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Didier Drogba évoque ses rapports avec les marabouts ' j'ai été béni par Serigne Mansour '

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Didier Drogba évoque ses rapports avec les marabouts ' j'ai été béni par Serigne Mansour '
C'est un lundi après-­midi d'accalmie dans le hall du Méridien-­Président. Après la fureur du samedi pour cause de soirée de gala en Konfidence avec Akon et El Hadji Diouf, deux étoiles célébrées par le haut du panier de la jet-set locale, l'instant de­meure select. Sans le concert filtré d'un duo de jazzmen, les cent pas de quelques touristes et le guet pathétique de filles de joie, l'espace feutré manquerait d'attrait.

Le tempo est finalement or­donné par Thierno Seydi, qui déboule de nulle part et lance, tout de go, un contre-­la-montre. L' agent du footbal­leur international ivoirien de Chelsea, Didier Drogba, pile de documents à la main, va à l'assaut de l'ascenseur et joue jeu serré : «Bon, on monte les gars. Mais on fait vite pour l'interview, Didier a un vol pour 23h.»
Il est 21h10 et le temps se laisse encore avoir par les ca­prices d'une star. Là-haut, au cinquième étage de l'hôtel, tout est moquette et net. Un groupe d'adolescents aux yeux hypnoti­ses guette l'incroyable buteur des blues. Au milieu du couloir, une suite, un vestibule, un salon à la télé bien éclairée et une tête du petit écran. Didier Drogba, mine protocolaire et dégaine éprouvée par quelques efforts inavouables, s'échappe d'une chambre, bob noir sur le crâne, chaînette en or sur le cou, body doré sur fond noir et oeil glacé. Son portable envolé l'inquiète, le stresse, l'attaquant de Chelsea s'affole même. Thi­erno Seydi le rassure : «C'est ton cousin qui vient de m'appeler, il est au rez-de-chaussée et c'est lui qui a le téléphone.»

Didier soupire et s'enfonce au fond du canapé à la couleur sau­mon. L'Eléphant trempe dans les derniers instants de son court passage à Dakar. Thierno Seydi est au chrono : « Vous avez trente minutes. On doit être à l'aéroport au plus tard à 22h 30. » Quand il avait fini de parler, la montre sertie de diamants de Drogba affichait 21h 16. Alors, il a fallu faire vite pour arracher quelques confidences au serial­buteur de Chelsea


SA RELATION AVEC LE SENEGAL

Didier qu'est-ce qui motive vos visites régulières au Sénégal ?

Tout simplement (hésitations, rires)... Parce que mon agent (Thierno Seydi) est d'origine sénégalaise et un de mes meilleurs amis avec qui j'ai joué au Mans (France), qui est le frère de Thierno et avec qui j'ai gardé de très, très bonnes relations, m'avait toujours dit qu'il m'inviterait au Sénégal. Et la première fois que je suis venu ici, je suis tombé amoureux du coin, de ce pays. Voilà j'y ai pris goût.

Qu' est-ce qui fait la particularité du Senegal...

(Il coupe) Quand je suis venu au Sénégal pour la première fois, je me suis senti comme en Côte-d'Ivoire il y a une quinzaine d'années. Donc, je m'y suis senti chez moi. L'accueil, la chaleur des gens sont quelque chose d'important. Pour nous ? les sportifs de hauts niveaux, le respect des personnes est quelque chose également d'important. Ici , il y a tout ça. C'est pour cela que c'est un plaisir pour moi de venir ici. Ceux qui sont venus au Sénégal, même une fois dans leur vie, ne m'avaient dit que du bien de ce pays.

Est-ce que ce n'est pas dû au fait aussi qu'à Abidjan, vous n'êtes plus un homme libre et qu'à Dakar vous avez une certaine liberté de mouvements ?

