Au deuxième jour de la seconde session des assises de Dakar, la Cour va se prononcer sur le sort du nommé Amadou Tidiane Kanté, accusé de vol au préjudice de son employeur avec usage d'armes et de violences, faux et usage de faux en document administratif et destruction de biens appartenant à autrui. Les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail de 45 jours ont été exercées sur la personne du ministre d'Etat, Me Madické Niang et de son épouse. Les faits remontent au samedi 31 juillet 2004.
L'accusation soutient que le commissariat de Dieuppeul a été saisi d'une plainte par Me Madické Niang dans laquelle il est indiqué que le gardien Amadou Tidiane Kanté a fait irruption, ce jour-là, dans la chambre à coucher du ministre d'Etat, Me Madické Niang, pour le tenir en respect avec un pistolet, en lui réclamant sa mallette d'argent, son téléphone portable et les bijoux de son épouse. Profitant d'un moment d'inattention du sieur Kanté, le ministre s'est jeté sur lui… Il s'en est suivi un corps à corps au cours duquel son épouse est venue à la rescousse, tout en criant pour ameuter les autres personnes de la maisonnée, note-t-on dans l'arrêt de renvoi. Le malfaiteur a réussi à s'échapper, laissant sur place son arme qui appartenait au vigile Boubacar Sonko de la société de gardiennage Sdn sécurité, mais il emportera avec lui le téléphone portable du ministre.
Au moment de déposer leur plainte, Me Madické Niang et son épouse, blessés, ont produit chacun un certificat médical faisant état d'une incapacité temporaire de travail de 45 jours. A la police, Amadou Kanté a déclaré avoir été attiré par la mallette de son patron qui, selon ses dires, contenait toujours de l'argent. Sachant qu'il était malade ce jour-là ainsi que son épouse, il a voulu en profiter pour commettre son acte criminel. Et pour parvenir à cette fin, il a attendu que le vigile Sonko aille prendre son bain pour subtiliser l'arme de service de ce dernier.
Amadou Kanté a reconnu, par ailleurs, que la carte d'identité qu’il détenait par devers lui était fausse ; puisqu'en réalité, il est de nationalité bissau-guinéenne. C'est pourquoi, l'accusation a retenu le faux et usage de faux. Le ministère public sera représenté à l'audience de ce mardi par l'avocat général, Cheikh Tidiane Ndour. Les accusés seront, de leur côté, défendus par Me Ibrahima Mbodj.
P. NDIAYE
Source Walfadjri