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ENTRETIEN : QUEEN BEEZ «J’ai pardonné mais pas oublié la trahison de mon mari»

C’est une étoile montante. Depuis quelque temps, elle est régulièrement sur toutes les télés du pays. Incontestablement, Coumba Diallo fait partie des meilleurs crus 2010, 2011, grâce à une originalité et à une simplicité qui cachent mal le talent de cette universitaire qui s’est lancée dans la musique, il n’y a pas très longtemps. Guitare en bandoulière qu’elle gratte à longueur de journée, à la manière des «folksingers américains», Queen Beez est de celles qui ne font pas de manière avec l’art. C’est un produit brut, qui s’est confié à Rewmi Quotidien, tout en n‘occultant aucun des problèmes de l’heure.



ENTRETIEN : QUEEN BEEZ «J’ai pardonné mais pas oublié la trahison de mon mari»
Entretien
Qu’est-ce que les sénégalais ne connaissent pas de Queen BEEZ ?

La sortie de mon album, peut-être, et sa composition. C’est un mélange de rap, de RNB et de musique traditionnelle manding, en hommage à ma mère, originaire de cette ethnie dont je parle bien la langue, contrairement à celle de mon père qui est peulh mais qui parle aussi ma langue maternelle. C’est aussi quatorze titres qui dénoncent les maux de la société, comme le stipule le nom de l’album: «Maux croisés». Le single qui parle du comportement des politiciens était juste un avant-goût, Trahison a un peu agrémenté la sauce, mais il existe d’autre maux décriés dans les autres titres. Pour vous dire que ma musique est très engagée.
Les sénégalaise sont plus férues de Mbalax et de danse, qu’est-ce qui motive Queen?
Mon nom d’artiste en dit plus. Ce n’est pas pour rien que je me surnomme reine, parce que, pour l’être, il faut être différente et savoir imposer son style. Je compte faire aimer ma musique aux sénégalais qui ont déjà adopté mes deux singles. J’espère qu’il en sera de même pour le reste de mon album. C’est, autrement dit, une audace et un défi que je me suis fixée, moi-même, que j’ai défendus depuis le début de ma carrière et que je compte poursuivre, jusqu’au bout. De plus, je ne suis pas d’une famille griotte et, personne, dans ma généalogie, n’a jamais chanté, au vrai sens du terme.
Le faible niveau intellectuel, est-il un facteur limitant, dans le showbiz?

Vous savez, le savoir, il faut aller le chercher, quel qu’en soit le prix. C’est un plus, quel que soit le domaine dans lequel on évolue. Dans le nôtre, cela joue beaucoup, quand il s’agit de rédiger les textes de nos chansons, de s’inspirer sur un fait, d’avoir une culture générale et arranger ses chansons à sa guise. Aussi, aura-t-on, certes, besoin d’un soutien extérieur mais, juste, pour une petite touche de perfection et là, on gagne du temps. C’est pourquoi, j’invite mes collègues à faire des recherches, parce qu’il n’est jamais trop tard. Quand on a un certain niveau intellectuel, on se sent à l’aise, dans les différentes langues (anglais français…)

Est-ce à dire que vous trouvez des lacunes dans la musique sénégalaise?

Je dirais que ça évolue. Il y en a qui font du bon boulot, ces temps-ci, en toute franchise. Seulement, il reste beaucoup à faire, coté professionnel. Je me demande pourquoi, jusqu'à présent, la musique sénégalaise ne nourrit pas son homme. Je vous épargne les Etats Unis mais, même en Europe, les musiciens qui sont peu connus, gagnent bien leur vie et sont riches. Alors, pourquoi, au Sénégal, il n’y a qu’Ismaël Lo ou Youssou Ndour, ils ne sont pas exhaustifs, pour bénéficier de la musique. Il est temps qu’elle soit industrialisée et que tout le monde puisse en bénéficier. Et, pour ce faire, il nous faut nous ouvrir à d’autres horizons.
Cela, n’est-il pas dû à une mauvaise gestion, au copinage? Par exemple, vous avez votre frère comme manager…
Le plus souvent, il s’agit d’une reconnaissance, parce que, quand nous débutons et que cela est difficile, sur tous les plans, il n y a qu’eux pour nous soutenir. C’est, en effet, mon cas, avec mon frère. Je lui suis redevable de beaucoup. Toutefois, notre contrat ne m’a pas empêché de signer avec un label, pour plus de professionnalisme. Donc, il y a nuance, parce que quand le producteur, trop pris, ne peut te suivre de près, c’est alors à ce niveau qu’intervient le manager.
Que voyez-vous, si vous regardez dans le rétroviseur?

Ma vie au collège, avec la tendance Rap, Hip Hop. Dans ce sillage, avec deux copines, j’ai formé un groupe, actif dans manifestations culturelles du foyer de notre collège qui se disloquera, quand l’une, après son échec au BFEM, a quitté, peu de temps avant l’autre. Après un passage à vide musical, au lycée, j’ai repris la musique, à l’université où j’ai croisé un autre accro du rap. A la suite de l’éclatement du groupe qu’on avait formé, je me suis, depuis, résolue à une carrière solo, dégoutée par les séparations.

A propos d’université, il se susurre un quiproquo avec un prof…
(Elle coupe). Je ne reviendrai plus sur ça. Je vous laisse dans le suspens mais, le titre «Durty fac» vous en dira plus. Pour vous dire que ma musique est aussi autobiographique. Aussi, suis-je même sur un livre, du même titre, avec plus de précision. L’essentiel est que je suis partie à l'Université du Sahel où j'ai fait ma licence en droit et une maîtrise en droit international. Après, j'ai fait un Master en science politique, diplomatie et relations internationales.
Un retour avec votre ex-mari est-il envisageable ?

Je n’ai vraiment plus de temps ni la tête à ça. Je ne jure que par ma carrière, je pense à autre chose maintenant. Vous savez, on peut pardonner, facilement mais, oublier est difficile car, quand on oublie, il est difficile de rouvrir la page. Revenir avec mon ex-mari résulte du néant, c’est impossible. Aussi, si je dois choisir un autre homme, sera-t-il quelqu’un de mon milieu, très compréhensif et qui accepte mon métier.
Vous avez des enfants ?

C’est mon domaine privé, je ne vais pas en parler.
Hormis la guitare, quel autre instrument jouez-vous ?

Que la guitare! Et, peut-être, ma voix qui peut aussi faire l’objet d’un instrument.
Que pensez-vous de la situation politique du pays ?
Ça a toujours était la même chose, depuis le premier président. Mais, j’ai envie que cela change, c’est pourquoi je compte faire de la politique pour y remédier. Pour la candidature de Wade, je fais confiance aux institutions du pays. A l’endroit de mes compatriotes, je lance le message que c’est nous dans nous. Entre sénégalais, on ne doit pas se laisser berner par ces politiciens qui nous poussent à la violence.

Que pensez-vous de la violence faite aux femmes, en tant que voix autorisée ?

Je la condamne fermement. Mais, il faut que ces dernières pensent à s’auto défendre; comme ça, elles pourront résister à beaucoup de choses. Toutefois, il leur faut aussi le courage de dénoncer leur bourreau, pour que la justice sanctionne sévèrement.

Yandé DIOP & Khary DIENE
(M. Mbaye photo)
Source Rewmi.com

Samedi 19 Novembre 2011



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