(Rires) On peut dire que c'est une des raisons. Oui, si on veut, on peut le dire comme ça. Mais ce n'est pas la raison principale (Il se répète). Bien vrai qu'à Dakar j'ai plus de liberté, plus d'espace... Mais ce que je vis en Côte-d'ivoire aujourd'hui, il y' a des millions de personne qui en rêvent et qui voudraient être à ma place. Donc ce n'est pas que pour fuir que je viens à Dakar. C'est l'envie de connaître autre chose. De toute façon, je suis quelqu'un qui aime voyager. Une semaine avant de venir à Dakar, j'étais à Saint-Barth, à 10000km d'ici. Voilà, je suis quelqu'un qui aime voyager.

Vous avez été à Gorée durant le dernier week­-end. Qu'est-ce que ça vous a fait de visiter la maison des esclaves et d'avoir été dans un lieu aussi historique ?

(Il prend un air grave) Hum, déjà ce lieu n'aurait jamais dû exister. Aujourd'hui on a... (il cherche ses mots) C'était un moment très fort pour moi, très fort parce que mes ancêtres ont été déportés. Quand on parle de déportation, on pense en général à la race juive, alors qu'on oublie souvent l'esclavage et la traite des noirs. C'était quelque chose de très fort et il en a été ainsi durant des années, des siècles même. C'est un phénomène qu'on ne doit pas oublier, surtout nous les jeunes. A l'école, on nous parle de l'esclavage, de l'île de Gorée sur trois au quatre lignes. On ne nous explique pas peut-être les choses à fond et quand on se rend dans l'île de Gorée, on se rend compte vraiment de l'importance du crime commis contre la race noire.

Beaucoup de gens qui ont eu à visiter Gorée ont pleuré souvent. Est-ce que Didier Drogba y a été submergé par l'émotion ?

Vous savez, chacun exprime ses émotions comme il les ressent ou comme il les vit. Les larmes ne sont pas forcément synonymes... (il cherche ses mots) Comment dire ? Les larmes ne sont pas toujours synonymes de douleur ou quoi que ce soit. Par contre à Gorée, j'avais le ventre noué, la gorge serrée. C'est quelque chose de fort, de très, très fort que j'ai vécu hier (dimanche dernier).

D'après certaines informations vous avez été reçu par Karim Wade le fils du Président Sénégalais, lundi matin. Quel était le motif de cette entrevue ?

Je pense que Karim est un des grands personnages du Sénégal et j'avais déjà eu la chance de rencontrer son père, il y a deux ans de cela. Et c'était un honneur pour moi et aujourd'hui encore c'est un honneur de connaître une personnalité qui œuvre comme beaucoup d'autres pour le bien de l'Afrique. Je crois que le programme sur lequel il est en train de travailler, c'est-à-dire le... (Il interpelle son agent, Thierno Seydi pour connaître le nom de l'Agence), c'est quoi exactement le nom du programme ? Oui l'Anoci... Je crois que c'est quelque chose de fort et c'est une façon d'oeuvrer pour son pays.

Est-ce que Karim Wade vous a sollicité pour un investissement personnel ?

Non, non. Mais si on veut, il m'a sollicité quelque part, car il m'a encouragé à être un exemple et à faire en sorte qu'il y ait encore plus de Didier Drogba, de Samuel Eto'o, de El Hadji Diouf parce que l'Afrique regorge de talents, alors que très peu de personnes croient en eux. C'est tout.

Au delà de l'Anoci, est-ce que vous avez discuté d'autre chose ? Est-ce que Didier Drogba a l'ambition d'investir au Sénégal ?

(Rires) Vous savez ce que je fais dans le domaine de l'investissement reste quelque chose de privé. (Il esquive)J'aime bien parler de tout, de football, de ma carrière, mais je crois qu'il faut savoir conserver un petit jardin secret pour préserver son intimité. Ce n'est pas plus mal.

Lors de votre dernière visite au Sénégal, vous aviez rendu visite à Serigne Mansour Sy à Tivaouane. Est-ce que vous l'avez renouvelé pour cette fois-ci ?

Je pense que la coutume au Sénégal est de tout faire pour recevoir des bénédictions des hauts personnages maraboutiques. Donc, je ne peux pas venir au Sénégal sans aller chercher des bénédictions. J'ai reçu sa bénédiction. C'est aussi simple que cela.

