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ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC HABIB DIOP ALIAS BAYE ILY «J’ai deux épouses et j'en épouserai d'autres… »

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Quand on parle de Baye Ily, ça nous ramène vers l'imam de la dramatique Les quatre vieillards dans le vent. -Un truculent téléfilm de la troupe du théâtre populaire Daaray Kocc, qui pointe du doigt ces imams qui profitent de leur statut pour tout se permettre. Mais malheureusement, la Rts l'a censurée sans tenir compte de l'aspect sensibilisation de la pièce. Aux dépens de qui ? Personne ne saurait le dire, même pas Baye Ily. Autour de damier, Goor comme on l'appelle affectueusement du nom de Goorgorlu, le héros de la bande dessinée du caricaturiste TT Fons adapté à la télévision, évoque ses débuts dans le théâtre, la censure des Quatre vieillards dans le vent, et l'arrêt de la série Goorgorlu. Mais aussi et surtout de l'avenir du théâtre au Sénégal qui, à l'en croire, a perdu ses vertus d'antan. Un damier où, le fou rire est aussi au rendez-vous...



ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC HABIB DIOP ALIAS BAYE ILY «J’ai deux épouses et j'en épouserai d'autres… »
D'où vous vient ce nom Baye Ily?

Baye Ily me vient d'une pièce théâtrale qu'on avait jouée avec la troupe Daaray Kocc et qui s'appelait Les quatre vieillards dans le vent. J'y interprétais le personnage de l'imam de la mosquée. Et depuis lors, mon surnom dans lequel se trouve le diminutif Elimane a pris de l'ampleur.

C'est une pièce qui a eu du succès ?

Oui, beaucoup de succès même. Malheureusement, on ne l'a montrée qu'une seule fois à la télévision, à cause de la colère des personnes âgées de ce pays qui ont demandé que les Quatre vieillards… soit interdite au prétexte qu'on y tourne en dérision la religion musulmane. Personnellement, je me suis dit que si nous, nous arrivons à atteindre d'une quelconque manière l'Islam, c'est qu'il n'a pas une bonne assise au Sénégal. C'est n'importe quoi ça. Mais heureusement, on a compris, parce qu'aujourd'hui; les gens jouent des pièces mille fois plus graves, à la limite même vulgaires.

Qu'est-ce qui a gêné les gens qui ont voulu que cette pièce soit censurée ?

Justement, on a parlé d'un Imam qui n'a eu ce statut que grâce à son argent, à défaut de choisir des personnes qui ont bien appris le Coran. C'est cela qui a fait naître le problème.

De la manière dont vous en parlez, on a l'impression que cette censure vous a fait très mal?

Bien sûr, ça nous a fait mal à tous parce qu'il n'y a rien de grave. Et puis, regardez les pièces théâtrales qui passent à la télé on ne peut pas voir pire. C'est insensé.

Quelles sont les pièces qui passent à la télé et que vous considérez comme vulgaires ?

Vous les voyez. Nous, on est mal placé pour donner des noms et chacun se connaît. Tout se dit, tout se fait maintenant dans les théâtres.

Pensez-vous donc que le théâtre ne joue plus son rôle de sensibilisateur?

Non, le théâtre ne sensibilise plus. Parce que le mal que les artistes se donnaient, pour travailler une pièce, la répéter... Par exemple, nous à Daaray Kocc, on pouvait travailler une pièce et la répéter pendant deux ans. Aujourd'hui, la plupart ne se donne pas cette peine. Ils vous font un produit en un clin d'œil et n'y sortent que du n'importe quoi. Et ça se comprend, un travail, il faut y mettre du sérieux.

Ne penser-vous pas que c'est parce que vous avez touché le personnage d'un Imam que cette pièce a été censurée?

Oui, c'est exactement à cause de cela. Mais, je vous dis que si on montrait tout ce qui se passe exactement dans ce pays, chez les vieux... D'ailleurs, rien que dans cette pièce, on avait enlevé beaucoup de parties. Mais, si on avait tout laissé, vous verriez des gens qui vont trouver un vieillard assis devant la mosquée et l'amener directement à la police.

Ah bon?

