Référence multimedia du sénégal
.
Google

Enquête suite: La mixité cher payée

Article Lu 1849 fois

Ils sont devenus presque banals, les mariages mixtes. Si fréquents qu'ils sont assimilés aux pirogues bondées de candidats à l'émigration clandestine. L'intérêt supérieur, c'est l'exotisme pour les uns et les mirages de l'Occident pour les autres. L'évidence pue l'indécence. A tout prix, comme s'il faut à chacun sa Toubabesse et à chacune son Toubab. Les barrières socio-culturelles ont presque sauté, comme des verrous inefficaces. Même la grande disproportion liée à l'âge n'émeut plus et c'est aujourd'hui les cas les plus fréquents. C'est un vieux Toubab qui cherche presque mouroir auprès d'une nymphe à peine sortie de l'adolescence. En parallèle, c'est une mémé qui veut se régénérer avec la fraîcheur d'un jeune homme. Ou encore, un garçon qui compte faire de...vieux os avec plus âgée que sa maman. Et peu importe les «qu'en dira-t-on». L'essentiel, c'est de réaliser son rêve, de toucher le jackpot du business sentimental.



Mère Fatou Sy, 54 ans, allure nonchalante, a sa fille de 23 ans, Astou Ndiaye qui est partie en France l'été dernier après son mariage avec un Français de 62 ans. La vieille dame raconte l'histoire de sa fille avec amertume. «Ma fille m'appelait dès les premiers jours de son séjour; elle se lamentait de sa solitude parce que son mari l'abandonnait seule dans leur appartement le matin pour ne revenir que tard dans la nuit. Mais depuis plus de six mois, je n'ai plus de nouvelles d'elle», dit-elle, la mort dans l'âme. L'inquiétude est donc de mise, toutes les suppositions sont permises. Loin des moments où le frère de la fille, soldat de son état, était vu dans le rôle du "méchant" lorsqu'il a voulu attirer l'attention de la famille sur les dangers qu'elle faisait courir sa progéniture en la donnant en mariage à un Toubab plus âgé que sa maman.
Thierry, 31 ans, expert en marketing, rencontré au centre-ville de Dakar, n'a pas besoin de beaucoup réfléchir pour trouver les petites idées des jeunes Sénégalais et Sénégalaises qui ont tendance à draguer les Toubabs. «Ce sont les mêmes raisons qui poussent les jeunes Sénégalais à prendre des pirogues de fortune pour se rendre en Europe par la mer», se désole-t-il.
I1 déplore la perte des valeurs, des repères pour les générations futures que cela peut entraîner. Cela, craignent des puristes, enfante des rejetons sans identité : ils ne sont ni Américain ni Européens, ni Africains Ni Sénégalais. D'autant que les femmes ou hommes qui se marient avec des occidentaux y laissent généralement leur propres us et coutumes pour se mettre à l'autre culture.
Adama Cissé, 23 ans, étudiante en marketing à l'Ism (Institut supérieur de management) de Point E; ne dit pas le contraire. La jeune fille, très sereine, assise sur un banc, les pieds croisés, lance, dépitée : «Les jeunes filles veulent coûte que coûte sortir de la « misère» et pour elles, la seule issue, c'est d épouser un Toubab espérant un niveau de vie un peu plus élevé.»
Les critères d'amour sont donc souvent renvoyés aux calendes grecques et les pièges de toutes sortes ne manquent pas. Il faut dire que les Toubabs, qui font tant saliver filles et garçons Sénégalais, ne sont pas forcément plus nantis que le goorgoorlu (le crève- la-faim) de Pikine ou le paysan du Sine. Ils peuvent être aussi de moeurs légères, malades ou délinquants financiers à la recherche de cache. Aussi, peuvent-ils être de vieux retraités ou de simples chômeurs aidés par la surpuissance de l'euro face au Cfa. Avec leurs pensions de chômeurs ou de retraités, pauvres ou modestes en Europe, ils deviennent riches au Sénégal. Après le mariage, l'accueil des jeunes Sénégalais en Europe n'est pas aussi forcément des meilleurs surtout pour les filles. La jeune étudiante Adama Cissé raconte le drame de son amie : «J'ai une copine qui a eu cette expérience. Elle s'est mariée à un Blanc qui l'a amenée en Europe, c'est après qu'elle s'est rendu compte que son mari faisait partie d'un « club d échangistes». Oui, un club dont les membres peuvent s'échanger les femmes à tout moment.» La fille, qui semble traumatisée par le seul fait de raconter cette histoire, reprend son souffle et continue : «Ma copine s'est retrouvée piégée. II a fallu l'aide d'une de ses connaissances pour revenir au pays quand la situation est devenue insupportable.»
DOUBLE VIE
Les conservateurs considèrent ces unions comme une aberration. Ils se demandent si ces hommes et ces femmes d'une autre classe étaient de simples ouvriers et non des superstars gagnant des millions par année ou des personnalités pesant économiquement et intellectuellement lourd, leurs «poupées» blondes, brunes ou rousses voudraient être leurs femmes ou maris. Les jeunes Sénégalais ne choisiraient donc de convoler en justes noces avec des Blancs ou Blanches parfois trois fois plus âgé (e) s qu'eux ou elles, si ce n'était pour servir de «jouet». Plusieurs Sénégalaises parties avec leurs «pigeons Toubabs» dans l'espoir d'aller à la découverte de «l'Eldorado», finissent par ne se nourrir que des illusions ou tout simplement verser dans des moeurs légères. Des épouses noires voient souvent leurs propres époux Blancs leur servir de proxénète, les encouragent à la prostitution, à défaut de les faire jouer des films pornographiques.
D'autres, en revanche, ont une double vie «bien » cachée, jusqu'à la découverte du pot aux roses. Et parfois, cela se passe à l'insu des familles laissées au Sénégal. Modou Ndiaye, jeune émigré Sénégalais de 39 ans, originaire de Gandiaye dans la région de Kaolack, en est un. Marié depuis des années, le jeune homme est parti en France laissant derrière lui sa femme, Astou Faye et une fillette de 3 ans. Mais en France, Modou qui s'est présenté comme célibataire sans enfant, s'est aussi marié à une Toubab, Nicole 36 ans, assistante de direction. Quand lui et sa Toubab viennent à Gandiaye, Astou, sa femme sénégalaise, se présente comme étant sa soeur et sa belle-mère (la maman de Astou) se fait passer pour sa maman. Nicole croyant avoir affaire à sa belle-­famille donne beaucoup d'argent à Astou et sa maman. En réalité, elle ne fait qu'enrichir inconsciemment sa «co-épouse» et sa mère entrées dans le jeu de Modou sans gêne. Tout Gandiaye est au courant de la supercherie.
Modou, qui loge souvent à Dakar avec sa Toubab, est obligé d'inventer toutes sortes de stratagèmes pour s'échapper des bras de la pauvre Nicole et aller voir sa femme sénégalaise. Une histoire vraie de bigamie, aux allures de fiction de la littérature rose, qui renseigne sur les business des mariages mixtes.

Par Babou Birame FAYE - bbf@weekend.sn
Source: Week-end

Article Lu 1849 fois

Mercredi 1 Août 2007





1.Posté par Jelmoli le 03/08/2007 21:49
Voyez pas tout en noir! Il ya aussi de l'amour dans certains mariages mixtes comme il y a beaucoup d'intérêts dans ce que vous considérez comme des mariages traditionnels (ou entre sénégalais). Tout n'est pas noir ou blanc...
Soyons citoyens du monde et arrêtons d'avoir des visions étriquées.

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State