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Entretien Avec Le Pr Iba Der Thiam : « Ceux Qui Dirigent Le Pays Doivent… Répondre à L’appel De L’opposition »

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Le Pr Iba Der Thiam insiste, entre autres, dans cet entretien qu’il nous a accordé dimanche dernier à son domicile, sur l’idée que pouvoir et opposition doivent renouer le fil du dialogue. Il reconnaît que le pays est bloqué et en appelle au sens des responsabilités de toute la classe politique. Car pour lui, « quelles que soient les difficultés, les écueils, ceux qui dirigent le pays doivent toujours avoir la générosité de dépasser un certain nombre de problèmes. Au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, faire l’effort nécessaire de répondre à l’appel de l’opposition pour que nous puissions ensemble nous asseoir à nouveau, échanger sur les problèmes de l’heure, pacifier le climat politique et social dans le pays et instaurer un dialogue dans la tradition de dialogue qui est la nôtre. Il y a des questions d’intérêt national qui nous concernent tous et il me paraît que le moment est venu pour qu’un effort soit fait de part et d’autre ».



Entretien Avec Le Pr Iba Der Thiam : « Ceux Qui Dirigent Le Pays Doivent… Répondre à L’appel De L’opposition »
L’opposition qui forme le « Front Siggil Sénégal », après le refus du Président Wade d’ouvrir la voie du dialogue autour des questions qui agitent le pays, a finalement appelé au boycott des législatives, puis des sénatoriales. Son attitude n’est-elle pas justifiée ?

Je pense que cette attitude de l’opposition n’est pas, pour moi, justifiée pour la bonne et simple raison que le président de la République a plus d’une fois invité cette opposition-là à venir le rencontrer sans que cette dernière n’ait donné une suite favorable à sa requête. Le Chef de l’Etat est tout de même la clef de voûte des institutions de notre pays. Le respect dû à son autorité fait que, nonobstant les problèmes de rivalité politique, chaque Sénégalais, quel qu’il soit, lui doit respect et considération. Le Président Wade est un homme d’ouverture, de dialogue, de paix. Il n’a jamais envisagé, à quelque moment que ce soit de son itinéraire politique, une gestion solitaire du pouvoir. Puisque dans le programme fondamental qu’il a élaboré en 1974, il envisageait, dès ce moment-là - qui était un contexte géopolitique africain caractérisé par le parti unique et l’ostracisme vis-à-vis des oppositions – une gouvernance collégiale du Sénégal. La stratégie des alliances qu’il a mise en œuvre avant et pendant l’alternance, est une illustration de cette conviction qui l’habite. Il s’y ajoute qu’il y a dans l’opposition un certain nombre d’éléments qui furent ses anciens compagnons, c’est-à-dire des leaders avec lesquels il a parcouru un bout de chemin. Il y a entre eux des relations d’estime, de respect mutuel et de considération. C’est la raison pour laquelle je pense que si l’opposition avait à cœur de préserver l’ensemble de cet acquis - de se dire que celui qui est en face de moi, c’est quelqu’un auquel nous lie un certain nombre de choses ; nos rapports ne peuvent pas être fondés sur l’invective, la violence verbale, les accusations crypto personnelles, les attaques dirigées contre sa personne, sa famille ; mais un partenaire politique avec lequel nous avons cheminé ensemble et avec lequel nous devons continuer de cheminer, parce que nous avons, à un moment donné, partagé des valeurs communes - ma conviction profonde c’est que beaucoup de choses auraient changé.

Le portrait de Wade que vous venez de peindre en ne montrant que ses qualités, se situe aux antipodes de ce que dit l’opposition à son sujet. Cette dernière continue à croire que votre candidat a été élu sur des bases frauduleuses. Qu’en dites-vous ?

