Avec la suppression, depuis l’année dernière, de certains frais que les banques prélevaient sur les comptes de leurs clients, ce sont plus de 10,5 milliards de francs Cfa que les banques locales ont restitués aux usagers, selon une estimation de l’Association des usagers de la banque (Asub). Et, ce montant a été calculé sur la moitié des 717 469 comptes qui existent dans les 6 grandes banques du pays en dehors des comptes d’épargne et ceux ‘à terme’. Cette association, que dirige l’ancien directeur général du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), Saliou Sarr, estime ainsi que cette manne serait beaucoup plus importante si l’ensemble des comptes étaient pris en considération. Les usagers pensent que cela vient confirmer l’accusation d’enrichissement sans cause dont ils indexaient les banques établies au Sénégal à travers les frais bancaires.
Ces économies ne sont réalisées, selon l’Asub, que sur les prélèvements de frais sur des comptes dont les titulaires présentent, en paiement, des chèques à une agence de leur banque où leurs comptes ne sont pas domiciliés. Lesquels atteignaient souvent 1 700 à 3 500 francs Cfa selon que le chèque était présenté à Dakar et sa banlieue ou dans les régions. Ce qui, selon l’Asub, ne se justifiait nullement. Raison pour laquelle, les établissements bancaires, saisis à plusieurs reprises ont fini par céder. Mais, cette première bataille gagnée ne poussera pas l’Asub à dormir sur ses lauriers. Car, dans son plan, figurent une douzaine d’actions à mener pour combattre les pratiques et usages auxquelles les banques implantées au Sénégal contraignent la clientèle depuis la libéralisation de l’activité bancaire amorcée dans les années 1990.
Ces actions concernent, entre autres, l’application d’agios sur des comptes dont les titulaires ne bénéficient d’aucune prestation de la banque, la facturation de frais ‘exagérément élevés’ pour l’obtention de simples extraits ou relevés de compte auprès de certaines banques, le prélèvement de frais ou commissions en cas de remboursement anticipé de crédit, le non-respect strict de l’annualisation de la capitalisation des taux d’intérêts. Mais, le prochain combat de l’Asub sera consacré aux dates de valeur qui permettent aux banques de bénéficier ‘indûment’ d’un à deux jours d’intérêts au détriment du déposant ou de l’emprunteur. En effet, les opérations bancaires, au débit ou au crédit, sont prises en compte, non pas à la date à laquelle elles sont effectuées, mais à une date généralement postérieure pour les opérations de crédit, et antérieure pour les opérations de débit. Pourtant, ces dates de valeurs sont primordiales car elles sont prises en compte pour le calcul des intérêts débiteurs. C’est pourquoi, l’Asub compte engager la bataille pour pousser les banques à arrêter cette pratique qu’elle juge illicite.
Seyni DIOP
Source Walfadjri