Ah si, ça c'est sûr. Je ne dis pas tout le monde, parce qu'il y aura toujours des personnes honnêtes. Cependant, certains se cachent derrière leurs allers et retours à la mosquée pour faire de ces choses! Nous, ce sont ces gens que l'on indexait. Des voleurs, il y en a dans les mosquées, regardez seulement les vols de chaussures. Je vais vous raconter un truc. Un jour, El Hadji Abdou Aziz Sy est venu à l'ouverture de la mosquée de Dieuppeul, dans le sachet où on mettait les offrandes, quelqu'un y avait déposé un grand bracelet en or et au dépouillement, personne n'a retrouvé le bracelet.

Comment avez-vous su qu'il y en avait un ?

Parce qu'on l'a dit. Beaucoup l'avait vu. II y a du tout dans ce pays. Avez-vous déjà entendu que dans une église, on se chamaille à propos de l'argent de la caisse, jamais. Ce n'est que pour l'argent des mosquées que l'on entend souvent des problèmes. Et habituellement, si on ne met pas une personne là où il peut s'occuper de la gestion des sous, il peut amener des problèmes. Comment peut-on demander de l'argent pour la construction ou la caisse d'une mosquée pendant dix ans ? C'est du n'importe quoi! Il ne faut pas se voiler la face.

Alors vous, vous leur avez gâché leurs affaires?

Oui, la plupart, c'est pour ça qu'ils n'ont pas aimé. Mais, ce sont des réalités qui se passent dans ce pays. Et qui se sent morveux se mouche.

Avez-vous reçu des menaces ?

En pagaille, on a reçu beaucoup de menaces. Des gens nous ont écrit et nous ont menacés. Moi, une fois, quelqu’un m’a appelé pour me dire qu'il est le rnarabout de je ne sais quoi et m'a menacé de me faire taire d'une manière ou d'une autre si je rejoue ce rôle.

C'est quel marabout ?

Je ne sais même pas et ça m'est égal.

En tout cas, la tendance est aux mosquées

Non, ce n'est, pas ça le problème. II y a plus de mosquées à la Mecque. Mais eux, ils ne jouent pas avec ça.

Et pourquoi ici certains se cachent derrière les mosquées pour faire leurs magouilles ?

Parce qu'on met des gens qu'il ne faut pas à la place qu'il ne faut pas. Ce n'est que ça. On ne gère pas une mosquée comme on gère sa maison.

Pourtant dans Les quatre vieillards dans le vent, vous avez parlé de vieux qui passaient leur temps à la mosquée et qui jouaient en même temps au Pmu ?

Justement et c'est une réalité. Certains qui ne quittent pas la mosquée jouent au Pmu comme pas possible. II y en a plein. Nous, on a rien inventé, on se base sur ce qui se passe dans ce Sénégal pour interpréter nos rôles. On ne cherche qu'à sensibiliser, puisqu'on a aussi montré le bon exemple d'un Imam. Mais, élu Imam sur la base de ses atouts financiers, dans un groupe où on ne cherche qu'à se partager le butin des baptêmes, des mariages, des enterrements, c'est dans ce pays aussi que ça se passe.

Tantôt vous avez dit que le théâtre ne joue plus son rôle. N'est-ce pas parce qu'on met trop en avant l'aspect financier ?

Le problème, c'est que la plupart de ceux qui font du théâtre aujourd'hui ne cherchent qu'à se faire connaître. Par exemple, beaucoup de femmes se tournent vers le théâtre pour pouvoir voyager. Certaines viennent vous supplier d'être des figurantes pour qu'on les voit. Elles vont même au salon de coiffure, ce n'est pas cela du théâtre. Les Cd vont souvent partout dans le monde, et elles le savent mieux que quiconque, c'est malheureux. C'est la pièce que l'on vend et non la personne.

Est-ce qu'elles parviennent à atteindre leurs objectifs ?

Bien sûr, beaucoup parmi elles ont pu voyager grâce au théâtre, elles ont eu des fans en Europe et ces derniers leur ont fait voyager. Par ailleurs, il y a une chose, même si ce voyage convient à certaines, d'autres par contre ne s'en sortent pas convenablement. Car, si on n'a pas de profession, de diplômes, il faut vraiment avoir l'aide du Bon Dieu pour s'en sortir. Á moins que l'on s'adonne à des pratiques malsaines, sinon c'est la galère.

Pourquoi on ne vous voit plus dans les pièces vous les anciens ?

