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ENTRETIEN:Les (+ de 4) vérités de Moustapha Diakhaté

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L’ancien responsable de Wacook ak alternance, M. Moustapha Diakhaté reste égal à lui-même. Ce membre du Parti démocratique sénégalais, a, comme à son habitude, échangé avec nous sur les questions brûlantes de l’heure avec le franc-parler qu’on lui connaît. Sans mettre de gants, il a passé en revue, entre autres, les maux dont souffre le Pds, la Génération du concret, le retour d’Idrissa Seck et du Front Siggil Sénégal.



ENTRETIEN:Les (+ de 4) vérités de Moustapha Diakhaté
Le Matin

Le patron du Pds, Me Abdoulaye Wade a donné des instructions pour la refondation de ce parti, qu’en pensez-vous ?

Moustapha Diakhaté

Tout d’abord, Abdoulaye Wade n’est pas le patron du parti. Il est le Secrétaire Général national. Nous n’avons pas des relations patronales avec lui au Parti démocratique sénégalais. Quand bien même il est notre leader, je crois qu’il est inapproprié de parler de « patron du Pds ». Je vous laisse la liberté de cette appellation. En ce qui concerne le débat de la refondation, il est posé. Certains disent que Me Abdoulaye Wade n’a pas utilisé le concept de refondation du parti, il a plutôt parlé de la mise en place d’un grand parti politique. Je pense qu’aujourd’hui le Pds ne peut pas faire l’économie d’une réforme en profondeur, réforme de son organisation, réforme de son fonctionnement de la base au sommet. Il est urgent que les militants soient plus impliqués dans les choix stratégiques du parti. En outre, il est temps que la dévolution des pouvoirs et des responsabilités soient démocratisés.
À mon avis, la seule proximité avec le Secrétaire général national ne doit plus suffire à un militant pour avoir une promotion au sein du Pds. Il ne faut pas oublier que nous étions jusqu’au 19 mars 2000 un parti d’opposition. Aujourd’hui, repose sur les épaules du parti, la gestion du pays. Cela demande de nouvelles approches concernant la gestion des militants mais aussi la prise en charge des préoccupations des populations. Il ne faut pas non plus oublier que le parti s’est beaucoup massifié entre 2000 et maintenant. Il nous faut réussir l’amalgame entre les anciens et les nouveaux pour que tout le monde puisse participer au fonctionnement du parti. Pour moi les mots ne signifient pas grande chose. Mais, il y a nécessité de revoir notre organisation et notre fonctionnement. En tout cas, je milite pour cela, mais je souhaite aussi que ce processus ne soit de type technocratique, c’est-à-dire quelque chose qui est initié et mis en place par un groupe restreint. Les militants dans les sous-sections, sections et dans les fédérations doivent participer à ce processus de réforme, de l’organisation et du fonctionnement du parti. Il est temps que la direction du parti et le Secrétaire général national en tête, écoutent les militants du Pds, demandent leur avis sur la façon dont ils voient le parti et le nouveau fonctionnement qu’ils souhaitent donner au Pds.

Selon vous, doit-on parler de refondation ou de restructuration s’il y a une différence ?

