Référence multimedia du sénégal
.
Google

ENTRETIEN AVEC… MOUSTAPHA FALL «Che»: «Idrissa Seck est enclin à la trahison et au nombrilisme»

Article Lu 1612 fois

«Partout où nous trouve la mort, qu’elle soit la bienvenue ; pourvu que notre cri de guerre parvienne à une oreille réceptive et qu’une main se tende pour empoigner l’arme.» Ainsi parlait Enersto Che Guevara pour marquer sa détermination à faire triompher son idéal révolutionnaire. Comme El Che, à qui il emprunte le nom de guerre, Moustapha Fall, le patron de l’Alliance patriotique pour la libération/Dogg bumu jam, est l’un des leaders de l’opposition le plus engagé dans la lutte contre le régime libéral. Sur Idrissa Seck, il avait dit haut et fort sa vérité ; vérité selon laquelle ce dernier fera plus de mal que de bien à l’opposition. Et aujourd’hui, l’histoire semble lui donner raison. Tout comme d’ailleurs, elle lui donne raison dans l’identification de l’élément fragilisant de l’opposition, avec notamment les rivalités entre le Ps et l’Afp, sur fond de la question non résolue de leadership entre Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse.



ENTRETIEN AVEC… MOUSTAPHA FALL «Che»: «Idrissa Seck est enclin à la trahison et au nombrilisme»
Vous avez été l’un des rares responsables politiques de l’opposition à avoir averti vos alliés sur le cas Idrissa Seck. Vous aviez prédit qu’il allait trahir la coalition. L’histoire semble vous donner raison. Sur quoi fondiez-vous votre certitude ?

Un militant du Pds, surtout au niveau où se trouvait Idrissa Seck, ne peut jamais quitter définitivement le Pds. Ce militant, surtout lorsqu’il est cadre intermédiaire, avec son parti le Pds, est comme le poisson dans l’eau. En dehors du parti, il n’est rien et ne peut rien. Tout ce que les militants libéraux font en dehors du parti, c’est d’y retourner. La deuxième raison, c’est que je sais que Idrissa Seck est un libéral convaincu ; il ne peut être qu’un libéral ; donc, sa place n’était pas dans cette opposition qui est anti-libérale, une opposition de gauche. Et la première expérience que l’on a eue avec Idrissa Seck, était au niveau de la coalition Jamm-Ji. Dans cette coalition, quand Ousmane Tanor Dieng nous avait dit que Idrissa Seck voulait être avec nous, je lui avais dit que ce n’est pas nécessaire. Cette coalition Jamm-Ji, composée du G10, de la Ld/Mpt et du Ps pouvait largement suffire. Mais, il nous a convaincus. Je lui avais dit également qu’Idrissa Seck nous fera plus de mal que de bien et qu’il va amener des problèmes dans notre coalition. Ce qui ne va pas tarder à se vérifier. Dès qu’on l’a accepté, il a exigé d’avoir 40% de la liste nationale de la coalition Jamm-Ji. Ce qui a créé de véritables problèmes au niveau de cette coalition. Ce qui a fait que j’ai quitté Jamm-Ji même. Ensuite, à la veille des élections, cette opération de législature a échoué, avant qu’on ne fasse une autre élection, il a trahi la coalition Jamm-Ji, l’opposition, pour aller rejoindre Abdoulaye Wade. Quand cela n’a pas marché avec ce dernier, Idrissa Seck est revenu au sein du Front Aar Sénégal d’abord, ensuite au niveau du Front Siggil Sénégal. J’ai toujours dit que Idrissa Seck retournera au Pds. Il est toujours égal à lui-même. C’est un homme versatile. Je lui reproche deux choses : sa versatilité politique et sa moralité. Voilà un homme qui a dit ouvertement à la face du monde qu’il a bouffé les fonds secrets ; il en a donné à sa femme, à son chauffeur, à ses gardes du corps et à son cuisinier. Il l’a dit devant tout le monde au niveau de la presse. Voilà un homme qui reconnaît avoir volé. Moi, le Che, quand Ablaye Diack avait dit qu’il avait volé de l’argent et qu’il se l’est partagé avec les Kaolackois, j’avais porté plainte. Ablaye Diack avait passé sept heures de temps à la Dic (la Division des investigations criminelles : Ndlr). Donc, si Idrissa Seck nous dit qu’il a volé et qu’il a donné cela à sa famille, voilà un homme qui ne mérite pas d’être au sein de l’opposition. En dehors de sa versatilité politique, aujourd’hui il est dans l’opposition, demain il va encore rejoindre la maison de son père, etc. Voilà un homme qui demeure toujours versatile, enclin à la trahison et au nombrilisme. Voilà un homme pour qui seuls ses propres intérêts comptent. Idrissa Seck n’a jamais été un opposant à Wade, mais il est plutôt son concurrent d’intérêts. J’ai toujours dit que c’est un concurrent d’intérêts à Abdoulaye Wade et non un opposant et que sa présence dans l’opposition, notamment dans les coalitions Jamm-Ji, Aar Sénégal, Siggil Sénégal, n’étaient que pour des raisons tactiques et opportunistes. Pour lui, l’opposition n’était qu’un bouclier, un instrument de chantage et de pression sur Wade, un subterfuge pour faire la paix avec ce dernier. Son retour sans condition au niveau du Pds -qui est très pragmatique d’ailleurs- est dicté par son besoin de sauvegarder ses milliards, de se faire blanchir par Wade, son procureur, lui qui l’accusait et de revenir aux affaires. Voilà les raisons pour lesquelles j’ai toujours averti.