C'est normal, parce que les producteurs sont des gens mauvais, je le dis haut et fort. Ils nous trouvent, nous qui avons donné toute notre vie au théâtre, ils se débrouillent pour avoir une camera et 500 000F, et veulent qu’on joue pour eux. Ils vous produisent, vous paient de misérables sommes et se font des millions avec votre produit. En tout cas, nous les anciens, on a décidé de ne plus l’accepter, c’est pour ça qu’on est rare. Ces petits producteurs de rien du tout ne vont plus exploiter nos talents et notre image pour s'enrichir; on ne l'accepte plus.

Avez-vous été exploité dans Goorgorlu de Moussa Séne Absa ?

Non, dans Goorgorlu, on n'a pas eu ce problème-là. Moi, je peux dire que c'est Goorgorlu qui m'a amené là où j'en suis. Moussa Sène nous a dit les choses telles quelles, quand il est venu vers nous. Il nous a fait savoir qu'en premier lieu, il n'avait pas beaucoup d'argent, mais qu'à l'avenir, peut-être que les choses s'amélioreraient. C'est ce qui s'est passé. C'est avec cette série que j'ai acheté ma voiture, Seune aussi.

Mais certains disent que Moussa Séne vous a exploité ?

Non vous savez, Goorgorlu c'était juste un truc qui sortait dans les journaux. Si Moussa Séne est arrivé à l'adopter pour qu'on en fasse un film, c'est normal qu'il se fasse de l'argent. En tout cas, si on parle aujourd'hui de moi, à part Baye Ily, c'est grâce á Goorgorlu. Et là vous êtes assise (sa grande maison á étages sise á Colobane Rufisque), c'est via ce film que je l'ai eu et rien d'autre. Certains de mes pairs font du théâtre, mais n'allez pas chez eux parce que c'est presque la misère. Moi, je remercie largement le Bon Dieu, je ne me plains pas.

Pourquoi n'avez-vous pas relancé ce film?

Ce n'est pas à nous de le relancer, on ne peut qu'attendre. C'est quelqu'un qui avait pris l'initiative de venir vers nous pour qu'on joue. C'est Alphonse Mendy qui a écrit Goorgorlu et c'est le seul à pouvoir 1e relancer, parce que l'œuvre lui appartient. Nous, on attend toujours et nous désirons plus que quiconque que le film revienne.

Pourquoi l'a-t-il arrêté?

Non, il ne l'a pas arrêté, c'est la série qui était terminée. Et après quand on a demandé à la Rts, elle a dit qu'elle ne pouvait plus la produire. Parce que c'est elle qui avait produit la série Goorgorlu. Et, c'est la troisième partie que Moussa Mboup a produite. Et même là, c’est moi qui avais fait les démarches. Donc, malgré le fait qu'on mettait ça à la télé, il avait aussi mis en vente des Cd.

Comment s'est porté le choix de Moussa Séne Absa sur vous pour le rôle de Goorgorlu?

Quand j'étais à Sorano, j'avais joué un film qui s'intitulait «Yala Yana» avec Moussa Séne Absa et la manière dont j'avais joué mon rôle l'avait plu. Et c'est quand j'ai quitté Sorano pour aller à la Poste que Moussa a décidé d'adapter Goorgorlu. Et il a tout de suite pensé à moi. Il est venu me voir avec Moustapha Bitéye et il m'a montré le scénario. Je lui ai tout de suite répondu que le rôle de Goorgorlu me convenait. Mais son principal problème, c'était de trouver la personne - idéale pour jouer le rôle de Diek. C'est ainsi que je lui ai demandé d'aller voir Seune. Dés qu'il l'a vu, il m'a appelé pour me dire qu'il a la personne qu'il lui faut pour ce rôle. Et on a commencé à tourner 1e lundi qui a suivi. C'est ainsi que les choses se sont passées. Je ne jette à personne des fleurs, je ne dis que la vérité. Goorgorlu m'a beaucoup apporté.

N'a-t-il pas été difficile pour vous de vous mettre dans le personnage de Goor?

Non, c'est quelque chose que l'on vit chez soi, dans la rue. Donc, c'était très facile pour moi de le jouer.

Vous avez parlé tantôt de votre passage à Sorano. Depuis quand avez-vous commencé à faire du théâtre?

J'ai commencé à faire du théâtre à l'âge de 7 ans. Á l'époque, mes oncles faisaient du théâtre. On habitait prés de la mer, et après avoir regardé mes oncles à l'œuvre, je prenais des sacs et des bâtons pour faire mon podium. Et là, je me mettais tout seul à jouer, en étant l'homme et la femme, et je demandais des pièces d'un franc comme entrée.

Vous étudiez en même temps?