Vous savez, on dit en français que les mots n’ont pas de sens mais qu’ils ont des emplois, certaines personnes rejettent le fait de parler de refondation et préfèrent parler de restructuration. Il n’y a pas d’accord sur les termes, mais nous sommes d’accord sur les enjeux qui consistent à permettre au Président de la République de disposer d’un socle politique solide pour terminer ses chantiers. Mais aussi, pour préparer le Sénégal de l’après-Wade. Les militants n’ignorent pas qu’il y a énormément de défis à relever pendant et après le magistère de Abdoulaye Wade. Dans cette perspective, nous avons besoin d’un grand parti politique avec beaucoup de militants et de leaders pour prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. Ce que nous devons faire c’est aller dans le sens de l’histoire, c’est-à-dire rénover notre organisation et notre fonctionnement, mais aussi procéder à de très larges ouvertures envers les partis partenaires qui se regroupent au sein de la Cap21 et aussi envers le peuple sénégalais.
Il faut essayer d’identifier chez les populations les compatriotes qui ont les compétences et les aptitudes adéquates pour contribuer à la bonne marche de notre pays et de notre démocratie. Il faut aller dans le sens de l’ouverture mais aussi dans le sens de la rénovation afin que tous ceux qui nous ont rejoints soient impliqués et puissent se sentir chez eux dans le Pds. Que ceux qu’ils ont trouvés dans les rangs du parti ne se sentent pas ensevelis par la vague de l’après 19 mars 2000. Contrairement à ce que les gens disent la refondation ne signifie pas détruire, c’est plutôt changer et créer quelque chose de nouveau. Le Parti démocratique sénégalais se porte très mal, les structures de base ne fonctionnent plus, de même que les instances nationales de direction. La gestion du parti est personnelle, c’est le Secrétaire général national qui décide de tout. Cela n’est pas conforme aux caractéristiques d’un parti politique.
Un parti politique, ce sont des citoyens qui adhèrent librement à une organisation politique et qui participent à la vie d’un pays. Toutes ces situations montrent qu’il y a nécessité de créer quelque chose de nouveau mais cela doit évidemment partir de l’existant. Le combat du Pds historique sera le fondement de la nouvelle refondation. Malheureusement, au Sénégal les gens préfèrent la quiétude du conformisme à la limite même du conservatisme. Pour aller dans le sens de l’histoire, il faut que nous osions faire bouger les lignes et faire comprendre aux uns et aux autres que le Pds du 19 mars 2000 n’existe plus, et qu’il nous faut un nouveau Pds performant en termes d’organisation mais aussi de préoccupations par rapport aux défis auxquels le pays est confronté.

On a remarqué que le Pds a été secoué par divers problèmes qui ont donné lieu à des votes sanctions à l’occasion des élections de cette année. Pensez-vous que ces initiatives dont il est question soient les meilleurs remèdes ?

Les militants et les responsables à un certain niveau estiment qu’ils ont été victimes d’une injustice. Si j’insiste sur la démocratisation de la dévolution des pouvoirs et des responsabilités, c’est parce que je pense qu’il faut que les responsables du parti qui sont choisis pour être députés, sénateurs, et conseillers ruraux ou municipaux, soient choisis par les militants eux-mêmes.
Le jour où la direction du parti cessera de trouver des candidats aux fédérations et que la démocratie permettra effectivement de régler la question des investitures, on ne connaîtra plus beaucoup de votes sanction. C’est pour cela que je pense qu’il faut qu’on aille vers cette démocratisation, c’est-à-dire que les militants, de la base jusqu’au sommet, participent aux choix stratégiques du Pds. Si nous le faisons, nous réduirons au maximum les risques de votes sanction.

La Génération du concret qu’incarne Karim Wade est présentée par certains comme un élément déstabilisateur du parti au pouvoir, partagez-vous cet avis ?

Pour le moment je ne perçois pas la Génération du concret comme étant un élément de déstabilisation. Toutefois, j’estime que si M. Karim Wade a des compétences et des aptitudes politiques, il doit les mettre au service du Pds. Les animateurs de ce mouvement et Karim Wade ne doivent pas oublier que s’ils sont devenus concrets et ont pu réaliser quelque chose, c’est parce qu’il y a eu le 19 mars 2000. Et je ne pense pas que ceux qui ont réalisé le 19 mars 2000 soient virtuels. À mon avis, tout militant ou sympathisant de Abdoulaye Wade doit contribuer à la création et à la naissance de ce socle politique solide dont Abdoulaye Wade et le Sénégal ont besoin.
Une démocratie, dans le contexte d’un pays sous-développé, a besoin de partis démocratiques forts et massifs qui regroupent beaucoup de militants, beaucoup de populations pour pouvoir gagner des élections. Mais aussi, un parti politique suffisamment organisé pour permettre l’efficacité et la stabilité du pouvoir en place. Si j’ai une invite à faire c’est de demander aux animateurs de la Génération du concret de verser leurs compétences au Pds, notamment au grand parti politique que le Président de la République veut mettre en place

La succession de Abdoulaye Wade fait l’objet de convoitises, qui des noms cités tels que Karim Wade, Macky Sall ou Idrissa Seck voyez-vous comme dauphin de Me Wade à la tête de l’État ?

