Référence multimedia du sénégal
.
Google

Faculté de droit : Les ‘agneaux du sacrifice’ ruent dans les brancards

Article Lu 1481 fois

Dans la crise qui secoue la Faculté de droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ce sont les étudiants qui attendent leurs résultats d’admissibilité qui trinquent. Pris entre l’étau des professeurs qui gardent les notes et l’enclume des services financiers de l’Université en cessation de paiement, les étudiants qui ne savent plus à quel saint se vouer, crient leur colère.



Faculté de droit : Les ‘agneaux du sacrifice’ ruent dans les brancards
‘Actuellement, on ne sait quoi faire. Le campus social est fermé, les restaurants vont le faire bientôt. Personnellement, lorsque je révise, je ne retiens absolument rien, parce que je pense à autre chose. Les professeurs, avant de décréter cette rétention des notes, devaient penser à notre situation précaire d’étudiants qui sont là depuis onze mois’. Cette déclaration pleine de rage de Madeleine Diatta, étudiante en deuxième année de Droit, traduit l’état d’esprit des 15 mille autres qui sont dans la même situation d’attente des résultats de la deuxième session rapprochée depuis le lundi 27 août 2007. En effet, ce jour-là, les enseignants de la Faculté de droit ont pris la ferme décision de ne pas délibérer sur les résultats de la deuxième session rapprochée au motif qu’ils exigent le paiement des arriérés de salaires des vacataires, des perdiem de ceux qui vont en voyage d’étude, des indemnités de sujétion et des heures complémentaires entre autres. Depuis lors, le dénominateur commun des étudiants apprentis-juristes est le stress.
Pourtant, certains que nous avons rencontrés, hier, ne baissent pas les bras devant cette ‘situation très complexe’ comme disait mercredi, un délégué.

Ainsi continuent-ils de fréquenter la grande salle de révision aménagée au dernier étage de la Faculté ou les allées ombrageuses proches pour réviser les matières orales. C’est le cas de Mbaye Nguer, étudiant en première année de Droit, que nous avons surpris, feuilles de cours à la main, en train de faire les ‘cent pas’ dans le hall pour revisiter une matière orale : l’histoire du droit. ‘On est stressé à mort présentement, surtout avec la pression des parents. Ils pensent qu’on n’a pas validé l’année, c’est pourquoi on traîne les pieds. Et en plus, on nous attend au pays pour les vacances, même si elles sont en train d’être grignotées par cette nouvelle donne’, explique dans un français teinté d’accent, ce jeune Sénégalo-Ivoirien, du haut de ces 21 ans et dont les parents sont restés au pays de la lagune Ebrié. Pour lui et ses camarades qui ne sont pas Sénégalais, la situation est fort embarrassante. ‘J’ai des amis qui avaient fait des réservations. Aujourd’hui, ils sont obligés d’annuler les voyages’, regrette-t-il, non sans espérer que ‘les professeurs et le gouvernement vont trouver un terrain d’entente pour nous communiquer au plus vite nos résultats’.

Malgré tout, Mbaye Nguer essaie de comprendre les enseignants qui suspendent encore les notes pour se faire payer leur argent. ‘C’est leur seul moyen de pression. Nous sommes leurs seules armes. C’est le seul moyen de faire avancer leur dossier. Maintenant, c’est à l’Etat de trouver une solution rapide’, concède notre interlocuteur.

Pour Amadou Fall Diop, un étudiant en deuxième année de droit, la situation est ‘intenable’ pour bon nombre d’étudiants, surtout ceux qui n’habitent pas Dakar. ‘Bientôt, cela va faire onze mois qu’on est à l’université et chose bizarre, seule la Faculté de droit n’a pas ses résultats. Pire encore, le campus est fermé, les restaurants - à part Claudel - le sont également. Et on ne paie plus de bourses. Il y a des étudiants qui ont déjà dépensé leur argent et qui n’ont plus rien’, fulmine-t-il. Trouvé dans la grande salle de révision aménagée à la faculté de droit, notre interlocuteur répond simplement : ‘On n’a pas le choix’. Et de poursuivre : ’Je refuse de reprendre l’année pour deux matières orales. Je vais aller jusqu’au bout’. Ainsi, tous les jours, cet étudiant quitte Pikine vers 7 h du matin pour ne rentrer qu’à 13 h après avoir bûché les finances publiques et le droit des biens.

Pour Madeleine Diatta, face à cette situation difficile pour les étudiants, la solution serait d’attendre tout bonnement le mois d’octobre pour faire les épreuves orales. Une solution de courte vue qui n’enchante pas sa copine Maria Faye, inscrite en première année de droit. ‘La solution n’est pas de partir et de revenir. Le mieux serait de sortir les admissibilités pour qu’on en termine avec les examens une fois pour toutes et attendre la rentrée d’octobre’, avance-t-elle. Avis que partage Bricia Tsonga, une étudiante togolaise en deuxième année pour qui ‘il faut délibérer et oublier’. Il faut donc dire que les vacances sont dans l’esprit de la majorité des étudiants.

Mamadou SARR
Source: Walfadjri

Article Lu 1481 fois

Vendredi 31 Août 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State