Non, en ce temps je n'étais pas encore á l'école, je n'en avais pas l'âge. C `est en 1956 que je suis allé á Dakar et c'est là-bas que j'ai fait l'école. C'est là où se trouve le monument de Colobane aujourd'hui qu'il y avait une baraque de deux classes. C’est après qu’on nous avait transféré à l’école Fass. Joseph Gomis, ancien ministre, était notre directeur d’école. Par la suite, Sadji Abdoulaye est devenu notre directeur.

Et vous continuiez à faire du théâtre?

Non, en ce temps, le théâtre n'était pas ce qu'il est aujourd'hui. Ceux qui faisaient du théâtre n'étaient pas nombreux. C'étaient les Djibril Diop Mame Betty et quelques-uns qui en faisaient. Djibril Diop, c'est mon grand frère.

Ah bon, vous êtes parents ?

Oui, nous sommes des «domu baay» et c'est une ruelle qui séparait nos maisons à Colobane. Il était tout le temps à la maison, et ils étaient nos ténors. Quand ils jouaient, ils me prenaient parfois pour que je joue le rôle de l'enfant. II y en a aussi un autre qui s'appelle Adama Gueye et qui est maintenant colonel. Par ailleurs, au concours de danse Goumbé et ndaw­rabine, j'étais souvent vainqueur. C'est la radio nationale qui organisait ces concours dans les différents quartiers de Dakar. Mon père n'aimait pas que j'y participe, ni même que je fasse du théâtre. Mais, tout ce que je gagnais, je l'amenais à la maison. Je me rappelle du premier film que j'ai fait, c'était en 1962, à l'entrée de Palédium comme figurant, le film s'appelait Liberté 1 et j'y avais gagné 600f. Quand j'ai reçu cette somme, j'ai acheté toutes mes fournitures d'école, et même un jean. En fait, le théâtre a toujours été une véritable passion pour moi. Ça a même gâché mes études.

Vous êtes allé jusqu'en quelle classe?

J'ai étudié jusqu'au Cm2. Mais, c'est à cause du théâtre que je n'ai pas pu poursuivre mes études parce que je ne voyais que ça, je n'avais d'amour que pour cet art. C'est un virus qui s'est développé en moi. J'ai été dans plusieurs troupes avant de me retrouver à Daaray Kocc. C'est quand j'ai vu que Baye Peulh y était que j'y suis allé. Parce que Baye Peulh, on était ensemble dans l'armée.

Vous avez fait l'armée ?

Oui, j'ai fait l'armée en 1967 et j'y passais mon temps à faire du théâtre. Par la suite, on ma conduit à Bargny. C'est là que j'ai été dans la même troupe que Baye Peulh. Un jour, j'ai aperçu Baye Peulh à la télé, évoluant dans la troupe Daaray Kocc et je me suis dit que moi aussi je pouvais bien m'y retrouver.

Vous étiez toujours dans l'armée en ce moment ?

Non, j'avais déjà quitté l'armée. Ensuite, j'ai cherché à avoir le numéro de Cheikh Tidiane Diop, je l'ai appelé et c'est ainsi que je fus auditionné pour rejoindre la troupe.

Vous y êtes toujours?

Oui, j'y suis toujours. Et quiconque vous dit qu'il n'y a pas d'argent dans cet art, il ne vous dit pas la vérité. Si on lui donne du sérieux, on a de l’argent.

En ce temps ou bien ?

Jusqu'à présent. Quiconque ose vous dire qu'il n'y a pas d'argent dans le théâtre, il ment, il ne dit pas la vérité. Si on ne fait pas ce qu'il faut, on n'aura pas un sou. Dans le théâtre, on ne triche pas, on se donne à fond. je me rappelle lorsque ma mère me trouvait assis dans le salon à mes débuts, elle me disait sans cesse que j'étais sans scrupule. Que je devais avoir honte de ne pas aller travailler comme les jeunes de ma génération, de ne me consacrer qu'à cet art. Je la comprenais parce que j'avais déjà ma petite famille. Je n'étais même pas à Daaray Kocc quand elle me faisait ces reproches. Et, quand j'ai eu ma première prestation publicitaire avec Baye Peulh, Makhouredia Guèye et Bocandé, c'était à mes débuts à Daaray Kocc, j'avais gagné beaucoup d'argent. C'étaient les trucs du loto. Quand on est venu m'apporter mon argent, la dame l'a directement remis à ma mère. Cette nuit-là, j'ai pris une brouette, je suis allé à la boutique et j'y ai tout mis comme, ravitaillement.

