«La formation payante est en train de tuer la formation régulière», a décrié le coordonnateur des revendications du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes), Waly Ndiaye, hier, à l’ouverture d’une rencontre à Dakar sur le Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef). La réunion est consacrée à la restitution des résultats de la «mission conjointe de suivi supervision de terrain» du Pdef.
Selon M. Ndiaye, «dans certaines écoles de formations publiques où il y a des tests d’entrée, on laisse de plus en plus des places à la formation payante pour générer des ressources qui, malheureusement, ne reviennent pas souvent à l’école. Ces ressources sont partagées entre les enseignants et l’administration, utilisant les structures et le personnel de l’Etat». Pour le responsable du Sudes, ces pratiques restreignent «le quota du concours direct pour laisser plus de place à la formation payante, ce qui fait que le concours d’entrée à ces écoles est devenu de plus en plus difficile, on y prend une infime partie».
Le responsable syndicaliste a insisté sur «la nécessité de réglementer, de manière définitive, la formation payante qui est en train de gangrener le système éducatif». «C’est un système anti-démocratique favorisant une certaine classe sociale au détriment des pauvres», a-t-il martelé. «Ce que l’on constate, aujourd’hui, au niveau des structures d’enseignement public, c’est la démission de l’Etat par rapport à son devoir régalien d’éducation publique de qualité», ont dénoncé, à sa suite, d’autres participants.
La sortie contre le régime payant dans les établissements publics de formation des enseignants survient dans un contexte où le gouvernement et ses partenaires mènent une réflexion pour apporter des mesures correctives et d’amélioration des performances du système d’éducation et de formation. La rencontre de trois jours entre dans le cadre de la préparation de la revue annuelle prévue à la fin avril. Elle vise aussi à apprécier les résultats et les performances du Pdef pour l’année 2009, mais également à partager les documents de programmation de ses activités pour l’année 2010.
Les participants s’intéressent aux résultats et à l’amélioration des manquements, notamment en matières de gestion financière, de suivi technique, de constructions scolaires et de réformes curriculaires (programmes). De l’avis du Directeur de la planification et de la réforme de l’éducation (Dpre), Djibril Ndiaye Diouf, il informe sur les 28 points retenus dans le cadre de la mise en œuvre du Pdef, «75% des recommandations ont connu un début d’exécution avec des niveaux d’avancement variables». A l’en croire, les recommandations non encore réalisées ou en cours de réalisation s’expliquent par le fait que la plupart s’inscrivent dans la durée.
MATHIEU BACALY
Source L'Observateur