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ENTRETIEN AVEC TALLA SYLLA ''Wade n’a confiance qu’en son fils pour couvrir ses arrières''

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Son agression d’il y a plus de quatre années n’a rien enlevé à son mordant. Sa longue convalescence, non plus. Talla Sylla est resté le même. Rien n’a changé dans son ton guerrier. Toujours prêt à dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Dans cet entretien, le bouillant leader de l’échiquier politique explique pourquoi il a rejoint le front Siggil Sénégal, ce qu’il attend de ses nouveaux alliés. Non sans évoquer la donne ‘Rimzoo’, un sobriquet dont il affuble, désormais, Karim Wade.



ENTRETIEN AVEC TALLA SYLLA  ''Wade n’a confiance qu’en son fils pour couvrir ses arrières''
Wal Fadjri : Votre formation a décidé d’intégrer le front Siggil Sénégal. Peut-on en connaître les raisons ? Talla Sylla : Le bureau politique de l’alliance Jëf jël s’est réuni et a analysé la situation politique nationale marquée par les actes que Wade et son fils ont posés. Lesquels actes consistent à instrumentaliser l’appareil d’Etat afin de parvenir à leur fin : instaurer la monarchie au Sénégal. L’acte du report des élections locales n’est qu’un des moyens pour atteindre cet objectif. On s’est rendu compte qu’ils ont cette volonté ferme de ligoter la République du Sénégal pour la livrer à celui que j’appelle ‘Rimzoo’( Karim Wade, Ndlr). Et nous nous sommes dit qu’il faut faire face. Mais on ne peut et doit faire face efficacement que dans le cadre d’un rassemblement le plus large possible. Nous n’avons pas voulu rester dans notre coin et appeler les autres au rassemblement. Il y avait déjà un cadre (le front Siggil Sénégal) qui existe et qui a publiquement annoncé sa volonté d’aller en guerre contre ce projet qui consiste à liquider la démocratie, à instaurer une démocratie sans élection au Sénégal. Voilà pourquoi nous avons décidé de rejoindre ce cadre pour y rencontrer les patriotes et démocrates et trouver avec eux un terrain d’entente, mettre en branle un plan d’action pour aller au combat.

Wal Fadjri : Pourtant vous-avez souvent reproché au front Siggil Sénégal d’être incohérent dans sa façon de s’opposer au régime. C’était par exemple le cas lors du report des législatives quand le Jëf-Jël a invité les opposants à quitter le pouvoir et renoncer à tous les avantages qu’ils avaient (salaires, voitures, etc.).

Talla Sylla : Il faut dire qu’à l’époque nous avons été très clairs. Nous ne nous adressions pas à l’opposition mais aux députés qui étaient élus pour un mandat de cinq ans. Mandat qui était arrivé à terme le 30 juin 2006. A l’époque, nous avions dit qu’il n’était pas question de cautionner le coup d’état perpétré par le Parti démocratique sénégalais. Des chefs de l’opposition ont quitté l’Assemblée nationale, d’autres sont restés. A l’époque, le front Siggil Sénégal n’existait pas. Il y avait d’autres rassemblements qui existaient mais nous n’en étions pas membres. Plus tard, nous avions fait face à une nouvelle situation : il y a eu une élection présidentielle contestée, des élections législatives boycottées. Donc, il y a un problème de légitimité au niveau de nos institutions. La présidence de la République est contestée, l’Assemblée nationale où siège mon parti est contestée du point de vue de la base qui l’a mise en place. Le Sénat est contesté du point de vue de sa légitimité : 65 % des sénateurs choisis par le président de la République et 35 % choisis par des conseillers dont le mandat a expiré depuis Mai 2007. Voilà le contexte dans lequel on se trouve. Les institutions au Sénégal n’ont plus aucune légalité encore moins de légitimité. Dans ces conditions où les gens du pouvoir essaient d’utiliser les moyens de l’Etat pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, nous devons nous organiser tout en sachant qu’on ne peut pas tout faire tout seul. Personne ne peut aller seul de son côté et régler les problèmes du Sénégal. Nous sommes obligés de nous retrouver dans un espace de rencontre. Surtout que nous nous sommes déjà entendus sur la question des assises nationales. Et aujourd’hui que nous sommes dans le contexte que je viens de décrire nous avons estimé qu’il faut oublier le passé et se tourner vers l’avenir. (…)

‘Depuis que Abdoulaye Wade est au pouvoir, hormis la présidentielle, aucune élection n’a été tenue à date échue’

Wal Fadjri : Vous êtes désormais dans le front Siggil Sénégal, que comptez-vous apporter de plus à ce cadre et qu’attendez-vous de vos nouveaux alliés ?

