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Enquête Génération du Concret: Les Agents secrets de Karim

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En 2012, Karim sera-t-il parfait ? Icône de la "Génération du Concret" et porte-étendard "du Sénégal de demain" théorisé par ses amis, Karim Wade, fils du président Wade, jouit aujourd'hui d'une infernale machine à faire de lui le "future Président du Sénégal". Autour du Président de l'Anoci, s'agite une véritable mafia à la Sénégalaise prête au combat et en train de s'activer pour arriver affûtée en 2012. L'année de toutes les réalisations et de toutes les attentes.



Enquête Génération du Concret: Les Agents secrets de Karim
«En route vers le Sommet» Le slogan grandiloquent, échappé de ses prétentions mégalos, est devenu le goûter partagé des Sénégalais à force de tartiner leur quotidien ingrat. La symphonie, tapage perspicace, roule ses notes déliées derrière un générique d'opération de promotion d'une grande oeuvre : porter Karime Wade, fils de Abdoulaye, jusque sur le fauteuil du président de la République du Sénégal. Comme si le Sénégal post-Alternance, autopsié d'un Wadisme oppressant, devait se taper niaisement la sagacité d'épisodes de succession au pouvoir. Que n'a-t-on pas dit dernièrement sur la «Génération du Concret» ? Que faudrait-il en tirer en plus? Même le taximan dakarois, esprit simple à l'analyse de cuisine, a décodé l'indice caché : «Je ne m'étonne plus de rien dans ce pays. J'attends juste le jour où l'on arrêtera toutes les émissions à la radio pour nous annoncer que Karim Wade prend le Sénégal.» Et si c'était demain ?

Au sein de la nébuleuse «Génération du Concret», les rhétoriques divertissantes ont cédé le palier à une matérialisation technocratique à la froideur conquérante. Laissant la capacité de réaction des Sénégalais au rez de chaussée de ses ultimes réparties intuitives. Le «mot d'ordre» de cette «association» sonne clair : «Il faut coûte que coûte faire triompher le pion Karim Wade dans le grand échiquier qu'est le Sénégal. » En plus clair : multiplier les trucs et astuces léonins pour déblayer le terrain à l'aîné des Wade d'ici 2010 et en faire peut-être le quatrième président du Sénégal.


Il est loin le temps où le président Wade avait eu l'aveu suspect aux pointillés brûlants : «je trouve Karim trop Toubab !» Sacrilège ? Au Sénégal, personne n'avait moufté à l'époque tant que le frère à Sindiely Wade restait un obscur conseiller de son père, mandataire secret de la République à la parole rare, financier ordinaire aux tentacules assujettissantes et métis timide au décalage culturel énorme. Son physique de «Golden Boy», à la tête chauve comme papa, n'avait rassuré que les quelques Sénégalais qui aiment terrasser leur quotidien dans les restaurants chics de Dakar et tous les autres, ombres de l'Alternance, qui se bousculaient dans les bureaux feutrés de la Présidence pour vendre leurs CV et distraire le prince. Mais Karim Wade, aujourd'hui icône d'une «Génération du Concret» aux rêves himalayens, n'est pas dupe et a su capter les commères de Sandaga : «Il ne parle pas Wolof!» le brocardait-on sur la place publique.

C'était là le talon d'Achille de ce proche du Roi Mohamed VI du Maroc, «soldat aux armes trop courtes» pour aller à la guerre aux voix nationales. Resté sourd aux dithyrambes des flagorneurs de sa cour qui affirmaient sans se retourner que «Karim est un Sénégalais comme un autre», le fils Wade s'est bouché les oreilles " pour courir prendre des cours en Wolof " cornaqué, comble d'indélicatesse, par un «prof américain du `Peace Corp'», ce corps de coopération sénégalo-américaine attaché à l'enseignement du Wolof pour les Américains en mission volontaire au Sénégal. Première étape d'une marche en avant. D'un destin tu. Encore inavoué.

