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EL HADJI BOUCOUNTA NDIAYE: « Une ''Drianké'' est une femme bien nantie financièrement. Une 'Dieg' est la véritable femme au foyer. Une ''Diongoma'' est une belle qui se pavane et se dandine »

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El hadji Boucounta Ndiaye ! Une parole, un homme, un xalam ! On ne pourrait parler de cet homme sans omettre ce triptyque qui fonde sa vie. Sa parole qui est honneur, l’homme, celui avec qui il converse, et le xalam, son instrument de prédilection. Plus d'une décennie que cet homme de l'art au verbe pur gratte sa guitare qui procure aux mortels que nous sommes des plaisirs insoupçonnés. On avait, rendez-vous avec lui chez son fils, le talentueux jour­naliste du WALF TV, Pape Ngagne Ndiaye. L'entretien s'est transformé en un récital au rythme du xalam. Car avec le grand maître de la parole, parler, c'est un art. Ecoutons- le !



EL HADJI BOUCOUNTA NDIAYE: « Une ''Drianké'' est une femme bien nantie financièrement. Une 'Dieg' est la véritable femme au foyer. Une ''Diongoma'' est une belle qui se pavane et se dandine »
Icône : En vous attendant, nous n'avions pas pensé que vous alliez venir avec le Xalam, votre instrument de prédilection. Quelle relation entretenez-vous avec le Xalam ? Boucounta : Je vais vous révéler que je ne peux pas me séparer de mon Xalam. C'est un fidèle compagnon et je ne me sépare de lui qu'au moment du coucher car il m'accompagne partout. Je dois dire qu'il me complète dans beaucoup de domaines. Par exemple, si je joue du Xalam tout en parlant, c'est parce que l'instrument me permet de me transcender et d'être plus éloquent et de mieux m'exprimer.

Peut-on imaginer El Hadji Boucounta Ndiaye sans son Xalam ?

Ah oui ! Il peut bien m'arriver de me séparer du Xalam. En effet, quand je dois discuter avec mes proches comme en de pareilles circonstances, il est évident que cela ne peut pas se faire tout en jouant d'un instrument. Il faut savoir que le Xalam est mon outil de travail. Je l'utilise à chaque fois que je suis en studio, ou bien au moment de recevoir des invi­tés de votre genre ou quand j'anime une soirée ou encore au niveau des cérémonies familiales.

Maintenant pouvez-vous nous dire qui est El Hadji Boucounta Ndiaye ?

Permettez-moi de vous remercier de cette initiative qui me donne l'occasion de m'adresser à des milliers de sénégalais. J'ai appris le Xalam à Thilmakha Mbakol ; le village qui a vu naître Lat Dior Ngoné Latyr Diop. C'est aussi en ces lieux que Alboury Bourba Djolof a passé son enfance. Daniel Samba Laobé a aussi grandi dans le même village. C'est leur oncle Alboury qui les a éduqués avant de les introniser l'un comme Bourba Djolof et l'autre au niveau du Baol. C'est donc en ces lieux char­gés d'histoire où j'ai vu le jour.

J'ai commencé mon apprentissage en 1952. A la même époque, je m'initiais aussi au métier de tailleur. J'ai continué ma formation jusqu'en 1957, année de mon arrivée à Dakar. C'est mon grand-père Amadou Dièye Samb qui m'a appris à jouer du Xalam. Il habitait au Baol et moi, je suis originaire du Kajoor. Il s'est éteint, il n'y a pas longtemps et c'est avant-hier qu'on célébrait les funérailles du quarantième jour (Ndlr : l'entretien a eu lieu 12 janvier). Mon défunt grand-père habitait le village de Ndogol Dieng Rimbame dans le Baol. A cette époque, c'est un nommé Alboury Ndiaye qui dirigeait cette contrée du Baol.

Il est difficile de parler de Xalam sans évoquer Samba Diabaré Samb. Quels sont les liens qui vous unissent ?

