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Elections de délégués à l’UCAD : les véritables raisons de la violence

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Elections de délégués à l’UCAD : les véritables raisons de la violence
Qu’est-ce qui se cache derrière la détermination inébranlable de certains étudiants à devenir délégué, quitte à user de la violence contre leurs propres camarades ? Pour un responsable du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), qui s’est confié sous le sceau de l’anonymat, il n’y a aucun doute là-dessus : «toute la violence, qui accompagne les élections de délégués, s’explique en grande partie par l’argent, les subventions, les primes et les dessous de tables». Notre interlocuteur en veut pour preuve le cas des délégués qui représentent les étudiants dans les différentes commissions du Coud. Selon lui, «au même titre que les agents du Coud qui participent aux travaux des dites commissions, les délégués des étudiants perçoivent des primes et des perdiums». Ce que confirme un délégué de la Fac de Médecine. Trouvant tout de même cela tout à fait normal, «si l’on sait que ces délégués font un travail qui leur prend beaucoup de temps». Surtout qu’ils sont souvent obligés de sacrifier leurs vacances, dit-il, pour tenter de convaincre ses interlocuteurs. Le montant de ces primes ou perdiums est différent. «Quelques fois, il est de 2500 F Cfa par jour», renseigne notre interlocuteur. Un ancien trésorier de l’Amicale de la Fac des Lettres, qui a eu à siéger aux codifications, reconnaît qu’à l’époque, ses camarades recevaient eux-aussi des primes. «Je recevais 5000 F Cfa par jour. Mais actuellement, je ne sais pas si c’est toujours la même somme qui est octroyée», déclare-t-il.

Les présidents d’Amicales, des millionnaires ?

À la lumière des informations fournies par nos différents interlocuteurs, actuels et anciens responsables d’Amicales, responsables du Coud et du Rectorat, ce sont des millions qui tombent annuellement dans les caisses des Facultés. Et les plus peuplées, comme la Faculté des Lettres et Sciences humaines, et la Faculté des Sciences juridiques se taillent la part du lion. En effet, selon le délégué de Médecine, les subventions perçues par les Amicales sont de diverses provenances. Pour son Amicale qu’il maîtrise le mieux, il y a la subvention du Coud, qui est de 750.000 F Cfa par an et celle du Rectorat qui est de 300.000 de nos francs. Mais la subvention du Recteur est corsée par les ristournes sur les inscriptions des étudiants. Pour la Faculté de Médecine, notre interlocuteur note qu’elles sont calculées sur la base du nombre d’étudiants, en raison de 200 à 300 F Cfa par étudiant. Ce qui permet à son Amicale d’engranger environ 1 million de plus. Vient, enfin, la subvention de la Faculté qui est de 200.000 F Cfa.

La Fac de Lettres : des ristournes pour une valeur de 7 millions de Francs

S’agissant de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, de l’avis d’un des responsables, elle a perçu 600.000 F Cfa du Coud, 200.000 francs comme subvention du Recteur et 7 millions de F Cfa en ristournes. Un ancien trésorier de cette même Amicale confirme qu’en dehors de ces subventions, la structure reçoit également d’autres types de soutiens, à l’occasion des manifestations qu’elles organisent, comme du reste, toutes les autres Amicales. Aussi, souligne-t-il que l’Amicale tirait également quelque 500.000 F Cfa de la location de sa salle à des prestataires de services (photocopie, reliure…). Une pratique lucrative qui est d’ailleurs commune à toutes les Amicales.

«Gestion discrétionnaire» des fonds

Interrogés sur la destination de ces sommes, les responsables des Amicales informent qu’elles servent à organiser des manifestations comme les journées culturelles, à faire des dons de tickets, à assurer le fonctionnement de l’Amicale. C’est-à-dire les frais d’administration, l’indemnisation de ceux qui assurent la permanence pendant les vacances, les frais de transport pour ceux qui sont chargés de suivre la question des bourses, les tournées dans les régions…. S’agissant des procédures de décaissement, c’est le flou total. Mais notre interlocuteur note que tout se fait sur demande du président de l’Amicale. Des propos qui recoupent ceux du responsable de la Fac de Médecine qui note que la gestion de ses fonds est laissée à la discrétion du président de l’Amicale.

Tous les délégués ne sont pas intéressés par l’argent

Pour Mame Birame Wathie, ce n’est pas l’argent, qui pousse tous les délégués à s’engager. Si l’on en croit le président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, il y en a beaucoup qui ont l’âme syndicale et qui s’engagent par «conviction et par principe». Car il s’agit, avant tout, de défendre les intérêts des étudiants. Et il faut bien des gens pour le faire. Très à cheval sur ses convictions et principes, qui excluent toute possibilité de corruption, le très célèbre dirigeant étudiant soutient avoir toujours «refusé les propositions» que les autorités lui font. Aussi, note-t-il, à l’attention des gens qui seraient tentés de lui coller une certaine étiquette, que son engagement n’a pas démarré à l’Université. Un autre qui pense que l’argent n’est pas la motivation principale est le président de l’Amicale de Médecine. Pour lui, le plus important semble être la «formation syndicale», que l’on acquiert et le sentiment de satisfaction qu’on a, en défendant les intérêts de ses camarades.

Des partis politiques derrière les listes en compétition

Même s’ils ne le font pas explicitement, les partis politiques incitent leurs étudiants à se battre pour le contrôle des structures des Facultés et du Mouvement étudiant en général. Et c’est généralement autour de ces fameux «Mouvements d’élèves et étudiants» de tel ou tel autre parti que se constituent les listes en compétition, lors des élections des délégués. Pour le président de l’Amicale de Médecine, «à coup sûr, toutes les listes sont parrainées». Mieux, ajoute-t-il, il arrive qu’on ait «une liste parrainée par plusieurs partis». Si l’on regarde de près le cas de la Faculté des Lettres qui fait l’actualité, ce facteur politique est très présent. Plusieurs listes sont politiquement colorées. Par exemple, la liste blanche est dirigée par Babacar Diop du Parti socialiste, par ailleurs, ancien candidat au poste de Secrétaire général du Mouvement des Jeunesses socialistes. M. Mb, un ancien responsable des étudiants de la Ld/Mpt note lui, qu’il en a toujours été ainsi, lors des élections des délégués. Il rappelle d’ailleurs qu’entre 1990 et 1993, les enjeux étaient d’ailleurs plus politiques que financiers. M Mb raconte qu’au milieu des années 1990, alors que Wade était sorti du gouvernement élargi de Diouf, en y laissant Bathily, les étudiants libéraux, leurs traditionnels alliés, s’étaient ligués avec les autres étudiants de l’opposition d’alors, pour prendre le contrôle de l’Amicale où les «Jallarbistes» étaient majoritaires.

Source: L'as

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Mercredi 9 Juillet 2008


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