A l’élection présidentielle, à quoi avons-nous assisté ? Nous avons assisté à une campagne systématique de dénigrement, dans laquelle on a voulu faire croire au monde, pas au Sénégal, que le Président Wade avait été élu au terme d’élections frauduleuses, alors que dans les 19640 bureaux de vote que nous avons, il y avait des représentants de la Cena, dans les 69, 04 centres de vote, il y avait un superviseur de la Cena, les différents partis politiques qui en avaient les moyens étaient représentés partout dans le Sénégal. Les résultats des élections n’étaient pas fabriqués par le ministère de l’Intérieur, mais ont été donnés par les présidents des bureaux de vote, après dépouillement sur place, sous le regard des représentants des partis, de la Cena, ainsi que le personnel des bureaux de vote et affichés à la porte des bureaux de vote.

J’ai l’habitude de dire que j’ai participé à de nombreuses réunions restreintes sur l’organisation des élections. A aucun moment, le Président Wade n’a eu à dire, encore moins ceux qui sont dans son entourage, que la majorité devrait envisager de gagner autrement que par la transparence. Lorsque le problème de la confection de la carte d’identité s’était posé, nous étions un certain nombre à penser que cette carte devrait être payante, pour que celui qui l’obtient apprécie le sens et la portée de la citoyenneté. Eh bien, le Président Wade nous a dit : « bien que vous soyez unanimement d’accord sur cela, je ne peux pas vous suivre, parce que si la carte est payante, nous aurons quelque avantage par rapport à l’opposition, or je veux que les gens, au départ, aient des chances égales ». S’il a encore été obligé de refondre le fichier électoral et de repartir à zéro, c’était pour donner des chances égales aux différents protagonistes. Malgré tout, on a annoncé qu’il avait fraudé. Ils ont dit qu’il était illégitime et qu’ils n’acceptaient pas de le reconnaître. Quand on ne reconnaît pas quelqu’un, on ne lui demande pas qu’il vous reçoive. C’est cela qui était le fond même du problème.

Ne pensez-vous pas que le président devrait être au-dessus de la mêlée en ne prêtant pas une oreille attentive à ce genre de critiques ?

Dans le cas d’espèce, le Président était lui-même au cœur de la mêlée, puisque c’est son élection qui est contestée. Il était donc difficile pour qu’il puisse faire abstraction du fait qu’il était le candidat et que c’était lui qui était injustement accusé, une accusation qui a une portée considérable dans le monde parce que ces propos qu’ils ont tenus ont quand même eu de l’effet. J’ai fait plusieurs voyages en Afrique où j’ai rencontré des gens extrêmement sérieux qui croyaient fermement que les élections avaient été frauduleuses. Il a fallu que je leur explique pour qu’ils me disent : « ce n’est pas croyable. Si tout ceci a effectivement eu lieu, comment votre opposition a-t-elle pu tenir un tel langage, ternir l’image de marque de votre démocratie, alors que votre démocratie est une démocratie de référence dont l’Afrique a besoin. Et même quand on n’est pas d’accord avec les tenants de cette démocratie, on doit quand même pouvoir veiller à ne pas ternir l’image de marque de celle-ci, parce que tout compte fait, c’est une référence et l’Afrique a besoin de référence ». Maintenant, je pense personnellement que cette affaire a duré.

Justement, tout le monde constate qu’il y a un blocage. Pensez-vous que le moment est venu de jeter les bases d’un dialogue constructif ?