Talla Sylla : Nous avons participé à une réunion et nous avons été bien accueillis. Nous nous connaissions déjà et au-delà des divergences politiques de par le passé, au plan personnel, nous avions de bonnes relations avec les leaders des partis membres du front. Nous leur avons fait comprendre que nous étions là, pour participer au combat. Pour apporter peut-être notre jeunesse, notre détermination, notre engagement et la connaissance aussi que nous avons de nos adversaires (Pds). Eux aussi ont des choses à apporter car dans chaque parti, il y a des jeunes, des militants engagés. Nous allons mettre ensemble nos forces, possibilités, nos moyens pour faire face. Car le maître-mot, c’est faire face. Et nous le ferons spontanément, sincèrement et loyalement. Nous essayerons autant que possible de faire de la conférence des leaders, le cadre de débat sur les questions d’orientation pour éviter de porter d’éventuelles divergences sur la scène publique. Et nous allons nous donner les moyens de faire face. Parce que, ce qui est sûr, c’est que notre unité n’arrange pas le pouvoir. Ils essaieront, avec les moyens dont ils disposent, de poser des actes pour manipuler, diviser et divertir. Mais cela, nous y échapperons par notre vigilance et notre loyauté.

Wal Fadjri : Les élections locales ont été reportées au motif de la nouvelle érection des départements de Kédougou, Kolda et Sédhiou en régions. Quelle analyse politique en faites-vous ?

Talla Sylla : La question n’est pas dans l’érection de ces départements en régions. Wade a un problème avec la démocratie qui lui a tout donné. Tout le monde se rappelle les conditions dans lesquelles nous avons pu avoir une alternance en 2000. L’élégance avec laquelle le pouvoir a été remis à Me Abdoulaye Wade. Mais depuis qu’il est au pouvoir, hormis la présidentielle, aucune élection n’a été tenue à date échue. Cela veut dire que si Wade, du temps de Diouf, dénonçait une démocratie sans alternance, aujourd’hui, lui nous a installé une démocratie sans élection. Or on ne peut comprendre une démocratie sans élection. Il est inimaginable qu’en France, aux Usa, dans une démocratie qui se respecte, de reporter des élections pour mieux se préparer. Wade ne peut pas se lever un beau jour, sans concertation préalable, pour créer de nouvelles régions et quelque temps après prendre prétexte sur l’érection de ces régions pour reporter les élections. Lui et son régime n’ont aucun respect pour le peuple sénégalais. L’enjeu dans cette affaire c’est qu’il faut réhabiliter la souveraineté du peuple et la constitution du Sénégal est claire sur la question : ‘La souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple, aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de cette souveraineté’. Or aujourd’hui, nous avons l’impression voire la conviction que ceux qui sont au pouvoir et qui ont énormément de choses à se reprocher, ont besoin de couvrir leurs arrières. Parce que quand on n’a rien à se reprocher, on fait son travail, on se présente aux élections et on s’en va si on est battu. Mais si on s’entête à protéger ses arrières, c’est que quelque part, les choses ne sont pas claires. A ce propos, je rappelle que j’avais envoyé une lettre ouverte à Wade en 2002. Dans cette lettre, je lui ai dit que ‘des affaires juteuses en tout genre, sont traitées et conclues dans la plus grande opacité, permettant ainsi à des membres de votre entourage de puiser des deux mains et en toute impunité, dans le cous-cous national. Qu’une nouvelle mafia s’est installée, elle ressemble comme son clone mais en plus habile à celle que vous prétendiez combattre et que vous vouliez hier poursuivre en justice’. C’est ce contexte-là qui justifie qu’il veuille aujourd’hui instaurer une dynastie dans ce pays parce que Wade n’a plus confiance en personne. Son expérience avec Idrissa Seck et Macky Sall a fait qu’aujourd’hui, il n’a confiance qu’en son fils pour couvrir ses arrières.

‘Il faut que Karim Wade et son équipe nous disent très clairement comment on est passé de la route vers le sommet au sommet de la déroute’

Wal Fadjri : A ce propos, l’on accuse le chef de l’Etat de vouloir se faire remplacer par son fils et le meeting de ce dernier à Guédiawaye a été diversement interprété. Quel commentaire vous en faites ?

Talla Sylla : Depuis que Wade est là, le seul projet qu’il conduit avec méthode est celui consistant à se faire remplacer par son fils. À sa descente à Guédiawaye, Rimzoo a dit qu’il y a deux partis au Sénégal : celui de l’action et celui de la parole. Et il s’est auto-adjugé le parti de l’action. (Rires). (…) En disant qu’il n’est pas du parti de la parole, il confirme ce que tous les Sénégalais savent : c’est qu’ils n’ont pas de parole. Dailleurs, de quelle action peuvent-ils se prévaloir pour nous dire qu’ils sont le parti de l’action. Si c’est pour avoir géré, initié, organisé, coordonné l’exécution d’un certain nombre de projets liés à des infrastructures, ils devront disputer ce terme d’action à Idrissa Seck et Macky Sall. Mais au fond, ils ont pu faire ce qu’ils ont fait parce qu’ils sont au pouvoir. Quand on est au pouvoir, nécessairement on dispose des moyens qui peuvent permettre certains travaux. Pourquoi s’appuient-ils sur cela pour en faire un projet politique ? Le projet politique, c’est quelle vision on a pour le Sénégal ? Comment faire pour renforcer les liens entre les Sénégalais ? Comment faire pour davantage intégrer les Sénégalais de religions, d’ethnies différentes dans le cadre d’un ensemble pour qu’ils aillent dans la même direction ? Comment faire pour renforcer la démocratie sénégalaise ? Nous avons toujours estimé que notre préoccupation en politique ne doit jamais être comment nous faire élire. Mais comment comprendre les problèmes des populations et comment prendre en charge ces problèmes ? Les Sénégalais sont fatigués ; ils sont dans des difficultés énormes. C’est cela qui doit être à la base d’un engagement politique. Mais tout le monde sait que ‘Rimzoo’, si son père n’avait pas été président de la République, jamais il ne se serait présenté devant les Sénégalais pour leur parler comme il l’a fait à Guédiawaye avec autant d’arrogance.