Je n’en vois aucun. Nous les militants du Pds risquons de faire fausse route si nous nous inscrivons dans cette perspective de succession. Ce que nous devons faire, c’est aller dans le sens de renforcer l’unité du Pds, notamment l’unité de ses responsables. C’est à partir de cette unité-là et avec des engagements fermes pour prendre en charge les préoccupations des Sénégalais que le Pds va rassurer les populations. Ce sera un élément important pour que l’après-wade se passe dans les meilleures conditions. De mon point de vue, l’enjeu aujourd’hui, c’est qu’on en arrive à mettre de côté les enjeux de personnes et mettre en place un dispositif qui travaille en équipe pour permettre aux Sénégalais de s’en sortir. Je ne pense pas que l’un d’entre nous puisse se considérer comme étant celui qui doit prendre la place d’un personnage aussi historique qu’Abdoulaye Wade. Pour me résumer, la succession d’Abdoulaye Wade, nous avons intérêt à l’appréhender en termes d’un banc à partager et non d’un fauteuil à occuper. Cela va de soit, la présence du Président Abdoulaye Wade en tant que personne physique ne peut être pérenne, par contre sa présence en tant que leader du Pds le sera. Le Pds devra toujours se réclamer de la pensée politique du président Wade. Mais, c’est un être humain, et un jour viendra où il nous quittera pour la retraite politique. A partir de 2012, nous devrons essayer de le décharger pour qu’il se repose car il est sur les braises depuis 1974. D’ici là, nous devons travailler à mettre en place un dispositif qui permette au parti d’assurer la stabilité et l’efficacité de la majorité actuelle.

Quelle est votre appréciation par rapport au retour annoncé d’Idrissa Seck au sein du Pds ?

Il est tout à fait louable que le Secrétaire général national du parti cherche à élargir et à consolider le Pds. Je comprends parfaitement qu’il cherche à faire revenir des militants et militantes, qui à un moment donné pour une raison ou une autre, ont dû quitter. Par rapport à cette option, je n’ai rien à dire. Par contre, pour ce qui est de M. Idrissa Seck, tous les Sénégalais se souviennent qu’au lendemain de la présidentielle de 2007, le Président de la République avait formulé des accusations graves sur sa personne. Depuis lors, personnellement je n’ai rien eu de nouveau qui puisse me dire que ces accusations étaient fondées ou pas. À mon avis, avant tout retour d’Idrissa Seck au Pds, cette affaire d’argent qui est à l’origine de la grande brouille doit être éclairée.
Cependant, les autres tels que Awa Guèye Kébé, Ndèye Maguette Dièye, Pape Diouf ont leur place dans le Pds. Mais pour ce qui est du cas spécifique d’Idrissa Seck, les Sénégalais doivent être éclairés sur les tenants et les aboutissants de l’argent dont le Président de la République a parlé. Ensuite, M. Seck a géré le Pds de mars 2000 à avril 2004. Au cours de ces quatre années, il a procédé à une destruction généralisée du parti de la base au sommet. Il a prouvé qu’il n’était pas capable de rassemblement et de mettre le parti sur orbite pour prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. Je pense qu’un tel monsieur ne peut absolument rien apporter au parti. En tout cas, la question de l’argent doit être éclairée. Et si son retour devient possible, il doit avoir le profil bas car à un moment donné il a eu toute la latitude de travailler à mettre en place un Pds performant et il ne l’a pas fait.

Doit-on s’attendre avec ce retour à des règlements de compte ?

Je ne crois pas qu’il puisse y avoir règlements de compte. De toutes les façons, personne n’a encore intérêt à placer le Pds dans des logiques de règlements de compte. Il nous appartient à nous militants mais aussi responsables de changer de perspective. Il s’agit de cesser de considérer les uns et les autres comme des obstacles ou des instruments. Nous devons nous considérer comme les frères d’un même parti avec un destin commun. Aucun d’entre nous pris isolément ne peut asseoir un leadership qui peut rassurer les Sénégalais, c’est ensemble que nous allons nous fortifier.
Toute personne qui va s’inscrire dans des logiques sectaires et démarche personnelle, le fera à son détriment. Durant les quatre ans à venir, le Secrétaire général national doit veiller à ce que les responsables du parti s’entendent, et à ce que l’unité du Pds soit renforcée de la base jusqu’au sommet. C’est vers cela que nous devons aller si nous voulons rassurer les Sénégalais pour qu’ils continuent à nous faire confiance même lorsque le Président de la République devra quitter le pouvoir.