Samba Diabaré est un cousin à ma mère, c'est donc un oncle maternel. Samba Diabaré est donc un parent très proche et comme le dit l'adage, les liens du sang ne mentent jamais, c'est pourquoi nous avons le même style. Ce qui fait qu'il est très difficile de distinguer son jeu du mien. Quand à Amadou Ndiaye Samb, je suis son oncle car je suis le frère consanguin de sa mère.

Pourquoi donc n'aviez-vous pas intégré le groupe de ses virtuoses Diabaré et Amadou Ndiaye Samb.

Au moment de quitter le Cayor pour venir m'établir Dakar, ils avaient déjà fini de former le groupe. A mon arrivée à Dakar, Radio Sénégal se trouvait à la Rue Parchappe, près du marché Kermel. A la dislocation de la fédération du Mali, les locaux ont été transférés au Boulevard de la République qui abritait Radio Mali, ici en face de Sorano. Il est vrai que je suis l'oncle de Amadou Ndiaye et Samba Diabaré est mon oncle mais comme je l'ai dit tantôt, ils avaient déjà mis sur pied l'ensemble depuis un moment. Le groupe la Case était composé de Samba Diabaré, Amadou Ndiaye Samb, Ablaye Nar Samb, Aly Batta Mboup, Mordiop Seck dit Chams et Demba Lamine Diouf sans oublier Kany Samb. Il me fallait donc cheminer seul et grâce à Dieu j'ai pu connaître un certain nombre de personnalités et de bons «guers» ( nobles ) avec qui je chemine depuis cette époque-là.

Est-ce qu'il existe des différences de styles entre vous et Samba Diabaré Samb ?

Je dirais que nous partageons les mêmes airs. J'avais dit tantôt qu'il est impossible de différencier nos styles en nous écoutant. Encore une fois, c'est parce que nous som­mes de proches parents et nous nous abreuvons à la même source.

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En votre qualité d'historien généalogiste, pouvez-vous nous parler des grandes familles sénégalaises et reve­nir sur les hauts faits ?

Je vous ai dit tantôt que j'ai vu le jour à Thilmakha Mbakol, le village qui a vu naître Lat Dior Ngoné Latyr Diop. Ce dernier étant le héros national de notre pays et son épopée est aujourd'hui enseigné dans toutes les éco­les. Je parlerais aussi de Demba War Sall, (il déclame l'ar­bre généalogique et les hauts faits de ce dernier). Masou Madjiguène Codou qui avait vu l'incendie ravager sa demeure de Guilé. En partant, il courait et en revenant on l'avait chargé c'est donc un homme courageux. Samba Laobé est aussi un intrépide guerrier. Birima, le roi taci­turne qui ne s'adressait à son peuple qu'une fois l'an, est encore chanté de nos jours. Je peux aussi mentionner Dieri Dior Ndella, un homme trois tombes, le jom est à Thiès, la tête en France et le corps à Mboul Yama. Il en existe aussi de grands noms que je ne peux pas tous énu­mérer ici.

Quelles sont les qualités de ces grands hommes que vous avez cités en exemple ?

II faut savoir qu'avant toute chose, il faut savoir respec­ter ses engagements. C'est une énorme qualité que l'on attribue à un Goor (un homme d'honneur). Il est vrai que seul Dieu détient le monopole de l'omniscience, mais il faut que la dignité soit restaurée de nos jours. Si on en est arrivé à exiger des pièces d'identité et des signa­tures au cours des transactions, c'est parce que tout sim­plement, il n'existe plus le culte de la parole donnée. Il faut donc que les gens reviennent à ces valeurs qui avaient fini de prospérer au Sénégal. Le sens de l'hon­neur doit être réhabilité.

Existe-t-il toujours de vrais griots ?

Absolument les griots sont toujours là et bien là.

Comment les reconnaît-on ?