Qu'est-ce que vous entendez par le mot bénédiction ? Qui vous a mis en relation avec le marabout ?

C'est encore du domaine du privé comme je vous le disais tantôt. Peu importe finalement la personne qui nous a mis en rapport. Je pense que c'est le bon sentiment, la manière et l'envie que cette personne a eus de me faire partager ces moments-là, de me faire profiter de ces bonnes choses-là qu'il faut retenir.

En parlant toujours de bénédiction, les Sénégalais se sont un peu réappropriës votre réussite à Chelsea cette saison et disent que c'est à cause du marabout que vous marquez autant de buts avec les Blues.

(Rires) vous savez, plus on a du monde qui prie pour vous, qui vous soutient, qui est derrière vous, plus on se sent fort et plus on se sent capable de soulever des montagnes. Je ne vais pas dire que ce n'était pas le cas auparavant, mais je pense que tout ça est sûrement un plus. C'est sûrement un plus (il insiste). Mais je pense qu'il faut avoir un minimum de qualités. Dans le football comme dans la vie de tous les jours, tout est entre les mains de Dieu.

A part Serigne Mansour Sy, avez-vous rencontré d'autres marabouts au Sénégal ?

(Il soupire) Pffft ! C'est une interview football ou autre chose ? (Nerveux). J'aime bien parler de football et de ma carrière sportive et je pense que tous les journaux avaient parlé de ma visite chez le marabout Ce n'est pas quelque chose de nouveau.

Est-ce que ce rapport avec les marabouts a un effet psychologique sur vous en tant que footballeur ?

Bof ! Ce n'est pas nouveau et depuis que je joue au football quand je rentre sur un terrain, je prie Dieu pour qu'il me protège et me donne la force de marquer des buts. C'est aussi simple que cela et ça ne va pas plus loin.

Vous êtes de foi chrétienne...

(Il coupe) Je suis de toutes les fois et peu importe (rires).

SA CARRIERE, CHELSEA

Mais qu'est-ce qui a changé chez Didi Drogba durant la saison 2006-2007 ?

Je dirais juste que les ballons, qui passaient à côté (en 2005-2006) et qui avaient l'habitude de rentrer deux ans auparavant, rentrent de nouveau. Et ça, je pense, est dû à la fraîcheur physique parce que ça apporte la lucidité et la lucidité mène directement au but, en tout cas à mon poste et dans mon registre. Maintenant, je ne pense pas que les buts que je marque aujourd'hui soient différents de ceux que je marquais auparavant. Simplement, beaucoup de personnes m'avaient peut-être oublié. Ce qui est normal aussi, car j'avais connu une ou deux saisons difficiles même si j'avais remporté des trophées. Mais sur le plan individuel, c'étaient des saisons un peu plus poussives que d'habitude. C'était comme si on m'avait un peu enterré (rires).

On a l'impression que vous étiez animé par un esprit revanchard et que vous vouliez montrer aux Anglais que vous faites partie des meilleurs attaquants au monde ?

Ce n'est pas un esprit revanchard. Je pense que, sans prétention aucune, que si José Mourinho (l'entraîneur Portugais) a décidé de me faire signer à Chelsea et que le montant du transfert a été ce qu'il est (38 millions d'euros à l'époque, soit 24,8 milliards F Cfa, Ndlr), c'est parce que j'ai une certaine valeur, même si les chiffres annoncés ne sont pas tout le temps justifiés et ne veulent rien dire. Mais moi ce qui me fait plaisir, c'est que ça fait 4 ans que je me maintiens au haut niveau et je n'ai rien à prouver à qui que ce soit. Je pense qu'en 3 ans, j'ai remporté 6 trophées collectifs (voir repères), donc je n'ai rien à prouver à personne encore une fois. Cette saison passée n'était pas une année où j'avais envie de prouver des choses aux gens, mais j'avais envie plutôt de me faire plaisir. C'est différent.

