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ENTRETIEN AVEC... Ousmane Tanor DIENG à Paris : ‘Je serai candidat au prochain congrès pour diriger le Ps'

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De retour de Genève où se tenait une réunion de l’Internationale socialiste, le Premier secrétaire du Ps, Ousmane Tanor Dieng, a rencontré ses militants de Paris. Au sortir de la rencontre, il s’est confié à la presse sénégalaise. Durant l’entretien, il a soutenu que le dialogue que l’opposition sollicite auprès du chef de l’Etat n’a pas pour finalité l’entrée dans un gouvernement. ‘Nous prescrivons le dialogue et nous proscrivons l’entrisme’, a-t-il lancé. Tout en précisant que pour régler certains problèmes du pays, il faut une large base sociale. Il a évoqué la question de la participation aux élections locales de l’année prochaine, le congrès du Parti socialiste les 28 et 29 juillet 2007 pour dire qu’il sera candidat à la tête du parti. Le Premier secrétaire s’est exprimé sur la démission de Mamadou Diop et sur le futur parti de Robert Sagna.



ENTRETIEN AVEC... Ousmane Tanor DIENG à Paris : ‘Je serai candidat au prochain congrès pour diriger le Ps'
Wal Fadjri : En escale à Paris en provenance de Genève où l’Internationale socialiste a tenu une réunion, vous venez de rencontrer vos militants parisiens. Avez-vous tiré les conclusions des résultats de votre parti en France lors des élections présidentielle et législatives ?

Ousmane Tanor Dieng : C’est à eux de le faire. Ce qu’ils ont constaté, par exemple, c’est que le Pds a dépensé 150 000 euros lors de la campagne présidentielle. Comme ce que nous avons fait à Dakar, ils ont regretté et dénoncé l’achat de conscience, la corruption. Les moyens qui ont été mis pour faire voter les gens ont été non démocratiques. Ils m’ont dit que les élections ont été aussi frauduleuses en France. C’est pourquoi ils ont participé à la campagne de boycott. Ils m’ont dit qu’au niveau de Paris, le taux de participation a tourné autour de 10 % et que pour l’ensemble de la France, c’est autour de 12 %. Cela veut dire que la campagne qu’ils ont menée au niveau du Front Siggil Sénégal a été une bonne campagne. Je les en ai félicités. Ils ont tiré les enseignements, indiqué les manquements, les insuffisances, le peu de moyens qu’ils ont eus. Je leur ai dit que nous sommes un parti d’opposition et que nous n’avons pas les moyens pour faire une grande campagne, mais que je les encourage pour les résultats qu’ils ont obtenus. Il y a beaucoup de jeunes, de jeunes filles, de cadres qui sont dans le parti. Il y a un jeune avocat qui, par hasard, est le fils du maire de Joal, Joseph Ndong, qui vient militer avec nous au moment où son père nous quitte pour le Pds. C’est enrichissant et encourageant. Et nous avons beaucoup de jeunes cadres comme ça.

Wal Fadjri : Par rapport aux résultats des élections présidentielles, au-delà de la fraude que vous avez dénoncée, l’opposition n’a-t-elle pas une part de responsabilité dans sa défaite ?

Ousmane Tanor Dieng : Il y a forcément une responsabilité quand il y a un échec. Mais notre problème est que les élections ont été organisées de manière frauduleuse. Ce que nous avons dit et rappelé, c’est que nous ne nous reconnaissons pas dans ces résultats parce que le fichier n’est pas bon. Il y avait beaucoup d’étrangers, environ deux millions, qui ont été inscrits. Il y a eu des votes multiples. Le vote des militaires a été d’une grande opacité. On a sorti un mémorandum. C’est à partir de celui-ci que nous avons dit que nous n’irons pas à des élections s’il n’y a pas une prise en compte de nos revendications sur le fichier, le vote multiple, le vote des étrangers. Nous avions demandé au président Wade de nous rencontrer et de discuter avec nous de ces questions en présence de la société civile. C’est qui a été fait depuis 1992 avec le président Abdou Diouf. Il existe une jurisprudence, des précédents qui ont été créés pour discuter des questions électorales afin de dégager un consensus. Des discussions ont été faites et des consensus ont toujours été obtenus jusqu’à ce qu'Abdoulaye Wade soit élu président de la République. Mais lui ne veut pas de ces discussions. C’est ce qui ne nous paraît pas normal. Et nous avons battu campagne pour le boycott. Officiellement, ce sont 34 % des électeurs qui se sont rendus aux urnes. Ce qui revient à dire que 60 % d’entre eux ont suivi notre mot d’ordre. On me dit que ce n’est pas notre campagne qui en serait la cause. De toutes les façons, il y a une coïncidence entre ce que nous avons voulu et ce que les Sénégalais ont fait. C’est ce qui est important. Nous avons réaffirmé au président Wade notre volonté de le rencontrer et de discuter avec lui pour trouver consensuellement des bases démocratiques pour aller à des élections qui ne seront pas contestées. Nous sommes en face des institutions qui ne sont pas crédibles, qui ne sont pas légitimes à nos yeux. Tant que le président n’acceptera pas le dialogue, il va créer une situation de blocage politique dans le pays. Et cela n’est pas bon.