Avant-hier, j'étais en compagnie d'un ami. Je revenais de Thilamakha Mbakol où un proche venait de décéder. Par la suite, je devais me rendre à Touba auprès d'un ami marabout du nom de Serigne Moustapha Mbacké qui est le petit fils de Serigne Bara Mbacké. Je parle du grand Serigne Bara Mbacké Ibn Khadimou Rassoul et fils de Aminata Lô. Moustapha est le fils de Serigne Cheikh Maty Lèye. Il m'amenait dans sa voiture et en cours de route, je lui fis part de mon désir de passer voir son père pour qu'il prie pour moi car ma voiture est en panne et je voudrais disposer d'une nouvelle afin de pouvoir faire mes pèleri­nages, mes visites de courtoisie. Là, le marabout Serigne Moustapha me conseilla d'y ajouter les visites parentales qui permettent de sauvegarder les liens. Ceci démontre aisément qu'il connaît parfaitement le rôle du griot qui a pour mission essentiel de raffermir les liens de parenté entre les gens et de faire le bien en tous lieux et en toutes circonstances. En un mot, le griot doit être comme une aiguille qui sert à rassembler des morceaux.

En votre qualité d'instrumentiste et de chanteur tradi­tionnel, comment jugez-vous l'avenir de ce genre musical au Sénégal ?

II est vrai que nous ne sommes pas nombreux à pratiquer cet art du Xalam. Au niveau du Cayor par exemple, je peux dire que je suis le seul qui continue de pratiquer cet instrument. Il en est de même pour le Djoloff où seul Samba Diabaré se fait remarquer hormis les « bambados » qui continuent de jouer de cet instrument sur place. Toutefois, cela ne doit pas nous inquiéter car comme le dit si bien l'adage wolof, là ou l'eau avait l'habitude de passer, il restera toujours des traces. Un ami me disait récemment que les tam-tams ne sont pas percés, mais c'est la manière de les tendre et d'en jouer qui ont été changées. Le Xalam est un instrument traditionnel d'ex­ception. Il est composé d'éléments morts comme le bois, le cuir, l'écrin de cheval et l'ongle qui en joue. Tous ces éléments morts et inertes arrivent à procurer du plaisir à des êtres vivants. Cela veut dire beaucoup de choses et cela ne disparaît jamais. Si jamais le Xalam disparaît, la guitare sera encore là car cet instrument est une autre ver­sion du Xalam pour ne pas dire son prolongement. Elle peut exécuter les mêmes airs.

Pour tout dire, les bonnes actions et les hauts faits conti­nueront toujours d'exister.


EL HADJI BOUCOUNTA NDIAYE: « Une ''Drianké'' est une femme bien nantie financièrement. Une 'Dieg' est la véritable femme au foyer. Une ''Diongoma'' est une belle qui se pavane et se dandine »
Pouvez-vous nous parler de feu Ndiaga Mbaye avec qui vous étiez très lié ?

Je suis son père ! C'était un fils qui m'écoutait beaucoup et me vouait un grand respect. Ma première épouse est sa sœur de même père et de même mère. II s'agit de la mère de Papa Ngagne Ndiaye. Quand j'allais souvent ren­dre visite à sa mère, Ndiaga Mbaye était élève à Fatick et il venait souvent me retrouver à Tataguine où résidait sa famille. Je vais vous révéler que Ndiaga a repris nombre de mes chansons. Lorsqu'il venait me rejoindre à Tataguine, il profitait de ces instants libres, les soirs pour venir chan­tonner à mes côtés et je l'accompagnais au Xalam. A la fin de ses vacances, il retournait suivre ses cours à Fatick. Lorsqu'il a quitté son terroir, il a embrassé la carrière mili­taire. Ndiaga a commencé à chanter sous les drapeaux. Son premier morceau s'intitule «Armées sénégalaises» et à l'époque où il interprétait ce titre, ici même à Sorano, il portait sa tenue militaire. Il fut auditionné et admis au sein de l'Ensemble Lyrique Traditionnel. Jusqu'à son rap­pel à Dieu, il ne rompit jamais totalement avec Sorano. Je prie toujours pour que Dieu l'accueille en son paradis.

Vous aviez tenté une incursion dans la musique tradi­-moderne mais l'expérience a tourné court. Pourquoi ?