Mais, derrière les manoeuvres calculées de Karim Wade veillent «les agissements secrets» de toute la «Génération du Concret». L'appareil politique s'avance masqué et «déploie une stratégie communicationnelle et un travail de terrain en profondeur vicieux», que la seule expertise des affranchis du milieu ne saurait décrypter. Le mot d'ordre de ce cercle si fermé (pour le moment) est une leçon de cynisme politique et de mysticisme séduisant. En somme, sussure-t-on dans l'entourage du Prince, il faut «communiquer peu et parler bien». Dire du bien du président de l'Anoci (Agence nationale pour l'Organisation de la Conférence Islamique) et se rouler sur le terreau de la subtilité pour lisser avec le temps l'image clair-obscur d'un Karim encore diffus dans l'esprit du Sénégalais. Un zélateur : «Karim aime plus le Sénégal que le Pds. Tout ce qu'il entreprend a un sens pour le futur de notre pays. »

La tactique mille fois pensée a du répondant, permettant à ses concepteurs de l'ombre d'étendre les bases de la «Génération du concret», de l'ouvrir à d'autres nationaux, de recruter malin tout en commettant une attaque placée de fins stratèges : " Il faut préparer définitivement le Goorgorlu à accrocher bientôt le portrait de Karim Wade dans sa chaumière. "

Pour ce faire, depuis de longs mois, des balles de sondes en forme de proximité galopante sont distillées à l'endroit de l'opinion nationale. Jusque-là peu disert et quelque peu secret, Karim s'affiche timidement et descend en de rares occasions sur le terrain du social pour paraître proche du peuple. Un observateur : «Karim et ses amis sont en train de créer un parti parallèle au Pds. » Un de ses proches : "Nous avons noyauté le Pds. La «Génération du concret» a beaucoup de sympathisants au sein du Parti. Ils n'attendent que le bon moment pour faire leur acte d'allégeance à Karim. Déjà, selon nos décomptes, on a plus d'alliés que Macky Sall au sein de l'Assemblée nationale. Si on voulait le renverser aujourd'hui, on y parviendrait facilement. "

Pour preuve, ce qui était tabou hier, impensable, quasiment de l'ordre du dramatique et de l'indécent dans l'entendement du peuple, se change aujourd'hui en une probabilité implacable. Sous une tactique savante de bureaucrates locaux à la solde du faux-lent Karim, couve un plan pernicieux et du même tonneau que les manoeuvres de propagande des régimes occidentaux de naguère pour imposer leurs dirigeants aux mains sales. L'ultime subtilité «très Génération Concrète» a été " de polluer le paysage médiatique sénégalais à coups de décibels en l'honneur de Karim et de piéger les journalistes en premier". En quoi faisant ? Un politicien : "Ceux de la "Génération du Concret " ont tellement réussi leur coup que Karim Wade occupe quotidiennement la Une des journaux. Le message est passé. Il n'y a pas meilleur moyen pour préparer l ëventualité de Karim futur Président du Sénégal. je leur tire en tout cas mon chapeau. La presse, elle, s'est laissée avoir très facilement. A force de toujours parler de lui, elle a créé un Karim présidentiable en nourrissant ses ambitions. "

Mais la presse ne sera pas seule, puisqu'elle sert le plat fumant sur lequel se précipite une opinion sénégalaise désireuse ,de percer le voile du mystère et de se familiariser à ce Karim qui " serait le contraire de son père". Est-ce réel ? Rien n'est plus sûr et puisque le doute s'installe déjà dans l'esprit du citoyen lambda, la «Génération du Concret» a au moins gagné le pari de la discorde positive.


HORIZON 2010

Pour s'ouvrir l'autoroute du futur et rouler en direction de 2010, échéance de toutes les projections de la «Génération du concret», Karim Wade et ses amis empruntent la méthode de la table rase. L'idée est de "gommer les vestiges du passé, de supplanter les acquis post-indépendance et de toiletterDakar avec la magie du concret ". Plus rien n'arrête le président de l'Anoci et ses affidés qui ont en ligne de mire l'année 2010, soit deux ans après le sommet de l'Oci à Dakar, en mars 2008 et deux ans avant les prochaines élections présidentielles. Un très, très proche de l'ancien banquier de Londres : «A moins d'un coup du sort, c'est-à-dire que le Président ne termine pas pour une raison ou pour une autre son mandat, tout est planifié pour porter la «Génération du Concret» au pouvoir. Non pas par le biais d'une dévolution père-fils, mais par la voie démocratique. On ne veut pas d'une succession, mais d'une élection.»

II se dit même en haut lieu que Karim et ses amis attendent la fin du sommet de l'Oci pour abattre vraiment leur carte. Une période qui court de la fin 2008 à l'année 2010. Mais le premier coup d'éclat des «Concrétistes» devrait survenir lors des élections locales de mai 2008 ou le mouvement prévoit «de contrôler définitivement les collectivités locales». Avec pour réel résultat «d'accélérer et d'accroître la présence des «têtes pensantes» de ce Cercle dans le gouvernement où la «Génération du Concret» n'a envoyé, pour l'instant que quelques «sympathisants» et à l'Assemblée nationale». L'autre grand chantier des «Concrétistes» est le «contrôle à court ou moyen terme de certains groupes de presse» jugés jusque-là incorruptibles. Histoire de gagner le pari de la toute communication et de se déployer sans anicroche en terrain conquis. Toute une politique !

