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Entretien avec Katoucha NIANE en décembre : ‘J’ai toujours eu des histoires d’amour entières’

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Disparue en fin de semaine dernière, Katoucha Niane ne donne pas signe de vie. Jusqu’à hier soir, les recherches entreprises dans la Seine, où elle s’est probablement noyée, n’avaient pas donné de résultats. Clin d’œil du destin ? Dans un téléfilm à venir, Ramata, où l’ancien mannequin tient son premier et unique rôle au cinéma, elle y campe le rôle d’une femme au sort tragique. Adapté du roman éponyme de l’écrivain sénégalais Abasse Ndione, il est question dans cette production de grandeur et décadence d’une femme qui a toujours eu des histoires d’amour entières. Rencontrée à Dakar, en décembre dernier, pour les besoins du tournage et de la promotion de son livre autobiographique, Dans ma chair (éditions Michel Lafon), la ‘Princesse peule’ explique dans cet entretien exclusif ses débuts au cinéma.



Entretien avec Katoucha NIANE en décembre : ‘J’ai toujours eu des histoires d’amour entières’
Wal Fadjri : Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter un rôle au cinéma ?
Katoucha Niane : Je n’avais que le scénario du réalisateur, Léandre Alain Baker, parce qu’on n’a pas voulu que je lise le livre. Et surtout parce que cette histoire a eu tellement de similitude avec ma vie. Je ne voulais jamais être actrice parce que j’estime qu’il y a des hommes et des femmes qui savent bien le faire et je les respecte beaucoup. D’ailleurs, ma sœur est comédienne. Avec ce film, je n’ai pas eu l’impression de jouer, parce que le personnage que j’incarne, Ramata, me ressemble tellement. Voilà comment je me suis embarquée dans cette histoire.

Wal Fadjri : Est-ce par rapport au vécu de cette femme que cette histoire vous a plu à la première lecture ?

Katoucha Niane : Oui, Oui. Comme le dit le producteur Moctar Ndiouga Bâ, c’est grandeur et décadence. Cette femme est entière et moi, je suis exactement comme ça. Elle n’hésite pas à tout laisser, un mari ministre, la fortune et tout ce qui va avec, par amour pour un jeune garçon de 25 ans qui sort de prison (rires). Et moi, je suis à peu près comme ça. J’ai toujours eu des histoires d’amour entières. Ramata est une femme décidée, qui sait ce qu’elle veut. Et après, à la fin de l’histoire, elle bascule dans la folie.

Wal Fadjri : Avant d’accepter le rôle, vous êtes-vous demandé si vous seriez à la hauteur de ce personnage assez singulier ?

Katoucha Niane : J’ai douté de moi jusqu’au dernier moment, mais il fallait, me disais-je, me surpasser. Et c’est cela qui m’a plu dans cette aventure. Je suis très heureuse de dire aujourd’hui qu’on a terminé un film. Je l’ai fait, et cela n’a pas été si mal, j’ai été jusqu’au bout. Maintenant, vous me direz lorsque vous aurez vu le film puisque vous êtes critique…

Wal Fadjri : Vous venez de sortir une autobiographie qui explique comment vous vous êtes confrontée à la vie, et vous vous dévoilez dans ce livre. Avec ce film, est-ce un autre dévoilement ?

Katoucha Niane : Mais non. C’est une très belle aventure que je viens de vivre. Je ne savais pas que je pouvais jouer et vivre avec les mêmes personnes pendant six semaines - le temps qu’a duré le tournage du film. C’est quelque chose d’assez difficile à comprendre pour moi, mais j’ai eu des professionnels formidables : le directeur de la photo, le réalisateur Léandre Alain Baker, qui ont mis en avant le fait que j’avais justement ce vécu de mannequin qui me permettait d’avoir une manière de poser et de passer à l’autre étape, celle de l’actrice. Ramata est vraiment une femme. Elle n’est pas forcément une Africaine, elle est universelle. J’ai aimé la démarche du producteur de vouloir faire de ce film pas forcément un film africain.

Wal Fadjri : C’est votre premier rôle au cinéma. Comment l’avez-vous vécu ?

Katoucha Niane : Cela s’appelle un baptême du feu (Elle éclate de rire). D’ailleurs, on a commencé avec une scène où je fais l’amour avec un acteur que je ne connaissais pas auparavant. C’est assez éprouvant.

Wal Fadjri : Quelle a été l’ambiance de tournage du film ?

Katoucha Niane : Le film a été tourné avec un rythme assez soutenu, tout le monde était ravi de le faire et d’aller au bout. Je suis sûre qu’au début, il y a eu certains techniciens qui disaient : ‘Mais on va perdre du temps avec elle, c’est un mannequin, elle va nous faire ch…, etc.’ Mais ils ont finalement vu que j’étais une professionnelle et que je respectais tout le monde. En tout cas, cela s’est très bien passé, c’est une très belle aventure que je viens de vivre.

Wal Fadjri : Avez-vous eu des blocages dans le rôle que vous interprétiez ?

Katoucha Niane : Mais si, je vous disais que tout à l’heure, l’on a commencé avec une scène d’amour. La première scène que je devais jouer le premier jour était une scène d’amour ! Je vous dis que c’est assez impressionnant d’avoir un monsieur, que vous ne connaissiez pas une heure avant sur vous. C’est cela le cinéma ! J’ai appris et je crois que je me suis bonifiée au fur et à mesure que le film durait.

Wal Fadjri : Cela vous tente-t-il de poursuivre l’aventure au cinéma ?

Katoucha Niane : Vous savez, nous venons de terminer le dernier plan du film aujourd’hui (Ndlr : le samedi 22 décembre 2007). Le film est bouclé, laissez-moi le temps de comprendre ce que je viens de traverser et puis, après on verra. Mais je sais qu’il y a l’idée de faire de mon livre autobiographique un film. Mais évidemment, ce ne sera pas avec moi puisque je n’ai plus vingt ans (rires). Non, on verra, on verra. Avec le film Ramata, c’était exceptionnel. Je ne sais pas si je vais refaire du cinéma ou pas, mais cette aventure a été formidable.

Propos recueillis par Fatou K. SENE

Source: Walfadjri

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Vendredi 8 Février 2008

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