Référence multimedia du sénégal
.
Google

FETE DES « RECOLTES » DE LA GOANA: Une énorme supercherie

Article Lu 11214 fois

Au lendemain du lancement officiel de la Goana, je faisais publier une contribution au quotidien Le Populaire . Dans cette contribution, je mettais en garde mes compatriotes contre ce coup d’éclat de plus de Me Wade, et rappelais ses innombrables « programmes spéciaux », qui engloutissent des milliards pour rien.



FETE DES « RECOLTES » DE LA GOANA: Une énorme supercherie
Les techniciens sénégalais et non sénégalais les plus crédibles ont beau attirer l’attention sur l’irréalisme et l’improvisation qui sont les traits caractéristiques de ces programmes, l’homme en sort toujours de ses intarissables idées/minute . Sans études préalables, en fonction du contexte, des circonstances, et surtout de ses problèmes politiciens du moment. Pour ne donner que deux exemples parmi de nombreux autres, le Plan Jaxaay de 2005 n’était pour lui qu’un prétexte de différer les élections législatives alors prévues en avril 2006. Le Plan Reva est, lui aussi, né comme par enchantement avec ce vaste phénomène qu’on a appelé « Barça ou Barsaq » .

Les objectifs de ce plan étaient déjà suffisamment ambitieux pour nous conduire vers l’autosuffisance alimentaire et pour lutter efficacement contre le chômage, surtout des jeunes. Rappelons-les rapidement en nous référant aux « précisions » du Ministre de l’Agriculture d’alors, Farba Senghor, sur la « phase pilote » du fameux plan (août 2006/décembre 2008) : « la mise en place de 550 pôles d’émergence intégrés et la promotion de l’initiative privée dans le domaine agricole à plusieurs niveaux ».

Les résultats attendus de cette phase pilote étaient la création de « 300 000 emplois directs et indirects, la baisse significative de l’importation de produits laitiers pour 25 milliards de francs Cfa, de la viande, l’amélioration génétique à partir de 1 000 géniteurs et 10 000 vaches dont 8 000 laitières et 2 000 pour la production de viande ». Sans compter le maraîchage qui verra sa production doubler. Les résultats attendus de la deuxième phase (2008-2015) étaient encore plus alléchants. On peut en avoir le cœur net en lisant la page 5 du quotidien Le Soleil du 25 juillet 2006. On devient plus convaincu encore de l’efficacité de ce Plan, en prenant connaissance de ce qu’en dit le président Wade à la page 275 de son fameux livre autobiographique. Voici comment Me Wade y décline son plan-miracle : « (…) J’ai lancé un programme de fermes modernes en Casamance (sic) et dans le centre du Sénégal pour nos jeunes qui étaient refoulés du Maroc alors qu’ils tentaient de passer clandestinement en Europe. Le Plan Reva – Retour vers l’agriculture – offre la terre, un forage, un équipement, une école et un encadrement. Au moment où je vous parle, 510 tracteurs ont été importés de l’Inde ; le gouvernement a demandé également à tous les sous-préfets de délimiter 50, 100, 1 000 hectares, pour que les jeunes puissent y être installés et produire eux-mêmes. » C’est bien du Me Wade ça, notre homme-miracle !

La seule ferme ou ce qui en tient lieu, dans le cadre de ce fameux Plan Reva, à notre connaissance tout au moins, se trouve à Kirène, dans les environs de la ville touristique de Mbour, laquelle ferme se réduit d’ailleurs à un forage et à quelques hectares de melon. Point d’autres équipements ! Point d’écoles ! Point de structures pour installer les jeunes ! S’il existait dans le pays d’autres fermes, la tonitruante télévision de propagande de Me Wade se ferait le devoir de nous les présenter avec beaucoup de tapage. On n’entend plus parler d’ailleurs de « Plan Reva » et les jeunes continuent de braver les dangers de l’Océan atlantique et de la Méditerranée, dans leurs frêles et dangereuses embarcations. Voilà que, comme par enchantement, sans renforcer ou évaluer au moins à mi-étape le Plan Reva, l’imagination fertile de Me Wade nous invente un autre programme, bien plus ambitieux encore celui-là : la Grande Offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), dont les « récoltes » vont être fêtées en grande pompe le 27 octobre 2008.