Légitime, illégitime ? Sincère ou arriviste forcenée ? Authentique ou en toc ? Rarement la «Génération du Concret» n'a tourné à tel régime que ces dernières semaines ? Question : qui pourra alors arrêter la machine infernale des pro-Karim, assis sur «les ailes du futur*» ? Sans doute pas le Parti démocratique sénégalais (Pds). Quand «on sait qu'au Pds, confie une haute autorité, tout appartient à Wade. Même le titre foncier de la nouvelle permanence bleue, sise sur la Vdn de Dakar, est au nom de Me Wade», l'on comprend aisément que Karim Wade ne puisse pas "S'embarrasser de trop de scrupules" pour récupérer l'intégralité du patrimoine du Pds après le départ de l'actuel locataire de Roume. «Qui est plus digne que lui, au Pds, pour hériter de son père?» pointe un de ses amis. «On se demande d'ailleurs si les nouvelles voitures acquises pour le compte du Parti démocratiques sénégalais (Pds) n'appartiennent pas à Wade», se gausse une figure du Palais, maillon de la chaîne de Karim.

La tentative «très réfléchie d'accompagner la marche du pays» est l'énième plan de la «Génération du Concret», avant les probables surprises, pour s'incruster solidement dans les lignes décisionnelles nationales et mettre en branle la machine du holdup générationnel. Vigie de la Bonne Gouvernance, Mouhamadou Mbodji, juriste et président du Forum Civil, a tenté de démasquer le plan ourdi par l'appareil de la «Génération du Concret» : «Il faut rompre le monopole de la compétence qu'on veut revendiquer pour légitimer une demande de contrôle politique. Il y' a donc lieu de déconstruire cette fàçon pernicieuse de tisser dans l'imaginaire des Sénégalais qu'une génération de gens qui étaient là est dépassée, que ce sont des hâbleurs qui ne font rien. Cette «Génération du Concret» se met à leur place pour se présenter en héros, en sauveur qui règle les problèmes. »

1 MILLION D'ADHERENTS-SYMPATHISANTS AVANT L'ASSAUT

Ceci est une première ligne de démarcation de la bande à Karim qui aspire "à attirer et à concerner 1 million d'adhérents sympathisants à travers tout le Sénégal d'ici 2010" autour de ce concept du 21e siècle. «1 million et 2010 sont les chires fétiches, révèle-t-on dans le cercle des «souteneurs» du fils du Président. Si on atteint ce million de pro-Karim en 2010, il va se lancer définitivement à la conquête du pouvoir.» "II faut donc massifier d'abord, avant de penser à structurer", affinent Karim et ses «amis». La barre est placée très haut et «tous les feux sont au vertu pour que l'ami d'Abdoulaye Baldé file à sens unique vers ...LA destination rêvée. Qui pourrait arrêter un bolide de formule 1 ?

Mais la «Génération du Concret» a-t-elle les moyens de son utopie ? Karim Wade et ses souteneurs «ont aujourd'hui des moyens financiers et des sommes colossales pour s'imposer et dérouler ", comme des caterpillars, leurs plans de conquête. Forts du «soutien des monarchies du Golfe, de Dubaï et du Roi du Maroc, Mohamed VI», Baldé et Karim se brossent aujourd'hui le ventre. Quid des démocraties occidentales ? Abdoulaye Baldé, le voltigeur affirmé, s'affirme comme le paratonnerre pour éviter à son «ami» les foudres du monde occidental. Se proclamant «être l'ami des Français», le secrétaire général de la Présidence, qui «a contribué à calmer les Américains sur certains différends avec le gouvernement Sénégalais notamment sur l'affaire de la Plate-forme de Diamniadio», joue à placer son «favori» dans le schéma des Etats-Unis et des pays de l'Union européenne. Tentaculaire, «Karim est partout aujourd'hui» et personne, dans une classe politique ankylosée, ne semble suivre son rythme, à part ses seuls collaborateurs qui «abattent un travail de terrain conséquent et coûteux» : «Les mouvements de soutien à Karim pullulent dans toutes les région du pays», les langues se délient, les «politiciens contempteurs du Wadisme nhésitent plus à afficher leur dévouement au fils et le recrutement massif pour intégrer le cercle n'a jamais été aussi porteur.»

