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ENQUETE SUR LES ARMES TROUVEES A LA RADDHO : La torture morale contre alioune tine

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L’Affaire de la découverte d’armes au siège de la Raddho n’a pas fini de faire parler d’elle. Depuis mercredi dernier, c’est un défilé de policiers qui anime le siège de l’Ong. L’avocat de la Raddho parle de voie de fait. Alioune Tine, le leader de l’Ong, lui, revient sur son audition théâtralisée.



ENQUETE SUR LES ARMES TROUVEES A LA RADDHO : La torture morale contre alioune tine
C’est un calme plat qui règne devant le siège de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) comme à l’intérieur. A l’entrée, on est frappé par un silence de cimetière contesté par le son d’une télé dans la salle d’accueil de la Raddho. Un homme habillé en chemise longue manche jaune est concentré sur l’écran de la chaîne Canal Info : c’est un policier en civil qui garde la clé du centre de documentation de l’Ong. C’est là où sont conservées les fameuses armes découvertes, la semaine dernière dans les toilettes de la Raddho. Des réfugiés discutent, timidement, sous la case. Le patron de ladite structure reçoit à son bureau, le téléphone collé à l’oreille. Voilà, ouvre-t-il, «je vous mets en rapport avec lui (un Tchadien)». «Il veut visiter les armes», lui dit-il. «En quel nom ?», réplique le policier. Ici, il est interdit de s’identifier en journaliste. En se présentant comme un étudiant en journalisme, votre serviteur est arrivé à lui soutirer des informations. Après acceptation, par naïveté. Quelques questions sur les armes attachées dans un sac qui laisse apparaître les bouts de fer. C’est le début de la présentation. L’agent renseigne : «Ce sont des Mass 36, des Flg et des lance-grenades.» Une note collée au sac donne les mêmes informations : «Découverte : 21 armes au siège de la Raddho, réparties comme suit : 6 Mass 36, 5 lance-grenades, 10 PM Mat 49, sous-scellées signé par le Commissariat de la sûreté urbaine.» Ces armes sont-elles dangereuses ? Le policier hésite un peu avant de confier : «Il y en a qui sont de longue portée. Puisque ce sont des armes, elles peuvent exploser, donc.» Les choses se compliquent lorsque notre photographe, après observation des armes, sort son appareil. «Non, attendez, vous êtes journaliste», lui demande-t-il. Après une réponse affirmative du photographe, l’agent, à la suite d’un échange téléphonique avec son supérieur, intime à ce dernier l’ordre de ne pas prendre d’images.

AUDITION DE MERCREDI DERNIER

Cette situation, Alioune Tine «la vi(t) mal». «Nous sommes sous surveillance, toute cette semaine, 24h/24. Ils se relèvent, d’ailleurs. Et, c’est une entrave à la liberté et au travail de notre organisation», déplore-t-il. Ceux que vous avez vus sous la case-là sont des réfugiés. Ils sont, dit-il, scandalisés par cette affaire de «fausses armes». Le leader de la Raddho revient sur son audition, de mercredi dernier, au Commissariat de Dieuppeul. Dire que les armes ont été découvertes par un policier, le jour des obsèques de Me Babacar Niang dont la maison jouxte le siège de son organisation. «Le commissaire du Point E, Diarra, arrive avec une convocation» pour M. Tine et Mallé Mbow, son camarade. Mais, regrettent-ils : «Leurs questions n’ont été qu’une atteinte à la dignité. Entre 12h et 17h, ce sont des questions du genre : ‘’Jouissez-vous de vos facultés mentales ?’’ Je leur répondis : ‘’Allez chercher un psy pour le savoir, ce n’est pas moi qui vais vous le dire’’. Une autre, encore : ‘’Avez-vous une maladie contagieuse ?’’ Là, j’ai compris qu’ils ont voulu dire que je suis atteint du Sida. Je leur répondis aussi que ‘’même si c’était le cas, je garderais le secret médical’’.»

En tout état de cause, estime M. Tine, cela est dommage, dans un pays démocratique que ce genre de questions soient posées à des citoyens, sans aucun respect.

VOIE DE FAIT

Le conseil de la Raddho n’est pas, du tout, enchanté par le siège de la police au niveau des locaux de ses clients. Me Demba Ciré Bathily va même jusqu’à marteler qu’«il n’existe aucune loi au Sénégal, qui donne mandat à des agents de la Police d’assiéger un domicile privé ou d’en garder la clé. C’est une violation de la loi et c’est une voie de fait». Il en appelle aux autorités pour «faire sortir immédiatement» la police des locaux de la Raddho. Sinon, menace-t-il : «Nous en tirerons toutes les conséquences.»

En attendant, M. Tine va déférer à sa convocation au commissariat central de Police de Dakar, aujourd’hui à 10 heures. Une convocation de plus, après celle de mercredi dernier qui avait conduit à la mise sous scellés, par la police, des armes découvertes au siège de la Raddho.


Hamath KANE
Source: Le Quotidien

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Lundi 16 Juillet 2007

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