Quand le président Wade prépare un coup, c’est toujours aux médias occidentaux qu’il s’adresse. C’est par eux qu’il passe pour s’adresser à ses compatriotes. Ceci dans un unique but : n’avoir par à se justifier devant l’opinion publique internationale. Ainsi il a parlé au micro de la Voix de l’Allemagne, pour préciser que si les élections locales dernières avaient été un scrutin présidentiel, il les aurait remportées dès le premier tour. Que c’est moins de l’évidence ; ne serait-ce qu’au regard de sa conviction que « qui gagne Dakar, sa banlieue et Thiès, remporte les élections ». Or, aux dernières locales, la capitale sénégalaise et sa périphérie sont tombées dans l’escarcelle de l’opposition, réunie dans la coalition Benno. Thiès a voté pour Idrissa Seck, en tant que candidat opposé à la coalition autour du parti présidentiel. Il en est ainsi de toutes les grandes villes du pays.
Le candidat Wade prépare l’opinion à ne pas s’émouvoir du hold-up électoral qu’il prépare. Car, sachant que les carottes sont cuites pour lui s’il se hasarde à faire organiser un scrutin transparent ? Ceci, parce que le monde rural, où son parti a réussi à gagner des communautés, s’est détourné de lui. Il y est invisible. S’il sort de Dakar par voie terrestre, c’est pour se rendre à Touba, qu’il a fini d’ulcérer. Ses actions à l’intérieur du pays sont inexistantes : ni route, ni financement, encore moins des fermes. Sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) a été, en fait, le prétexte pour octroyer des hectares, s’étendant à perte de vue aux ouailles de son régime. Il a spolié les paysans ; qui fulminent de ce fait.
En milieu urbain, il n’ose plus s’aventurer dans les villes de l’intérieur que sous forte escorte et dans les avenues où des Ndiaga Ndiaye déversent des foules ramassées ailleurs, payées, parquées, nourries et habillées. La « majorité Ndiaga Ndiaye » n’est pas un vain mot. Wade ne peut pas passer au premier tour. Vouloir le faire croire, c’est raconter des fables : ses statues fâchent, ses détournements et ceux de son entourage enragent, leur mépris pour les populations révolte, les pénuries des denrées de première nécessité, leur cherté exponentielle et les délestages sont partout décriées.
Wade serait un miraculé s’il se retrouvait au second tour. Le cas échéant, en lieu et place de soutien, ce sont plutôt des défections que les rangs de sa coalition vont enregistrer. Déjà la clameur jaillit au sein de la coalition sopi, qui risque de ne jamais être « pour toujours » : Mbaye Jacques Diop n’est pas content. Il a fallu à Wade de contenter à l’Assemblée nationale ses souteneurs pour conserver Mamour Cissé, Bamba Ndiaye et Samba Diouldé Thiam. En dépit de sa « promotion », Me Elhadj Diouf entend se présenter contre Wade. Le parti de Djibo Kâ n’est que l’ombre de lui-même.
C’est dire que Me Wade ne sera vainqueur en 2012 que par forcing. Et puis, un lutteur ne chante pas gloire avant le combat. Le champion est celui qui prend le dessus après l’affrontement.
La Redaction