Le Président de la République envisage de construire sept lignes de chemins de fer à grande vitesse dans les sept ans à venir, ne pensez-vous pas que les priorités sont ailleurs quand on sait que la famine est annoncée dans le milieu rural et que le coût de la vie empêche les Sénégalais de dormir ?

Tout est priorité et il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays pauvre et sous-développé. Si le Président parle de Tgv, il faut replacer cela dans ses lancées majeures. Il a quelques repères qui lui tiennent particulièrement à cœur. Premièrement, il s’agit du partenariat public-privé national étranger, ensuite les infrastructures car il estime qu’un pays doit se doter d’infrastructures hautement opérationnelles pour se développer. En dernier lieu, Me Wade pense qu’en ce qui concerne l’école, il faut disposer d’une masse critique de matière grise et développer notre agriculture. Je crois que le fait de parler de Tgv, c’est une manière de rappeler que parmi les clés de développement figurent les infrastructures hautement opérationnelles qui permettent de relier les capitales du Sénégal entre elles mais aussi de relier le voisin avec ses voisins et le reste du monde. Je pense que c’est dans cette perspective qu’il parle de Tgv. Cela n’enlève en rien qu’il faut prendre en charge les questions actuelles autrement dit les problèmes dans le monde rural. Je ne pense pas qu’il y a une famine mais plutôt des difficultés. Pour ce qui est de la cherté de la vie, nous avons commis une erreur au niveau de l’entreprise. En 1974, il y a eu ce qu’on appelle la politique de la libéralisation des marchés.
L’État s’est ainsi désengagé et a laissé les consommateurs et les commerçants face à face. Il nous faut aller dans le sens de mettre en place un dispositif juridique qui permette à l’Agence de régulation des marchés de jouer son vrai rôle, c’est-à-dire de ne pas laisser les commerçants détenir les prix. Il y a certaines denrées dont les prix doivent être encadrés par l’État pour que les marges soient telles que cela ne soit pas au détriment du consommateur. Entre autres, je pense qu’aussi longtemps que nous prendrons l’option de manger ce que nous importons, nous aurons encore des difficultés parce que nous ne maîtrisons pas le marché mondial. Il faut donc aller dans le sens de protéger les consommateurs à travers un dispositif juridique mais administratif. Il faut aussi essayer de moderniser et diversifier notre agriculture pour que les Sénégalais puissent produire ce qu’ils mangent. C’est une bonne chose que de doter le Sénégal de Tgv. Mais, il faudrait qu’on prenne en charge les questions importantes. Et c’est sur ces questions que j’attends les décisions du gouvernement à la rentrée.

prête à l’opposition regroupée au sein du Front Siggil Sénégal l’ambition de pousser les Sénégalais à travers la tenue des Assises nationales qu’ils préconisent à une révolution. Quel est votre sentiment là-dessus ?

