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ENTRETIEN AVEC ABDOULAYE BATHILY: «Wade a un esprit totalitaire pour imposer ses vues à tout le monde»

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Qualifiant de « blagues » les mesures prises par le président Wade en faveur de la solidarité nationale, le Professeur Abdoulaye Bathily, leader de la Ld/Pmt dénonce chez le Chef de l’Etat non seulement sa mauvaise gestion à l’origine selon lui, de tous les maux du Sénégal, mais aussi « son esprit totalitaire pour imposer ses vues à tout le monde».



ENTRETIEN AVEC ABDOULAYE BATHILY: «Wade a un esprit totalitaire pour imposer ses vues à tout le monde»
Comment appréciez-vous les mesures prises par le chef de l’État visant à la ponction de son salaire d’abord, celui du Premier ministre, des ministres, des sénateurs, des députés, et autres hauts fonctionnaires ?

Aucun Sénégalais ne croit à ses mesures là. D’abord, personne ne connaît le salaire de Abdoulaye Wade. Il déclare qu’il a un salaire de cinq cents milles (500. 000). Aucun Sénégalais ne peut croire qu’il touche un tel salaire, au vue des dépenses quotidiennes que lui-même fait. Je n’ai jamais vu quelqu’un qui a un salaire de 500 000 fcfa au Sénégal et qui distribue des dizaines de millions. Il donne des contributions de 300 millions aux mosquées, il donne 100 millions. Tous les gens qui entrent à la Présidence sortent avec des enveloppes.
Ils se battent même à la sortie. Il donne dans les baptêmes, dans les mariages, dans les décès, des enveloppes de 10 ou 20 millions. Je n’ai jamais vu quelqu’un qui a un salaire de 500 000 fcfa faire de telles dépenses. Et les ministres, c’est la même chose. Ils se sont considérablement enrichis tous. Pour moi, tout cela c’est de la blague. Ça ne correspond absolument à rien du tout. Et de toute façon, le déficit budgétaire du Sénégal est là béant et est à 6% puisque que ça correspond à des dizaines de milliards de francs. Je ne vois pas comment il peut résorber cela puisqu’on ne peut le faire avec ces salaires-là. En réalité, c’est sa gestion catastrophique qui nous a amené à cette situation. Il a trouvé les caisses du Sénégal, en tout cas la situation macroéconomique du Sénégal équilibrée et il a déséquilibré les finances publiques à cause de dépenses folles sans rapport avec les revenus réels du pays, sans rapport avec les besoins des Sénégalais et des Sénégalaises.
Aujourd’hui, il veut faire piller en réalité les ressources, et veut faire payer aux Sénégalais la facture. En fait dans la réalité ce n’est pas la ponction des salaires mais à travers la fiscalité très lourde que les Sénégalais vont payer la facture. La preuve, c’est la flambée des prix qui alimentent aujourd’hui ces dépenses folles de Abdoulaye Wade. C’est ça la réalité. Donc, je crois que ce qu’il convient c’est que les Sénégalais et les Sénégalaises se rendent compte que Abdoulaye Wade a échoué. C’est un aveu d’échec ce qu’il a annoncé et il faut par conséquent que les citoyens se mobilisent. Non seulement les politiques mais la société toute entière, les syndicats ; que tout le monde sache aujourd’hui que plus on laisse ce régime-là en place plus nous allons souffrir.

Voulez-vous dire par là qu’il n’y a aucun rapport entre la hausse des prix des denrées de première nécessité et la flambée du baril de pétrole constaté partout dans le monde ?

Absolument pas. En réalité, à chaque fois qu’on augmente le prix du carburant, les recettes de l’État augmentent. Parce qu’il y a une taxe spécifique qu’on paie sur l’essence, le super, qui fait que la manne que l’État tire des recettes pétrolières est beaucoup plus importante. Il faut qu’il renonce à cette manne, la surtaxe sur le pétrole qui contribue à cette situation pétrolière. Ousmane Tanor Dieng, en notre nom l’a expliqué l’autre jour à la conférence de presse du Front Siggil Sénégal. Comment se fait-il que les produits pétroliers quittent le Port de Dakar pour aller au Mali, au Burkina Faso et sont moins chers dans ces pays qu’au Sénégal, alors qu’il y a le transport de Dakar à Bamako qui fait plus de 1.000 kilomètres. Malgré les coûts du transport, les produits pétroliers sont moins chers qu’au Sénégal. Comment ça se fait ? Donc, ça c’est un argument qui ne tient pas la route.
La facture pétrolière tourne de manière globale et chaque pays, pour amortir les coûts, prend des mesures. Vous voyez récemment les pêcheurs français ont fait la grève parce que les produits pétroliers qu’ils utilisent dans leur armement sont trop chers du fait de la flambée des prix du pétrole. Mais Nicolas Sarkozy est allé les rencontrer et a pris des mesures fiscales particulières et il n’a plus de problèmes. Mais gouverner c’est prévoir. C’est prendre des mesures pour amoindrir cette facture pétrolière. Cette facture pétrolière est à des conséquences sur l’économie, en matière de transport. Donc, il faut prendre des mesures. L’État ne veut pas renoncer à ce qu’il tire du produit pétrolier et l’on parle d’augmentation du prix du baril. Ça n’a aucun sens.

Mais, il y a aussi une autre mesure qui vise à compresser les membres du gouvernement ?