C'était la première fois que je percevais de l'argent de la publicité, et la somme s'élevait à 95.000F. Depuis lors, je vis bien de mon art. Maintenant, on attend Coorgorlu et d'autres séries, tout ce que nous voulons c'est jouer et dans de bonnes conditions. II faut aussi que l'on sache qu'aussi bien les jeunes que nous, nous pouvons beaucoup faire pour le théâtre. Le champ est large et chacun peut y faire sa part des choses.

Une fois, vous avez été invité avec Seune dans une télévision de la place. Et ce jour-là, dès qu'on a prononcé le nom du feuilleton Goorgorlu, Seune s'est mise à pleurer. Pourquoi avait-­elle pleuré ?

Elle se souvenait de l'ambiance qu'il y avait durant les tournages, de la complicité qu'il y avait entre nous tous. Elle en avait la nostalgie et elle a beaucoup pleuré. D'autant plus qu'il lui est très facile de pleurer, la pauvre.

Quels sont vos rapports avec Seune?

Seune, c'est ma petite sœur, c'est ma nièce et c'est même ma fille. Elle peut être ma fille. Quand elle est venue à Daaray Kocc, c'est moi qui l'ai auditionné avant qu'elle ne soit admise. Et depuis, on a beaucoup joué ensemble. Notre complicité ne date pas d'aujourd'hui. Cheikh appréciait cette complicité professionnelle. Et, une équipe qui gagne, on ne la change pas.

Est-ce que cela vous arrive que l'on vous donne un rôle que vous ne sentez pas trop?

Oui, ça arrive. Moi, je ne peux pas jouer le rôle d'un jeune qui se drogue. Même si je le peux, je ne le sentirai pas comme il se doit. Ce ne sera pas naturel. Mais pour les rôles des vieux, il n'y a pas un personnage que je ne puisse pas jouer. Ce que je ne ferai jamais de ma vie, c'est de jouer le rôle d'un homosexuel ou porter les habits d'une femme.

Est-ce pour cette raison que l'on ne vous a pas vu à l'émission Spéciale Tâmkharit de Walf ?

Je ne peux pas m'adonner à ça. Chacun se connaît. Même étant jeune, a part les moments où j'avais 7ans et que je jouais le rôle de la femme et en même de l'homme, et ce n'était pas à la télé, je n'ai jamais joué ce genre de personnage. Naturellement, étant enfant, je ne m'habillais jamais comme une fille. Pour faire du tadjabone. Ce n'est pas nature, je ne peux pas le faire. J'ai toujours joué au Maure et au Poulho. C'est après que j'ai été le troisième vieux, avec Baye Peulh et Makhouredia Gueye dans les pièces théâtrales.

N'avez-vous pas regretté d'avoir arrêté les études pour le théâtre?

Jamais de la vie, le théâtre c'est ma passion. C'est un art qui fait partie de moi. Dans ma famille, on ne connaît que ça. Moi, mon grand père maternel faisait rire aux larmes. Une fois, je lui ai demandé s'il lui était déjà arrivé de se bagarrer ou de se disputer. Tout le monde le connaît à Rufisque, parce que partout ou il était, les gens passaient leur temps à rire.

Parmi vos enfants, y en a-t-il qui font du théâtre?

Non, il n’y en a pas.

Pourquoi, c'est vous qui ne voulez pas qu'ils en fassent ou bien ?

Non, ça n'a rien à voir avec moi. Parce que parfois, il m'arrive d'amener mes enfants dans des pièces où je joue. Surtout pour les publicités, au lieu d'aller chercher ailleurs, je prends mes enfants et je les amène. Et ils font tout ce que je leur demande de faire dans ces pièces.

Parlez-nous un peu de votre compagnonnage avec Baye Peulh et Makhouredia Guèye

Oui, ce sont des gens bien. Baye peulh, on s'est connu à l'aimée, en ce temps, je ne savais pas qui est Makhourédia Guèye. J'ai quitté l'armée avant Baye Peulh bien qu'il soit plus âgé que moi, parce que lui, il y a fait sa carrière avant d'être libéré. Ensuite, on s'est encore retrouvé à l'Asecna, je l'y ai trouvé. Makhouredia Gueye aussi y était, dans le bureau du courrier, à l'aéroport. Et c'est lui qui a amené Baye Peulh à Daaray Kocc. Au début, on ne me connaissait pas trop, j'ai joué des rôles de figurants avant de débuter mon compagnonnage avec eux. Ils ont été humbles, et Baye Peulh a toujours été mon ami bien avant tout cela. On a été dans la même troupe des Gmi à Bargny. Ils m'adoraient tous les deux. On n'a jamais eu de problèmes et je ne les ai jamais vus se bagarrer. Quand j'ai eu plus de succès, je n'ai jamais hésité à les appeler partout où je vais.

