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Famille sénégalaise : L’éducation en questions

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16 heures 30, à la gare Lat Dior. Un sac noir à la main, Mme Anta Faye se dirige vers un bus de la société de transport en commun Dakar dem dikk (Ddd) qui attend les clients en partance pour Keur Massar, un quartier de la banlieue dakaroise. Le guichetier absent des lieux, Mme Faye s’installe sur une place qui jouxte son box. L’air fatigué, elle essuie la sueur avec un mouchoir. « Depuis 5 heures du matin, je suis debout. Je sais que je vais rejoindre mon domicile à 20 heures. J’ai laissé mes trois enfants à la maison. Le plus âgé a douze ans », déclare-t-elle.



Famille sénégalaise : L’éducation en questions
La cinquantaine sonnée, Mme Anta Faye, employée dans une société de la place, ajoute avoir confié la garde de ses enfants à sa bonne. « Leur père travaille. Il a le même agenda que moi », se justifie-t-elle avant d’ajouter : « c’est Dieu qui éduque nos enfants. Nous n’avons pas le temps de nous occuper pleinement d’eux. Nous sommes préoccupés par la dépense quotidienne. L’essentiel aujourd’hui, c’est de mettre les enfants dans de bonnes conditions d’études».

Avant que Mme Faye ne prenne congé de nous, Dame Diop, un homme de teint clair, vêtu d’un grand boubou blanc, s’assoie à côté d’elle. Le regard fixé sur notre enregistreur, il lance sur un ton moqueur : « Lou khewati ? j’espère que vous ne parlez pas de politique». Non, il m’interpelle sur la supposée démission des parents par rapport l’éducation deleurs enfants. Quelle démission ? s’interroge notre interlocuteur, habitant de Castor, l’air un peu surpris. « Jamais les parents ne
démissionneront de l’éducation de leurs enfants. Les parents font ce qu’ils peuvent faire. Ils se battent nuit et jour pour donner une bonne éducation à leurs enfants », souligne- t-il. Toutefois, M. Diop, qui est fonctionnaire à la retraite, précise : « il y a actuellement des paramètres qui entrent en compte dans l’éducation des enfants et qui échappent au contrôle des parents. Il s’agit de la télévision, de Internet, etc. ». Chapelet à la main, un autre vieux s’invite au débat : « auparavant, à 20 heures, juste après le repas du soir, nous étions en discussion avec notre grand-père qui nous racontait des événements qui se sont déroulés pendant l’histoire coloniale. Il nous faisait notre arbre généalogique ». Le vieil homme au chapelet nous lance : je suis sûr que tu ne peux pas citer quatre de tes arrières grands-parents ». Ceux qui assistent aux échanges éclatent de rire.

Le bus ayant presque fait le plein, le chauffeur et le receveur leurs positions respectives. Le trajet peut bien démarrer. Les passagers se bousculent devant le guichet. Une dame, environ la cinquantaine, avance difficilement après avoir acheté un billet. Un jeune l’invite à prendre sa place. Un geste qui
n’échappe pas à Dame Diop. «Cet acte prouve qu’il y a encore des enfants bien éduqués. Dans
chaque domaine de la vie nationale, il y a des brebis galeuses », dit-il. La dame accompagne les propos de M. Diop avec des prières pour le jeune homme. A l’arrêt situé en face de la place de l’Obélisque, nous quittons le bus. Quelques passagers nous y remplacent. Ils laissent derrière eux des hommes et femmes qui attendent également un car pour rentrer. Il est 17 heures 10. « J’ai hâte d’arriver chez moi. Depuis une dizaine de minutes, j’attends le bus n°13. J’ai quitté chez moi depuis 7
heures. Heureusement, mes enfants sont partis en vacances chez leur grand-père », confie Mme Aicha Ndiaye. Habitante de Dieuppeul Castor, elle poursuit : « comme je n’ai pas toujours le temps de m’occuper d’eux, je préfère les envoyer au village pour qu’ils apprennent à vivre en milieu rural ». Et Mme Ndiaye d’ajouter : « je n’ai pas les moyens de les envoyer en colonie de vacances. Je ne préfère pas aussi les laisser errer dans les rues ou jouer ».

En face de notre interlocutrice, sur le terrain de football, une centaine de jeunes jouent au ballon.
D’autres sont restés sur la touche pour manifestement supporter leurs copains. « Dans ces conditions, personne ne peut assurer à ses enfants une bonne éducation. Les enfants sont de plus en plus influencés par leur environnement », déplore Mme Ndiaye. « Nous sommes souvent assaillis par les difficultés quotidiennes au point que nous sommes obligés de presque mettre de côté le
contrôle des enfants », ajoute-telle.

