaités. Il est urgent donc de faire un diagnostic sans complaisance et à toutes les stations impliquées dans la gestion du sport roi. Et là, nous osons espérer que l’appel du Chef de l’État pour l’organisation des assises nationales autour du football ne sera pas de trop à condition qu’elle n’ait pas de soubassement ou de récupération politiques et que les conclusions tirées de ces assises ne seront pas rangées dans les tiroirs du ministre des Sports.
Mais serviront plutôt à relancer le football sénégalais. En réalité, le mal paraît profond. Et il faut donc situer les faiblesses et les atouts, se mettre au travail afin de les éradiquer. Les véritables changements doivent donc se situer dans la politique sportive. La haute compétition qui exige de gros financements ne doit pas être axée sur des campagnes mais dans la bonne organisation d’une fédération forte. Celle-ci passe par l’amélioration des conditions de travail, l'évolution des clubs et la formation à la base.

Les pouvoirs publics interpellés

L’État ainsi que les collectivités locales doivent impulser une politique volontariste pour permettre aux clubs de mieux se structurer. Et ceci par le biais de certaines sociétés ou firmes par l’octroi de ristournes ou de sponsoring qui sont remises à l’ équipe nationale pour sa préparation. Mais aussi par un accompagnement des clubs dans le cadre de l’application des textes qui régissent la ligue professionnelle. Afin que les clubs puissent se prendre en charge et se donner les moyens sans dépendre de l’État. Aussi, l’État ne doit-il pas se résoudre à apporter son aide pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les clubs. Sans laquelle, il n'y aura certainement pas d’avenir pour le football sénégalais.
A l’analyse de toutes ces considérations, on constate que le manque de stabilité, de logique de formation et de continuité sont flagrants et déstabilisants dans notre football qui a toujours refusé d’inscrire ses actions dans ce sens. Ceci privilégie le sommet plutôt que la base. Les entraîneurs étrangers ou nationaux ne pourront jamais former en 2 ou 3 semaines de grands joueurs pour faire une équipe à la place d’une sélection comme c’est le cas au Sénégal. Pour monter celle–ci et espérer monter au podium un jour, il faut du temps et de la patience mais pas de l’improvisation. C’est un travail en profondeur qui ne peut se faire dans l’urgence mais dans la patience.
Il faut donc travailler au niveau de toutes les composantes du football et rebâtir sur d’autres bases avec le plan de relance mis en place à travers l’introduction du championnat professionnel et le programme de développement technique en vue. Celui-ci constitue le cycle de la reconstruction du football sénégalais. Et le tout dans une réelle volonté politique et qui prenne en compte toutes les exigences de la haute compétition en matière d’organisation. Car malheureusement, au Sénégal, on souffre trop de lacunes en matière d’infrastructures et d’organisation. Ce qui est arrivé doit être mis en corrélation avec ce qui s’est passé il y a quelques mois avec le basket et l’élimination prématurée des cadets et juniors du football pour avoir une idée à ce manque de conception politique du sport. Il faut impérativement une politique d’équipement de tous les quartiers avec l’implication des mairies et communautés rurales en libérant des espaces où les jeunes pourront jouer spontanément.
De même que la réhabilitation des stades départementaux et régionaux est une exigence pour une bonne relance du football. Développer le football, c’est aussi faire l’unité des entraîneurs dans une direction technique forte et dans un cadre de travail fonctionnel avec l’Uassu réhabilitée, des techniciens à grande échelle car le Sénégal manque de formateurs de qualité et ceci surtout dans les régions de l’intérieur ou les talents ne manquent pas. Un football de qualité et performant ne s’invente pas. Il se bâtit. Et cela pas sur des pots de fleurs mais par de véritables sacrifices. C’est à ce prix seulement qu’on pourra devenir un grand pays de football capable de rivaliser avec les meilleures équipes d’Afrique ou du monde. Ce qui permettra au Sénégal de voir enfin le bout du tunnel.

Source: le Matin

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Samedi 16 Février 2008





1.Posté par aliou le 14/03/2008 17:34
sa va c moi aiou bien


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