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EXPERTISE - Batiments inacheve’s

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En faisant le tour de Dakar, de la plus belle corniche au site touristique le plus fréquenté, en l’occurrence Saly, à Mbour, on découvre que le pays est en chantier. Du bâtiment du particulier aux bâtiments administratifs, ils restent souvent inachevés. Quand un bâtiment est dit terminé sur le plan structurel et n’est pas fonctionnel, à notre avis il rentre dans cette catégorie que nous abordons. Le manque de moyens peut-il être la seule justification d’un tel phénomène ? Si des bâtiments administratifs sont souvent concernés, est-il concevable de parler de manque de moyens quand on sait ce que représente la puissance publique ? Donc, le manque de moyens à lui seul ne peut justifier cela. Aborder un tel problème au Sénégal, dans un contexte de crise, ne nous paraît pas inutile.



EXPERTISE - Batiments inacheve’s
Un projet de construction d’un bâtiment ou d’autres travaux de génie civil coûte cher dans un pays où la majorité des matériaux de construction sont importés.

L’entame d’un projet répond à des critères simples :

le projet répond à quel besoin ?

le financement du projet est-il disponible ?

est-ce qu’on dispose de suffisamment de ressources pour aller chercher un crédit pour financer le projet ?

est-ce que le délai de réalisation du projet est en adéquation avec les objectifs de base qui permettent de démarrer un tel projet ?

est-ce que la rentabilité du projet est à la hauteur de la charge d’endettement pour réaliser le projet ? Etc.

Autant de questions dont la réponse ne vient forcément pas de l’investisseur, mais en majeur partie de spécialistes, d’où l’implication d’acteurs d’horizons divers et multiples.

Même si nous présumons que le défaut de moyens n’est pas la seule justification de ce phénomène, nous attestons qu’il est au cœur du problème. Comment eut-on en arriver là ? L’analyse de nombreuses situations tirées des expériences apportera des éclaircissements qui pourront, peut-être, nous être utiles. Un particulier qui va chercher un crédit bancaire voit sa banque lui demander la justification de ses revenus, un devis, c’est-à-dire le coût de la construction établi par l’entreprise qui doit réaliser le projet. C’est par cet entrepreneur que tous les règlements se feront en cas d’accord de la banque sur le prêt recherché.

Tous les documents justificatifs de votre futur projet et de son coût prévisionnel attendus par le banquier sont de votre propre et entière responsabilité. Dans cette phase d’évaluation, dans la majeure partie des cas, l’évaluation est sommaire parce que les études qui permettent une évaluation correcte de l’ouvrage ne sont pas entamées : les éléments dimensionnels de structure, s’il s’agit de bâtiments, ne sont pas déterminés ; les éléments des équipements techniques ne sont pas encore fixés ; les études géotechniques sont loin d’être entamées et, dans la majeure partie des cas, elles sont exclues alors que de ces études dépendent très souvent la sécurité et la fiabilité de votre projet de construction et des coûts, qu’il s’agisse d’une route ou d’un ouvrage d’art. Une fois le crédit accordé, le marché est traité de gré à gré ou adjugé à l’entreprise la moins chère. C’est à partir de ce moment que la réalité des études, le choix de l’entreprise la moins chère produit des effets de surenchère que même une équipe dirigeante compétente ne peut empêcher parce que confrontée à la réalité des faits.

Vouloir obliger une entreprise à réaliser des travaux, par exemple 100 mètres cubes de béton alors qu’il faut 200 mètres cubes, exécuter des terrassements de 500 mètres cubes alors qu’il en faut 1.000.000 de mètres cubes, c’est déjà une source de blocage. Sur un autre registre, un émigré qui envoie de l’argent tiré de ses propres économies, si l’évaluation de son projet fait défaut, il finit par se lasser d’envoyer de l’argent.

S’il s’agit de bâtiments ou de projets financés par la puissance publique, l’absence de budget pour un dépassement des travaux entraîne de facto l’arrêt des travaux en attendant de trouver un budget correspondant. Le coût d’un projet inachevé est excessivement élevé. La banque finit par entamer la procédure de vente du bâtiment et du terrain sous hypothèque ; les bâtiments administratifs ne répondant plus à leur destination sont très préjudiciables aux collectivités, surtout s’il s’agit de bâtiments hospitaliers ou d’infrastructures routières.

Que peut-on alors suggérer pour éviter de tels désastres ? Cela ne nous semble pas relever d’une recherche approfondie, mais juste de bon sens et de pratique à savoir prendre les dispositions nécessaires pour mener une bonne étude. Malheureusement, le temps d’étude semble relégué à la seconde priorité dans notre environnement. Pour le cas de l’autorité administrative, il n’y a pas de circonstance atténuante et, à chaque fois qu’un chantier est arrêté, il doit y avoir systématiquement un audit d’expert indépendant pour situer les responsabilités. Pour le cas de financement bancaire, la banque peut avoir deux options : soit elle finance entièrement toutes les études techniques et s’assure du coût avant l’octroi du crédit définitif ; soit le demandeur de crédit s’engage auprès de la banque à mener entièrement ses études et le coût des études pris en charge par ce dernier est parfaitement évalué et pris en compte comme un apport.

Seul un choc externe imprévisible pourrait justifier un chantier inachevé.

* Ingénieur génie cvil
Directeur général Ssic
Consultant quotidien Le Soleil
PAR Allé Diouf
Source Le Soleil

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Mardi 23 Juin 2009





1.Posté par Mouss le 23/06/2009 09:33
avec la crise, ce n'est pas facile de mener à son terme les travaux d'une maison.

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