Oui, il y a un blocage et personnellement je pense que tout le monde connaît le Président Wade pour savoir que c’est un homme de pardon, de générosité, d’ouverture. Il n’est pas rancunier et il ne s’enferme jamais dans des positions rigides et fermées pour toujours. C’est la raison pour laquelle, je pense que - après tous ces moments que nous venons de passer, qui sont des moments difficiles pour le pays, il faut le dire - il n’est pas mauvais qu’on enregistre d’un côté comme de l’autre, une tentative, disons, de renouer le dialogue, au nom des intérêts supérieurs de la Nation. Et comme je le dis, la démocratie sénégalaise est une démocratie modèle, de référence, sur laquelle beaucoup de pays africains ont les yeux braqués. Il faut que l’on continue de servir à l’opinion africaine et internationale des leçons sur la façon dont nous gérons notre pluralisme afin que le monde entier sache que, quelles que soient les difficultés, les écueils, ceux qui dirigent le pays doivent toujours avoir la générosité de dépasser un certain nombre de problèmes. Au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, faire l’effort nécessaire de répondre à l’appel de l’opposition pour que nous puissions ensemble nous asseoir à nouveau, échanger sur les problèmes de l’heure, pacifier le climat politique et social dans le pays et instaurer un dialogue dans la tradition de dialogue qui est la nôtre. Il y a des questions d’intérêt national qui nous concernent tous et il me paraît que moment est venu pour qu’un effort soit fait de part et d’autre.

Mais il se trouve que l’opposition a demandé à plusieurs reprises que ce dialogue se fasse autour de questions essentielles, notamment la cherté de la vie. Ne croyez-vous pas que l’initiative doit venir du pouvoir ?

Je pense qu’il ne faut pas prendre partie pour l’opposition et considérer que tout ce qu’elle fait est bon. J’estime que le rôle que la presse peut jouer et faciliter ce dialogue, c’est essayer de se tenir à égale distance des uns et des autres et d’apprécier la position des uns et des autres avec objectivité. Quand l’opposition avait demandé à rencontrer le président de la République, ce n’était pas sur la hausse du coût de la vie…

Entre autres points…

Non, ce n’était pas la hausse du coût de la vie. Celle-ci est un problème tout à fait récent sur lequel l’opposition a décidé de s’appuyer, parce qu’elle n’avait pas, jusqu’à présent obtenu de thèmes majeurs capables de mobiliser l’opinion. Elle y a greffé les délestages, etc. C’est une sorte de racolage politique qui permet de prendre tous les problèmes qui se posent. La question du coût de la vie, le gouvernement en discute avec les syndicats, les forces sociales, avec d’autres partis politiques, car l’opposition n’est pas seule à représenter le Sénégal.

Au demeurant, avec l’arrivée prochaine d’Idrissa Seck dans le Pds, si cela se passait, l’opposition ne représenterait peut-être que quelque quinze pour cent de ce qu’elle représentait auparavant. Par conséquent, elle n’est pas fondée à croire qu’elle est seule habilitée à incarner le Sénégal. Je pense que le dialogue, s’il doit être repris, doit l’être dans un contexte d’abord qui permettra d’engager les discussions dans un cadre convivial et les partenaires pourront ensuite, une fois qu’ils seront assis, voir autour de quoi ils peuvent discuter. A condition que tout puisse se faire dans un cadre convivial, de sérénité, de calme, sans invective, dans le respect mutuel, au nom de la nécessité de créer les conditions d’une démocratie du dialogue, de l’échange, de la convivialité et du respect mutuel.

Y a-t-il alors nécessité de poser des conditions pour que ce dialogue ait lieu ?

