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Ecovision : L’argent sale corrompt le développement

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Dans le rapport annuel qu’il a tout récemment rendu public, le Groupe intergouvernemental d’actions contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) dresse un tableau particulièrement alarmant de l’ampleur prise par le mal, dans la sous-région. Le blanchiment consiste à transformer de l’argent mal acquis (trafic de drogue, d’armes ou de femmes, braquage, extorsion, corruption, détournement, etc.) en fonds légaux en l’injectant dans le système économique et financier régulier, par le viatique d’activités légales, pour pouvoir en bénéficier en retour et très rapidement, sans coup férir.



Ecovision : L’argent sale corrompt le développement
Les banques et les paradis fiscaux étaient les moyens les plus utilisés pour ce type de forfait. Mais, avec le secret bancaire qui est de moins en moins hermétique et la dénonciation des paradis fiscaux, les criminels financiers blanchisseurs ont tendance à davantage agir sous la couverture d’activités d’import-export ou derrière le paravent de bijouteries, de restaurants, de bars, de boîtes de nuit, de casinos, d’hôtels, de cliniques de pharmacies, de stations services, etc. Ils opèrent aussi par le canal de bureaux de change ou de compagnies de transfert de fonds. Ils font également de l’amalgame de fonds, pour dissimuler l’origine de leur argent sale, en prenant des parts et investissant dans des entreprises saines, dans l’immobilier, le Btp et autres programmes d’envergure.

De fait, le blanchiment d’argent n’épargne aucun pays de la sous-région parce que, ainsi que souligné dans le rapport du Giaba, l’Afrique de l’Ouest, rendue vulnérable au crime organisé international par sa pauvreté, la porosité de ses frontières et sa marginalité, n’a pas toute la capacité requise pour réagir efficacement contre. Et pour cause... Sous les tropiques, ici comme ailleurs, il est on ne peut plus tentant de ne pas être regardant sur l’origine des fonds qui proviennent d’ailleurs, par les temps de raréfaction des apports des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux comme des investisseurs directs. Surtout quand les projets de développement à réaliser dépassent de très loin les capacités financières des pays dans lesquels ces fonds entrent.

L’argent cesse d’être sale dès lors qu’il est proprement utilisé. C’est là une conception largement répandue dans les pays en développement qui cherchent, mais sans véritablement atteindre les résultats escomptés, à attirer les flux d’investissements extérieurs productifs vers leurs économies en panne. Ils sont nombreux les pouvoirs et autorités de pays en développement qui considèrent que l’argent mal acquis ailleurs et surtout dans les pays industrialisés perd tout son caractère répréhensible quand il est, chez eux, réinvesti dans des activités licites. Fort de cette conviction, l’on accueille avec empressement tout argent cherchant à emprunter les canaux bancaires ou à s’investir directement ou indirectement dans l’activité économique.

Evidemment, tout l’argent qui vient ainsi de l’extérieur ne saurait être taxé de mal acquis. Mais si l’on s’évertuait à faire le tri, l’on verrait bien qu’une partie de cette manne n’est pas licite. Si l’on en croit le Fonds monétaire international, la masse de capitaux blanchis avoisinerait les 2000 milliards de dollars, soit pas moins de 5% des richesses produites chaque année dans le monde.

Il ne faut pas perdre de vue que l’argent sale ne fait, en réalité, que transiter dans l’économie qui l’absorbe. C’est très rarement une source d’investissements durables pour les pays qui le reçoivent, surtout quand ils sont pauvres. Tout ce qu’il cherche, c’est pénétrer leur système financier et économique formel, pour devenir propre et pouvoir -très rapidement- en sortir et se faire valoir à l’échelle internationale, se faire accepter dans les hautes sphères du capital.

L’argent sale est ainsi une mauvaise affaire pour les pays en développement qui s’ouvrent à lui. Son impact économique est éphémère, car non inscrit dans des projections de développement durable. Il pervertit et déstabilise ainsi les systèmes financiers et économiques qui lui donnent asile.

Le Giaba a infiniment raison d’insister sur le fait que « le blanchiment d’argent (...) sape gravement le développement durable en provoquant l’érosion du capital social et humain, en menaçant la stabilité sociale et politique, en entraînant une hausse artificielle du coût des entreprises et en décourageant les investissements. En conséquence, les Etats se trouvent dans l’incapacité d’initier ou d’accélérer le développement ». Le blanchiment d’argent corrompt le développement. L’on a donc tout intérêt à œuvrer de concert pour asseoir et préserver, dans chacune des régions d’Afrique, et sur le continent dans son ensemble, un environnement stable et sécurisé, propice à la réalisation d’une croissance économique forte et durable. Avec des ressources saines.


PAR Amadou FALL
Source Le Soleil

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Mardi 26 Mai 2009




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