Rappelons, puisqu’avec notre homme-miracle il convient toujours de rappeler, que c’est à l’occasion d’un Conseil présidentiel sur l’Agriculture tenu le 18 avril 2008, dans la grande salle de conférence du Méridien-Président, que la Goana a été officiellement lancée. C’était en présence des ministres du gouvernement et de tout ce que notre pays compte d’autorités administratives (sous-préfets, préfets, gouverneurs). Sans la présence (signalée) d’aucun technicien de l’agriculture.

Dans son discours introductif, notre président fanfaron décline, à la stupéfaction de l’assistance – le mot n’est pas très fort – les objectifs de ce programme, un programme vraiment fou celui-là. Des objectifs titanesques, pour l’hivernage en cours (2008-2009) : 2 000 000 de tonnes de maïs, 3 000 000 de manioc, 500 000 de riz, 2 000 000 pour les autres céréales (mil, maïs, fonio, sorgho), 400 000 000 de litres de lait (retenez votre souffle !), 43 500 tonnes de viande. Toutes ces prouesses en un hivernage qui allait démarrer dans un mois ou deux ! Je m’étais dit intérieurement : « Cette fois-ci quand même, ils se sont trompés de bonne foi sur leurs chiffres et sur le délai et ils vont se corriger. » Il n’en fut rien car, quelques jours seulement après, des affiches géantes placardées dans toute la ville de Dakar et sa banlieue, répétaient exactement les mêmes objectifs fous, par an ! Et Me Wade croit fermement à « ses » objectifs et déclare même les avoir déjà atteints. Il va être d’ailleurs fêté et remercié par les paysans, pour leur « avoir apporté la miraculeuse Goana ».

On se souvient qu’au Sommet mondial de la Fao sur la crise alimentaire qui s’est tenu à Rome en début juin 2008, il a, s’adressant à l’assemblée et parlant de sa Goana, déclaré sans sourcilier : « J’ai lancé un pari (l’autosuffisance alimentaire, ndla) et nous verrons bien dans les quatre mois qui vont venir. » Il fera une déclaration aussi surprenante devant l’Assemblée générale des Nations Unies en ces termes : « La Goana est un grand succès. Je vous invite à survoler le Sénégal : tout est vert ! » Tout, les arbres et les arbustes qui prennent de la vigueur, les tapis d’herbes à perte de vue, les mares débordant d’eau. Tout cela, c’est la Goana ! Même les pluies qui ont été particulièrement abondantes cette année, aussi bien au Sénégal que dans le reste du Sahel, les mille courtisans de Wade commencent à les attribuer à la Goana. Ils vont certainement en faire davantage à cette « fête » du lundi 27 octobre 2 008. Présenter les pluies diluviennes et les bonnes récoltes de cette année, comme les résultats de la Goana ! Quelle vaste supercherie ! Yalla jèppi na nu .

J’ai passé quelques jours dans mon village natal de Koki, dans la semaine du 11 au 18 octobre 2008. J’ai visité les champs et je n’ai en aucun moment été dépaysé. Chaque fois que les pluies ont été au rendez-vous, nos braves paysans ont fait de très bonnes récoltes, des récoltes abondantes. Ne recevant pratiquement plus de semences d’arachide en quantité et en qualité suffisantes, ils se sont rabattus sur le mil, les haricots, le maïs, le sorgho, les melons, comme depuis plusieurs générations.

Les oiseaux granivores et les criquets leur ont également épargné leur visite indésirable. Rien de surprenant donc, s’ils font de bonnes récoltes. Ils en font chaque fois que l’hivernage est pluvieux et calme. Les départements de Louga, de Linguère et de Kébémer auraient fait deux, trois fois mieux d’ailleurs avec les récoltes de haricot, si les chenilles n’avaient pas dévoré les premiers semis. Le Ministre de l’Agriculture, ses « techniciens », Aly Lo et les autres élus locaux nous mentent donc et nous pompent l’air, en mettant sans état d’âme, les beaux résultats de l’hivernage de cette année sur le compte de la Goana . Il convient aussi de dénoncer avec la plus grande vigueur, la minable télévision de propagande de Me Wade, de sa mouvance et de sa famille.

