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ESPACE SCHENGHEN : L’immigration dissuadée

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Le saut d’obstacles des candidats à l’émigration ne s’arrête guère au niveau du consulat où le manque d’égards est symptomatique d’une nouvelle attitude vis-à-vis de cette « invasion » qu’un producteur de documentaire avait prédit dans les années 90. Les embûches sur le parcours vous poursuivent dans l’Hexagone où tout concourt à la dissuasion.

Dès l’aéroport Léopold Sédar, le voyageur est frappé par l’atmosphère de ruche bourdonnante qui n’est pas sans jeter quelque inquiétude sur l’avenir du voyage par avion depuis nos latitudes. L’endroit est quasiment pris d’assaut par des milliers de badauds à la recherche de quelques pièces. Changeurs à la sauvette, vendeurs de toutes les pacotilles et mendiants disputent l’entrée aux voyageurs qui arrivent difficilement à se frayer un passage vers les aires d’embarquement. Et il y a, dans leurs yeux, comme une muette accusation à l’endroit de ces nantis qui ont la chance d’aller vers d’autres cieux supposés être plus cléments. Des travaux de réfection rendent l’espace encore plus exigu, à l’image des rues les plus fréquentées de Dakar. L’accès au comptoir d’Air France vous arrache momentanément à cette grisaille, avec l’ordre qui est rétabli par le balisage. Pourtant, on sent, dès cet instant, toute l’ampleur de la discrimination entre les « classes ». L’immigré n’en a cure, là où le client en espace affaire peut se montrer exigeant sur la qualité de l’accueil.

Le passage des formalités de police constitue également un moment d’angoisse pour l’immigrant qui pense, à tort ou à raison, que tant qu’il n’aura pas quitté le tarmac de l’aéroport, voire franchi le portail à l’arrivée, il est toujours susceptible de refoulement. Les salons affectés à la compagnie Air France sont un havre de confort lénifiant. Puis il faut emprunter le bus pour rejoindre son avion, Léopold Sédar Senghor ne s’étant pas mis à l’ère des toboggans et des satellites. Un passager nostalgique ne manque d’ailleurs pas de se demander si le nouvel aéroport envisagé à Ndiass serait « aux normes ». Quelques commentaires accompagneront cette remarque si opportune, à mesure que l’on passe à des grades supérieurs en matière d’infrastructures, d’organisation et de discipline.

Le service à bord est d’une qualité exceptionnelle. Car, comme le diront plus tard les directeurs de la compagnie française aujourd’hui allié à Klm et partenaire de SkyTeam, c’est ce qui fera la différence face à la forte concurrence née de la renaissance du rail par le TGV et des alliances stratégiques qui se nouent chaque jour.

La faute à l’immigration clandestine

Au sol pourtant, il règne une atmosphère de sourde tension, aggravée par les contrôles de police plus sévères pour les « goorgorlus » qui sont fouillés de près, sans veston, ni ceinture, ni chaussures. Les « classes privilégiées » sont traités avec plus d’égards, même si les réflexes sécuritaires dus aux menaces terroristes ont fini par loger tout le monde à la même enseigne. On vient de déjouer un plan d’attaque en Allemagne que la police fait du zèle. Dans l’émerveillement, sous l’immense terminal E rénové, on ne manque pas de comparer deux mondes pratiquement aux antipodes, mais que le voyage par avion rétablit aux mêmes niveaux. Le ouf de soulagement qu’on a poussé en sortant de Paris Charles De Gaulle est pourtant de courte durée, face à un cordon policier stoppant des véhicules. L’angoisse renaît chez l’immigrant peu habitué aux contrôles inopinés. On apprendra par la presse que les renseignements généraux craignent une recrudescence des gangs dans les quartiers. Notre chauffeur de taxi en donne l’illustration. Après s’être égosillé des minutes durant au téléphone, il explique comment il vient de se faire braquer par un individu armé. Il avertit que la recrudescence de la violence fait que la plupart de ses collègues refusent souvent de prendre à bord les Noirs ou les Arabes. On convoque alors le concept d’immigration choisie, avec les 2.500 expulsions programmées, parallèlement à l’immigration concertée théorisée en face et la mise en branle du plan Frontex. En dépit d’un copieux repas au Ciel de Paris (au 56e étage de la Tour Montparnasse), où la Tour Eiffel a étalé toute sa splendeur, on ne peut que conclure à la dissuasion de l’immigration. Sans oublier, à l’endroit des clandestins surtout, que « tukki taxula tekki » - le voyage ne fait pas forcément la fortune.


PAR FARA SAMBE
Source: Le Soleil

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Lundi 10 Septembre 2007

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