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Enquête... Jeunes Sénégalaises voilées: Comment se passe l'intégration?

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À côtés des jeunes filles «in» avec leurs tenues peu décentes, d'autres préfèrent se la jouer correct. Avec un foulard bien noué sur la tête, sans enlever un poil de leur charme. Le phénomène est devenu plus qu'un précepte religieux, c'est à la mode. Malgré la tentation de la modernité, les voilées, plus connues sous le sobriquet de "Ibadou" sont de plus en plus nombreuses dans les cercles des jeunes filles. Arrivent-elles à s'épanouir, particulièrement dans le milieu professionnel, mais aussi dans la vie de tous les jours avec les regards curieux de la société? Se divertissent-elles comme toutes les filles de leur âge? comment vivent-elles leur jeunesse? Tant de questions qui taraudent notre esprit . Nous tenterons de percer un coin du mystère.



Enquête... Jeunes Sénégalaises voilées: Comment se passe l'intégration?
«Soxnasi !» c'est ainsi qu'une voilée est apostrophée, même si celui qui l'interpelle ne la connaît pas ; pendant que des filles aussi jeunes se voient appelées «miss» dans la rue. Un certain respect certainement dû à son mode d'habillement qui la différencie des autres femmes. En général, le voile est bien perçu sous nos cieux. Les croyants aussi bien que les parents y voient même un signe de bénédiction. Pourtant, le voile n'est pas partout bien accueilli. Un paradoxe dans un pays de plus de 90% de musulmans ! En effet, beaucoup de voilées se plaignent de l'accueil qu'elles reçoivent lors de leurs premiers contacts avec le milieu professionnel. Voilée depuis l'âge de 9 ans, cette jeune dame avoue avoir rencontré toutes les peines du monde pour s'insérer dans une structure hôtelière. Elle a finalement dû changer de vocation: " Actuellement je suis élève-professeur en Histoire et Géographie. Mais avant cela j'avais fait une formation en gestion hôtelière à l'issue de laquelle j'ai déposé des demandes dans plusieurs compagnies. Par la suite, j'ai été convoquée pour un entretien par une compagnie aérienne, mais ils ne m'ont pas choisie" se désole-t-elle finalement convaincue qu'on ne peut réussir dans ce métier en étant voilée. «C'est une obligation divine, c'est pourquoi je porte le voile et ce n'est pas un poste qui me fera renoncer» dit-elle. Une autre abonde pratiquement dans le même sens : bibliothécaire de formation, elle a rencontré d'énormes difficultés avant de trouver un stage. Aïda n'a finalement dû son salut qu'à une école privée qui l'emploie comme stagiaire depuis plus 27 mois, après plusieurs tentatives restées infructueuses! «je ne sais pas si c'est à cause du voile» note-elle avec un brin de désolation. De quoi se demander si les chefs d'entreprise et autres agents recruteurs ne perçoivent pas le voile d'un mauvais oeil ou s'en méfient ? Pour cette autre "Ibadou", travaillant dans un Crédit Mutuel, le problème est que les Sénégalais sont friands de préjugés. «Les gens ont l'habitude de dire beaucoup de choses sur ceux qu'ils ne connaissent pas .Mais à force de les côtoyer, ils finissent par les comprendre ou les apprécier. Dans notre bureau, les collègues étaient un peu distants à mon égard, mais avec le temps, ils ont fini par me considérer comme une soeur.» Le milieu de la presse, surtout de la télévision s'est tardivement ouvert à cette frange de la population. Une anomalie qui tend à être corrigée. Les visages de Hourèye Thiam Preira de la Rts ou de Aminata Niane de Canal Info sont ainsi devenus très familiers aux téléspectateurs des dites chaînes de télé. On s'y accommode, malgré le voile.


Aly Khoudia Diaw, SOCIOLOGUE

«L'image de la femme véhiculée par les «ibadou» constitue ce qui devrait être»

Le sociologue porte ici un regard intéressant sur les conditions d'insertion des voilées dans le milieu professionnel et d'intégration dans la société. Pour lui, par rapport à nos us et coutumes, l'image prônée par les voilées constitue la norme, mais dans une république laïque, les comportements sont aussi impersonnels que possible.

Pourquoi les voilées rencontrent-­elles des problèmes d'insertion dans le milieu professionnel ?

La religion bannit toute forme d'indécence et de manifestation du corps de la femme. Mais au-delà de la religion, nos traditions exercent une forte pression sur le port vestimentaire et sur le
physi­que féminin de telle sorte que l'image de la femme telle que véhiculée par les «ibadou» constitue ce qui devrait être. Cependant une autre lecture de la question est possible
car même avec 90% de musulmans, nous sommes dans une républi­que laïque. Où la tenue se veut aussi impersonnelle que possi­ble, le port vestimentaire, doit cadrer avec l'image que
véhicule la République. Mais au niveau de l'administration, la stigmatisation est très forte. II suffit qu'une femme soit voilée pour qu'on la désigne non plus par son nom mais par le terme de «ibadou bi» (la voilée). À partir dé ce moment et jusqu'à ce qu'elle soit acceptée et intégrée, elle est considérée comme un intrus, voire un intégriste. Leur difficultés d'insértion dans les milieux professionnels s'expliquent par le fait qu'elles ne donnaient pas l'image de gens ayant évolué dans les circuits laïcs comme l'école et l'université. Ensuite les Sénégalais ont un esprit réduc­teur et distant par rapport à tout ce qui les éloigne de l'émancipation et de la modernité. Ce qui fait que les femmes voilées arrivent difficilement à s'insérer dans les milieux professionnels. Mais depuis quelque temps, la tendance connaît une nette évolution à cause de la massification du phénomène et de la tendance des filles à se voiler.