Mais l'arrivée de l'Ukrainien Andriy Schevchenko â Chelsea a dû jouer et créer un déclic chez vous ?

Si vous suivez bien l'actualité de Chelsea, il y a deux ans, en fin de saison, on était passé à un 4-4-2 et je jouais devant avec Hernan Crespo, j'avais recommencé à mettre des buts comme je les aimais et je retrouvais des espaces aussi pour déployer mon jeu. J'avais bien fini la saison d'ailleurs. Alors cette saison, beaucoup de gens disent que ma réussite est due à la concurrence de Schevchenko, mais ce n'est que la continuité de ce que j'avais terminé la saison d'avant, car Mourinho est resté dans un système à deux attaquants. Ce qui m'a permis de bouger, d'avoir plus de liberté dans mon jeu tout simplement. Maintenant, Schevchenko a apporté un peu à l'équipe. Mais je n'ai pas fait ma saison par rapport à lui.

Mais au début il y a eu les comparaisons, la concurrence, une certaine stimulation...

(Il coupe) Ce serait malheureux quand même de dire que c'est l'arrivée de Schevchenko qui m'a fait réussir ma saison 2006-2007. Je n'ai pas marché à l'orgueil. Je signale qu'à Marseille (où il a «explosé» en 2003-2004), il n'y avait pas Schevchenko et je pense que ce que je fais aujourd'hui, je le dois à mes coéquipiers et à moi-même. (Comme agacé) Donc, parfois, il faut savoir reconnaître les qualités de chacun et je pense qu'aujourd'hui je peux me permettre de dire que j'ai fait une belle saison.

Est-ce qu'à Chelsea les regards ont changé sur vous durant cette dernière saison ? Y a-t-il eu plus de respect ?

(Il réfléchit) Non, je ne pense pas. (Ironique) Oui peut-être que les supporters chantent un peu plus mon nom (rires). Ils le chantent d'ailleurs un peu plus longtemps que les autres saisons. Mais c'est le football qui est comme ça et autant on recherche une certaine stabilité au haut niveau, autant on peut être victime de blessures, de coups bas, de fatigue. On n'est ni des robots ni des machines et il y a des cycles comme ça où l'on a un coup de moins bien. Aujourd'hui, la roue a tourné, tout va pour le mieux pour moi et comme je dis : Dieu merci. Et j'espère que ça va durer le plus longtemps possible et si ça va moins bien l'année d'après, ce n'est pas grave. C'est le football qui est comme ça.

Mais pour un Africain, s'imposer en Angleterre, dans un club comme Chelsea et finir meilleur buteur de la Premiership, cela représente une fierté non ?

Oui, c'est une fierté. Mais pour moi, ce n'est pas une fin en soi que de s'imposer à Chelsea. Malheureusement, nous Africains, nous avons ce problème là. On se dit trop rapidement «Waw C'est extraordinaire !» On est capable de le faire, on a le potentiel et l'on a Maradona, même si ce n'est pas des tonnes mais chez nous on a des joueurs pétris de talent et il faut juste qu'ils se mettent dans la tête que, même avec du talent, il faut minimum de travail. Mais aussi beaucoup d'envie et de caractère pour réussir une belle carrière de footballeur. Tout le monde peut y arriver. Je ne suis peut être pas meilleur qu'un autre, mais j'y ai peut-être cru beaucoup plus que certain. Je veux dire qu'il y a des joueurs avec qui j'ai évolué durant ma carrière et qui étaient bien meilleurs que moi. Mais moi j'ai davantage cru au peu de qualités que j'avais et j'ai travaillé dessus. On rajoute un peu d'improvisation et ça donne ce que ça a donné. J'invite toute la jeunesse africaine à croire en son rêve. Pour moi c'est pareil, depuis l'âge de 5 ans je voulais devenir footballeur professionnel et je m'en suis donné les moyens. Il faut toujours croire en soi, se remettre en question et moi c'est ce que je fais. Voilà où j'en suis aujourd'hui.