Wal Fadjri : L’opposition n’a-t-elle pas de responsabilité particulière dans son échec ?

Ousmane Tanor Dieng : Peut-être que nous aurions dû faire cette dénonciation-là avant la campagne et même exiger que certaines conditions soient remplies avant d’aller à la campagne présidentielle. Peut-être que c’est cela notre responsabilité. Mais là aussi, si on l’avait fait, on nous aurait dit que nous n’avions pas de preuves. On aurait aussi dit que nous avions peur d’être battus. Nous avons manqué de vigilance. Même au niveau de nos plénipotentiaires, on nous avait dit de ne pas aller aux élections avec ce fichier parce qu’il était piégé. C’est M. Guèye qui est de la Ld qui nous l’avait dit. Mais nous nous sommes dit que malgré cela, le pays a tellement vomi le président Wade et son régime que nous allions gagner.

Wal Fadjri : Et vous vous êtes rendu compte que ce n’est pas le cas ?

Ousmane Tanor Dieng : Nous nous sommes rendu compte que s’il y a un fichier qui est piégé, qui offre une possibilité d’inscriptions et de votes multiples, il n’est pas possible d’aller à des élections transparentes et de les gagner.

Wal Fadjri : Dans ces conditions, prendrez-vous part aux élections locales de l’année prochaine ?

Ousmane Tanor Dieng : D’abord, pour les législatives, nous nous sommes réunis et avons pris une décision. Pour les locales, nous allons nous réunir parce que ce sont des élections de type nouveau. Au niveau des locales, les délibérations se font au niveau de la base. Nous allons discuter avec nos camarades et nous prendrons une décision. Mais je ne peux pas et ne dois pas prendre une décision ici (à Paris, Ndlr) et dire a priori que, dans des élections qui n’auront lieu que dans un an, on ne participera pas. C’est insensé ! Il faut être raisonnable. Nous avons un an pour réitérer notre demande de dialogue. Et je ne désespère pas qu'Abdoulaye Wade, avec la pression de l’opinion nationale et la pression amicale de ses amis de l’extérieur, revienne à de meilleurs sentiments.

Wal Fadjri : Le manque de consensus autour de la candidature unique n’a-t-il pas…

Ousmane Tanor Dieng : (Il coupe). Pas du tout ! La candidature unique dans un système à deux tours n’a pas beaucoup de sens. Le premier tour sert à décanter la situation et à fixer les rapports de forces. Au deuxième tour, il y a des désistements et un soutien au candidat le mieux placé. Ce que nous avions dit, c’est d’aller tous au premier tour. Et celui qui se placera au second tour, les autres le soutiendraient. Et si les choses avaient été faites normalement, nous aurions été au deuxième tour.

Wal Fadjri : Au bout du dialogue que vous réclamez au président de la République, y aura-t-il un gouvernement d’union nationale ?

Ousmane Tanor Dieng : Ce n’est pas fait pour cela. Nous prescrivons le dialogue et nous proscrivons l’entrisme. Dans un pays, il faut qu’il y ait une opposition véritable et réelle, et à côté un pouvoir qui gouverne. C’est ce qui est normal. Si tout le monde se retrouve autour d’Abdoulaye Wade, il n’y aura pas de démocratie. Nous disons donc non à l’entrisme et oui au dialogue sur les questions qui interpellent le Sénégal. Evidemment, vous le constatez, ici même en France, c’est la vague de débauchage. Nicolas Sarkozy est en train de s’ouvrir en piquant des gens ici et là. Mais je ne pense pas que cela soit efficace. Certains disent même que si j’allais au Comité directeur du Pds ou au conseil des ministres, je ne serais pas dépaysé à cause du nombre de socialistes qui y sont en ce moment.

Wal Fadjri : Pourtant, vous vous n’êtes pas privé de l’entrisme lorsque vous étiez au pourvoir ?

