(Envoyé Spécial à Bata) – Difficile pour un Sénégalais de se dépayser chez Téodoro Obiang Nguema Mbasogo. Les compatriotes d’Abdoulaye Wade connus pour le goût de l’aventure pour ne pas dire leur quête vers des cieux plus cléments que le Sénégal où les populations cherchent la queue du diable pour la tirer, sont assez nombreux et visibles en Guinée-Equatoriale.
Leur séjour n’est pas du tout aisé. Après l’obtention du visa d’entrée qui demande beaucoup de patience, la carte de séjour reste le deuxième casse-tête. Quelques témoignages le confirment.
Selon Mamoudou Sy, arrivé en Guinée-Equatoriale en 2008, en provenance de Tambacounda, «pour avoir la carte de séjour, il faut débourser 500.000 FCfa . Ce titre de séjour est renouvelable chaque année».
Mais, il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour obtenir le sésame. L’attente est très longue. Souvent stressante. «Nous souffrons beaucoup avant d’obtenir la carte de séjour. Il faut déposer un passeport en cours de validité avec un visa également en cours de validité, une carte de travail et une carte de commerçant pour certains», répertorie ce jeune ouvrier sénégalais, venu supporter les «Lions» au stade d’Alep.
Ceux qui ne disposent pas de la carte de séjour sont pourchassés par la police et la gendarmerie. «A chaque fois qu’on vous prend dans l’illégalité, nous payons entre 150.000 à 200.000 F Cfa. C’est selon l’humeur des forces de l’ordre», confie Mamadou Sy.
Seydou Nourou Sow, de Doumnga Wouro Alpha, commerçant de son état, depuis son arrivée à Bata en 2009 confirme les propos de son compatriote. Il félicite les autorités consulaires sénégalaises. «Depuis que nous disposons d’un consulat ici, en fin 2010, les tracasseries ont légèrement diminué. Depuis toujours d’ailleurs, les Equato-guinéens manifestent du respect aux Sénégalais pour leur sérieux et à leur ardeur au travail. Nous ne nous engageons pas dans des choses louches», souligne-t-il.
Toutefois, la plupart des Sénégalais interrogés, fustigent l’augmentation «sans aucune raison» de la somme à débourser pour l’obtention de la carte de séjour. «Au début, il fallait payer 450.000 F Cfa . D’un coup, elle est passée à 500.000 F Cfa puis à 600.000 F Cfa. Mais ce qui est inconcevable, fulmine Harouna Thiam, ferrailleur, c’est que celui qui renouvelle sa carte et celui qui introduit une demande pour la première fois sont logés à la même enseigne. Il n’y a aucune différence entre un ancien et un nouveau. Vous êtes soumis au même régime, au même traitement».
Au Gabon et au Cameroun, pays frontaliers de la Guinée équatoriale, les cartes de séjour sont acquises à moindre coût. Au pays d’Ali Bongo Ondimba, par exemple, confient des supporters des «Lions» en provenance de ce pays, la carte de séjour coûte 800.000 F Cfa renouvelable tous les deux ans. En revanche, chez Paul Biya, elle est cédée à 130.000 F Cfa pour deux années renouvelables.
Une disproportion qui s’explique par le fait que la Guinée-Equatoriale est considérée comme un nouvel Eldorado de l’Afrique Centrale. Comme l’Afrique du Sud, quand Nelson Mandela était devenu le premier président noir de la nation arc-ciel, c’est la ruée vers le pétrole de la Guinée-Equatoriale de Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, riche de son pétrole Par ailleurs, il faut noter qu’en plus du secteur du commerce, le BTP notamment l’entreprise Ecoref, de Massène Guèye, la majeure partie des Sénégalais travaillent comme dans l’électricité, la peinture, la menuiserie, la maçonnerie…
Abdoulaye Thiam
Source Sudonline.sn