Oui, mais tout le monde sait qu’il faut nécessairement le faire. De toute façon, il faut le faire. Comment peut-on expliquer que le Sénégal ait plus de ministres que la France. Ça n’a aucun sens. Que le Sénégal ait plus de ministres que l’Afrique du Sud, que tous les grands pays nantis du monde. Comment peut-on expliquer cela? Les ministres ont des salaires inconsidérés, il leur donne des véhicules, soit-disant usagers. Ensuite, il leur achète de nouveaux véhicules. Jamais on a vu une telle débauche de moyens d’un gouvernement pour une classe politique. Il continue à distribuer de nouvelles 4X4. Tout le monde sait que le Sénat qu’il a mis en place n’a aucune utilité pour la vie des Sénégalais. Aujourd’hui, il peut suspendre la décision de mise en application du Sénat. Ce serait déjà une économie budgétaire.
Pourquoi ne pas arrêter de distribuer ces véhicules qu’il est en train de donner, retirer celles qu’il a données aux ministres et faire des économies budgétaires importantes ? C’est ça les vrais problèmes du Sénégal. Il urge également de s’attaquer naturellement aux autres dépenses de prestige. Parce qu’il y a non seulement les nombreux ministères, mais il y a aussi les agences. Il y a presque autant d’agences que de ministères aujourd’hui. Et ces agences ont un budget plus important que les ministères. C’est ça la réalité. Ensuite, Abdoulaye Wade utilise le budget comme sa poche. Il ne respecte aucune règle budgétaire, il fait des transferts de dépenses. Des sommes prévues par la loi des finances ne sont pas affectées aux chapitres concernés. Tous les jours, il change et passe par un procédé que l’on connaît bien, c’est-à-dire les transferts de crédits.
Il ne peut pas avouer aujourd’hui qu’il a dans le budget, de l’argent pour acheter un nouvel avion de commandement. Ça ne se trouve nulle part. Et pourtant, il va acheter ce nouvel avion. Les 400 voitures 4X4 qu’il a données aux présidents de communautés rurales, ce n’est inscrit dans aucun budget. Pourtant, c’est lui-même qui les a remis, clé en main. Vous demandez à Abdoulaye Wade dans quel chapitre se trouve cela, il ne répondra pas. Idem pour les députés. Comment peut-on gérer un pays de cette manière, comme son argent de poche, comme sa dépense familiale ?

Vous êtes professeur d’université et il y a aujourd’hui les vacataires qui demandent leur recrutement dans la fonction publique. Qu’en pensez-vous ?

Il y a aujourd’hui un véritable déficit d’enseignants à l’Université. Nous allons avoir cette année quelque 60.000 étudiants à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quand vous voyez comment les effectifs sont extrêmement faibles. Moi j’enseigne au département d’histoire, c’est extraordinaire. Pour assurer nécessairement un encadrement propre, il faut recruter plusieurs enseignants. Ce n’est pas fait.

Mais cela répond à des critères rigoureux comme l’a signalé le Recteur ?

Des critères rigoureux ce n’est pas au recteur de les définir. Il y a des critères sur comment les départements recrutent des enseignants. Il y a des comités de recrutement. Ce n’est pas ça le problème. Pour être assistant à l’Université, il faut avoir un doctorat de 3è cycle. Ça tout le monde le sait. Ensuite dans chaque département il y a un comité qui examine les dossiers de candidatures suivant des critères pédagogiques biens établis. On a jamais dit qu’il faut recruter à tout venant. Le problème ne se pose même pas. S’ils sont recrutés pour être vacataires, c’est parce qu’ils ont le niveau. Qu’ils soient recrutés pour être assistants au moins. Ça c’est un faut problème.

L’actualité c’est aussi la série d’arrestation de journalistes. En tant qu’homme politique, comment appréciez-vous ces actes ?

J’exprime toute mon indignation sur ce qu’Abdoulaye Wade est en train de faire aujourd’hui. C’est inadmissible parce qu’il n’a pas le droit de faire ce qu’il est en train de faire. Quels que soient les détails qu’on reproche à ces journalistes, il n’en demeure pas moins que quand on commence à emprisonner la presse on emprisonne les idées. Or, les idées, on ne les emprisonne pas. Abdoulaye Wade le sait bien. Donc, je crois qu’il appartient non seulement aux journalistes, mais à l’ensemble des citoyens de se mobiliser pour qu’Abdoulaye Wade cesse ses dérives autoritaires. Il a un esprit totalitaire pour imposer ses vues à tout le monde. C’est impossible. Je le lui ai dit depuis longtemps qu’il ne peut pas réussir. Abdoulaye Wade occupe les écrans de télévisions, Abdoulaye veut occuper toutes les radios. C’est lui le maître dans la distribution des fréquences. Il veut être le rédacteur en chef et l’éditeur de pratiquement tous les journaux au Sénégal. Il occupe les murs. Vous voyez les affiches murales au Sénégal, il n’a qu’Abdoulaye Wade et son parti. Vraiment aujourd’hui, il veut être le directeur des consciences des Sénégalais. C’est peine perdue. Nous devons tous nous mobiliser contre l’arbitraire, l’autoritarisme. Et ces dérives-là qui portent en germe le chaos.

Source: Le Matin

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Vendredi 9 Novembre 2007

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