Au regard de votre parcours peu académique, est-ce que quand vous vous retournez aujourd'hui vous ne vous dites pas que vous êtes un exemple pour les Africains?

Je pense que je peux me permettre de dire que je suis un exemple parmi tant qu'autres. Mais le parcours atypique que j'ai eu permet de dire que sans le mental, sans foi en moi et de mon entourage, j'aurais eu du mal à faire une carrière identique à la mienne aujourd'hui. On a tous du talent, mais la décision se fait au niveat mental. Tout le monde peut taper dans un ballon, mais très peu savent taper tous les jours sans se fatiguer et arriver à leurs fins.

Est-ce que ce travail mental porte ses fruits quand on passe de Marseille à Chelsea où il y a beau plus de pression ?

(Il réfléchit) La pression ? Hum, je pense que, dans mon mental, je fais abstraction de la pression. Pour moi, un match de football reste un match de football. Donc, je ne vois pas pourquoi je me mettrais la pression. Il y' a des choses bien plus graves, bien importantes dans la vie qu'un match de football, même si ça reste mon métier. Mais étant père de famille, j'ai eu à vivre des choses beaucoup plus graves que préparer un match de football, une finale de Cup ou un match de Coupe du monde.

Vous ne doutez jamais ?

(Catégorique) Non. De moi ? Non.

De votre environnement ?

Je ne doute jamais, mais je me remets toujours en question.

On a senti tout le long de la saison que Didier Dragba avait pris une certaine envergure et l'on vous a vu, avant le coup d'envoi de Ia dernière finale de Cup (Chelsea-Manchéster : 1-0), réunir vos coéquipiers au centre du terrain et leur parler. Est-ce à dire que vous êtes devenu un leader à Chelséa au même titre que John Terry au Franck Lampard ?
(Rires) J'ai toujours été quelqu'un qui aime rassembler, qui aime déconner et partager. Je n'ai pas attendu ce match-là pour parler à mes coéquipiers, pour déconner avec eux. Seulement ce match a été vu, surmédiatisé et commenté. Mais on ne s'improvise pas leader, on l'est ou on ne l'est pas.

Mais avec votre réussite de la saison dernière, vous jouissez d'une certaine légitimité auprès de vos coéquipiers ?

Mais ce sont mes coéquipiers qui me donnent une certaine légitimité. Ce sont les coéquipiers qui font de vous un leader ou pas. Après, il faut avoir les épaules assez larges pour accepter ou pas. Ce sont les coéquipiers qui le décrètent mais ce n'est pas au joueur d'arriver et de dire que je suis un leader. La personne qui agit comme ça se fait détruire.

A la fin de cette finale, quand vous êtes entré dans le vestiaire, c'était pour aller chercher José Mourinho ou pour faire quoi ?

Oui c'était pour aller chercher José (Mourinho). Tout simplement parce qu'à un moment du match, il a senti que j'étais fatigué, mais il m'encourageait et il m'a demandé de continuer et que ça allait venir. En général, c'est quelqu'un qui sent bien les matches et encore une fois sa lecture du jeu a été bonne. Car j'ai été le buteur décisif de cette finale.

Quelles sont vos relations avec José Mourinho ?

Je dirais qu'il y a beaucoup de respect d'abord. Je lui dois beaucoup et c'est lui qui avait demandé au Président de Chelsea (Roman Abramovitch) qu'il me fasse venir au club. Je dois également beaucoup au Président. Et avec José, c'est deux personnes très importantes dans ma vie de footballeur et d'homme.

SITUATION EN COTE D'IVOIRE

Quelle a été votre plus grande fierté de l'année 2007 ? Avoir été ballon d'Or Africain ou meilleur buteur de la Premier League anglaise ?

Euh, je dirais tout, tout. On ne peut pas dissocier les choses. Mais ma plus grosse fierté 2007 est extra-sportive. C'est d'avoir réussi à faire en sorte avec mes coéquipiers des Elephants que ce match de la sélection (Côte d Ivoire-Madagascar : 5­-0, en éliminatoires de Can 2008) se joue à Bouaké (fief des rebelles, Ndlr). Voir les forces militaires du Président (Laurent Gbagbo) entonner l'hymne national avec les forces nouvelles de Guillaume Soro dans un même stade, c'est quelque chose de très fort. C'est plus fort qu'un Ballon d'Or, plus fort qu'un titre de meilleur buteur, plus fort qu'une Cup, plus fort que tout ça.

