Chérif Fall est un individu indigne de confiance et doublé d'escroc. Ce que, du reste, la commerçante Ndoumbé Thiam, domiciliée à la cité Comico a pu comprendre, lorsqu'elle lui a remis une forte somme d'argent en contrepartie des services mystiques en faveur de son jeune frère émigré en Italie.
En effet, tout est parti de la rencontre du sieur Chérif Fall avec la commerçante Ndoumé Thiam par l'intermédiaire d'une des copines de celle-ci. En fait, Fall, domicilié au village Thiéwel et de passage à Dakar, était sollicité pour aider Ndoumbé à se débarrasser de sa longue maladie qui la tenaillait. Toutefois, la jeune commerçante avait eu à recourir plusieurs fois à la médecine moderne. Mais sans succès. Auparavant, Ndoumé s'était montrée très réticente pour aller cher Fall, « le guérisseur». Mais, devant l'insistance de sa copine, elle finit par accepter. Après une séance de voyance, le «marabout» affirme être capable d'enrayer le mal qui ronge la marchande, mais réclame de celle-ci la somme de 50.000 francs pour consentir à des sacrifices avant le début du traitement. Ce qui fut fait. Mais, quelque temps après, il réclame de nouveau à la dame 250.000 francs. Mais, voyant que cette dernière affiche une mine patibulaire, il s'emploie à la rassurer par des propos du genre :la santé n'a pas de prix et tout le tralala qui s'en suit. Convaincue, elle débloque ses économies et remet le montant réclamé à son «marabout». Le temps aidant, la commerçante recouvre un tant soit peu sa santé d'antan. Sachant qu'il a conquis la confiance de la jeune femme, Fall profite d'une des visites de la dame chez lui et se met à vanter ses qualités intrinsèques. «Il m'a fait savoir que j'étais une femme porte bonheur et surtout très chanceuse. Et qu'ainsi, il peut m'aider à devenir très riche», confie la dame aux limiers de Yeumbeul. Mais, Ndoumbé décline gentiment l'offre et demande en revanche à «l'homme miracle» de faire ça pour son jeune frère établi en Europe. Fall accepte, mais soutient que la présence physique au pays du jeune garçon expatrié était nécessaire. Comme le hasard fait parfois bien les choses, l'affaire coïncida avec l'annonce prochaine de la venue au pays pour des problèmes de papier de l'émigré. Qui, soumis à la proposition par sa sœur devant le « marabout », accepte sans hésiter l’offre. Sur ce, le « guérisseur » leur propose la somme de 5 millions 300 mille francs. « Après d'âpres discussions autour du montant réclamé, Fall est parvenu à nous convaincre, déclarant que les 5 millions 300 mille francs ne représentent rien par rapport aux dizaines de milliards qu'il va nous faire gagner en temps records. » Mais, jusqu'ici, la commerçante doutait encore de la bonne foi de Fall. Ainsi, il a fallu que son jeune frère s'y mette, pour qu'elle daigne vendre à 5 millions francs sur demande de son frangin la maison eu chantier de son frangin sis à Keur Massar. Le magot en poche, le «multiplicateur de billets du banque» remet une mallette à la dame tout en prenant le soin de faire entrevoir quelques billets de 2.000 francs neufs. Une manière certainement de flouer la commerçante et son jeune frère expatrié. Ce que, du reste, ces derniers finissent par saisir, mais tardivement.
Toutefois, rusé comme pas deux, Fall était parvenu à les convaincre de n'ouvrir la mallette en question que trois jours après réception. Ainsi, renchérit Ndoumbé, citant les propos de Fall, toute la mallette sera remplie de billets de banque. Sur, ce, il leur avait même pris les clefs de la mallette, prétextant qu'il allait les leur remettre au moment de l'ouvrir. Mais, voyant qu'il a dépassé sa durée de séjour et qu'il risque de rater son vol, l'expatrié désargenté, décide d'ouvrir au troisième jour indiqué ladite mallette eu cassant les cadenas pour payer les 150.000 francs dans le but de régulariser sa situation avec sa compagnie aérienne. Mais, que de déceptions, car il n'y avait dans la fameuse mallette, à part les quelques billets de 2.000 francs, que du papier blanc en coupures de dimensions de 10.000 francs et des paquets de sucre disposés au fond de la mallette. «À la vue de ça, je me suis aussitôt évanouie. J'avais même failli me suicider, quand je pense que c'est moi qui ai entraîné mon jeune frère dans cette affaire», renseigne la commerçante, entre deux sanglots. Mais, comme la terre tourne, Ndoumbé finira par coincer, le 20 Janvier dernier, au coin d'une rue, Chérif Fall, le truand faiseur de miracle, avant de le conduire à la police de Yeumbeul. «Il nous doit la somme de 5 millions 300 mille francs», rappelle la plaignante.
De son côté, Chérif Fall reconnaît sans ambages les faits et déclare avoir utilisé l’argent pour construire sa maison au village. « Je leur avais remis une mallette dans la quelle il y’avait des coupures de 2.000 francs, papier blanc et du sucre. Je leur avais ensuite dit de ne pas ouvrire la mallette avant trois jours. Mais dès qu’ils sont partis, j'ai aussitôt fait mes valises avant de prendre la fuite », avoue le mis en cause qui, apres sa garde à vue, a été déféré au parquet pour escroquerie portant sur la somme de 5 millions 300 milles francs au préjudice de la commerçante Ndoumbé Tiam.
Vieux Père NDIAYE
Source Walf Grand Place