Les Assises nationales dont parle le Front Siggil Sénégal, ne sont ni plus ni moins pour moi que l’équivalent de l’Initiative pour la démission de Abdoulaye Wade (Idewa) nouvelle formule. Ce seront des assises insurrectionnelles et putschistes et non des assises nationales pour trouver des réponses aux problèmes des Sénégalais. Il y a eu deux assises nationales au Sénégal en 2007, celle du 25 février et celle 03 juin. Le 25 février, les Sénégalais ont été consultés et ils ont élu un Président de la République pour un mandat de cinq ans. Au cours de ce mandat, c’est la Constitution du Sénégal qui donne à Abdoulaye Wade de manière exclusive la prérogative de définir la politique de la Nation et de nommer un gouvernement pour la mettre en œuvre.
Le 03 juin, le Sénégal a élu un Parlement, à cette institution revient le rôle de légiférer mais aussi de contrôler l’action du gouvernement. Tous les partis qui ont concouru le 25 février et qui ont été battus, et ceux qui n’ont pas participé notamment ceux qui ont boycotté le 03 juin, doivent de mon point de vue attendre 2012 pour envisager un changement au niveau de la Présidence de la République et du Parlement, c’est cela la démocratie. Toutefois, je pense que compte tenu des défis auxquels le pays est confronté, le Président de la République doit davantage faire preuve d’ouverture, non seulement en direction de la classe politique mais aussi en direction des populations de notre pays. Partout, où il trouve un cadre sénégalais susceptible d’apporter quelque chose dans la construction de notre pays. Il se doit de l’appeler non pas pour qu’il soit ministre dans le gouvernement ou militant du Pds mais plutôt pour tirer profit de sa compétence et de son expérience. Autrement dit, je crois que sur un certain nombre de questions d’enjeu national, j’aurai bien aimé que le Président de la République puisse même consulter les responsables du Parti socialiste (Ps) parce que quoi qu’on en dise ils ont une expérience de l’État pour avoir gérer ce pays pendant quarante ans.
Il y a aussi d’autres Sénégalais qui ont travaillé dans des grandes multinationales, les anciens ministres par exemple, ces personnes sont des viviers d’expérience que le pays doit utiliser. Je crois que l’un des premiers rôles du Président de la République c’est de mettre à la disposition du Sénégal toutes les ressources humaines dont dispose le pays qu’elles soient ici ou ailleurs. On pourrait confier à des personnalités comme Mamadou Lamine Loum, Habib Thiam, Abdou Khadre Cissokho et Moustapha Niasse des tâches précises sur la question de l’énergie par exemple. Si nous ne réfléchissons pas de manière approfondie sur cette question, d’ici trente ans le Sénégal ne pourra plus acquérir un litre de pétrole car les pays producteurs vendront aux enchères. Et là ce sont les plus offrants qui vont se servir comme les États-Unis ou la Chine et nous retournerons à la bougie certainement.
Ce sont des questions stratégiques sur lesquelles aucun Sénégalais n’est de trop. Concernant la réforme des institutions, il faut réfléchir pour que tous les Sénégalais puissent s’en approprier. S’agissant de la modernisation de l’agriculture, de la réforme de l’école, et de la fonction publique le Chef de l’État pourrait s’adresser à des personnes comme Alassane Dali Ndiaye qui ont déjà prouvé leur expérience par le passé. Je préfère cette démarche-là, c’est-à-dire une majorité qui s’ouvre à une démarche insurrectionnelle de type assises nationales. C’est le Front lui-même qui a défloré le stratagème à travers le responsable du Msu M. Massène Sène qui a dit que c’est une manière de réaliser une révolution intelligente. Les Sénégalais n’ont pas besoin de révolution, ils ont déjà élu un président et un Parlement et aucun changement n’est possible avant 2012. Tout le monde doit se mettre cela dans la tête. Si l’opposition a des offres politiques alternatives à ce qui est en train d’être fait, elle n’a qu’à les peaufiner et les présenter aux Sénégalais et attendre le scrutin de 2012 pour concourir au suffrage des Sénégalais.
Si elle gagne, elle pourra appliquer son programme. D’ici là parler d’un changement du Président ou du Parlement n’est plus ni moins qu’un coup d’État et c’est inadmissible et tous les démocratiques doivent condamner ces initiatives-là. Le Sénégal a eu jusqu'à présent la chance unique de ne pas tomber dans les coups d’État militaires. Que Dieu nous en préserve. Il est inadmissible que des responsables politiques cherchent à provoquer des coups d’États par des stratagèmes du genre assises nationales. Je crois que l’État va se donner les moyens pour faire respecter l’ordre public établi au Sénégal notamment l’ordre républicain et institutionnel mis en place depuis le 25 février et le 03 juin 2007. Cela n’exclut pas que sur certaines questions il faut que le Président dialogue avec son opposition, mais quant à faire des assises nationales franchement j’y suis très hostile et j’invite les Sénégalais à être très vigilants. J’invite particulièrement les tenants de cette thèse à se ressaisir et à trouver les moyens pour renouer le dialogue avec le Président de la République.

Source: Le Matin

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Samedi 8 Septembre 2007

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