Donc Drogba serait devenu l'ambassadeur de la paix en Côte d`ivoire ?

Cela, on pourra le dire seulement s'il y a la paix vraiment. Ce n'est pas avec fierté que je le fais, parce que j'aurais préféré que la situation soit autre. Mais le football a de ça de bon que lorsqu'on a une bonne période, on est mis en avant et souvent, on est écouté aussi. Donc, j'essaie de profiter de ça pour faire passer quelques messages avec mes coéquipiers de la sélection ivoirienne. Cela fait 4 ans qu'on essaie de progresser l'équipe des Eléphants et donc on essaie de profiter de notre célébrité et de notre rang en Côte d'Ivoire pour faire passer des messages. C'est notre pays et l'on a envie que tout redevienne normal comme avant.

Quelle est votre appréciation de l'attaque de l'avion du Premier ministre Guillaume Soro à Bouaké ?

C'est quelque chose de grave qui aurait pu entraver le processus de paix et les conséquences auraient pu être pires. Mais Dieu ne dort pas et je pense que tous les jours, on prie pour que la paix revienne en Côte d'Ivoire. Et peu importe ce qui arrive, elle reviendra.

Comment se présente-elle actuellement ? Etes-vous optimiste ?

(Nerveux) Il y aura la paix parce qu'on est tous tourné aujourd'hui vers un objectif fort et quand tu vas à Bouaké et que tu vois que la population était en manque de son Equipe nationale, tu te dis qu'il n'y a pas de guerre en Côte d'Ivoire. Malheureusement, la politique a pris le dessus sur pas mal de choses, mais on va s'en sortir.

Les rumeurs du marché des transferts disent que vous auriez des velléités de départ. Est-ce que Drogba sera à Chelsea pour la prochaine saison ?

Les gens parlent tellement sans me consulter personnellement, ni être bien informés. Je les laisse parler.

On a évoqué le Milan Ac par exemple ?

Quand on fait une saison comme celle qui vient de s'écouler et qu'on joue dans l'un des meilleurs clubs du monde, quoi de plus normal que d'être sollicité. Si c'est le cas, c'est un honneur pour moi et une fierté. Comme c'était le cas quand Lyon m'avait sollicité à un moment donné. Mais cela ne change rien à l'affaire, je suis joueur de Chelsea.

Ballon d'or et meilleur buteur de la Premier League la saison dernière, vous serez très attendu pour la prochaine saison 2007-­2008.

Bien sûr, comme je m'apprêtais à vivre une saison 2006-2007, je m'apprête à vivre une saison 2007-2008 aussi longue et aussi difficile. Mais ça ne me fait pas peur. La seule appréhension en tant que footballeur, c'est la blessure, mais elle fait partie de notre métier. Quand on joue on ne se pose pas la question et quand on est blessé, on s'en pose alors que ça fait partie du métier. II faut prendre la vie comme elle vient.

Votre défi de la saison prochaine sera-t-il d'être encore meilleur buteur de la Premier League ?

Mon premier défi est de regagner le titre d'Angleterre, de tout faire pour remporter la Ligue des Champions et de conserver le titre de meilleur buteur d'Angleterre. C'est
quelque chose qui fait plaisir et qui serait la cerise sur le gâteau dans une saison.

Quel est votre avis sur le recrutement de l'intersaison de Chelsea ?

Je pense qu'on a pris les joueurs qu'il nous faut et à vrai dire cette équipe n'a pas besoin de beaucoup de changements. Elle a juste besoin de s'enrichir peut-être sur le plan de la qualité pour pouvoir encore se donner plus de chances de remporter les trophées qu'on convoite.

