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Didier Awadi Le Révolutionnaire armé de son micro

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Nous sommes à l’institut français Léopold Sédar Senghor ex Ccf de Dakar. Il est 16h passées d’une poignée de minutes, l’instant choisi par Didier pour faire son entrée. Habillé d’un pantalon treillis et t-shirt marron, notre homme du jour est dans son élément…Sauf que la pression commence à monter lentement, mais sûrement. Ceci pour donner au finish un spectacle d’enfer. Et au révolutionnaire de Rappeur de mettre sa robe d’avocat pour le peuple.



Didier Awadi Le Révolutionnaire armé de son micro
Après une matinée en «famille» entre les membres de son groupe, sa douce moitié, ses enfants et proches, avec une dernière réunion de coordination avant le déjeuner, voilà le moment des derniers réglages. Le portail de l’institut français franchi, quelques poignées de main échangées par ci par là et hop ! au boulot. Le Dj du groupe Saf Niang installe son matos. Tandis que Bruno le technicien en chef et son staff s’affèrent sur les câbles et autres branchements. Les musiciens du «Phat 04» se placent sous l’œil averti de Lauter Gomis, celui- là qui manage le groupe depuis les premières heures du Positive Black soul et qui «a bien l’intention d’y rester jusqu'à la fin ». La scène commence à prendre des couleurs. Didier touche à tout, vérifie tout. Il joue même au bagagiste en aidant à déplacer la table du DJ. Les minutes passent, il y a un problème ! l’emplacement de l’écran géant devant servir pour l’intro n’est pas encore trouvé. Lauter et Didier réfléchissent à haute voix, rien. La star du jour n’en peut plus et s’éclipse. Histoire de décompresser. Il rejoint ses collègues artistes et autres animateurs et acteurs du mouvement hip-hop au resto de l’institut. L’ambiance se détend pour quelques séquences de blagues et autres échanges top secret entre potes. Les notes de guitare, batterie ou encore le son de tubes balancé par le DJ l’appellent, il doit quitter ses amis une fois de plus. De retour sur la scène, la séance de balance est vite démarrée. Les emplacements des uns et des autres fixés, les décibels commencent à monter. Encore quelques réglages et le tour est joué. Le plateau est fin prêt pour accueillir le premier concert du groupe reconstitué de Didier Awadi. C’est que le «Phat 04» ainsi qu’un jeune Congolais Freddy Massamba ont rejoint les Saf Niang, Noumou Kunda, Baye Souley … Les heures passent, le soleil se couche, le Ccf est investi par les Fans et autres proches du groupe. La tenue marron du lead du groupe laisse place à un «tout blanc ndiaye», avec sur la poitrine « 100% live » en or…Bref le spectacle commence.

Accusé levez-vous

Toujours égal à lui, notre rappeur révolutionnaire tire sur tous ! Les présidents d’Afrique en exercice, Tony Blair, Bush, Chirac, Sarko… personne n’est épargné. Les centaines d’Européens présents au théâtre n’y feront rien : «Blair est un assassin !!! Bush est un assassin !!! » scande le rappeur en choeur avec les autres membres du groupe. Avant de «laver», pour parler comme nos amis ivoiriens, Chirac et Sarko sans retenue. Pour Didier :«S’il critique Wade devant les Sénégalais, il va critiquer Sarkozy devant les Français». Et là aussi, pour tirer il a tiré sur les gouvernants. Ah ! ça oui ! il a tiré à bout portant sur le système. Mais, pour l’artiste «ses critiques sont objectives» pour lui : «la critique est bonne dans un système si on veut qu’il évolue». En plein spectacle, le meneur du groupe, qu’il est, s’éclipse derrière la scène une fois de plus. Tout en sueur, mais les traits plus détendus que 3h avant, il se rafraîchit. Interpellé sur son état psychologique, alors qu’on est presque à la fin d’un concert riche en son, lumière, spectacle et…Messages ! il lance « ouf ! ça va, hein ! mais ce n’est pas fini » avant de nous suggérer d’aller voir ce qui se passe sur la scène : « Vous êtes en train de rater le meilleur Freddy Massamba ! allez l’écouter c’est le meilleur chanteur d’Afrique». « Ah, bon ! nous nous exécutons ». Le spectacle suit son cours et ce fut la fin ! Mais une fin heureuse d’autant que tout le monde est content. Dès sa descente de scène, ses trois bouts de choux le retrouvent dans les loges, ainsi que sa maman, et sa Magie ! cette belle Goréenne que son mari protège des journalistes et autres flashs de photo, comme une lionne et ses petits :«Ce n’est pas elle… C’est moi ! laissez-la dans son coin ». Dans lequel elle abat un travail colossal pour tout ce qui est entre autres management et bureautique. Une partie du groupe, en l’occurrence «phat 04» et Freddy Massamba, devaient repartir sur Paname le soir même. L’embarquement prévu à 2h du mat ne laissait pas beaucoup de temps à Awadi pour traîner avec sa « vraie famille », en l’occurrence la famille hip-hop. Mais il a tout de même pris le soin de répondre aux questions des journalistes avant de raccompagner les membres de son autre «famille».

Les pieds dans le plat

Et là ce fut le bouquet final du feu d’artifice avec un bazooka pour descendre la génération « que les cons créent» pour ne pas dire « génération du concret » ! Ouh ! Notre homme n’a pas mis de gants. Ah ! que non ! car pour lui : « le concret c’est les habitants de Khourou Nar, Yeumbeul, ou Thiaroye qui, pour rentrer chez eux, sont obligés de marcher dans une eau verdâtre et pleine de moustiques. Ou encore ces jeunes qui remplissent les feux rouges chiffon à la main pour avoir quelques pièces avec lesquels survivre ». Et que si les personnes qui parlent de génération du concret n’ont rien fait là-bas, c’est parce qu’ils veulent faire du tape- à- l’œil en construisant sur une corniche déjà bien pour mettre deux, trois échangeurs et dire : « ça ! c’est du concret ». Mieux Didier pense que « c’est la presse qui donne du crédit à ces gens en relayant tous leurs projets dont ils parlent et dont le Sénégal n’a pas besoin. Et ce pour quelques « dërëm» (de l’argent) » avant d’ajouter que « c’est insultant de donner au fils du président de la République des projets comme ça, il faut qu’on arrête de prendre les 11 millions de Sénégalais pour des «cons» avant d’ajouter « comment demander à un banquier de faire des routes, c’est comme si on demande à un plombier de faire des immeubles, non ! il faut arrêter de déconner ! c’est comme s’il n’y a aucun Sénégalais méritant, c’est scandaleux ! et maintenant la presse fait leur promotion et crée en même temps une sorte d’illusionnisme en parlant de ces soi-disant projets». Mais nak ! Notre «révolutionnaire» ne fait pas que tirer sur les dirigeants et sa prochaine production, prévue pour la mi-octobre, il chante avec des Présidents révolutionnaires d’Afrique tels que Thomas Sankara, Lumumba, Kwamé Nkrumah, Nelson Mandela etc. Ceci pour permettre à sa génération de mieux connaître tous les discours prononcés, il y a plus de 20ans, par ces grands. Mais aussi et surtout pour leur rendre hommage. Té nak pour l’artiste : «la révolution ne s’arrête pas à des textes, mais c’est toute une vie». Alors bon vent le révolutionnaire !!!

Source: L'observateur

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Samedi 14 Juillet 2007

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