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FILM - « RETOUR A GOREE » AVEC YOUSSOU NDOUR: « L’artiste donne une autre résonance à l’histoire »

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Le jazz, une musique chargée d’un douloureux passé lié à l’esclavage. Un artiste, Youssou Ndour, qui va à la rencontre de cet univers musical. Rencontres et performances musicales se succèdent sous la minutieuse caméra du réalisateur suisse Pierre-Yves Borgeaud. L’émotion est au rendez-vous à chaque image rythmée par la musique, seul refuge d’un peuple à jamais condamné à l’exil et qui s’acclimate à une terre qui est devenue sienne. Chaque étape de ce retour aux sources est incarné par un artiste. Du choeur gospel des Harmony Harmoneers à une icône de la culture afro-américaine, Amiri Baraka, figure incontournable de la culture afro-américaine, en passant par le batteur Idris Muhammad et la vocaliste Pyeng Threadgill, le jazz déploie ses multiples visages. Et Youssou Ndour, un talent incontestable. Retour à Gorée est un régal et une source de fierté pour tous les Africains de coeur. Entretien avec le réalisateur d’un documentaire qui reflète tout le talent de la star sénégalaise.



FILM - « RETOUR A GOREE » AVEC YOUSSOU NDOUR: « L’artiste donne une autre résonance à l’histoire »
Comment est née l’idée de ce documentaire ?

C’est avant tout une idée musicale du pianiste genevois Moncef Genoud. Une idée assez simple : décliner les standards de Youssou Ndour dans un contexte jazz afin de mettre en relief le timbre extraordinaire de l’artiste. Il lui a demandé de le faire avec un trio jazz. Youssou a trouvé ça génial. C’était en 1999. Ils se sont produits à un festival et, deux ans plus tard, alors qu’ils s’y produisaient de nouveau, le directeur du festival, leur a proposé d’en faire un disque. Et Youssou a dit : « on ne va pas faire un disque, on va faire un film ». Dans la tête de Youssou, le jazz ne pouvait qu’être associé à la traite des Noirs. Le jazz étant en quelque sorte l’expression positive de l’esclavage.

Connaissiez-vous déjà l’univers de ces deux artistes avant de travailler avec eux ?

Je suis journaliste culturel de formation et je les avais déjà rencontrés en tant que tel. Il n’y a pas de hasard. Le jazz a toujours été mon dada. Je suis rentré dans le projet parce qu’ils recherchaient quelqu’un qui ait une certaine expérience dans la réalisation de films musicaux. Cela fait une dizaine d’années que j’en fais. J’adore collaborer avec les musiciens. Je me définis comme un musicien qui fait de l’image. Avant j’étais batteur, maintenant je suis réalisateur et moins frustré musicalement. D’après ce que je sais, Youssou m’a choisi parmi les six réalisateurs qui lui avaient fait parvenir un extrait de leur travail. Youssou travaille à l’intuition et il a eu confiance en moi dès le début.

Comment vous avez travaillé avec Youssou Ndour dont vous mettez admirablement en valeur le talent ?

On a véritablement commencé à travailler sur le projet entre 2003 et 2004. Je suis allé le voir au Sénégal. J’étais très flatté mais une question me taraudait. Pourquoi m’avait-il choisi moi, réalisateur suisse, blanc, qui ne supporte pas le soleil ou le contraire, pour faire ce film ? Un film qui parlait d’un continent entier et d’une période qui a encore des répercussions en Afrique. Je me disais qu’un réalisateur africain serait plus légitime. Il m’a répondu que ce n’était pas une question de couleur, mais d’âme et d’esprit. C’était parti. Je lui ai donc demandé avec quels musiciens il souhaitait travailler. Il m’a rétorqué que c’était à moi de choisir les musiciens. Mes choix ont été évidemment par la suite validés par lui. Ils ont été exclusivement réunis pour ce projet. J’ai joué pour Retour à Gorée le rôle d’entremetteur entre des musiciens que j’appréciais. Cela a fonctionné même si la mayonnaise ne prenait pas tout de suite.

Retour à Gorée est une sorte de road-movie, une histoire musicale de l’Afrique, une plongée aux sources du jazz qui émeut profondément quand on est Africain... Ce qui m’a touché le plus à la fin des projections, c’est de m’entendre dire par des Africains dans des assemblées où ils étaient très minoritaires : « Je suis fier d’être Africain ». Ils prenaient alors la parole et on les écoutait. Je l’ai présenté en Suisse au moment où des sondages démontraient que 30% de la population était raciste. Ce qui est assez étonnant pour un pays qui a une grande tradition d’ouverture et d’accueil. Si je peux contribuer à faire que les gens s’écoutent et se respectent, c’est déjà beaucoup.

Afrik.com : Qu’est-ce que le tournage de ce documentaire vous a apporté ?

Pierre-Yves Borgeaud : Je suis allé à Gorée pour la première fois en repérage. En trois jours, il fallait que je rencontre tous les officiels. Je dormais deux heures par nuit. Je suis allée en coup de vent à la Maison des esclaves, où je devais filmer une classe complète, entre 40 et 50 écoliers. Une fille a levé la main, en nous regardant, nous les deux Blancs présents et a posé cette question : « Doit-on se venger des Blancs ? » Face à tous ces regards interrogateurs qui se sont alors tournés vers moi, j’ai senti tout le poids des actes que d’autres avaient commis avant moi à cause d’une question de couleur. Cela a été un moment extrêmement fort qui explique mon implication dans ce documentaire.

On ne peut pas parler de Gorée sans évoquer un autre personnage important au Sénégal, le conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, Joseph Ndiaye... Joseph est la mémoire vivante de Gorée. Il transmet à des milliers de personnes ce passé. Sa participation à ce film était indispensable et il a tout de suite compris l’enjeu. C’est un passage de témoin entre lui et Youssou Ndour qui donne une autre résonance à cette histoire grâce à sa renommée internationale.

Falila Gbadamassi, afrik.com

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Mercredi 9 Avril 2008





1.Posté par mbiw le 09/04/2008 13:09
Youssou tu nous gratifie de bonne chose, de jour en jour.
Affaire bi yaw lá ¡¡¡¡¡
Bonne continuation.

2.Posté par aziz le 09/04/2008 16:53
MERCI YOUSSOU NDOUR

3.Posté par Mbagnick le 09/04/2008 23:26
C'est pas possible autant de débilité.


4.Posté par ndiaye le 10/04/2008 13:56
je t'admire beaucoup

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