Il faut dire que j'ai bien sorti sur le marché trois cassettes. La première que j'ai enregistrée était produite par Boubacar Guiro et je l'ai fait en compagnie des gens de Sorano. La seconde est celle dans laquelle j'ai chanté Aminata Lèye Fall, Ndèye Fara Khady, Wali Boucouma Thiam la Ndar NDar. D'ailleurs, le clip passait souvent à la télé. Cet album fut aussi produit par Guiro. Il existe une troisième que j'ai enregistrée en Belgique et je l'avais titré Sokhna Diaara. Ce troisième opus était vraiment inscrit dans le registre traditionnel. J'étais seul au Xalam et au chant. C'est Aziz Dieng de l'AMS qui l'avait réalisé.

Au milieu des années 80, vos cassettes piratées étaient très prisées par la gent féminine. Comment expliquez vous cela ?

Il faut dire que tout cela était tiré de notre répertoire tra­ditionnel. Il s'agissait de chansons populaires qui avaient la particularité de mettre de l'ambiance. Je peux citer le cas du morceau «Ndaga Ndiaye» qui était particulière­ment prisé par les femmes au niveau des tours et autres baptêmes. Il y avait aussi le titre « Ndiouga Réle Massamba Gaye.» C'était des chansons plus ou moins grivoises.

La transition est trouvée pour la question suivante. Vous abordez souvent des problèmes liés à la vie de couple. Etait-ce un choix délibéré ?

Il est vrai que j'ajoutais souvent mon grain de sel. Par exemple, dans la chanson «Ndaga Ndiaye», je disais que Ndaga Ndiaye m'empêchait de dormir et des propos de ce genre qui sont de ma création. Cela avait le don d'ex­citer et de faire vibrer les jeunes filles qui en raffolaient.

Vous utilisez, aussi des termes comme «Mak mou nelaw kou ko yé yétal ko» ou encore « Bo togué ba boorou ndieul so dégué lal bi yengou… » (Il coupe)

Je disais ceci «Mak mouy nelaw kouko yé yétal ko» ou encore «Bo togue ba bori ndieul so degué lal bi yëngou bouko ladieté, kik ma yëngueul ndigue» etc. Ce sont des choses que j'avais créées dans le but de chauffer l'anima­tion et de toucher le grand public. C'était pour mettre de l'ambiance et c'était destiné aux adultes. Cela se faisait au niveau des cérémonies festives et autre manifestations de ce genre. C'est le contexte qui l'exigeait. Je vais vous dire comment tout le monde a pu écouter ces chansons. A cette époque en 1974, c'est une dame du nom de Mariane Seck qui s'occupait de la bandothèque de Radio Sénégal. Un jour, elle m'a demandé de lui interpréter le titre «Ndaga Ndiaye» et de ne rien omettre. Elle voulait l'en­registrer pour son compte personnel. Je lui répondis que telle que je la connaissais, elle risquait d'en faire un autre usage. Elle me mit en contact avec les techniciens du stu­dio de la radio et je lui enregistrais une cassette de plus d'une heure de temps. A cette époque, il existait une émission dédiée aux femmes et qui était intitulée «Yéne Jiguéne gui». Elle passait en fin de matinée. Dès que je suis sorti du studio, avant même d'arriver à Sandaga, j'en­tendis le titre qui était diffusé sur toutes les radios. A l'épo­que, il n'existait qu'une seule station radiophonique et Sandaga bruissait littéralement de "Ndaga Ndiaye" qui était diffusé à tous les niveaux. C'est Mariane qui a donc rendu célèbre ce titre. II m'arrive de reprendre cette chan­son, mais je ne reprends jamais les termes utilisés dans cette cassette-là. C'est donc l'histoire d'une grande trom­perie car elle m'avait assuré vouloir l'utiliser pour son compte personnel uniquement au niveau de sa chambre à coucher.

Avec le temps, vous avez soigné votre langage. Est-ce dû au poids de l'âge ?

Ah non ! Je continue de chanter «Ndaga Ndiaye» jusqu'à présent, mais d'une autre façon. Je n'utilise plus des termes comme «Boma také di ma war» (en m'épou­sant tu allais me chevaucher». J'ai véritablement édulcoré les propos en disant «Soma Také Yoréma, soma tàkoul yoréma, take ma té yoréma mo guen» (Que tu m'épouses ou non, tu vas m'entretenir, donc autant m'épouser et m'entretenir une bonne fois). Cela veut tout dire, mais c'est exprimé d'une autre manière plus subtile.