Par rapport à une intégration dans la société, les jeunes filles voilées ne rencontrent-elles pas des problèmes pour se divertir comme toute fille de leur âge ? ­

Le probléme du divertissement ne se pose pas même si par rapport aux autres elles ont des contraintes réelles, mais pas majeures. En effet, vu leur philosophie, je les vois mal aller dan­ser ou même écouter de la musique, encore moins fréquenter les plages. Mais ce ne sont pas les seules distractions existantes. On peut dire qu'il y a des loisirs sains comme la lecture, le sport, les jeux d'esprit, les regroupements familiaux, etc. qui peuvent parfai­tement cadrer avec leurs visions du monde. Ce qu'il faut retenir à ce niveau, c'est que les voilées ne sont pas des individus à part et qu'elles ont choisi de se départir de la tentation, de l'exhibitionnisme. Ce qu'il faut prôner, c'est cette image saine de la femme que les «Ibadous» tentent de véhiculer. Une société, c'est d'abord des valeurs intrinsèques et les femmes en sont le récepta­cle. Par ailleurs, ce n'est pas que parce qu'une femme se voile qu'elle est une "Ibadou".

Comment appréciez-vous en général le regard de la société sur elles?

Le regard que la société porte sur les "ibadous" peut se lire sous deux angles: d'abord pour les religieux les «ibadous» représentent l'Islam dans son aspect le plus extrémiste et au Sénégal ils sont considérés comme ceux qui ne font rien comme les autres. Le deuxième angle concerne la vision que les jeunes ont des femmes voilées. Pour eux, la femme voilée est celle qui veut se singulariser par rapport aux autres, en essayant de faire croire qu'elle est plus pieuse; plus rangée mieux éduquée, etc. Or nos sociétés ont été conçues sur le modèle de la reproduction par la ressemblance. De sorte que l'étranger, c'est celui qui ne se comporte pas comme nous. Mais la société a un regard à la fois ambigu et tolérant vis-à-vis de cette frange. Qui, différente des autres sur les comportements, participe en même temps à la diversité de nos us et coutumes, le tout dans une parfaite harmonie car l'observation montre que
les femmes voilées n'ont pas que des copines voilées et de copains «Ibadou».

A SUIVRE...


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Lundi 3 Septembre 2007





1.Posté par FATIMA le 03/09/2007 21:40
TRES BON ARTICL, TRES BIEN ECRI

2.Posté par Ababacar Dieng le 03/09/2007 22:35
Assalamou aleykoum wa rakhmatoulayi tala wa barakatou
Il faut toujours savoir que rien dans ce monde ne peut compenser la cause divine et que les femmes qui sacrificent le future pour les futulites de la vie sont celles qui auront point se benefier des recompenses divines.
Il faut pas oublier qu'un musulman n'a rien de se rejouir que d'une bonne quality religieuse.
J'aurai souhaite perdre dans ce monde et avoir assure.

3.Posté par xalaas le 04/09/2007 01:43
Dans la plupart des cas, on a juste peur de voir kelk chose ki nous rappelle DIEU, la RELIGION, la MORT.
on prefere vivre en essayant de faire table rase sur le DIVIN afin de profiter la vie au maximum.
nous preferons ne pas voir une femme voilee , donc une femme qui du moins sur le plan vestimentaire fait se qui devrait se faire (ne pas s'exhiber).
je tiens a rappeler une choz, il ne suffit pas de voir une femme voilee qui fait une faute de quelque nature que cela puisse etre pour s'attaquer AU PORT DE VOILE. par exemple c'est pas parce k je suis un musulman de mauvaise foi que l'ISLAM N'EST PAS UNE BONNE RELIGION.
QUE LES FEMMES VOILEES FONT CE QUE TOUTES LES FEMMES FONT N'ENLEVE EN RIEN LE FAIT QUE LE PORT DE VOILE SOIT UNE OBLIGATION DIVINE.
JAMM AK XEEWEUL

4.Posté par dodu le 04/09/2007 12:04
Je me désole de lire ce genre d'article "comment se passe l'intégration" comme si celles qui s'adonne à la voile n'étaient pas sénégalaises. Je rappelle au journaliste qu'en europe la question de la voile n'est pas spécifiquement liée à sont port mais il s'agit plutôt d'une question de différence de coutume, de race, voir de mode de vie et surtout la question de l'immigation. Je crois savoir que les arabes "en générale celles qui en portent" ne sont pas originaire de l'europe. d'où un choc culturel. Donc la question ne peut pas être traitée de la même façon au niveau de notre société puisque la majeur partie de ses porteuses de voile sont sénégalaises de souche donc parfaitement intégrées. Il faut arrêter de faire de l'amalgame, de la trangression surtout vouloir traiter coûte que coûte les sujet europeens au niveau africain, ce qui n'est pas toujours vrai. alors remuer lun peu les méninges avant de prendre vos stylos.

5.Posté par mouslima le 04/09/2007 18:40
C un bon article. Ce qui me désole un peu c que ce soit le port du voile qui choque de nos jours plutot que le style dénudé à la mode. N'oublions pas que nous sommes musulmans et que le coran ns dit "Quiconque craint de comparaitre devant son Seigneur et interdis à son ame les passions (illlicites) le Paradis sera son refuge."

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