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Ecovision: La finance islamique solution de sortie de crise

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Avec un encours global de quelque 800 milliards de dollars, équivalant sensiblement au total des actifs du Crédit agricole français, la finance islamique ne pèse encore pas très lourd sur l’échiquier planétaire. Mais il y a fort à parier que, dans les années qui viennent, sa progression sera exponentielle. En effet, même si elle a eu à souffrir de la baisse du prix du pétrole et du ralentissement de la croissance dans les pays du Golfe et en Asie du sud-est où elle est principalement implantée, elle a fait montre d’une capacité de résistance à la crise mondiale plus forte que la finance classique, de par son essence et sa nature.



Ecovision: La finance islamique solution de sortie de crise
La finance islamique repose sur un code moral prônant la probité, la justice et l’équité. Son fondement est le verset 275 de la sourate de la Vache qui interdit l’usure, rend le commerce licite et l’intérêt illicite. Elle est consolidée par les principes de la Charia qui prohibent de gagner de l’argent grâce à de l’argent et non par le travail et de léser autrui en affaire.

La finance islamique s’interdit les transactions spéculatives et les investissements dans des domaines prohibés. Mais, encore, elle exige que les bénéfices ou les pertes d’une opération soient obligatoirement partagés entre associés, entre une banque et son client, sur une base contractuelle, suivant un ratio déterminé par les apports respectifs, au lieu d’être concentrés d’un seul côté, comme c’est souvent le cas avec les banques classiques. Toute opération financière islamique doit être adossée à des actifs physiques, et non à des produits financiers. L’économie réelle est ici le point de départ et la finalité.

L’interdiction de la pratique de l’intérêt et de la spéculation répond, d’une part, au souci d’éviter le recours, par les nantis, à des placements leur permettant d’accroître leur richesse sans prendre de risque et, d’autre part, à la nécessité de ne pas priver les domaines producteurs de valeur ajoutée des ressources financières dont ils ont besoin pour se développer. Ces règles sont en faveur d’une saine concurrence dans l’économie réelle, tendue vers la compétitivité. Elles s’opposent au gonflement de la sphère financière virtuelle dont la finance islamique est naturellement déconnectée. Elles orientent l’épargne disponible vers les investissements productifs pour, du même coup, priver les spéculateurs des moyens de leurs pratiques qui sont sans valeur ajoutée. C’est une manière d’annihiler les opérations abusives qui faussent les prévisions économiques, biaisent les prix des biens et accentuent l’impact des crises quand elles surviennent.

Exemptée de la sorte des produits pourris à l’origine de la crise financière et de la récession mondiale, la finance islamique repose sur des critères rigoureux d’investissement et de gestion. Assez bien protégée des dégâts collatéraux de la débâcle présente, la finance islamique est mieux vue que par le passé récent dans les pays industrialisés en quête de solutions de rechange, ou plutôt de correctifs au système bancaire et financier libéral dont les failles et les limites sont aujourd’hui mises à nu.

C’est son recours que Vincent Beaufils, le directeur de la rédaction de « Challenge », un hebdomadaire d’information économique bien coté, conseille à ses grands lecteurs dans un de ses éditoriaux : « En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaie tous les indices de croissance sur son passage, c’est plutôt le Coran qu’il faut relire que les textes pontificaux. Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la Charia, nous n’en serions pas là ». Aucun anathème ne lui sera assurément jeté, puisqu’il est bien en phase avec le Saint siège. En effet, dans un article publié le 4 mars dernier, sous le titre « Dalla finanza islamica proposte et idee per l’Occidente in crisi » (Idées et propositions de la finance islamique pour l’Occident en crise), le très officiel quotidien du Vatican vante les avantages d’un système fondé sur les principes de la religion musulmane. Le message est très clairement énoncé : « Nous pensons que la finance islamique peut contribuer à la refondation de nouvelles règles pour la finance occidentale, vu que nous sommes confrontés à une crise qui est essentiellement une crise de confiance dans le système ».

Pour avoir remarquablement fait ses preuves, la finance islamique est en passe de briser les barrières religieuses et idéologiques qui, au cours de ces trois dernières décennies, ont contré son expansion à travers les canaux internationaux dominés par le modèle capitalistique. Les verrous sont en train de sauter, car le système bancaire islamique suscite un intérêt grandissant dans le monde entier, notamment en Europe où plusieurs banques créent des départements spécialisés, si ce ne sont pas des banques islamiques qui s’y ouvrent carrément avec une clientèle composée, pour une bonne part, de non musulmans.

Ce n’est pas seulement le souffle moral salvateur qu’elle apporte qui fait l’attrait de la finance islamique. C’est également la formidable puissance économique qui la sous-tend, avec les immenses réserves monétaires que le pétrole continue de permettre aux pays musulmans du Golfe d’accumuler. Alors que les banques occidentales sont en panne, manquant des liquidités indispensables à la relance de leurs économies. Si l’on en croit nombre d’analystes parmi les plus convaincants, le système gouvernera, dans les temps qui viennent, pas moins 4% de l’économie mondiale.

Quid de l’Afrique ? La finance islamique s’y est implantée, dans certains pays maghrébins et subsahariens membres de l’Organisation de la conférence islamique. Mais, sans toute la brillance qui sied, il faut se l’avouer. Et si l’on n’y prend garde, c’est par le canal de banques occidentales reconverties à ses préceptes et logiques qu’elle va s’imposer sur le continent.


PAR Amadou FALL
Source Le Soleil

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Mardi 23 Juin 2009





1.Posté par ouf le 23/06/2009 05:53
Le système occidental a montré ses limites

2.Posté par Mouss le 23/06/2009 09:36

3.Posté par hawa le 23/06/2009 11:08
Dieu est Grand

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