La finalité étant évidemment de fêter 2010 avec le maximum de flonflons et d'effigies à la gloire de Karim Wade. Mamadou Samb «Delco», ancien Dg de la Sonees, responsable libéral à Rufisque, et activiste zélé de la «Génération du Concret», harangue les retardataires : "Ce sont les Sénégalais qui vont absorber le concret dans la politique. Le concept porte de l éspair et beaucoup de choses sont en train de se réaliser, comme les routes et les autres infrastructures."

Il est justement beaucoup question d'infrastructures dans le projet de la «Génération du concret» et toute l'opération de charme a été axée dans l'émergence des «arguments bétons» : l'érection de la Corniche «la plus belle de l Afrique de l'Ouest (sic)», les travaux de l'Autoroute à péage, les échangeurs au niveau de la Patte-d'oie, l'aéroport de Diass, le terminal du Port et tous les éléphants blancs( ?) qui accompagnent le sommeil des amis de Karim Wade. Celui-ci, sur le plateau télé de la Rts 1, avait déjà eu la projection confiante : «Nous pensons mener à bien nos travaux et nous ferons tout pour être dans les temps. » Les délais ? 2010, bien sûr!

Les mots du président de l'Anoci fleurent bon le calcul placé et «ses arguments bétons», au propre comme au figuré, sont ceux d'un entrepreneur des projets les plus éléphantesques de l'Alternance qui mise sur ses réalisations pour épater les Sénégalais et jouer sur cette corde du concret pour monter sur le haut du podium. De là, il est plus facile pour les souteneurs de Karim de présenter leur candidat sous les meilleurs auspices et de dorer sa pilule. L'image d'un Karim Wade sur une planche de la Corniche Ouest, casque bleu de bâtisseur sur le crâne et sourire fier, n'est pas qu'une plaque publicitaire froide, mais bien la pose de «l'architecte béni» que cultive son cercle.

L.'autre argument qui pend à la lèvre des membres de ce mouvement du concret est que «Karim a pour lui son âge puisqu'il est jeune». Le président de l'Anoci, 39 ans, marié et

papa de trois enfants, oeuvre aujourd'hui placidement pour une rupture générationnelle en attendant le feu vert définitif «pour s'imposer comme l'alternative à son père d'abord et à toute cette classe politique qui l'a vu naître». II se dit dans les cercles du Pds qu'il faut «un dauphin à Wade». Depuis peu, les regards se tournent intuitivement vers "le fils réel". Signe d'un changement des temps.

Pour ne rien laisser aux autres aussi, Karim Wade a su s'entourer d'une équipe jeune (voir sa galaxie) pour le soutenir et concrétiser le postulat de «Génération du concret» en antagonisme avec le désuet de la «politique des salons». Mais, s'il ne semble pas se faire de l'adversité qui pourrait naître au sein du Pds et de l'opposition de la classe politique, Karim Wade devrait toutefois se rappeler au bon souvenir d'un de ses «frères», Idrissa Seck, ancien fils putatif de Wade auprès de qui il a assimilé les intrigues et les combinazione qui rythment la vie d'un pouvoir politique. En outre, Idy, 46 ans, ambitieux patron de Rewmi a pour lui les mêmes arguments que Karim : la jeunesse.

Mais si au jeu de la comparaison, Karim Wade, présenté le «l'homme le plus puissant du pays», capable de rabrouer un ministre de la République, de briser des carrières, de faire capoter un business même porteur pour le Sénégal, semble aujourd'hui avoir gagné (illégalement ?) beaucoup de terrain sur la concurrence, pour s'être affranchi des codes et avoir installé dans le pays une sorte de mafia pour «éliminer tous ses adversaires potentiels».

En 2012, le crime, pardon le Karim, sera-t-il parfait ?

Par Elimane Kane - ciresamba@weekend.sn
Source: Week-end


Article Lu 1807 fois

Jeudi 26 Juillet 2007





1.Posté par dieng le 26/07/2007 14:20
et les senegalais dans tout ça.

2.Posté par Le Patriote le 26/07/2007 16:07
En 2012, le crime, pardon le Karim, sera-t-il parfait ?
SUBLIME!!!!!!

3.Posté par Ibrahima Sow "Ciré" le 27/07/2007 00:44
L'argumentaire sur Karim et ses souteneurs sont correctes. Cependant j'aimerais bien découvrire ces fameux " agents sécrets".

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