Quand vous pointez l’index accusateur sur Idrissa Seck, ne faut-il pas aussi retourner le pouce vers l’opposition, ses coalitions qui ont été si naïves, malgré tout ?

Malgré mes avertissements, ils persistaient. Vous savez que la cooptation et l’adoption de Idrissa Seck au sein de l’opposition anti-libérale, lui-même libéral, est le résultat de rivalités existant au sein de cette opposition. Il y avait des rivalités ! Quand Idrissa Seck est avec tel rival, il est traité de tous les noms d’oiseau par l’autre. S’il tourne le dos à son protégé, il est encensé par celui qui le dénigrait. Voilà ce qu’il avait fait, avant, pendant et après les élections. Au début, Idrissa Seck était avec Tanor; il se faisait insulter par les Moustapha Niasse et Amath Dansokho en campagne électorale même. Au lendemain des élections, il compose avec Moustapha Niasse pour abandonner Tanor. Et il a joué sur ces contradictions-là. Il a tellement joué sur ces rivalités entre éléments de l’opposition, notamment les plus puissants, qu’en fin de compte il était devenu un élément incontournable de l’opposition anti-libérale, lui, le libéral. Ce qui est un paradoxe, d’ailleurs. Tout cela, c’est les problèmes de l’opposition aussi. On se cherche et on ne sait pas se retrouver. J’ai toujours dit que la Cpa (Coalition pour l’alternative : Ndlr) était une unité de contraires. C’est la rencontre des gens qui avaient été renversés avec ceux qui les avaient renversés, ensemble ; ils veulent renverser ceux qui les avaient renversés en 2000, etc. Donc, ce sont ces contradictions qui existent dans l’opposition. Ces rivalités ont fait aussi que les uns ont voulu être avec Idrissa Seck, ne serait-ce que pour narguer les autres, alors qu’en politique, il n’y a pas de place pour de tels sentiments. Il faut être beaucoup plus pragmatique, plus politique. Et l’histoire m’a donné raison. Voilà pourquoi d’ailleurs, j’avais refusé d’être dans le Front Siggil Sénégal, parce que j’ai dit dès le départ que tant que Idrissa Seck est là-bas, je n’y serai pas. Et j’ai respecté ma parole jusqu’à ce qu’il quitte et maintenant, je pourrai tranquillement regagner le Front Siggil Sénégal et mener mon combat.