Comment avez-vous vécu le succès de Goorgorlu?

Je l'ai très bien vécu. Ça m'a toujours fait plaisir de voir que les jeunes imitaient mon habillement, mes pas de danse. D'ailleurs, celui qui passait dans les radios est venu jusque-là pour me voir. J'étais très content ci je lui ai fait savoir que l'essentiel, c'était qu'il ne soit pas incorrect, ni insolent. Parce qu'on ne m'a jamais vu être incorrect. Et tout ce qu'il a, il vient m'en donner et pourtant il n'a rien. Il y a une année, ou presque, tous les enfants étaient habillés en Goorgorlu lors du mardi gras.

Et vos enfants, comment le vivent-ils ?

Ils n'ont aucun problème par rapport à ça. Ils en sont même très fiers. Ils me demandent même à quand le nouveau départ de Goorgorlu? Mon enfant qui vient juste de passer joue au foot­ball, il joue souvent aux navétanes. Mais, il n'a aucun problème avec ça, lui comme les autres.

Est-ce que cela ne vous dérange pas parfois de danser à votre âge?

Non, ça ne me dérange pas du tout. Ça fait partie de nous, c'est tout à fait naturel. Chez nous les Lébous, aussi bien les vieux, que les jeunes dansent à chaque fois qu'ils sont contents, ils dansent. Il nous est très facile de danser. Aux régates, on voyait des vieux qui dansaient jusqu'à se retrouver dans la mer. Et les Mbapatt qui se passaient devant cher moi aussi m'ont rendu très apte à la danse. Les vieux Lébous sont pareils aux vieux Lougatois, dès qu'ils sont contents, ils se mettent à danser.

Est-ce que Baye Ily songe à sa retraite?

Il n'y a pas de retraite dans l'art. Moi, je ne songe pas à cela. Quand je suis allé à la Mecque, ma première prière a été de demander que le Bon Dieu me laisse mes pieds en bon état, la capacité de parler et de faire quelque chose qui puisse plaire aux gens. J'ai grandi dans ça et je ne connais que ça.

Les musiciens font beaucoup voyager les comédiens, en tout cas Youssou Ndour en amène à Bercy. Vous a-t-on déjà amené à des voyages de ce genre ?

Non, jamais. En tout cas nous, on ne nous a jamais amené en voyage. Nous sommes leur dernier souci, que ce soit Youssou ou un autre. Mais bon, moi je ne demande rien à personne. Que j'y aille ou que je reste ici, ça m’est égal, sama yoon newou thia. Et là au moins, je reste aux côtés de ma famille.

Et si on vous invitait à y aller ?

J'irais, mais je ne demande rien à personne.

Quels sont vos rapports avec ces artistes musiciens ?

J'ai de très bons rapports avec eux. Ils m'appellent tous père, Salam Diallo et Pape Thiopet sont les deux personnes qui peuvent m'embêter plus que quiconque dans ce pays. Ils me disent du n’importe quoi, mais c'est normal. Nous sommes tous des artistes.

Et ceux qui font du théâtre, surtout les jeunes, viennent-ils parfois vous demander conseil ?

Oui, il y en a qui le font et je suis ravi quand ils le font. En tout cas, je suis prêt à partager ce que je sais avec les autres.

Peut-on s'attendre à une pièce théâtrale où on verra Sanekh et Baye Ely ?

Ça existe déjà et ça doit passer à la télé sous peu. On a déjà enregistré une série de trente épisodes, il y a même Mbaye Dose dedans. C'est sur la Rts que ça doit passer.

Vous avez quel âge?

J'ai 62 ans.

Vous faites du sport donc ? Parce qu'on a aperçu en bas une machine pour le sport ?

J'en faisais, mais maintenant, ce sont les enfants qui en font.

On ne vous donne pas votre âge ?

Boulène ma sonal. Aller là-bas. C'est Dieu qui m'a créé ainsi.

Est-ce que ce n'est pas à cause des poulets ?

