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Espace de vente à Dakar: Quand Petersen tente de concurrencer les Chinois

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A côtés des boutiques des Chinois, les commerçants sénégalais de Petersen développent des stratégies pour résister à la vague des ressortissants de l’Empire du Milieu. Coincé entre le garage Petersen et l’avenue du même nom, un marché est érigé. Dans la ruelle qui va du rond point Faidherbe vers l’avenue Lamine Guèye, en face de l’immeuble Orca prestige, les manœuvres d’un homme peut accrocher le regard des passants des plus inattentifs. Assis devant une table, recouverte de jeans, casque visé sur la tête, body jaune, pantalon bleu, il interpelle les individus qui arpentent cette rue.



Espace de vente à Dakar: Quand Petersen tente de concurrencer les Chinois
« Jeans : 2500, chemise 1300 Fcfa, scande-t-il, venez voir la marchandise que je vous ai apportée aujourd’hui ». A côté de lui, un autre l’aide en exhibant les pantalons jeans disposés sur la table. Entre deux phrases, l’homme enchaîne par des chansons pour attirer la clientèle. Son ami, l’accompagne par des battements de mains. Vite, un groupe d’individus entoure la place, quand les uns s’intéressent au jean délavé, les autres se bousculent sur les chemises. Non loin, des deux artistes commerçants, des étals de jeans, chaussures, jupes, body bloquent la chaussée, les passants sont obligés de marcher doucement pour ne pas tomber ou d’être fauchés par les voitures. Les bousculades sont fréquentes. Debout à l’intérieur d’une boutique, Mbaye contemple son dernier arrivage. « Je viens de les exposer, c’est de bonnes chaussures de foot », lance-t-il à deux jeunes qui veulent acquérir des chaussures de sport. « Si tu as un 42 de marque Nike, je prends, lui rétorque, un jeune footballeur ». Sans regarder, notre ami, lui demande de vérifier en bas. Peu emballé par la marchandise qu’on lui propose, le jeune garçon émet une réponse négative. Après d’intense manœuvres, Mbaye ne convainc pas l’acheteur qui le laisse pour aller voir du côté de Sandaga.

Contrairement à la plupart des marchés du pays où les cantines sont bien construites, au marché Petersen, c’est une kyrielle de formes qu’on y rencontre. Les formes de baraques sont plus visibles. Un ancien habitant de Fass, Gueule Tapée, Médina, Grand-Dakar, ne se perdrait pas dans ce décor. Disposées en ligne verticale, les cantines, sont juxtaposées les unes, les autres. De petits espaces sont réservés aux marcheurs. Marteau à la main, crayon sur l’oreille droite, les habits tachés d’huile, un ouvrier frappe sur un morceau de fut vide. A quelques jets, un groupe de menuisiers s’affaire sur une cantine en construction. Cette enceinte ressemble à un chantier. Les boutiques pullulent partout. L’endroit est devenu, en l’espace de quelques mois, le nouveau eldorado pour les vendeurs à la sauvette qui étaient à Faidherbe. Fatigué par les rafles incessantes des policiers, ils ont trouvé un nouveau refuge. Les posters du footballeur camerounais Samuel Eto’o et du roi du reggae, Bob Marley, accrochés sur la porte de sa cantine, un homme écoute de la musique. Sur le portail, une enseigne indique, « Vente de Cd et cassettes ». A l’intérieur, notre animateur s’affaire autour d’un appareil. Sur le même alignement, la dizaine, un garçon propose des Cd de film. « Voici, la troisième épisode de Lost, la série qui cartonne à Rdv. Je te cède les deux Cd à 3000 Fcfa, nous dit-il ». Face à notre indifférence, il déclare : « Si vous n’achetez pas, ne venez pas ici ».

Mais, l’endroit n’est pas seulement un lieu de commerce. Les gargotes aussi se développent. Un balaie à la main, Maty nettoie sa tente. En face d’elle, deux hommes dégustent chacun un plat de « Cëbu jën ». La même scène se répète à une centaine de mètres. Les plats sont préparés sur place. L’odeur des cuisines embaume l’air.

Loin des regards des acheteurs, un homme, en boubou traditionnel bleu, assis sur une natte, récite quelques phrases. Une corne est posée devant un individu qui regarde attentivement le féticheur, comme s’il est pressé de gagner beaucoup d’argent.

Malgré les beaux effets qu’on y vend, le marché Petersen n’est pas assaini. Il n’y a pas de toilettes, les gens urinent derrière les cantines. Le ramassage des ordures n’est pas effectué. Ces imperfections n’empêchent pas, les populations d’investir le marché. La concurrence des Chinois n’effraye pas les commerçants qui prient pour l’assainissement de leur lieu de travail. En attendant la réponse des autorités, ils scrutent le ciel pour ne pas être surpris par la pluie.


BIRANE HADY CISSE (stagiaire)
Source: Le Soleil

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Lundi 10 Septembre 2007

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