Aujourd’hui que Idrissa Seck a quitté, vous êtes prêt à rejoindre le Front Siggil Sénégal. Pensez-vous que cette coalition soit en mesure, aujourd’hui, de prendre en charge les véritables questions, au regard du malaise social qui règne dans le pays ?

En tout cas, si le Front Siggil Sénégal n’est pas capable de le faire, je l’amènerai à l’être. Je vais dans ce Front et faire l’état des lieux. Ce qui est sûr, c’est que je mènerai le combat qu’il faut. Les responsables eux-mêmes sont dans les dispositions à se battre et à prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. J’ai toujours dit : «Boycottons les élections du 3 juin ; restons pendant cinq ans au service des masses populaires. Prenons en charge leurs préoccupations, la demande sociale. Ce faisant, au bout de cinq ans, nous pourrons gagner toutes les élections, parce que si les masses sentent que l’on a pris en compte leurs préoccupations, que l’on se bat pour elles, mais alors elles se mettront à notre service !» Mais, se mettre à l’abri comme ça, laisser les masses entre les griffes du pouvoir libéral avec la hausse des denrées et produits de première nécessité, on ne dit rien et quand il y a échéance, on dit : «Voilà, venez voter pour nous !» Ce n’est pas possible. Il faut d’abord se mettre au service des masses, se battre pour leur cause et demain, elles seront avec vous pour des élections.

Que décelez-vous comme insuffisances dans le combat de l’opposition, aujourd’hui ?

Il faut que les coalitions soient formelles, qu’elles soient régies par des textes, par un règlement intérieur. A la Cpa, on avait rédigé un règlement intérieur, bien qu’on n’ait pas pu l’entériner. On ne peut pas être comme ça dans une coalition alors que rien ne nous lie. Et la coalition, c’est comme le marché Sandaga ; on entre et on sort comme on veut, sous prétexte que l’on est souverain. Non, ce n’est pas ainsi ! Même quand on trahit, on dit que l’on est souverain ! Il faut une opposition au sein de laquelle on accepte que l’un ou l’autre, les uns ou les autres dirigent les opérations, même si c’est à tour de rôle.

Le véritable problème de l’opposition aujourd’hui n’est-il pas aussi une crise de leadership ?

Oui, c’est ce que j’ai dit tout à l’heure. Il y a une forte rivalité entre les partis les plus puissants de l’opposition. Il faut que le Ps et l’Afp, pour être clair, vident honnêtement leur contentieux et le problème de leadership sera réglé. Il y aura des textes qui feront que le chef ne sera pas un monarque comme Abdoulaye Wade, mais au service des textes, le premier à les respecter.

Malgré le climat social marqué par la hausse des prix qui frappe de plein fouet les populations, on sent l’absence de l’opposition sur le terrain, en termes d’organisation des masses. On se contente plutôt de communiqués…

L’opposition est sur le terrain politique. Le Front Siggil Sénégal est vraiment en train de faire un travail politique, bien que ça reste. Mais, il faut continuer, redoubler d’efforts, être avec les masses qui commencent à comprendre. Avec ce que j’appelle le peuple du 3 juin, les 65% qui ont refusé d’aller aux élections, c’est déjà un acquis. Il faut maintenant se battre pour convaincre d’autres Sénégalais. Et la victoire des luttes politiques est toujours faite par les masses et non par les états-majors politiques. Tant que les masses ne nous rejoignent pas, on ne pourra rien faire. Donc, travaillons avec les masses et mettons-nous à leur service ! Faisons un travail d’éducation, de propagande et d’agitation. Donnons des mots d’ordre clairs. Si les mots d’ordre sont clairs, les masses les exécutent.

