Ils ont exprimé cette forte conviction au cours d’une tournée effectuée dans certaines localités qui abritent des points de collecte dans le cadre de la campagne arachidière. De Guéoul (département de Kébémer) à Gouyar Sarr et Ngueune Sarr (département de Louga), le message a été le même :" Il faut que l’on retourne à l’huile d’arachide pour pérenniser la production et sauver la filière". Les opérateurs et les producteurs, qui font ainsi bloc, soutiennent de vives voix les industriels huiliers. Selon l’opérateur Mayoro Samb de Gouyar Sarr et dont le point de collecte a déjà atteint les 400 tonnes, " nous défendons notre arachide et appelons les huiliers à transformer la production nationale". Une production record qui atteint cette année 1.200.000 tonnes d’arachide dont 57.000 tonnes dans la seule région de Louga. Son camarade de Ngueune Sarr, déclare : " toute cette production ne peut pas rester entre les mains des paysans alors que le pays a besoin de l’huile pour ses populations". Et Cheikh Mbacké Sarr d’ajouter " au lieu d’importer l’huile végétale d’autres pays, l’Etat qui a aussi beaucoup investi dans la filière, doit encourager et soutenir les huiliers à prendre la production nationale pour la transformation en huile d’arachide". D’autant plus que, selon lui, "cela contribuera à consolider et même à amorcer le plein emploi au niveau des usines qui tourneront toute l’année et à satisfaire les besoins du marché local à partir de la production nationale". Un point de vue bien défendu par les producteurs de Guéoul à 12 Km de Louga. "L’huile d’arachide doit reprendre sa place dans la consommation nationale. On ne peut pas avoir une surproduction et se tourner vers l’importation d’un produit qu’on peut fabriquer sur place. Le développement de la filière passe par là", argumente Mbaye Ndiaye. Et ces producteurs se disent prêts à relever le défi avec les industriels et l’Etat afin que cet objectif soit atteint.
Les opérateurs et les producteurs ont ainsi lancé un appel pour la préférence nationale et demandé aux huiliers de s’engager à leurs côtés pour travailler davantage et garantir une quantité suffisante et une qualité à cette huile arachidière. Un combat qu’ils ont décidé en tant que principaux acteurs de la filière, à porter partout et pour lequel les producteurs et opérateurs de la région de Louga ont décidé de mener un plaidoyer auprès de leurs pairs et les décideurs publics afin de mieux sécuriser l’arachide.
Ousmane MBENGUE
Source Le Soleil