Au lieu d’informer objectivement les populations, elle verse vulgairement dans la manipulation, comme jadis les télévisions de Sékou Touré, de Mobutu Sese Seko, d’Idi Amin Dada, etc. Comment peut-elle mettre des récoltes de manioc et de banane sur le compte de la Goana, alors que ces deux plantes ont un cycle végétatif d’au moins neuf mois ? Dans le même ordre d’idée, le Ministre de l’Agriculture nous tympanise avec ses chiffres fantaisistes. Il se réjouit des 700 ou 800000 tonnes d’arachide, alors que cette spéculation n’était même pas prévue par la Goana. Il nous étonne aussi quand il brandit ses taux de croissance. Nous savons que dans la quasi-totalité des localités du pays, il n’y a presque pas eu de récolte l’hivernage dernier, du fait de l’installation tardive des pluies et de leur arrêt prématuré.

Est-il donc pertinent de se bomber le torse comme il le fait, avec en bandoulière les pourcentages de croissance (50 à plus de 200 %) des récoltes de l’hivernage de cette année, par opposition à celles de l’an dernier, qui étaient particulièrement faibles ? Nous ne croyons pas non plus à un traitre mot de « ses distributions de semences en quantité et en qualité suffisantes et à temps ». Les membres du Cncr en tournée dans le pays, ainsi que les paysans eux-mêmes à travers les télévisions et radios privées, remettent les choses à l’endroit. Il m’arrive souvent d’attirer l’attention de mes compatriotes sur le peu de crédibilité des engagements et des projets-programmes de Me Wade, ainsi que sur les incohérences et les contradictions dont ils sont gravement entachés.

Moins d’une semaine après le lancement officiel de sa Goana qui devait produire 500000 tonnes de riz dès la fin de cet hivernage, il procédait à l’ouverture du Conseil national de développement des Collectivités locales (Cndcl) au Méridien-Président. A l’occasion, il déclare : « Ce matin (mercredi 23 avril 2008, ndla), j’ai reçu un message du Premier ministre de l’Inde qui m’a dit qu’il va fournir au Sénégal tous ses besoins en riz, c’est-à-dire 600 000 tonnes par an pendant six ans. » Notre affabulateur national promet ensuite fermement qu’il va réduire le prix du kilogramme de riz et affirme que les services de l’Armée seront sollicités pour l’acheminement de cette denrée (le riz indien) à l’intérieur du pays.

Il interpelle ensuite son Premier ministre (absent de la rencontre) en lui demandant de « surveiller les débarquements ». Très en verve, il ajoute que, chaque mois, 50 000 tonnes seront débarquées et le riz acheminé dans les coins les plus reculés du pays. Nous sommes en fin octobre, soit six mois après. Point de riz indien à Dakar, à plus forte raison dans les coins les plus reculés du pays ! Et si, par extraordinaire, les 600 000 tonnes de riz indien étaient effectivement livrées, que ferions-nous de notre riz local, dont 500 000 tonnes seront déjà produites à la fin de l’hivernage 2008-2009 ? Alors, pouvons-nous continuer de nous fier aux déclarations et aux engagements volatiles de cet homme-là ? Pour l’heure, il y a plus important que la « fête » du 27 octobre 2008. Le gouvernement devrait plutôt s’employer à prendre toutes les dispositions nécessaires, pour assurer une bonne commercialisation aux différents produits agricoles.

De même, il a le devoir d’aider les paysans à mettre à l’abri la partie de leurs récoltes qui ne sera pas vendue. On sait aussi que le tapis herbacé est particulièrement fourni cette année. Ce qui accroit et aggrave les risques d’incendies de forêts. Autorités administratives, députés et élus locaux devraient sillonner le pays, pour sensibiliser les paysans et les éleveurs à ces gros risques et les inviter à faucher et à entreposer le maximum d’herbe. Notre précieuse végétation devrait être aussi protégée des troupeaux de chameaux mauritaniens, qui envahissent la partie septentrionale de notre pays dès la fin de l’hivernage. Elle a pour nous la même valeur sentimentale et économique que leurs ressources halieutiques pour nos voisins du Nord. C’est à ces différents niveaux que le gouvernement est attendu, plutôt qu’à la cérémonie folklorique et politicienne qui sera organisée le 27 octobre 2008 à la Place de l’Indépendance, pour déverser des tombereaux de louanges imméritées, à notre fanfaron national.