Ousmane Tanor Dieng : La différence entre ce qui se fait maintenant et ce qui se faisait, c’est que personne ne peut vous dire qu’Ousmane Tanor Dieng ou Abdou Diouf l’a appelé pour lui demander de venir au Ps contre de l’argent. Mais aujourd’hui, nos camarades qui sont des responsables à la base, qui sont députés, maires, présidents de communauté rurale sont convoqués à venir au Pds en exerçant du chantage sur certains et en donnant de l’argent à d’autres. C’est cela le débauchage. Je défie quiconque de dire que moi ou Diouf avions appelé quelqu’un à venir au Ps contre de l’argent ou un poste.

Wal Fadjri : La question concerne l’entrisme. Il s’agit de savoir pourquoi refusez-vous l’entrisme alors que vous l’avez prôné pendant que vous étiez au pouvoir ?

Ousmane Tanor Dieng : C’est une question de principe. Lorsque nous étions au pouvoir, nous avions un certain nombre de problèmes sociaux et économiques qu’il fallait régler. Nous pensions que pour régler ces problèmes, il faut une large base sociale, une dynamique. Nous avions pris des contacts et discuté. Ils ont accepté de venir avec nous partager cette dynamique-là pour aboutir à des résultats. Et c'était à la suite d’une discussion à l'issue de laquelle ils ont même introduit des éléments programmatiques. Mais ce que veut Abdoulaye Wade, ce sont des gens qui viennent le soutenir, élargir sa majorité et travailler avec lui. C’est ce qui n’est pas acceptable.

Wal Fadjri : Si le chef de l’Etat vous proposait d’élaborer un programme commun avec lui, alliez-vous accepter de rejoindre son gouvernement ?

Ousmane Tanor Dieng : Je ne peux pas répondre à cette question parce qu’il n’accepte même pas de nous recevoir. C’est la moindre des choses. Il faut qu’il nous reçoive, qu’on discute, qu’on détermine les éléments de convergence dans l’intérêt du pays. Je suis persuadé que pour régler certains problèmes, il faudra une large base nationale. Il est incontournable que la flambée des prix, que le cadre macro-économique qu’il faut redresser, tout cela, il faut suffisamment de bras et de Sénégalais pour le faire.

Wal Fadjri : Il est donc possible d’arrondir les angles si le président Wade vous recevait ?

Ousmane Tanor Dieng : Au moins, cela peut apaiser le climat social. Nous pourrions discuter de la question électorale et aboutir à un consensus. Mais nous recevoir, ce n’est pas une charité, c’est normal. Il y a une opposition. Et l’opposition, c’est nous et non ceux qui sont à l’Assemblée nationale, dont, d’ailleurs, la plupart des partis ont été créés par Abdoulaye Wade. La presse a dit que Wade leur a donné 700 millions pour la campagne électorale. Ils n’ont pas démenti, sauf certains. Les partis qu’il a lui-même créés, ne peuvent pas être considérés comme ceux de l’opposition. Pour nous, l’opposition, ce sont les partis qui se retrouvent dans le Front Siggil Sénégal. Abdoulaye Wade est tenu, au nom de sa fonction et de son serment, de discuter avec cette opposition.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui fonde votre légitimité en tant qu’opposition ?

Ousmane Tanor Dieng : Ce sont les résultats, même fraudés. Nous représentons 40 % aux élections présidentielles. Personne ne peut dire que cela ne représente rien !

Wal Fadjri : Le Front Siggil Sénégal avance que, même sans Wade, le dialogue va se tenir. Cela est-il pertinent ?

Ousmane Tanor Dieng : Ceux qui l’évoquent, parlent d’assises nationales au cours desquelles il y aura tous les acteurs politiques, sociaux pour échanger sur les questions que nous avons évoquées. Mais pour que cela soit efficace, que cela ait une conséquence sur le fonctionnement, sur la stabilité du pays, il faut que ce soit avec Abdoulaye Wade qui est le président de la République de fait. C’est pourquoi nous demandons à le rencontrer. Mais s’il ne le veut pas, nous n’allons pas nous arrêter. Nous allons continuer le travail que nous avons commencé. Nous allons réfléchir entre nous et continuer le combat.

Wal Fadjri : On parle de plus en plus de succession du président Wade par son fils, Karim Wade. Qu’en pensez-vous ?

Ousmane Tanor Dieng : J’ai toujours dit que je ne me prononce pas sur des questions de cette nature. Cela ne me préoccupe pas. Ce qui m’intéresse, ce sont les problèmes des Sénégalais, leur vie quotidienne, le combat de la démocratie au Sénégal, son approfondissement, les dépenses publiques. Ça, ce sont des questions concrètes qui m’intéressent.

Wal Fadjri : Mais la succession du président de la République n’est-elle pas aussi un débat démocratique ?