Mon amour pour les poulets, ce n'est pas que dans le théâtre Goorgorlu. J'adore le poulet et ceci bien avant Goorgorlu. Guinar môme, beugue nako lool.

Parlons de votre jeunesse. Vous n'êtes pas vilain, donc vous étiez sûrement couru par les femmes et peut-­être jusqu'à présent même ?

(Il éclate de rires). Je ne sais pas.

Oui, mais les femmes ne vous laissent pas tranquille ?

(D'un ton indifférent). Dédet sakh. En tout cas, je suis en bons termes avec tout le monde. Et, je ne vais pas vous dire que je vais m'en limiter à une épouse ou deux. Je ne ferme pas ma porte et même si je la fermais, on la défoncerait. Alors mieux vaut la laisser ouverte. En tout cas, j’en ai deux présentement.

Et vous comptez en avoir une troisième ?

J'avais même une troisième, mais on a divorcé. Et je le redis, je ne ferme pas la porte. Que tout le monde l'entende, ça m'est égal. Il faut que les gens sachent une chose, chaque femme a sa chance. Chaque enfant aussi. Et chaque nouvelle épouse ou nouvel enfant vient additionner ses chances aux miennes.

Les gens fuient la polygamie à cause de la cherté de la vie et vous, vous la cautionnez ?

C'est leur problème, moi qui vient, j'encaisse.

Toutes vos deux épouses vivent dans la maison ?

Non, l'autre est aux Hlm de Rufisque.

Donc, vous avez deux Maisons ?

Non, je n'ai qu'une seule maison. Là-bas, on a loué.

Jalousez-vous vos enfants?

Mane mii haay ! Faléwoùmalène sakh (Moi, que racontez-vous, je ne m'en occupe même pas). Demander ­leur. Cependant, si je vois qu'elles ou qu'ils fréquentent quelqu'un qui ne les convient pas, je leur dis carrément de mettre un terme à cette relation. Moi, je n'ai pas peur de dire ce que je pense aux gens.

Croyez-vous aux problèmes de castes?

Non, pas du tout, Ce n'est-pas mon problème, les mariages avec des castés, moi ça ne me dérange pas. D'ailleurs, ma troisième épouse, celle avec qui j'ai divorcé fait partie de ce groupe. Mais, ce n'est pas pour cela qu’on a divorcé! On a vécu ensemble quatre ou cinq ans. Moi, je n'ai pas ces problèmes-là.

Vous est-il déjà arrivé de vouloir épouser une artiste?

Si. Ma première épouse est une artiste. Elle jouait au théâtre avant.

C'est dans le théâtre que vous l'avez connue ?

Non, on était dans la même troupe. Mais je ne l'ai pas connu là-bas, nous habitions le même quartier.

A quel âge vous êtes-vous marié ?

Je me suis marié à l’âge de 25 ans, à la fleur de l’âge. J’étais un sassoumane (beau gosse). J’ai fumé de 1959 à 1980 et j'ai arrêté. Il faut avoir une personnalité et savoir arrêter quand il le faut. Ceux qui disent qu'ils ne peuvent pas arrêter de fumer, ils mentent. Mako wakh ! Vous savez, moi, c'est maintenant que j'ai arrêté de donner des noms, mais, je citais les noms des gens. Mais quand je me suis rendu-compte que ça n'en valait pas la peine, certains sont sans scrupule, j'ai laissé tomber. Ça ne les fera pas changer. Dagnema soof!

On voit l'encensoir à vos côtés, on a l'impression que vous aimez le thiouraye?

Le thiouraye, c'est moi qui l'amène chez moi, je suis talibé Cheikh et c'est une de nos particularités. Je vais chez mes amies, on m'en met dans des sachets que je donne à chacune de mes épouses. J'en garde aussi dans mon armoire. Si je ne vois personne, je me mets de l'encens moi-même. Il m'arrive même d'en acheter.

Baye Ily, on voit ici une photo de vous et d'Idrissa Seck. Est-ce votre leader politique ?

Non, c'est mon ami. Idy, c'est mon ami personnel. Idy est la première personne à m'avoir offert un million. Et quand il a eu ses problèmes, je suis allé le voir, on a bien discuté. Moi, je suis artiste et mes penchants politiques, je les garde pour moi. Cependant, j'ai des amis parmi eux. Macky aussi, c'est mon ami. Il ne faut pas que l'on renie ses amis parce qu'ils ont des problèmes.

Et Wade ?