Je pense que si on pose des conditions, il n’y a pas de dialogue. C’est mon point de vue que j’exprime, ce n’est pas celui du Pds, du Chef de l’Etat. J’exprime le point de vue personnel d’homme politique intéressé à ce que notre démocratie modèle et qui est soucieuse de voir les Sénégalais réconciliés avec eux-mêmes et se mettre ensemble d’accord pour échanger, de sorte que notre pays sorte des perturbations politiques pour s’engager dans la voie du travail, de la rigueur, de l’effort et de la quête démocratique. Je pense que cela, si on le fait sans conditions, cela aurait davantage, à mon avis, de chance de réussir. Si également d’un côté comme de l’autre on enregistre des signes de bonne volonté et d’ouverture dans le langage, dans les comportements qui montrent qu’on est soucieux de dépasser cette phase malheureuse de notre histoire et qu’il n’est pas conforme à nos traditions, pour déboucher sur ce qui a de tout temps fait notre force, c’est-à-dire l’acceptation de nous réunir autour de l’essentiel, l’appel à toutes les forces vives de la nation, je pense que nous aurons franchi une grande étape. Regardez comme le Sénégal est beau quand il se retrouve. Quand il y a des décès de personnalités importantes, tous les leaders politiques sont là. Quand il y a des malheurs qui frappent la nation, les gens oublient tout ce qui a pu les séparer. Cela s’est passé récemment lors du décès du frère du Chef de l’Etat, ça se voit lors des décès des membres de l’opposition, lors de décès de leaders importants du jeu politique sénégalais, comme Majmouth Diop, Babacar Niang et tant d’autres. Nous sommes un grand peuple capable de dépassement dans les moments importants et c’est cela que le pays doit retenir. C’est cela que nous devrons cultiver, entretenir, favoriser, développer. Nous devons aussi, sur le plan politique, être capables de dépassement, nous regrouper ensemble et travailler, en n’excluant personne. Aujourd’hui, il y a l’opposition qui a boycotté, l’opposition qui est aujourd’hui au Parlement. Toutes ces forces-là sont significatives. Je pense que quand le Président Sarkozy est venu, il aurait dû rencontrer et l’opposition qui a boycotté et celle qui n’a pas boycotté, parce que ce sont ces deux faces aujourd’hui qui incarnent la réalité politique dans notre pays.

Peux-t-on alors donner le nom « d’assises nationales » à ce dialogue que vous appelez de tous vos vœux ?

Les assises nationales, c’est une ruse, c’est une forme de conférence nationale déguisée, ça va lamentablement échouer au niveau du Sénégal et personne ne se prêtera à ce jeu. L’opposition n’a aucun pouvoir pour concevoir une telle réalité. L’opposition actuelle n’est significative que dans la mesure où elle ne représente que 15%. Avec le retour prochain de Idrissa Seck et la réconciliation entre Aj/Pads et le parti du Président, l’opposition ne représenterait plus que 15%, avec qui va-t-elle faire ces assises nationales ? Je voudrais donc, par conséquent, que l’on ne trompe pas le pays. On ne peut pas nier la démocratie, instaurer une logique permanente de putsch, de façon directe ou indirecte et en même temps dire aux gens : je vous tends la main pour dialoguer. Il faut être sérieux. Je crois que si l’opposition veut que le Président la rencontre, elle a le droit de demander cela. Le Président appréciera. Personnellement je souhaite que le Président renoue le dialogue avec l’opposition, parce que je pense que c’est cela qui est conforme à son tempérament de leader politique qui ne connaît pas la rancune, qui dépasse les questions crypto personnelles, qui est un homme d’ouverture, de paix, une référence en Afrique pour sa générosité. Il faut que, à mon avis, en renouant avec l’opposition, il reste conforme à cette image si merveilleuse qu’il a de lui-même et qui fait que partout où on parle de lui en Afrique, les gens vous disent : un leader comme ça, le Sénégal a la chance de l’avoir.

Vous avez évoqué l’éventualité du retour de Idrissa Seck. Est-ce que vous le souhaitez ?

Je veux d’abord dire en règle générale, que la maison dans laquelle se trouve le Président Wade et la majorité actuelle est un cadre dans lequel n’importe quel Sénégalais a sa place. Je n’exclus personne, je n’appelle non plus personne. Si des gens décident de leur propre initiative de venir pour y travailler, je pense personnellement qu’on devrait les écouter et apprécier. On peut apprécier par rapport au degré de nuisance de celui qui va venir pour savoir ; si ce sera positif ou négatif et en tirer les conséquences. Mais je ne vois pas le Président Wade refuser d’accueillir des personnes qui souhaitent tendre la main pour travailler avec lui, parce que c’est contre son génie politique, sa vision politique, son tempérament politique. Je ne me prononce pas sur une personne, ça ne m’intéresse pas. Je dis seulement que, si d’aventure cette hypothèse qui est brandie devenait une réalité, il (Idrissa Seck, Ndlr)quitterait avec quelque 14% de voix, qui s’ajouteraient à ce que Landing Savané représenterait et ainsi, l’opposition qui se prévalait encore devant Sarkozy d’avoir 40% des voix, se retrouverait avec près de 15%.