Que pensez-vous de cette propension de l’opposition de répondre chaque fois à l’appel du Président Wade à des moments politiques cruciaux ?

J’ai toujours été contre de telles pratiques. Pour moi, une opposition doit s’opposer ; un pouvoir doit régner. Que l’opposition s’oppose, l’article 58 de la Constitution nous consacre opposants, on n’a qu’à s’opposer et le pouvoir n’a qu’à régner. Si le pouvoir a des problèmes, a pêché sur telle ou telle question, mais on monte le peuple contre lui pour le renverser ou l’amener à redresser la situation. Pour moi, je suis contre les Assises nationales prônées par le Front Siggil Sénégal. Assises, pour quoi faire ? J’ai toujours dit que nous ne sommes pas des consultants de Abdoulaye Wade. Etudier la situation du pays pour lui remettre ça, c’est être un consultant. On doit se battre. Si les gens du pouvoir commettent des erreurs, pourquoi l’opposition serait à faire le travail à leur place ? L’opposition devient le consultant de Wade. J’ai toujours été contre. Même au niveau de la Cpa, quand on avait dit que l’on va parler d’éducation, d’agriculture, je m’y suis opposé, parce que j’estime que nous ne sommes pas des consultants de Abdoulaye Wade. Abdoulaye Wade est un libéral ; il a une politique libérale de l’éducation, de l’agriculture, mais on ne peut pas lui imposer notre politique socialiste. C’est aberrant même. Comment vous pouvez, vous qui vous réclamez du socialisme, demander à un libéral d’exécuter votre programme socialiste ? Ce n’est pas possible ! Je suis hostile à ces audiences. A la place, travaillons le peuple sénégalais, créons un rapport de forces, tel que Abdoulaye Wade va remettre en cause beaucoup d’actes antidémocratiques et anticonstitutionnels qu’il a pris. Cela, jusqu’à même l’annulation des élections législatives impopulaires du 3 juin. C’est possible, car on l’a fait dans d’autres pays. Contrairement à ce que disent les autres, pour moi l’Assemblée est légale et légitime, mais elle n’est pas représentative. Elle ne représente même pas 10% des Sénégalais.

Est-ce que le républicanisme de Tanor et de Niasse ne constitue pas un frein pour vous ?

Plus qu’un frein, c’est un handicap même. Et on souhaite que cela s’arrête. Nous souhaitons que ces gens-là vident leur contentieux. S’ils le font, alors bonjour la victoire pour l’opposition.


Soro DIOP
Source: Le Quotidien

Article Lu 1612 fois

Jeudi 2 Août 2007





1.Posté par LE PATRIOTE le 02/08/2007 16:02
Monsieur Cheu vous devez rejoindre le musee des politiciens. Vous etes la depuis les Senghor et Lamine Gueye. Vivement une nouvelle generation d'homme poltiques impregnee des nouvelles techniques de Gestion d'un Pays et comprenant la marche actuelle du monde. Les fonds politiques by the way sont faits pour etre bouffes. Alors dis nous quelque chose d'autre. Si Idrissa Seck arrive a berner tous ces vieux politicards qui ne sont la que pour leurs interets c'est une preuve si besoin en etait de ses facultes d'homme d'etat capable de maneouvrer pour sortir son peuple de la galere dans laquelle il se trouve. la politique n'est pas un jeu d'enfants. Arretez de pleunicher et prenez votre retraite car il est grand temps. Et je vous assure que vous n'aurez rien dans ce Pays.

2.Posté par Faakoy le 03/08/2007 09:32
Lui au moins il est reste constant dans son combat. C'est quelqu'un qui a toujours mis l'opposition en garde contre Idrissa Seck. Voila il a raison sur eux. En tout cas moi je ne peux que lui dire de continuer á se battre. Ce sont des gens comme ca qui malheureusement a l'opposition senegalaise.


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State