Est-ce que vous songez enregistrer de nouvelles cas­settes de cette veine. Continuez vous d'animer des soirées ?

Oui jusqu' à présent je continue d'animer des soirées et des tours, aussi bien le jour que la nuit. J'avais déjà com­mencé l'enregistrement d'une cassette à Paris, mais mal­heureusement, j'ai eu un accident avant la finalisation. Je vais continuer à travailler sur ce projet et par la grâce de Dieu, je compte bien mener à terme ce projet et enregis­trer une nouvelle cassette très prochainement. Le public me réclame souvent une production où j'évolue en solo avec mon Xalam sans aucun accompagnement. C'est une manière de rapprocher les gens car j'y évoquerais les gran­des familles du Sénégal et de la solidité des liens. Ce qui va permettre à tout un chacun de bien se situer et de se retrouver avec ses proches.

Comment reconnaît-on une grande dame d'une «Dieg» et d'une «Drianké» ?

Il faut dire qu'il existe plusieurs catégories de femmes. Une «Drianké» est une femme bien nantie financière­ment et qui a tendance à faire du bien autour d'elle et par­tager avec les gens.

Elle est toujours généreuse et son passage ne laisse per­sonne indifférent, tant elle respire l'aisance et manifeste la bonté. Une «Dieg» est la véritable femme au foyer. Elle s'occupe bien de son époux et de ses amis. C'est une véri­table femme d'intérieur qui est généralement un fin cor­don-bleu et une parfaite maîtresse de maison. Quant à la « Diongoma», on l'a longtemps chantée sur tous les tons, elle se pavane et se dandine. Elle est souvent très belle. Un ami du nom de Lamp Fall me disait souvent qu'il est très difficile pour ces deux-là de vivre longtemps sans l'aide de Dieu... Il s'agit du varan qui ne quitte pas le trou et de la belle «Diongama» qui aime goûter à tous les plaisirs et fricoter avec tout le monde. Une véritable «Diongoma» bien désirable et sûre de son fait risque de collectionner les maris si elle ne fait pas attention.

Que signifie le terme «Gawlo» ?

Il faut savoir que ce sont les toucouleurs qui utilisent ce terme. Tous les «gawlo» sont donc des Haal Pulaar. Ils viennent tous du Cayor. Les «Guewels» sont originaires du Cayor. Les «Guewels» jouent du tam-tam et les « gaw­los» jouent du Xalam. En conclusion, il faut savoir que les «Gawlos» viennent du Fouta car tous mes grands parents parlent parfaitement la langue. Je suis le seul à ne pas maî­triser cet idiome.

Comment jugez-vous l'évolution de la musique séné­galaise ?

A propos de musique sénégalaise, je dirais que si tout se passait normalement, il y aurait eu une certaine conti­nuité. Si je prends l'exemple de Youssou Ndour, qui est un petit-fils à moi, je dois reconnaître qu'il chante très bien. Je lui disais souvent qu'il maîtrisait bien l'art de chanter, mais il lui fallait faire des recherches et bien maîtriser la généalogie. J'ai aussi tenu le même langage à tous les jeu­nes chanteurs de sa génération. J'ai pratiquement accom­pagné au Xalam toutes les jeunes vedettes de la chanson nationale. Youssou est souvent passé me voir pour discu­ter de ces thèmes.

Parmi les ténors de la musique sénégalaise comme Omar Pène, Youssou Ndour, Thione Seck, Baba Maal etc. Quel est celui avec qui vous souhaiteriez travail­ler ?

Je n'ai aucune préférence car je suis en mesure de les accompagner tous. Je m'adapte vite au style qu'ils vont amener.

Pensez vous réunir tous vos anciens tubes dans un album ?

J'avoue qu'il me sera difficile de réaliser cette prouesse car depuis que j'ai commencé à chanter en 1957, j'ai perdu certains titres. Cependant, la plupart de mes oeuvres sont gardées au niveau de la bandothèque de Radio Sénégal.

Percevez-vous des droits d'auteur.