Mody Niang
e-mail : modyniang@arc.sn
« Avec sa _Grande Offensive_ Me Wade fait encore du cinéma », Le Populaire du lundi 28 avril 2008.

C’est lui-même qui rapporte dans son livre autobiographique « Une vie pour l’Afrique », que le président Jacques Chirac « dit à qui veut l’entendre qu’Abdoulaye a une idée par minute » (page 277).

C’est le phénomène de l’émigration massive et clandestine de jeunes désespérés vers l’Europe, et principalement vers l’Espagne.

Dieu doit nous mépriser. Au lieu de Le remercier de cet hivernage pluvieux, nous nous mettons à encenser Me Wade ! Sans Son infinie Bonté, Il aurait dérobé la terre sous nos pieds de gros pécheurs, et nous aurait purement et simplement ensevelis. Et nous l’aurions bien mérité.

Me Wade, politicien pur et dur et froid calculateur, n’a pas lancé sa Goana par hasard : les services de la Météorologie ayant prédit très tôt que le Sahel serait pluvieux et qu’il fallait même s’attendre à de graves inondations, il a saisi la balle au bon et a annoncé avec pompe et solennité son fameux programme. A deux mois de l’hivernage, et avec l’espoir secret d’en tirer le maximum de profit.

Source: Sud Quotidien

Article Lu 11214 fois

Lundi 27 Octobre 2008





1.Posté par réussite virtuelle au Sénégal le 27/10/2008 11:46
Vous commencez par affirmer que l'on a produit 3 millions de tonnes de ceci, 1 million de tonnes de celà, 500 000 tonnes de truc et 1,5 millions de tonnes de machin en branche ou en poudre. Vous pouvez remplacer truc, machin, ceci celà par ce que vous voulez, selon les besoins de la discussion : lait en poudre, ratons-laveurs, millions de tonnes de riz ou paires de bottes en caoutchouc. Ca marche pareil.

Aucune crainte à avoir, un mensonge en chasse un autre. Inutile de faire des efforts de cohérence dans le mensonge, nul ne songera à faire le moindre petit calcul pour vérifier vos dires et aucune énormité ne choquera vos interlocuteurs. Un journaliste annoncait, la semaine dernière, qu'un bassin de rétention de 15 hectares avec une profondeur moyenne de 2 m contenait 500 m3 d'eau. Une erreur de 6000 fois ne le fait pas sourciller. Vous imaginez ce que l'on peut, donc, leur faire avaler !

2.Posté par moustapha le 27/10/2008 11:46
ABLAY E WADE NA LA SANI KHER CE JOUR ESPECE DE GROS IMBECILE TOI ET TES SALES RATS CHIENS FOU QUE TU ES ABLAYE EST UN FOU FURIEUX

3.Posté par verite le 27/10/2008 13:05
PURE FOUTAISE PURE ARNAQUE CETTE FETE
HONTE A VOUS QUI VOLEZ NOTRE ARGENT POUR FAIRE LA FETE

4.Posté par DIANE le 27/10/2008 13:17
NGI DANOU YAB ASKANWI

5.Posté par balde le 27/10/2008 13:35
merci au bon Dieu de nous servir cet hivernage pluvieux,bien répartit dans le temps et dans l'espace
merci Dieu de nous avoir épargné des oiseaux granivores et autres criquets pélerins
merci Dieu d'avoir donné la force et la santé à nos braves populations rurales pour bien réussir cet année
merci Dieu d'avoir secouru les paysans de kébémer ki n'ont reçu aucun gramme de vivres de soudures annoncé à grande pompe mais ki né jamais arrivé faute de transporteur nous dit on
pourtant aliou dia et leur commission ont déclaré urbi rt orbi ke tous les bénéficiaires ont réçu
donc les populations de kébémer département n'en faisaient pas parti
pourtant les ndeye gaye,lamine thiam,modou diagne fada,thierno lo,saer gueye,meissa ndiaye,cheikh kebe de kebeculture,issa samb,bara sady,prefet,sous prefet sagatta,ndande et darou mousty savent bien ke ce riz est arrivé a kébémer mais né pas allé aux ayant droits
merci Dieu pour tout

6.Posté par bara mbacke le 27/10/2008 13:49
On dirait que ya jamais eu d'agriculture et récoltes au Sénégal à cause de cette foutaise de GOANA.

Nouveau commentaire :
Twitter

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State