Ah, il nous avait offert 1 million 500mille francs chacun, à Seune et moi. Et, c'est moi qui l'avais écrit. Dans la réponse, on nous a dit de venir répondre. Et arrivés au palais, on nous a remis l'argent. Et il paraît que c'est 5 millions que le Présidents nous avait donnés à chacun. C'est la personne qui nous avait remis l'argent, paraît-il, qui nous a joué un tour. Et, il n'est même plus là-bas il paraît.

C'est qui cette personne ?

Ham ! Je ne connais même pas son nom. Si je le connaissais, j'allais vous le dire sans hésiter et s'il me le reproche, il verra avec moi. Mane hamnga lolou saafuma ! Moi, ça ne me pose pas problème de le dire.

Est-ce qu'il vous a déjà accordé une audience ?

Non, jusqu'à présent. J'ai écrit, mais toujours sans résultat.

S'il vous accorde une audience, qu'allez-vous lui dire ?

Ah, you wii ! lolou meunomako wax fi ! (Ah, ça je ne peux pas le dire ici).

Vous allez lui parler de vous ou des artistes en général?

Sama affairou boppa lakoy wax. Kounek, sa hétap nguemb doynala fote ! (Je vais lui parler de mes problèmes, chacun a ses propres problèmes qui lui suffisent largement !) Les artistes ont le ministre de la culture pour parler de leurs problèmes. Que dites-vous ? Je ne parlerai que de mes problèmes ! Dong! (Seulement !) Kouy set Yala, bo guissé yonente bi do wogné­kou ! (En cherchant le bon Dieu, si tu croises le Prophète (Psl), tu ne fais pas demi-tour). Pourtant, Wade a dit au ministre de la Culture de m'amener le voir avec Rokhaya Niang. Je ne sais pas ce qui le bloque jusqu'à présent. En tout cas, moi je fais mon devoir et qui ne fait pas le sien, c'est son problème.

Vous a-t-on contacté pour le Fesman ?

Jusqu'à présent, on ne m'a rien dit. Alioune Badara Bèye, on a grandi ensemble avec le père de Papa Ndiaye Guéwel, Aladji Kouka qui était à Sorano... À la sortie, du cinéma Hindou, on se mettait à chanter ensemble. Ça, ce sont nos rapports personnels. Pour le Fesman, si on m'appelle, je réponds. C'est tout. Dans tout ce qui fait progressé l'art si on m’appelle, j’y vais sans arrière pensée.

Réalisé par Aissatou THIOYE et Lalla CISSOKHO et Oumy DIAKHATE

Source: Walf gran Place

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Lundi 26 Janvier 2009





1.Posté par 31 le 26/01/2009 02:34
1er sil a les moyens financiers et les forces physiques requises c pas grave mais aussi essayer de satisfaire vos femmes en leur donnant des orgasmes. On peut faire des bébé sans pour autant être en mesure de donner un vrai orgasme à sa femme DEBAT IMPORTANT VOTRE AVIS SVP

2.Posté par diaw le 26/01/2009 09:19
mais qu'est ce qu'il devient lui?

3.Posté par conquérant le 26/01/2009 09:23
En voilà un qui est toujours resté égal à lui même. Un franc tireur hors pair. Hélas il appartient à une communauté où la vérité est tabou et le mensonge et l'hypocrysie règnent en maîtres.

4.Posté par MOY LOLOU le 26/01/2009 13:10
31 yaw loy wakhni........ nonnnnnnnnn ya telmen de con ici
afér de orgasme loukofi hindi, pitinnnnnnnn!!!!!!! c pa possibl
yaw homme cromagnon yi sakh ya léne raw tchiiiiiiiim

5.Posté par wi le 26/01/2009 13:20
mdrr 31 orgasmes dou goor yeupp gnokeu meuna diokh séni djiguéne, surtout cé modou modou la na lanppa bifaye rek gnou roukh danou parèsinak mdrr en tt cas bcp d'africains hommes conné pa orgasmes kel dommage waye

6.Posté par khady le 26/01/2009 17:23
goorgorlou,tu es le meilleur!!!!

7.Posté par 31 Toulouse le 26/01/2009 18:14
ça sert à rien d'epouser des meufs sans pour autant être en mesure de leur procurer de l'orgasme

8.Posté par chon le 27/01/2009 12:18
baye éli yako yorr fans n° 1 vraiment tu me plait beaucoup et en plus tu fait bien ton boulot

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