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FORMATION PAYANTE A L’ECOLE POLYTECHNIQUE DE THIES : Le ministère ne compte pas délivrer de diplôme

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Depuis près de 2 mois, un conflit oppose les étudiants régulièrement admis par concours à l’Ecole polytechnique de Thiès (Ept) à des bacheliers recrutés par des enseignants pour subir une formation payante du jour appelée « formation continue ». Le différend bloque le fonctionnement de l’école.



FORMATION PAYANTE A L’ECOLE POLYTECHNIQUE DE THIES : Le ministère ne compte pas délivrer de diplôme
« Si le directeur ou un autre groupe d’enseignants tiennent à délivrer un diplôme au nom de l’Ept aux bacheliers recrutés, le ministère s’y opposera, car son rôle est de faire respecter les textes ». Telle est en substance l’avertissement que le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Amadou Tidiane Bâ, a tenu à lancer aux responsables de l’Ept. M. Bâ précise que personne n’a demandé « son autorisation pour recruter ces étudiants ». Et d’avertir : « que ceux qui les ont recrutés prennent leur responsabilité ».

Le Pr Bâ souligne qu’il avait jusque-là privilégié le dialogue et la concertation. « Lorsque le problème s’est posé, j’ai discuté avec les différentes parties en essayant de trouver une solution consensuelle en demandant aux étudiants de permettre la poursuite de la formation payante mais seulement le soir. Ce qu’ils ont accepté. Mais les enseignants soutiennent ne pouvoir faire tous les cours le soir. J’ai alors pris contact avec le recteur de l’université de Thiès qui ouvre une Unité de recherche et de formation (Ufr) des Sciences de l’ingénieur où vont être formés des ingénieurs en Génie civil, Génie mécanique. Mieux, elle a un cycle cours débouchant sur un Dut au bout de 2 ans. Un projet pédagogique cohérent et valable de formation de Dut et d’Ingénieur qui sera validé et démarre ce mois de janvier 2010. Ceux qui suivront cette formation auront des diplômes. J’ai informé les enseignants de l’Ept mais cela ne semble pas les agréer », explique le ministre.

Il considère que l’Ufr de l’université de Thiès est une proposition de sortie de crise qui est non seulement honorable mais surtout répond à l’intérêt de ces bacheliers. « S’ils continuent leurs cours à l’Ept, ils n’auront pas de diplôme au bout », avertit M. Bâ, signifiant aux bacheliers recrutés qu’ils sont dans les délais pour s’inscrire à l’université. Quid du diplôme à délivrer à ces jeunes ? « Je n’en sais rien. Je ne m’occupe que de l’officiel. Il faudra peut-être interroger ceux qui dispensent ces cours pour qu’ils disent en fin de compte quel diplôme ils comptent délivrer », souligne le ministre qui s’interroge sur les raisons de la marche proclamée samedi par ces bacheliers.

La formation payante, la pomme de discorde

Retraçant l’historique de la situation, le ministre précise que l’origine de la grève vient d’un conflit entre étudiants. Ceux ayant fait un concours d’entrée et qui constitue un groupe d’élites parce que titulaires du baccalauréat des séries scientifiques et techniques. Ils reçoivent une formation de 5 ans sanctionnée par un Diplôme d’ingénieur de conception (Dic). Les autres sont des bacheliers recrutés par des enseignants pour subir une formation payante appelée « formation continue » et qui se fait en cours du jour. Cela par la volonté d’un groupe d’enseignants de l’école. « Il semble que ces cours ont été dispensés l’année dernière. Mais cette année, la cohabitation entre les deux groupes d’étudiants est devenue très heurtée », dit-il non sans préciser que « l’entrée à l’Ept se fait par voie de concours ».

Le ministre de rappeler que même si les textes (décret n° 2009-586 signé le 18 juin 2009) autorisent la fonction de services dans les universités, celle-ci doit tenir compte de la spécificité et du fonctionnement des écoles, instituts, etc. « L’Ept de Thiès reçoit, par voie de concours, un groupe restreint formés des meilleurs élèves du pays. C’est là où le coût de l’étudiant est le plus élevé. C’est une école d’élites, d’ingénieurs. La fonction de services, telle que pratiquée à l’Ucad, ne peut l’être dans une école d’élites comme l’Ept », note le Pr Bâ. Il estime que les textes ont été interprétés de « façon abusive ».

Interprétation « abusive » des textes

« C’est le titre 6 du décret de création, organisation et de fonctionnement de l’Ept qui parle du financement. Dans son article 7, il est dit que la vente des services concerne principalement les formations continues et à la carte, les cours internationaux, les contrats de recherche et d’expertise individuelle et les bureaux d’études. La formation continue est une formation non diplômante. Elle est faite pour renforcer les capacités des travailleurs et améliorer leurs connaissances », explique-t-il.

Dès lors, poursuit le Pr Bâ, « un cours qui se fait le jour et à des bacheliers n’ayant aucune formation initiale ne peut s’appeler formation continue. Il y a donc un abus ». A son avis, les initiateurs de la formation payante en cours du jour sont « dans l’erreur ». D’autant plus que, fait-il remarquer, « le décret n’envisage, en son article 13, que la délivrance du Diplôme d’ingénieur de conception (Dic) obtenu au bout de 5 années d’études.

Ces cours du jour ne débouchent pas sur un diplôme. Il n’existe aucun autre type de diplôme ».

« Il y a une interprétation abuse des textes et je crois que les parents ne sont assez informés ». D’ailleurs, dans une note envoyée au directeur de l’Ept, il décide que « seront désormais seuls autorisés à suivre les cours du jour, les étudiants régulièrement admis à l’école par voie de concours en formation initiale pour préparer le Diplôme d’ingénier de conception (Dic), seul diplôme que l’école est autorisée à délivrer comme stipulé par l’article 13 du décret de création ». En plus : « toutes autres formations en particulier celles visées par le point 3 du titre 6 de l’article 47 devront se faire en cours du soir », précisant que cela est une « directive ».

Réguler la fonction de service

A en croire le Pr Bâ, la racine du mal se trouve être l’application de la fonction de services. « Il y a eu des dérives dans plusieurs établissements. Devant les sénateurs, j’ai pris l’engagement de faire en sorte que la fonction de services respecte le caractère des établissements, parce que, dans certains d’entre eux, les élèves en formation payante soient plus nombreux que ceux entrés par concours. Ce qui fait perdre à l’établissement son caractère public », dit le ministre. Et d’ajouter : « je vais m’y attacher en discutant avec ses collègues.


D.MANE
Source Le Soleil

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Vendredi 8 Janvier 2010





1.Posté par Lala le 08/01/2010 08:47
Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d'apporter cette clarification d'une urgente opportunité. Tout laissait penser que les initiateurs de la formation payante totalement contraire aux textes de l'EPT étaient un lobby bénéficiant d'une protection occulte.

L'alternative proposée aux bacheliers non admis par voie de concours est raisonnable. Il s'agit de jeunes sénégalais dont le sort actuel résultant de l'irresponsabilité de la direction de l'établissement ne peut pas être tout de même passé à pertes et profits. Pourvu que leurs parents aient du discernement pour accepter cette proposition venant du ministère.

Mais en tout état de cause, le désordre ne doit pas entrer par la grande porte dans nos écoles d'excellence...ou ce qui y ressemble.

2.Posté par mamadou lamine souane le 10/05/2011 16:23
slt messieurs j'ai le grand plaisir de commenter sur votre site web car j'aimerai bien y avoir une place car j'ai l'avenir de moi sur la science ok je vous remerci de la part de mamadou lamine souane

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