Compte tenu de tout ce que Aj a dit au sujet de la gestion du pouvoir par le régime de Wade – on rappelle qu’il avait battu campagne lors de la dernière présidentielle autour du concept de « mains propres » - est-il possible qu’il revienne comme s’il ne s’était rien passé, aux côtés de Me Wade ?

Les responsables de Aj sont venus ici plusieurs fois et nous avons ensemble discuté. Je pense qu’il y a entre Aj et le Pds un partenariat qui est assez ancien. Ils ont cheminé ensemble dans l’alternance. Il y a eu après ces élections au cours desquelles des propos très malheureux et maladroits en été tenus ça été sanctionné par le pays. Je pense que Aj s’est rendu compte que le pays ne l’a pas suivi. Les résultats qu’il a eus en attestent éloquemment. Mais si Aj reconnaît ses fautes, fait son autocritique et essaie de revenir auprès du Chef de l’Etat pour reprendre avec lui le partenariat qu’ils avaient jadis noué, je pense que le Président a eu raison de l’avoir accueilli. Encore une fois, je suis pour que le Président Wade soit ouvert vis-à-vis de tous ceux qui sont capables de venir conforter la majorité, renforcer l’alternance, rendre impossible la restauration et veiller à ce que nous constituons un pôle suffisamment fort pour conserver le pouvoir dans la durée.

Si maintenant les gens viennent pour perturber le parti, s’ils viennent pour placer les militants dans une situation de perplexité paradigmatique totale, s’ils viennent pour créer des clans, des divisions, un fractionnement, un émiettement du parti, qui serait un facteur d’affaiblissement de celui-ci, en ce moment, il faut réfléchir avant de prendre une décision.

Mais je crois que si quelqu’un comme Jean-Paul Dias souhaite revenir, je ne serais pas hostile. C’est le cas de Me Doudou Ndoye, Me Massokhna Kane, Modou Diagne Fada etc, si d’autres responsables historiques du Pds veulent renouer avec la maison du père, après avoir fait l’expérience de l’opposition, je suis favorable à ce que le Président Wade leur tende la main et leur ouvre la porte de la maison familiale, parce qu’encore une fois, c’est cela que l’histoire va retenir de lui, l’image d’un homme de réconciliation, d’ouverture, d’un rassembleur, d’un fédérateur, d’un père qui n’a jamais rejeté aucun de ses fils et je crois que cette image est conforme à l’éthique de notre société, qui est une éthique de fraternité et de rassemblement.

La question de la succession de Me WADE est-elle une réalité au sein du Pds ?

Je me suis plusieurs fois prononcé sur cette question, c’est par respect pour vous, que je reviens sur certains aspects que j’avais développés, sinon j’avais décidé de ne plus en parler. Je m’interdis d’aborder la question de la succession du Chef de l’Etat. J’ai été le premier à dire que je trouvais cela indécent, et dans certaines formes, déloyal. Le Président Wade vient d’être élu par le pays avec une majorité historique, avec l’aide de Dieu il est sain et bien portant. Si nous respectons le verdict populaire qui l’a porté au pouvoir, aucun d’entre nous n’a le droit de poser le problème de la succession. Qui vous dit que le Président Wade, en 2012, ne se présenterait pas ? Si sa santé le lui permet, personnellement je ne serais pas contre le fait qu’il se représente.

Mais comme gouverner c’est prévoir….

