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FUITE DES CERVEAUX EN AFRIQUE : UNE SAIGNÉE DE 23.000 UNIVERSITAIRES PAR AN

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FUITE DES CERVEAUX EN AFRIQUE : UNE SAIGNÉE DE 23.000 UNIVERSITAIRES PAR AN
Le phénomène n’est peut-être pas nouveau, mais la fuite des cerveaux prend des proportions qui inquiètent plus d’un intellectuel sur le continent. Tant elle constitue une menace pour les bases du développement des pays africains comme la santé, l’économie, l’éducation, etc.

Les données sur la fuite des cerveaux sont loin d’être maîtrisées tant elle est énorme, pour un continent qui compte pourtant 10 % de la population mondiale et fait face à d’énormes problèmes de santé, de pauvreté, d’éducation, etc. Le sujet a l’objet d’un débat à la 12ème conférence de l’Association des universités africaines (AUA) démarrée, dimanche à Tripoli.

Selon le Pr. Hatungimana de l’université de Burundi, aujourd’hui, « 1/3 des intellectuels africains vit à l’étranger. Les 20 000 scientifiques et ingénieurs que compte le continent ne représentent que 3,6 % de la population scientifique mondiale ». Pire, la fuite tend à s’accélérer, indique le professeur. L’Organisation internationale de la migration (OIM) a estimé que « 23 000 universitaires et 50 000 cadres supérieurs et intermédiaires quittent chaque année (le continent), tandis que 40 000 Africains titulaires d’un doctorat vivent hors du continent.

Les 2/3 d’étudiants restent dans les pays d’accueil après une formation faute de perspectives dans leurs pays d’origine », fait-il remarquer.

Pour combler ces fuites, le continent fait non seulement appel au personnel qualifié en provenance des pays occidentaux (100 000 expatriés non africains) mais également débourse de fortes sommes (4 milliards $ américains annuellement).

Au Burundi, la diminution des professeurs-docteurs est inquiétante. Le manque d’enseignants pousse l’université à recourir à l’expertise extérieure. « Sur les 163, il ne reste que 70 avec un taux de dépendance de 48 %, soit un million $ payé à ces gens. Sur environ les 500 enseignants de l’université, 63 % n’ont pas le titre de docteur et le taux moyen d’encadrement est de 73 étudiants par professeur, alors que la norme Unesco est de 16. 61 % des professeurs sont partis faire leur doctorat et ne sont pas revenus. Pour ce qui sont restés au Burundi, 23 % sont partis au Rwanda qui a créé des conditions d’attraction », révèle le Pr. Hatungimana. « La problématique est donc grave », conclut le professeur.

« Fuite déguisée »

Il regrette qu’au Sud, la mobilité des professeurs est perçue comme une recherche de quoi arrondir la fin du mois et non une forme de stimulation comme au Nord. « C’est tout simplement une forme de fuite déguisée », estime l’enseignant. Se pose dès lors un problème de qualité, alors que la recherche est presque inexistante.

Le Dr Johnson M. Ishengoma de Dar-es-Salam (Tanzanie) a, quant à lui, axé son intervention sur la fuite de cerveaux interne (au sein du pays) qu’il lie à de mauvaises conditions de travail (salaire dérisoire, manque d’équipements, de budget, etc.)

Saignée dans la santé

De nombreux pays paient aussi un lourd tribut. Au Nigeria, à en croire un rapport du PNUD (de 1993), « plus de 21.000 médecins nigérians exerçaient aux Etats-Unis ». Un nombre qui, sans doute a fortement progressé, puisque des dires d’une Recteur de l’université d’Ibadan, sur les 300 médecins formés par an, moins d’une dizaine reste dans le pays. D’après le Pr. Yacub du Nigeria, « 10 000 professeurs travaillent aux Etats-Unis », liant le phénomène aux troubles politiques et sociaux, la pauvreté, manque de livres, de financement, etc. « Depuis 1985, les salaires ne satisfont pas aux besoins des enseignants ».

Selon l’Ong Organisation des personnels infirmiers d’Afrique du Sud (DENOSA), l’Afrique du Sud perd chaque mois plus de 300 infirmiers spécialisés. Plus grave, le pays a perdu 7,8 milliards $ à cause de la fuite de sa main-d’œuvre qualifiée depuis 1997.

Quant au Bénin, le nombre de ses médecins exerçant en France est supérieur à celui de leurs collègues restés dans le pays. En Zambie, sur les 600 médecins formés depuis 1964, seuls 50 s’y trouvent encore, tandis qu’au Ghana, 80 % des praticiens quittent leur pays 5 ans après l’obtention de leur diplôme. L’Association médicale du Ghana estime que 600 médecins originaires de ce pays pratiquent leur art à New York. Or, le pays a besoin d’un minimum de 3.000 médecins pour ses interventions médicales. Il y aurait plus de médecins éthiopiens exerçant à Chicago qu’en Ethiopie. Le mal touche presque tous les pays du continent.

Solutions

Les efforts pour arrêter la saignée ne manquent pas. Il s’agit de sensibiliser les gouvernements pour créer des conditions d’attraction, les bailleurs de fonds pour éviter d’imposer des compétences extérieures.

« L’argent des bailleurs est utile, mais il ne saurait soigner nos enfants, seuls les médecins le peuvent, il ne peut enseigner nos élèves, mais les enseignants le peuvent, il ne peut apporter l’électricité, mais les ingénieurs le peuvent », dit le Pr. Hatungimana. « Il faut améliorer les conditions de travail des enseignants en revalorisant d’abord les salaires, avoir un lien entre l’Etat et l’université », ajoute le Pr. Yacub du Nigeria.


DAOUDA MANE (Envoyé Spécial à Tripoli)
Source: Le Soleil

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Mardi 23 Octobre 2007





1.Posté par niokor diop le 24/10/2007 22:07
C'est la faute a nos dirigeants (NOIRS) qui ignorent la valeur de l'etre humain contrairement a l'occident (BLANCS) qui les accueillent a bras ouvert car pour eux le savoir n'a pas de couleur.Pauvre nous.

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