A vrai dire, il s'agit de modiques sommes. Tous les trois mois, il peut arriver que je perçoive un pécule de 50 000F.

Vous est-il arrivé d'aller chanter aux USA et pour les noirs américains ?

Je suis récemment rentré des USA et ce sont eux qui m'avaient invité et m'avaient totalement pris en charge. C'est en 1992 que je suis parti pour la première fois aux Etats-Unis. J'ai été à Saint John où les noirs américains sont majoritaires. Pour mon second voyage, qui date de quatre mois, j'y ai séjourné pendant quarante cinq jours et j'y ai reçu plusieurs décorations. J'ai aussi participé à des festivals. J'ai aussi joué à New York, Washington et d'au­tres grandes villes. La communauté sénégalaise m'avait sollicité pour des soirées que j'ai animé en compagnie de Elhadji Sidy, Ngoma Ndiaye et Elhadji Sidy Seck. Ils étaient très satisfaits et ils nous ont décorés. Les images étaient diffusées à la télévision. Je suis vraiment redevable aux Américains qui ont une grande confiance en moi. Ils m'ont toujours engagé sans même être sûrs de mes capa­cités donc je ne peux que les remercier car ils adorent ma musique.

Votre dernier mot ?

Je vous remercie vivement et comme je ne dispose que de mon art, je vais chanter pour votre directeur qui est issu de la grande lignée des dignitaires du Cayor.

Entretien réalisé par Salif Samb et Mansour Dieng avec la collaboration de Tapha Lô

Source: Icone Magazine


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Lundi 7 Avril 2008





1.Posté par chacha le 07/04/2008 13:54
RAD (rien a dire)

2.Posté par MIKAAYIL le 07/04/2008 15:03
XIBAR.NET, JE N'ARRETAIS PAS DE CRIER PARTOUT QUE VOUS ETES LE MEILLEUR SITE D'INFO MAIS JE COMMENCE A EN DOUTER MAINTENANT, CELA FAIT DEUX FOIS QUE VOUS SUPRIMEZ MES POSTES, POUR QUELLE RAISON? JE N'AI DIT RIEN DE GRAVE, JE N'AI FAIT QUE DIRE MON OPINION. VOUS DEVEZ ALLER PRENDRE DES COURS DE DEMOCRATIE CHEZ SENEWEB. Et surtout ne supprimez cpas elui ci.

3.Posté par amoctad le 07/04/2008 17:43
A Mikalyi

Si on supprime tes commentaire, c'est parce que tu a tenu des paroles incencidiaire.

La démocratie c pas ce que tu crois, cad dire n'importe quoi. La démocratie rime avec` responsabilité.

Et il ne faut pas que xibar.net vous laisse polir notre forum comme cela se fait a seneweb.com.

Xibar félicitation.

4.Posté par Meme le 07/04/2008 20:53
amoctad, merci BCp!!! c gens de senweb n'on ocun respect pr les zotre, motakhit c com le marche, c la pagaille. ya rien de meilleur ke d'etre poli!

5.Posté par MIKAAYIL le 07/04/2008 21:58
A mes freres Amoctad Meme. Je n'ai jamais tenu des propos incendiaires dans un forum et je n'ai jamais insulte personne. Mon 1 er poste qui a ete elimine j'ai essaye de corriger (avec un peu d'humour) le journaliste de xibar qui avait ecrit "sur tout les fronts". Il s'est rectifie et ensuite il a supprime mon poste. Le 2eme j'ai dit qu'au moment au le senegal est en deuil on se permet de amener des histoire de diongoma et de drianke. Ce n'etait que mon opinion et je crois que je suis libre de le faire comme vous etes libre de donner une opinion differente. Xibar nous appartient tous. La preuve, a chaque fois que je cree un site web (je s8 web designer) je mets tjrs xibar.com comme lien utile. Donc bouleen ma fitnaal

6.Posté par joe sylla le 08/04/2008 12:43
mé my pa tyu as oublié la diskette ah ce ki fé kon doit avoir une drianké une dieg une diongoma et une diskette ca féra 4 hum c bien vu dé ahhhhh

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