Ousmane Tanor Dieng : Je ne parle pas de cela. On a une Constitution ; on a des règles. Je pense que tout ce qui se fera, sera en conformité avec les règles contenues dans notre Constitution, dans nos lois et règlements. De ce point de vue, l’essentiel c’est que les choses se passent de manière régulière, transparente. Que les Sénégalais se prononcent sur celui ou celle qu’ils veulent mettre à la tête du pays.

Wal Fadjri : Est-ce parce que vous aviez été victime de ces supputations quand vous étiez au pouvoir que vous ne voulez pas en parler ?

Ousmane Tanor Dieng : Pas du tout ! Je ne peux pas, chaque jour, être à la remorque de rumeurs, de supputations. Cela ne me paraît pas sérieux. Je ne travaille pas comme ça. Je m’occupe de choses sérieuses, importantes. Vous ne m’avez jamais entendu parler de cette question-là et je ne le ferai pas ici.

Wal Fadjri : Parlons du congrès du Parti socialiste. Comment cela va-t-il se faire ?

Ousmane Tanor Dieng : Cela va se faire de manière démocratique. Les renouvellements vont se faire au niveau des comités, des sections, des coordinations, des unions régionales. Ensuite, le congrès sera convoqué les 28 et 29 juillet 2007. Des délégations vont venir de l’ensemble de ces structures et les instances vont être mises en place. Il y aura des thèmes qui vont faire l’objet de débats au cours de ce congrès. Ces thèmes seront déterminés par le comité préparatoire. Pour ce qui est de la désignation du responsable principal du parti, cela se fera au niveau des coordinations. Avant même qu’on arrive au congrès, toutes les coordinations se prononceront démocratiquement au niveau des militants de sorte que le congrès qu’on aura, sera un congrès d’installation du principal responsable, de la mise en place des structures et de débat sur les thèmes qui seront retenus et travaillés au niveau des ateliers.

Wal Fadjri : Est-ce que la même architecture structurelle sera maintenue ?

Ousmane Tanor Dieng : Cela fait l’objet de débat. Certains estiment que le poste de président avait été mis en place pour permettre au président Diouf de se décharger sur le premier secrétaire. D’autres pensent à la création d’un poste de secrétaire général avec des adjoints. D’autres encore estiment qu’il faut maintenir le poste de premier secrétaire ou avoir un président comme les autres partis. Le débat est en cours et les camarades vont se prononcer à la majorité.

Wal Fadjri : Serez-vous candidat ?

Ousmane Tanor Dieng : Je serai candidat le moment venu. Il y aura appel à candidature. Tous les postes sont en compétition. Pour ma part, je serai candidat pour diriger le parti quelle que soit l’appellation.

Wal Fadjri : Candidat comme premier secrétaire ou comme président du parti ?

Ousmane Tanor Dieng : Je peux vous dire d’emblée que les deux postes ne vont pas coexister. Il y aura ou bien un poste de président, ou bien un poste de premier secrétaire ou de secrétaire général. On ne doit pas faire coexister ces postes parce que cela ne se justifie plus. Abdou Diouf était président de la République et voulait se détacher du parti. Il avait même promis que s’il était élu président de la République, il ne serait plus responsable du parti.

Wal Fadjri : Comment avez-vous appris la démission du Ps de l’ancien maire de Dakar Mamadou Diop ?

Ousmane Tanor Dieng : Je n’ai pas été surpris parce que, depuis un certain temps, il disait se sentir à l’étroit dans le parti, qu’il n’était pas considéré, que le parti était dévoyé. Il disait qu’il voulait créer son parti ou bien arrêter de faire de la politique ou bien encore se battre dans le parti. J’aurais souhaité qu’il se batte au sein du parti, mais lui a préféré créer son parti. Mais libre à lui. Que des dirigeants responsables choisissent de partir, ne nous empêchera pas de continuer à travailler. Et ils se rendront compte que le Parti socialiste restera le premier parti le mieux organisé du Sénégal.

Wal Fadjri : Ne craignez-vous la concurrence du parti que Robert Sagna envisage de créer ?

Ousmane Tanor Dieng : Je ne m’occupe même pas de ce qu’il fait vraiment. Cela n’a aucune importance pour moi.

Wal Fadjri : Sérieusement ?

Ousmane Tanor Dieng : Je ne m’occupe pas de ce qu’il fait. Dès que vous quittez le parti, je ne m’occupe plus de ce que vous faites. Je m’occupe du parti. Les gens ont le droit de quitter le parti pour telle ou telle raison, mais je ne peux pas passer mon temps à voir ce que font ceux qui ont quitté le parti. Si c’est cela, je ne travaillerai pas. (A suivre)

Propos recueillis par Moustapha BARRY (Correspondant permanent à Paris)
Source: Walfadji

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Vendredi 6 Juillet 2007

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