Non, non, c’est facile de dire que gouverner c’est prévoir et autour de ça vouloir enterrer une personne avant qu’elle ne soit victime d’empêchement. Je dis encore une fois que le peuple a choisi, nous devons respecter ce choix et nous interdire de philosopher sur sa succession. Un mécanisme a été mis en place sur le plan institutionnel pour qu’en cas d’empêchement, les institutions continuent de fonctionner. Pourquoi, par conséquent, poser le problème. En ce moment-là, ceux qui sont intéressés par sa succession se manifesteront et la bataille pourra s’engager. Même dans ce cas-là, si la bataille est engagée dans la division….

Il y a déjà des gens qui se sont manifestés, si l’on en croit certains journaux, comme c’est le cas, selon toute vraisemblance, de Karim Wade, de Idrissa Seck, Macky Sall etc.

Je dis encore une fois, je ne prononce le nom de personne. Je trouve même légitime que des gens aient des ambitions. Que les gens essaient à travers leurs ambitions de faire valoir leurs points de vue, je ne trouve pas cela scandaleux. Mais poser le problème de la succession du Chef de l’Etat, actuellement c’est malsain, déloyal et malhonnête. Travaillons ensemble derrière lui à rendre visible sa vision. Veillons à ce que les immenses projets, les grandes ambitions qu’il a pour le Sénégal passent du domaine du rêve à celui du concret. Travaillons à baisser le coût de la vie et des denrées de première nécessité, à augmenter les postes de travail, au service de la jeunesse, à prendre en charge comme nous le faisons, mais davantage encore, les préoccupations du monde paysan. Travaillons à améliorer les fondamentaux de notre économie, à être le leader du combat pour l’intégration régionale et la mise sur pied d’un gouvernement d’union africaine, à créer dans l’esprit des Africains le sens d’une indépendance véritable, avec des régimes qui aient le courage de s’assumer, qui aient confiance en eux, qui veulent affirmer leur indépendance d’initiative, de pensée et d’actions, qui acceptent de rompre avec la domination coloniale et néo-coloniale pour que leur pays puisse sortir de cette longue nuit de domination dans laquelle ils sont depuis de bonnes années. C’est ce qui me paraît plus important, c’est comme cela que nous resterons fidèles au Président Wade. C’est comme cela que nous pourrons perpétuer demain sa pensée et que nous donnerons aux générations futures un viatique à partir duquel le « wadisme » deviendra une réalité que personne ne pourra plus remettre en cause. Ce ne sera même plus une propriété du Sénégal seul, mais de l’Afrique dans sa globalité, mais également de la diaspora, et peut-être du monde entier, comme l’est la pensée de Ghandi ou celle de Mao Tsé Toung, Fidèle Castro ou d’un Général De Gaulle.

Exergues

1- « Au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, faire l’effort nécessaire de répondre à l’appel de l’opposition pour que nous puissions ensemble nous asseoir à nouveau, échanger sur les problèmes de l’heure, pacifier le climat politique et social dans le pays et instaurer un dialogue dans la tradition de dialogue qui est la nôtre »

2- « Je pense que le dialogue, s’il doit être repris, doit l’être dans un contexte d’abord qui permettra d’engager les discussions dans un cadre convivial et les partenaires pourront ensuite, une fois qu’ils seront assis, voir autour de quoi ils peuvent discuter. A condition que tout puisse se faire dans un cadre convivial, de sérénité, de calme, sans invective… »

3- « Les assises nationales, c’est une ruse, c’est une forme de conférence nationale déguisée, ça va lamentablement échouer au niveau du Sénégal et personne ne se prêtera à ce jeu »

4- « Que les gens essaient à travers leurs ambitions de faire valoir leurs points de vue, je ne trouve pas cela scandaleux. Mais poser le problème de la succession du Chef de l’Etat, actuellement c’est malsain, déloyal et malhonnête »

Source: Sud Quotidien

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Mercredi 22 Août 2007





1.Posté par senegalais le 22/08/2007 14:30
s'il ya vraiment un politicien incohérent et irrationnel dans ce pays c'est bien Iba der thiam

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