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EN VISITE EN AFRIQUE DU SUD : Sarkozy cherche à rattraper son discours de Dakar

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Il le voulait historique, son discours de Dakar prononcé le 27 juillet 2007 à l’Ucad. En fait il le fut, mais à cause de la tempête de protestations et de l’indignation qu’il a soulevées chez les intellectuels africains et de la diaspora. Ceci à tel point que 23 de ces derniers ont produit dans un livre, une réponse à ce discours du président Sarkozy dans lequel le président français parlait du « paysan africain qui est hors du temps » et de « l’Afrique qui n’est pas entrée dans la Mondialisation ».

Maladresse, méconnaissance de la sensibilité de l’Afrique ou désir de vouloir dire des vérités pour secouer le cocotier au risque d’être taxé de paternaliste, quoiqu’il en soit, dans les jours qui ont suivi, il suffisait de lire les pages « Contributions » des journaux pour mesurer combien la vague soulevée par ce discours était énorme.

Sans doute surpris par l’ampleur de la polémique, le président Sarkozy dont les propos tenus dans l’affaire de « l’Arche de Zoé » (j’irai les chercher quoiqu’ils aient fait, avait-il indiqué parlant des six Français arrêtés au Tchad) avaient encore dégradé l’image auprès de l’opinion africaine, a longtemps attendu le bon moment pour se rattraper par rapport à son fameux discours de Dakar. Et pour cela, quel pays mieux que l’Afrique du Sud symbolise la renaissance africaine, l’image d’une Afrique moderne et qui compte au cœur de la Mondialisation. C’est ainsi que tous les observateurs ont noté que le discours de M. Sarkozy devant les députés sud-africains était plutôt un exercice tout à l’opposé de ce qu’il avait dit à Dakar sept mois auparavant.

Le discours a été plus positif, afro-optimiste et l’Afrique considérée comme un partenaire avec qui il faut traiter d’égal à égal. C’est pourquoi il a invité le continent noir à se lancer dans l’économie mondialisée pour saisir ses chances.

La France, a-t-il soutenu, sera avocate de l’Afrique (et de l’Afrique du Sud) dans les responsabilités internationales qu’elle sera amenée à exercer. Et pour donner plus de poids à ses déclarations, il a promis pour les cinq prochaines années une aide à la croissance économique de l’Afrique d’un montant de 2,5 milliards d’euros (environ 1.650 milliards de Fcfa).

Se présentant à nouveau comme un président de « rupture », Nicolas Sarkozy, pour mieux convaincre, a annoncé en Afrique du Sud que la France allait renégocier tous les accords militaires de la France en Afrique (huit pays sont concernés) pour rompre d’avec la « Françafrique » dont on l’accusait de perpétuer toujours l’existence. Une déclaration forte était donc nécessaire selon lui, aux yeux des Africains pour montrer une volonté de changer.

Mais, même si le président français affirme que « la France n’avait pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique » ou à jouer le rôle de « gendarme » sur le continent, c’est à l’aune des véritables changements qui vont intervenir qu’il faudra mesurer la force de cette volonté. Il est bien vrai que, comme il l’a reconnu, l’Afrique de 1960 n’est plus celle d’aujourd’hui et « l’ancien modèle de relations entre la France et l’Afrique n’est plus compris par les nouvelles générations d’Africains, comme d’ailleurs par l’opinion publique française ».

En effet, l’évolution de la situation économique et géo-politico-stratégique du continent a changé et ne permet plus la perpétuation d’un modèle de relations hérité de la décolonisation. Même si des présidents africains restent estampillés hérauts de la Françafrique, la démocratisation du continent et le désir des jeunes générations d’Africains de se démarquer de tout ce qui pourrait entraver les intérêts du continent à l’intérieur comme à l’extérieur, rendent de plus en plus difficiles le maintien de relations basées sur des réseaux d’intérêt excluant les peuples.

L’Afrique est arrivée à un moment de son histoire, où elle ne peut plus continuer à accepter la caporalisation de ses intérêts supérieurs, car elle veut que ses fils goûtent aux fruits du développement et de la modernisation comme dans les autres parties du monde. Le face à face avec les ex-puissances coloniales a été rompu par l’irruption d’autres puissances attirées par les ressources naturelles du continent.

Courtisé, le continent noir devra, au mieux de ses intérêts bien compris, établir de nouveaux rapports de coopération pour un partenariat gagnant-gagnant.

Source: Le Soleil

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Samedi 1 Mars 2008


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