Les délégués de onze pays africains réfléchiront pendant deux jours à Dakar sur la prévention de la torture en Afrique. Selon l’Association pour la prévention de la torture (Apt) et Amnesty international, la torture est l’une des violations les plus graves des droits fondamentaux de la personne. En ce qu’elle porte atteinte à sa dignité, à son intégrité physique et psychique et pouvant avoir des conséquences graves pour sa famille et sa communauté. Selon les organisateurs, malgré son interdiction absolue inscrite dans le droit international, la torture reste pratiquée dans bien des endroits. C’est pourquoi la conférence de Dakar se donne comme objectifs de «promouvoir la ratification et la mise en œuvre du protocole facultatif contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Opcat) tout en encourageant l’échange d’expériences et de bonnes pratiques à ce sujet». Au Sénégal, la pratique de la torture existe bel et bien, à en croire Diène Diagne de la section Amnesty Dakar. «La torture n’est pas une pratique systématique et courante au Sénégal mais c’est une réalité dans certains commissariats et postes de gendarmerie avec des décès relevés». De son côté, M. Cissé du Haut commissariat des droits de l’homme notera que seuls les défis de la ratification et de la mise en place des mécanismes de prévention méritent d’être relevés. Il signalera aussi que seuls six pays africains (Bénin, Libéria, Mali, Île Maurice, Nigeria, Sénégal) ont ratifié le protocole facultatif mais que seuls quatre d’entre eux ont prévu des mécanismes nationaux de prévention contre la torture là où dix pays (Burkina Faso, Rdc, Cameroun, Gabon, Ghana, Guinée, Madagascar, Sierra Leone, Afrique du Sud, Togo) en sont uniquement signataires. Le représentant du ministre de la Justice, Mar Diouf, a indiqué que le Sénégal, pays de longue tradition juridique, a institué un Observateur national des lieux de privation de liberté (établissements carcéraux) dont le succès constitue un défi à relever par tous les acteurs concernés. M. Diouf se dit convaincu que des «réflexions des délégués sortiront des conclusions qui permettront à l’Afrique en général, au Sénégal en particulier, d’emprunter résolument le chemin de la promotion et du respect intégral des droits humains».
IBRAHIMA DIAKHABY
Source L'Observateur