Pour Chelsea qui rêve de remporter le championnat anglais ou pour vous qui ambitionnez de rester meilleur de la Premier LeagUe, le récent transfert de Thierry Henry d'Arsenal à Barcelone constitue­t-il une bonne ou mauvaise nouvelle ?

(Il marque une pause) Je ne vois vraiment pas. Le départ de Henry, bonne ou mauvaise nouvelle ? Je pense que c'est un joueur qui fait peur à toutes les défenses du monde, donc quand il quitte ce championnat, il y a beaucoup de défenseurs qui doivent être contents. Maintenant on perd un des meilleurs joueurs de la Premier League et c'est quand même dommage pour le championnat Anglais.

Pensez-vous que votre pote Florent Malouda signera à Chelsea ?

Ce n'est pas moi qui fais le recrutement. (rires).

Mais vous êtes au courant de ses intentions...

Oui on se parle, mais ce n'est pas moi qui fais le recrutement (rires).

Mais votre souhait serait peut-être de reconstituer votre duo de naguère à Guingamp ?

(Prudent) Mon souhait? Mon souhait est ce qu'il est et tout le monde sait ce que je pense de Florent et c'est le principal.

Qu'est-ce que vous pensez de lui ?

(Rires) Tout le monde le sait non ? C'est un grand joueur, c'est le meilleur milieu gauche en ce moment et voilà.

Est-ce qu'on peut dire que Drogba est le meilleur attaquant au monde actuellement ?

Ne vous gênez pas, vous pouvez le dire si vous voulez (rires). Ne vous gênez pas...
C'est votre avis qui compte. N'attendez pas une réponse de ma part. Ce n'est pas à moi de le faire.

Mais où vous placez-vous dans la galaxie des Eto'o, Thierry Henry ?

Je pense avoir un certain niveau mais encore une fois c'est la presse qui nous compare, nous met numéro un ou numéro deux, etc. A chacun son métier.

E.K et P.S.D
Source: Week- End



DIDIER DROGBA (Reperes)
Pays: Côte d'ivoire
Date et lieu de naissance: 11 mars 1978 à Abidjan
Taille: 1m,89
Poids: 88 kg
Poste: Attaquant
Club actuel: Chelsea (Premier League anglaise, depuis juin 2004)
Clubs précédents: Levallois (96-97, D4), Le Mans (97-janvier 2002) ; Guingamp (janvier 2002-juin 2003) ; Marseille (2003-2004)
Palmarès: Champion d'Angleterre (2005 et 2006) ; vainqueur de la Coupe d'Angleterre (2007), vainqueur de la coupe de la ligue anglaise (2005 et 2007).
Première sélection: Côte d'ivoire-­Cameroun: 3-0 (11 février 2003)

Article Lu 15993 fois

Mercredi 11 Juillet 2007





1.Posté par boydkr le 12/07/2007 03:09
didier vraiment t un grand home. pa com ce soulard de diouf. mais yén journalists yi ku len geuna nul amoul

2.Posté par phans le 15/07/2007 04:00
juste dire que je ne trouve pas drogba franc envers les lecteurs et tout le monde, et surtout le fait qu'il soit nerveux le plus souvent lors des questions qui meritent des reponses claires. C'est un bon joueur peut etre pas doué, mais qui a beaucoup travailler pour en arriver là. Je trouve juste qu'il manque de modestie et d'humilité et je trouve celà dommage car quand on te demande comment trouves tu ton ami Malouda, et repondre, tout le monde sait.Eh bien Mr si tout le monde savait, la question ne serait pas posée car nous, nous ne savons pas. De meme qu'il devrait parler mieux de Chevchenko et autres. J e sens de l'antipathie quand il faut donner son point de vue sur d'autres joueurs, surtout quand on lui parle d'Etoo...c'est dommage car nous, nous voulons une solidarité entre nos ambassadeurs qui font parler de l'Afrique à cause du football, et non des divisions entre eux suite au titre de star.

3.Posté par Monique Kouame le 01/07/2008 13:38
c'est un bon joueur et que Dieu le benisse

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