Wal Fadjri : Le sommet de l’Oci a vécu. Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour exiger un bilan. Est-ce le cas de Talla Sylla ?

Talla Sylla : Oui, je dis très clairement qu’il faut que ‘Rimzoo’ et son équipe nous disent très clairement comment on est passé de la route vers le sommet au sommet de la déroute. Si on utilise les moyens des Sénégalais, on doit rendre compte. Il y a eu ce conflit entre Wade et Macky Sall à un moment parce que le premier avait estimé qu’on ne devrait pas convoquer son fils. Qu’est-ce que cela veut dire ? Dans d’autres pays, c’est le président de la République lui-même qui est convoqué. La constitution sénégalaise prévoit les conditions dans lesquelles les détenteurs de charges républicaines peuvent être convoqués. Pourquoi est-ce qu’on ne convoquerait pas les membres de l’Anoci pour qu’ils rendent des comptes ? Nous, nous pensons qu’il faut un compte-rendu clair et détaillé au nom de la transparence.

Wal Fadjri : Votre parti, le Jëf-Jël a connu des remous notamment des démissions au sein de la direction. Moussa Tine, Benoît Sambou ont quitté sans trop de précision sur leur départ. peut-on savoir ce qui s’est vraiment passé ?

Talla Sylla : Non ! Ça c’est du passé, c’est une situation qu’on a largement dépassée.

Wal Fadjri : Mais les Sénégalais veulent et doivent savoir les raisons qui expliquent ces départs.

Talla Sylla : On en a parlé et reparlé. Et en continuant à en parler, cela donne l’impression d’une situation de crise dans notre parti, ce qui est loin d’être le cas. Le Jëf-Jël est par essence le parti qui fonctionne sur des bases démocratiques. Vous n’avez jamais entendu et vous n’entendrez pas un membre de notre parti dire qu’il n’y a pas de démocratie au Jëf-jël. Nos instances se réunissent régulièrement et nous avons déjà tenu quatre congrès en dix ans d’existence légale. Aucune décision n’est prise en dehors des instances du parti. Maintenant, à l’intérieur de chaque organisation, il y a des êtres humains. Lesquels, à un certain moment, peuvent estimer que compte tenu de choses qui ne sont connues que d’eux, devoir prendre une position de retrait de la direction. Moi-même il m’a été donné plusieurs fois dans ma vie de démissionner. Par exemple j’ai démissionné du Pai tout en gardant de meilleurs rapports avec Majmout Diop. Je sais qu’il n’y a aucun problème au Jëf-Jël en tout cas jusqu’à preuve du contraire.

Wal Fadjri : Le Jëf-jël ordonnera-t-il à ses militants de quitter leur poste au niveau local comme ce fut le cas lors du report des élections législatives ?

Talla Sylla : Le Jëf-jël l’a fait depuis l’année dernière. Pour le reste, chacun prend ses responsabilités.

Propos recueillis par Yakhya MASSALY

Source: Walf Gran Place

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Vendredi 28 Mars 2008





1.Posté par ramses le 28/03/2008 14:13
Cher ami fais trés attention, ils t'ont manqué la derniére fois surveille bien tes arriéres, bonne chance....

2.Posté par talla le 28/03/2008 17:33
mé talla moo meti....

3.Posté par alain le 28/03/2008 20:51
voila un vrai opposant les autres c est des peureux tous ils veulent pas dire la verite a fantomas..........si vraiement on pouvez avoir des talla du genre le pays irez de l avant .......nous t encourageons talla vas y fonce devant le viel..........seul ton genre pourra faire chaviirer le vieil du courage cher talla..............

4.Posté par wakh deugg le 28/03/2008 21:27
talla sylla est tres indispliner
abdoulaye wade est le meilleur president de lafrique
concernant les prix du riz huile sucre etc laugmentation c partout je demande aux senegalais de telephoner les modou modou de lexterieur
nous senegalais changeont de mentaliter les choses ont changer
nous avons un president courageux yalla na yalla def diam amine

5.Posté par ibou le 17/04/2008 13:32
source à revoir. C'est walf quotidien et non walf grand place


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