Les enseignants, les maîtres coraniques jouaient un rôle important dans le contrôle des enfants. Mais ces deux éducateurs semblent perdre leur lustre d’antan. « Nous n’osons plus corriger comme il le faut les enfants avec une cravache. Si nous le faisons, leurs parents peuvent nous poursuivre en justice. Et puis nous aussi, nous joignons difficilement les deux bouts. Il n’y a plus de motivation », se désole cet enseignant sous le sceau de l’anonymat.

Nouveaux outils d’éducation

Le bruit des véhicules et les forts nuages ne gênent pas les enfants qui continuent de jouer. « Nous sommes en vacances. Nous n’avons plus de leçons. Il faut que nous jouions », lance un jeune.
Manifestement excités par les propos du jeune homme, deux autres enfants s’approchent et
confient : « si on ne joue pas, on va dans les salles de jeu ou au cyber ». Internet occupe de plus
en plus une place importante dans le quotidien des enfants. Il a un impact sur son éducation.
Mme Aïssatou Ly Niang, présidente du Comité national des enseignantes pour la promotion
de la scolarisation des filles (Cnespscofi), admet qu’il y a aujourd’hui émergence des nouvelles
technologies de l’information et de la communication. Toutefois, elle pense que même si le contexte a changé, les valeurs traditionnelles qui font la fierté de la société sénégalaise sont toujours là. « Il y a dans Internet et la télévision des choses qui peuvent contribuer à éduquer les enfants. Quand je
regarde un film avec mes enfants, j’essaie de leur donner la leçon de vie véhiculée à travers les images. Si ce sont de bonnes images, je leur demande de copier, si c’est le contraire, je les exhorte à bannir cela dans leur vie. L’éducation doit commencer dans l’espace familial. Tout n’est pas mauvais à la télévision », souligne-t-elle. Même si elle ne met pas tous les parents dans le même sac, elle
estime qu’il y a des chefs de famille démissionnaires. « Je ne peux pas dire que tous les parents
sont démissionnaires. Certains continuent de jouer pleinement leur rôle en procédant au suivi et
au contrôle de la scolarité de leurs enfants. Mais il y a des parents démissionnaires », martèle- t-elle. Et la présidente de la Cnespscofi d’ajouter : « il y a des parents qui laissent leurs filles s’habiller n’importe comment avec toutes les conséquences que cela peut engendrer. L’habillement est un support en rapport avec l’école. Le parent doit s’occuper des enfants, faire un suivi régulier de leur scolarité

Mme Niang estime que dans la cellule, les parents doivent jouer pleinement leur rôle. « L’école n’est que le prolongement de la famille. Si l’enfant a une bonne éducation de base, il va forcément répercuter cela dans son vécu quotidien, à l’école et à la rue », indique-t-elle, invitant les parents à ne pas se décharger sur l’école. Le temps est un facteur poussant à la démission des parents. «
Quand on se lève à 5 heures du matin pour aller au travail, on peut ne pas avoir le temps de
contrôler si son enfant porte une tenue extravagante ou pas », explique-t-elle. Toutefois, souligne Mme Niang, « on peut toujours trouver le temps de s’occuper de l’éducation de ses enfants pour ne pas avoir des surprises désagréables ».

Babacar DIONE
Source Le Soleil

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Mercredi 19 Août 2009





1.Posté par naomed le 19/08/2009 08:29
on peut quand même s'interroger sur l'absence d'associations de jeunes ou d'éducation populaire. Ces associations n'existent pas parce qu'elles reposent sur le bénévolat. Or le bénévolat est une notion inexistante chez nous.

2.Posté par Passant le 19/08/2009 09:05
Vous avez parfaitement raison!!
Et pourtant, avec le bénévolat, on arriverait a inculquer aux enfants des modeles de comportement assez responsabilisants.

3.Posté par sokh le 19/08/2009 11:03
et vous deux qu est ce que vous attendez pour prendre cette initiative ?Vous savez tout le monde fait comme vous parlé rek et donné de tres bonnes idees mais qui seront malheureusement jamais appliquées .
Le fait de travailler ne peut pas empeché de bien eduquer ses enfants c depui le bas age

4.Posté par Mareme le 19/08/2009 11:47
moi je pense que se la faute du couvernement, pourquoi pasq se la mairie de toute les cartier qui doive sorganise a faire une foillet pour les enfant, et recrutte les educateurs et educatrise, si les parents ne peuve pas payer il paye au moise les 30% les 70% qui reste se couvernement qui le paye, les enfant peuve rentre au foillet de 09h a 18h,

5.Posté par salim le 20/08/2009 02:02
weshh l nommé maréme perso j rien compriii à ton commentaire vs parlez de koi laa breff pr ce qui est de l'education des enfants c un cas tres particulier parceke les gosses eux mémes ils écoutent plus leur parents fauut l dire caaa il y a une certaine orgueil ki les ocupe koi sino mwa j diréé les parents ils font leur devoir pt etre pas tous mééé ils l font kan mmmmmmmmmmmmm kwaaala donc voilaa

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