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Face A boulimie des cantines : Kermel Se Meurt

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350 cantines construites sur le parvis du Marché Kermel étouffent aujourd’hui le « monument historique », fanent son embellie, bouchent la rue, polluent l’environnement et tuent le quartier avoisinant. Kermel à l’instar des 25 autres sites et monuments classés de la région de Dakar, souffre du manque notoire d’une politique d’urbanisation et de sauvegarde des sites et monuments historiques, bien pensée et appliquée efficacement. La capitale est sous la coupe des « constructeurs » de cantines et « leurs complices » souvent tapis au sein des communes d’Arrondissement. Chaque poche de terrain est aussitôt répertoriée et des souks sont prestement construits au détriment de l’environnement, de la « mémoire » des lieux et au grand dam des riverains. Ceux du marché Kermel n’en peuvent plus et crient le ras-le-bol.



Face A boulimie des cantines : Kermel Se Meurt
En 2006, l’artiste peintre Kalidou Kassé charmé par l’excellente réhabilitation sous la houlette du Bureau d’architecture des Monuments historiques (Bahm) aujourd’hui, rattaché au ministère de la Culture, notamment à la Direction du patrimoine Historique, du Marché Kermel qu’un incendie avait ravagé, avec un groupe de personnalités et des riverains suscite le festival « Kermel en fleurs ». Une charmante fête se souvient avec nostalgie un riverain, haut en couleur. Très courue, elle fut une grande manifestation et permit à certaines autorités de déclamer à l’occasion, leur souci de préserver le site et de faire du quartier, un district-phare de la capitale.

Comme pour les narguer ou mettre à nu leur duplicité, pendant que l’on démontait les tréteaux de la fête, écrit un riverain choqué, 350 cantines d’1m2, chacune, se montaient tranquillement. Une ceinture de tôles pour étouffer l’œuvre architecturale, faire de l’argent, souiller l’environnement. Kermel est une oeuvre classée pourtant monument historique. Donc patrimoine de tout un pays. En effet, l’article 1 de la loi 7112 du 25 janvier 1971, fixant le régime des monuments historiques et celui des fouilles et découvertes, classe le Marché Kermel parmi les 26 sites et monuments historiques de la région de Dakar. Les monuments historiques sont les "biens meubles ou immeubles publics ou privés y compris des monuments naturels et les sites ainsi que les stations ou gisements anciens dont la préservation ou la conservation présentent un intérêt historique, artistique, scientifique légendaire ou pittoresque. Ils sont inscrits sur une liste établie tenue à jour et publiée au journal officiel par l’autorité administrative compétente ". Les sites et monuments historiques sont régis également par le décret 73746 du 8 août 1973 portant application de la loi 7112 du 25 janvier 1971 et le décret 1137 du 27 décembre 1996 portant application de la loi 9607 du 22 mars 1996 portant transfert de compétence aux régions, aux communes et aux communautés rurales en matière de culture.

La liste des monuments et sites historiques est disponible auprès du Bamh, au Ministère de l’Urbanisme son ancienne tutelle et au ministère de la Culture et du patrimoine historique. La sélection des sites et monuments se fait par la Commission Supérieure des Sites et monuments qui regroupe des Compétences du Ministère de la Culture, du Ministère de l’Urbanisme, de la Présidence de la République, de l’Université…, sur proposition des populations locales (villages, Communautés rurales etc.) ou d’autres. Tout cela pour dire que Kermel dont la beauté architecturale a fini de faire le tour du monde, elle est imprimée sur les cartes postales. Le marché qui est également un lieu touristique obligé se meurt ainsi malgré la protection de la loi.

Dakar sous la coupe des Souks

Le regretté cinéaste Djibril Diop Mambety s’était battu autant qu’il a pu pour que le boulevard Djily Mbaye qui abrite l’immeuble Fahd, propriété du regretté milliardaire de Louga, ne soit pas transformé un hall aux « portables ». Il voulait que l’on ne dérange point la belle Sirène du Port qui se mirait majestueuse au soleil sous le regard charmé des passants et des usagers de la Poste. Il perdit la bataille comme celle aussi de transformer le marché Sandaga en un vaste musée, bataille qu’il a mené concomitamment. Quant à la Sirène du Port, complètement noyée par le brouhaha des marchandages soutenus ainsi que des va-et-vient incessants à travers les lacis qui séparent les cantines construites pour alimenter les caisses de la commune d’Arrondissement de Dakar-Plateau, avait-on argué à l’époque, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Nul ne s’arrête plus devant sa statue pour en admirer les formes. Aucun flâneur endimanché ne se fait plus photographier à ses côtés. Pauvre « enchanteresse » aux atours agressés !

La « soukisation » sans retenue, ce phénomène que Pape Diop le député-maire de Dakar a vivement dénoncé au tout début de son magistère continue de plus belle. Et la belle capitale fondée en 1857, que structure à la fois des monuments anciens comme les constructions les plus modernes, de s’asphyxier de plus en plus. Kermel la belle n’échappe pas à cette logique que rien ne semble devoir arrêter. Les riverains regroupés au sein d’une association dénommée Ark (Association des riverains de Kermel) ont beau crier. C’est peine perdue. Cependant qui a autorisé la construction de ces cantines sur le parvis même du Marché ? Le Bahm ainsi que la Direction du patrimoine historique du ministère de la Culture ont-il été avisés ? Ont-ils donné leur aval ? Surtout quand on sait que ces cantines et leur emplacement posent par ailleurs des questions de sécurité évidente. En cas d’incendie, ce qui n’est nullement souhaitable, mais tout aussi probable au regard des usagers (gargotiers, tangana et autres marchands ambulants qui pullulent dans le coin ainsi qu’avec tout le matériel inflammable dont ils disposent).

Qu’arriverait-il dans un tel cas de figure ? Comment les Sapeurs pompiers du Général Samba interviendraient-ils ? Toutes questions qui devraient amener les autorités à revoir leur copie. Car Kermel se meurt et les véritables marchands qui payent cher leur place dans le marché sont au bord de la faillite faute de clients chassés par les odeurs et l’impossibilité d’accéder tranquillement à eux. L’Ark ne veut pas se résigner et entendu se battre pour que Kermel retrouve son lustre d’antan.

Madior FALL
Source: Sud Quotidien

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Mercredi 25 Juillet 2007

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