Référence multimedia du sénégal
.
Google

Discrimination à l'emploi en Belgique : La couleur de la peau contre l’accès à l’emploi

Article Lu 1733 fois


Les initiatives pour lutter contre la discrimination à l’emploi ne manquent pas en Belgique, mais rien - ou peu - n’y fait : cette forme exclusion persiste. Premier motif de discrimination : la couleur de la peau.

SYFIA - Le travail représente le meilleur moyen d’intégration pour les personnes d’origine étrangère, mais il reste le premier secteur de discrimination. Tel est le constat posé le mois dernier à Bruxelles (Belgique), lors de la clôture du projet Midime (Migrations, Discriminations et Marché de l’emploi). Il s’agit là du volet belge d’une large action européenne de lutte contre les discriminations, menée en Belgique, en France, en Espagne et en Italie, qui vise à améliorer la lutte contre les discriminations et les dispositifs d’insertion professionnelle des personnes d’origine étrangère.
Monique K., d’origine congolaise, arrivée en Belgique dans les années 1990 pour étudier, a ainsi rencontré ensuite des difficultés pour trouver un emploi. ‘A la fin de mes études, je n’ai pas eu droit au travail, explique-t-elle. Par contre, mes amis belges, eux, ont trouvé du boulot tout de suite. C’était vraiment très dur. On me répondait que j’étais trop qualifiée. Mais c’était juste un prétexte.’

Francesca, qui a fui l’Amérique latine dans les années 1980 pour raisons politiques, a connu la même expérience. ‘J’ai essuyé des refus, officiellement parce que j’avais plus de diplômes que nécessaire ou à cause de mon accent. Je réussissais tout le parcours d’embauche et finalement, je n’étais pas sélectionnée. Il y avait toujours une excuse, par exemple, la connaissance du néerlandais (deuxième langue nationale en Belgique, Ndlr) ou le permis de conduire, même lorsque que ces conditions n’étaient pas nécessaires pour le travail à effectuer.’ Il lui a fallu près de dix ans pour trouver un emploi dans son domaine d’étude. Preuve que de nombreux obstacles persistent dans l’accès au travail pour les personnes d’origine étrangère, quelle que soit leur formation. ‘Il y a un système de cassure : il y a toujours moyen de nous faire sentir que n’avons pas notre place’, conclut Francesca.

Au Centre belge pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, qui est habilité à recevoir des plaintes, 39 % des faits signalés en 2006 (dernière année connue) concernaient ‘des cas de racisme ou de discrimination basés sur les motifs de prétendue race, de couleur de peau, d’origine nationale ou ethnique’. La majorité de ces plaintes touche à l’emploi et celles-ci sont en augmentation par rapport à l’année précédente. Aujourd’hui, la couleur de peau reste le principal facteur d’inégalités face à l’emploi, suivie de près par la religion. A qualification égale, un candidat d’origine belge sera le plus souvent préféré à celui d’origine étrangère. Et ces discriminations sont tenaces. Le dernier rapport du Système d’observation des migrations (Sopemi) de l’Ocde, publié en 2007, confirme que l’acquisition de la nationalité belge, souvent motivée par l’espoir d’un meilleur accès au travail, n’améliore pas la position des personnes originaires de l’immigration sur le marché de l’emploi.

Ces discriminations sont difficiles à combattre et à prouver. Les prétextes sont nombreux pour ne pas engager une personne d’origine étrangère : par exemple, un changement soudain des critères d’embauche. L’argument discriminatoire est parfois clairement évoqué : le prétendu refus des clients d’une société d’avoir affaire à un travailleur étranger ou celui des autres employés de collaborer avec lui. L’affaire Feryn en est un bon exemple. Le patron de cette entreprise belge de portes de garage avait refusé d’engager des personnes d’origine marocaine sous prétexte que ses clients n’accepteraient pas d’étrangers chez eux, a fortiori pour installer des systèmes de sécurité. La Cour européenne de justice a été saisie de ce cas en mars dernier ; le verdict est attendu dans les mois à venir.

Pour lutter contre ces discriminations, les pouvoirs publics belges encouragent les entreprises à développer des politiques internes de diversité. Plusieurs pays européens comme les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ont adopté de telles politiques, des chartes ou des codes de conduite. Un label Egalité existe en France ; il promeut le respect des principes d’égalité entre hommes et femmes. En Belgique, un projet du ministère de l’Emploi a été lancé en septembre 2006. Le label Egalité Diversité encourage une culture d’entreprise et une gestion durable de la diversité. Pour satisfaire aux critères, l’entreprise doit mettre en place des mesures pour améliorer sa gestion, en particulier celle des ressources humaines. Résultat : treize entreprises, publiques et privées ont obtenu le label en 2007. Mais entre effet marketing et réelle intégration des personnes d’origine étrangère, les avis restent partagés sur les résultats de ces politiques. Car les initiatives et les engagements se multiplient ces dernières années, mais peu sont réellement suivis d’effets durables.

Deborah De BAEREMAEKER

Ces barrages tenaces à l'emploi en France

La hausse est spectaculaire. En France, les réclamations déposées auprès de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) ont augmenté de 53 % en un an, passant de 4 058 en 2006 à 6 222 en 2007. Dans son troisième rapport annuel rendu public le 22 mai dernier, l'institution note que l'emploi apparaît comme le terrain de prédilection des discriminations, représentant à lui seul plus de la moitié des réclamations enregistrées. L'origine du plaignant est le premier critère invoqué (27 %), devant le critère santé-handicap (22 %), suivi de l'âge, du sexe et des activités syndicales (6 % chacun).

Créée par la loi du 30 décembre 2004, la Halde, autorité administrative indépendante, enregistre 69 % de suites positives à ses recommandations et 83 % aux observations qu'elle a présentées devant les tribunaux. Elle note par ailleurs un recours plus fréquent à la médiation, qui fonctionne dans un cas sur deux.

Les pouvoirs de la Halde ont été renforcés par la loi du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances. Cette même loi a par ailleurs donné valeur légale aux tests de discrimination. Aujourd'hui, la Halde peut procéder à ce testing comme moyen d'enquête, s’adresser aux personnes ou organismes mis en cause et demander la communication de tout document (grille d’entretien, dossier administratif, etc.). Malgré ces différents dispositifs, réunir les preuves irréfutables d'une discrimination reste compliqué...

Source: Walfadjri

Article Lu 1733 fois

Jeudi 29 Mai 2008


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State